samedi 12 octobre 2019

Archéologie à Narbonne : les surprises du sol

Creuser n'est pas trouver. Et pourtant il faut y croire.  L'archéologie, merveilleuse  et indispensable science pluridisciplinaire, est une école de savoir, de pratique, mais surtout de patience. On peut échafauder maintes hypothèses, sur plans, sur dossiers, sur schémas, la fouille in situ est seule révélatrice,  et confirmera les théories. On peut également  supposer, s'enthousiasmer, espérer, certes, mais la plupart du temps  on ne concrétisera que sur le terrain. Mais il existe des lieux  dont la lecture historique n'est pas aisée. Contrairement à Nîmes, Arles, où les monuments sont encore en place, certaines communes,  au riche passé attesté, doivent faire porter leurs efforts sur des   excavations pour extirper les traces et empreintes diverses des siècles, ou millénaires, écoulés.                                                                                                 
Narbonne vit donc, actuellement,  une phase exaltante de ce genre de découverte. La nécropole récemment mise au jour en est la preuve. On y dénombre près d'un millier de tombes , du Ier et IIe s. ap. JC,  sur un  espace de 2000 m2. (responsable de la fouille: Valérie Bel,(INRAP) archéologue spécialiste de l'archéologie funéraire)   Pourtant, connaissant le riche passé de la capitale de la  Province romaine,  il y a fort à parier que la recherche n'est pas au  bout  de  surprises de cette envergure. Si les vestiges ont longtemps sommeillé sous les strates s'empilant au cours des siècles, ne laissant que quelques blocs antiques à la vue d'historiens désappointés, le XXe siècle a apporté bien des révélations.. Forte de nouvelles techniques d'investigations, de moyens financiers assurés, d'enseignements et de formations plus spécifiques (cf: les nombreuses spécialités en archéologie),  la discipline (archéologie) a multiplié les "découvertes" livrant de remarquables lieux, ou éléments, de la culture romaine et gallo-romaine pratiquée par une ville très peuplée, où l'on comptait, à une certaine époque,  près de 35 000 habitants.
Sepulcra in agris
Outre ceux déjà ouverts à la visite, il y a, dans les environs de la cité, d'autres pôles d'intérêt archéologique majeur, qui font l'objet de travaux de recherches depuis plus d'une décennie :
Le vivier et la villa impériale de La Nautique
Les avants ports (Mandirac/Castellou),
Le site de St Martin (Gruissan)...
http://pdgp.logadap.net/IMG/pdf/a_la_recherche_des_ports_antiques_de_narbonne.pdf 
https://www.asm.cnrs.fr/les-fouilles/gruissan/107-la-fouille-de-gruissan 
https://pan.hypotheses.org/les-sites/casteloumandirac
Le musée Narbo Via,  dont on attend impatiemment la prochaine ouverture, ne manquera pas de restituer une réplique de la structure de la nécropole récemment retrouvée,  ainsi que de présenter un bel échantillonnage du  matériel  exhumé. L'on sait déjà que l'on peut espérer voir, sur les 2760 m2 de ce futur musée,  pas moins de 15 000 objets provenant  des collections issues de maintes campagnes de fouilles diverses. Les nombreux blocs entreposés jusqu'alors au Musée lapidaire (église Lamourguier) trouveront également place pour être exposés dans les locaux de  Narbo Via.
https://www.laregion.fr/Narbo-Via-en-route-pour-l-antiquite
L'archéologie nécessitant de grands moyens, l'activité est inévitablement liée à un financement conséquent. Si la plupart des fouilleurs sont des étudiants bénévoles, l'encadrement  est assuré par des spécialistes hautement qualifiés et rémunérés. Le matériel, les pratiques d'investigation, d'exploitation, de traitement des objets,  pèsent lourd sur les budgets alloués. Le financement de  chaque campagne est remis en question pour l'année suivante. A Narbonne, le chantier actuel, déclaré "découverte majeure pour l'archéologie nationale",  doit se poursuivre pendant treize mois (donc jusqu'en fin 2020).
Rappels: 
- l'importance  de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles)
- le rôle et l'implication de l'Inrap (directeur Dominique Garcia): détection, prospection (sur le terrain),  information (auprès du public)
A lire sur ce même blog
http://international-culture-blog.blogspot.com/2016/07/archeologie-du-futur-que-restera-t-il.html
 A Narbonne : du 5 au 9 nov. 2019 /7e édition des RAN
                       (Rencontres de l'Archéologie de la Narbonnaise
https://www.rencontres-archeologie.com/

(Photos et montage : N-L. M. avril 2019)
                        *              *              *
Narbonne, "la fille de Rome" n'a pas dit son dernier mot.
                                        *
Quid d'un Mithraeum ?
 (in  Narbonne: Le culte de Mithra - N-L. M.)

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vendredi 4 octobre 2019

From Gospel to Opera, a voice, a Diva: Jessye Norman...

                                                   
Le talent à la mesure de sa carrure et de son sourire ... Jessye Norman avait tout d'une diva. Le monde de la musique est,  une fois de plus,  en grand deuil. Une voix s'est éteinte. Il reste , comme l'on dit souvent, les enregistrements, les vidéos  et pour celles et ceux qui ont eu la chance  d'y assister, les souvenirs des concerts. 
Jessye Norman, chanteuse, mais aussi femme de cœur, engagée dans des causes et des  combats humanitaires. Dotée d'une voix somptueuse, incomparable, légendaire, avec une interprétation d'une rare intensité dramatique, elle a fait une carrière internationale, et acquis une notoriété mondiale largement méritée, avec un répertoire très éclectique (Wagner, Bizet, Offenbach, Poulenc, Schubert, mais aussi des Gospel, du jazz), dans plusieurs langues. Sa diction parfaite permettait une écoute hautement appréciable. Sachant donner  à   l’œuvre  toute sa  valeur, Jessye Norman savait se mettre en retrait derrière le personnage qu'elle favorisait en priorité, ce qui confère un caractère d'exception à l'interprétation. (voir l'expression du visage et la gestuelle de la chanteuse  sur les vidéos ci-après)  
Carmen: G. Bizet (en séances de répétition / orchestre sous la direction de Seiji Ozawa)
Près des remparts de Séville 
Habanera 
La Périchole : (J. Offenbach) 
La lettre
Samson et Dalila:(C. Saint-Saëns)  
Mon cœur s'ouvre à ta voix
Professionnalisme, qualité d'âme,  expressivité, voix exceptionnelle, Jessye était une personnalité qui ne laissait pas indifférent. Derrière son éclatant sourire, dans sa voix aux mille nuances, sa capacité de concentration sur l'interprétation technique,  et sa faculté d'entrer dans le rôle, il y avait une femme de conviction et de détermination qui n'a jamais renié son plaisir de chanter. 
 Jessye Norman , par elle-même,  in BBC Hardtalk (son enfance, ses débuts, sa carrière...) :
https://www.youtube.com/watch?v=keCO9DQE4RI
Titulaire de plus de six doctorats Honoris causa  dans diverses universités, Jessye Norman était polyglotte. La cantatrice avait le sens de la mise en scène, et savait se parer de tenues élégantes, colorées, époustouflantes:  personne remarquable,  et remarquée. On la disait radieuse, tant il est vrai qu'elle rayonnait  sur scène, dans les interviews, les documentaires : en répétition ou en concert.
Si le monde des arts se sent appauvri par sa disparition, il reste le legs, la transmission, les vocations, nées d'avoir entendu chanter la Diva, et l'incomparable bonheur d'avoir écouté ce timbre particulier, avoisinant la perfection, riche  d'un talent si généreux. 
Amazing Grace :
https://www.youtube.com/watch?v=G5jZe32DEYI

                                                                                                        

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All crazy of Scarlatti

                                                                
On a parlé d'un pari fou, et même d'une "Scarlatti night fever ", ou d'un "Marathon Scarlatti" ... Effectivement, l'enjeu est d'envergure, puisqu'il s'agit de diffuser (du 11/2/2019 au 25/10/2019) les 555 sonates du maître napolitain, sur l' antenne de France Musique, après une année 2018 passée à les enregistrer.  Le pinacle sera atteint lors de la soirée du 26 octobre 2019,  par un concert donné dans l'auditorium de la Maison de la Radio (Paris).
Certes,   une  performance avait déjà  été réalisée, en son temps (1984), au château d'Assas,(France/ Languedoc)   par l'éminent claveciniste Scott Ross. Ce qui donna lieu à une publication de l'intégrale en 35 CD.   
A rappeler,  d'autres enregistrements du musicien, dans ce château languedocien: 
- en 1975 : J-P. Rameau
- en 1977:  F. Couperin
Un festival au nom du concertiste s'est  déroulé en ce lieu,  du 13 au 16 juin 2019, pour la 30e année de la commémoration de la disparition de Scott Ross.
.."Sur tous les tons, sous toutes les formes .." en guise de mot d'ordre l’œuvre de Scarlatti ( essentiellement ses sonates)  se décline donc pendant ces journées exceptionnelles.  Les intervenants sont à la mesure de la manifestation: Frederik Haas, Giulia Natti, Sandro Michahelles, Kenneth Weiss, Jenny Gorman...
                                                                   

Si l'on évoque le musicien italien baroque (1685-1757) et son impressionnante production (la plus importante, en nombre de pièces pour le clavecin, de toute l'histoire de la musique) , on rappelle aussi sa carrière en Espagne (à Madrid), au Portugal sous la protection  de Maria Barbara de Portugal de son époux, le roi  d'Espagne Ferdinand VI, son amitié avec le chanteur Farinelli, ses joutes musicales (à Rome)  au clavecin  avec Haendel, leurs revanches à l'orgue.  Mais Giuseppe Domenico Scarlatti n'est pas qu'un compositeur -interprète, c'est aussi un joueur, il perd pas mal d'argent aux tables de jeu. L'on dit que le salaire obtenu par la création de  ses nombreuses compositions, (dont certaines étaient commandées par sa protectrice la reine Maria Barbara, elle-même bonne claveciniste, et élève de Domenico) " aurait financé quelques dettes de jeu ".
Parmi les 555 sonates la plus brève est la K 431 in G major  (57 ")
ici interprétation par Alexandre Tharaud 
https://www.youtube.com/watch?v=SsTctLhhALw
Dans une riche actualité consacrée à l'événement autour de  Scarlatti :                         
- Lucas Debargue : sortie d'un coffret de 4 CD
- Martin Mirabel : biographie parue chez Actes Sud
 On qualifie, à juste titre, la musique de Scarlatti de brillante, légère, déliée, requérant de la part de l'interprète :  agilité du doigté, vélocité, technique et expression. Certaines sonates sont dites "faciles" et abordables à tout jeune pianiste qui est motivé. En effet, l'on a coutume de penser que, si tout débutant doit inévitablement s'attaquer au Voll temperierte Klavier de J-S. Bach, il doit également  inscrire, à son répertoire de travail, une sonate de Scarlatti. La facilité n'est, ici, qu'un leurre. Car, pour une interprétation correcte de ces oeuvres-là,  il faut encore une fois le redire, il est nécessaire d'acquérir une certaine maîtrise de l'instrument, et se dégager de la partition (= ne pas avoir "le nez dedans"). Donc, ne pas se décourager et ne pas hésiter à s'exercer. 
Au XXIe siècle,  le clavecin, que d'aucuns considèrent comme désuet,  a, heureusement,  toujours ses adeptes (fans),  et ses concertistes virtuoses. Justin Taylor, Pierre Hantaï, sont au panthéon de ce cercle restreint.


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vendredi 13 septembre 2019

Modernité de l'Art ancestral

En art, on  incline à aimer les clivages. même si la tendance actuelle est à l'ouverture et à la circulation trans-temporelle des courants artistiques. On catalogue, on répertorie, on classe en catégories. Pourtant une observation plus précise et objective peut amener à des constatations quelque peu déroutantes. Ainsi est-on  surpris du caractère contemporain de certaines œuvres datant de plusieurs centaines d'années  (si ce n'est de millénaires). De nombreux  questionnements émergent.  L'on s'interroge alors sur le modus faciendi , la mode artistique de la période, la façon, le traitement du sujet, la facture, la localisation, la durée de l'expression dans ladite période... Art pariétal épuré, sculpture zoomorphe ou anthropomorphe, les figurations ont franchi les siècles pour venir jusqu'à nous dans leur état initial simple et dépouillé. Derrière leur vitrine de musée, dans les salles des ventes, ou les collections privées, elles attestent d'un savoir-faire inné, souvent ponctuel, spontané, ne relevant pas d'une "école", ou de l'enseignement d'un maître. Les fouilles archéologiques ont remis à jour les plus anciennes qui étaient enfouies dans les strates de l'histoire des civilisations, sur les sites prestigieux en ruine, parfois oubliés depuis longtemps et redécouverts grâce à d'opiniâtres recherches .
A lire sur ce même blog
" L'art de nos origines, les origines de l'art ...."  :
  Quelques exemples (non exhaustifs) donnent ici une idée de la modernité de l'art ancestral. 
Issue de la civilisation Minoenne, de l'art Cycladique, ou de celui du Moyen-Orient, la production artistique est un fort marqueur d'époque. Il en est de même pour celle des autres continents :  l'Amérique pré-colombienne,  l'Afrique,  l'Asie...
Pierre brute, terre cuite, métal précieux ou ordinaire, chaque matériau  permet une exploitation particulière  du sujet. Le talent de l'homme, par sa main d'artiste va façonner l’œuvre  sans forcément songer à ce qu'elle lui survive et puisse traverser les siècles. Ex-voto, ustensile ménager, objet décoratif, cadeau symbolique, la sculpture se décline.
Anonyme artisan du quotidien, ou artiste renommé reconnu, ce qui importe c'est le  mouvement créatif, l'expression initiale. Certes, il est, et il a été, aussi question de commande précise pour une exécution à caractère unique et non en nombre. Pourquoi faire du beau même dans l'utilitaire ? La question en elle-même  serait  une négation de la création spontanée.
Tracé, proportions, posture, mouvement, rapport à l'espace, volume,  tout ce qui donne un rendu expressif est déjà présent dans les premières figurations. S'interroger sur les prémices de l'Art, de la genèse de l'acte créatif, c'est chercher à comprendre l'énergie , la motivation qui inspirent l'esprit de l'artiste.
                                                         

Pourtant l'on reconnaît que l'émotion suscitée par la vue d'une œuvre est  à prendre en compte avant l'analyse stylistique technique. L'art est-il seulement une question d'émotion ? La réponse n'est pas généraliste, mais  individuelle, selon le ressenti de chacun et selon ses propres références. Certes l'on peut briller en société en se donnant un air "entendu" de connaisseur, en étalant ses connaissances par des comparatifs savants, ciblés. Mais les mots simples traduisant le premier impact sensoriel ( la vue, le toucher pour une sculpture, l'ouïe pour une pièce musicale...) peuvent être autant expressifs et révélateurs d'une sensibilité particulière.
 Et l'on peut se demander, de façon un peu provocatrice:
 L'art contemporain n'est-il donc qu'affaire de datation ?      

A suivre :
https://www.art3f.fr/index.php/fr/paris
A visiter: 
Musée F. Pompon :
place du Dr Roclore
21210- Saulieu
03 80 64 19 51


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mercredi 4 septembre 2019

Fireworks, Feuerwerk, feux d'artifice


Eclairant les cieux de leurs fusées multicolores, les feux d'artifice offrent des bouquets lumineux aux regards des badauds admiratifs. Faisant fi des inévitables manifestations sonores de ces démonstrations, les spectateurs en redemandent, accourant avec enthousiasme, et en nombre, dans les lieux où se déroulent les festivités.  Il n'y a pas de saison précise pour satisfaire cet engouement.
Si les estivaux sont plus courants, il  existe aussi  d'autres versions qui ont autant de succès ( l'un des plus célèbre est celui de Sydney ( Australie) tiré  pour le Nouvel An) .
Quelques suggestions:
Festival pyro-mélodique Grand-Mottois : "Les nuits d'or" -Programme été 2019
https://www.lagrandemotte.com/les-nuits-dor-2019/ 
En images, un final: 
https://www.facebook.com/lagrandemotte/videos/507903816335455/ 

                                             

 Très appréciés également, en France ,  ceux de:
Carcassonne ( embrasement de la Cité)
- Versailles  (le triomphe de Neptune,  les grandes eaux nocturnes, et les fameux "plaisirs de l'Isle enchantée "(1664))
http://www.chateauversailles.fr/decouvrir/histoire/grandes-dates/fetes-plaisirs-ile-enchantee
- Annecy (sur le lac éponyme)
- Paris ( la Tour Eiffel)
Quelques exemples sur d'autres continents :
- Sydney (pour le nouvel an) - Australie
- London ( Big Ben)
- Hong-Kong (Victoria Bay)
- Berlin ( Brandenburger Tor)
- Rio de Janeiro ( Playa de Copacabana)
....
Marque d'un certain standing, à cause de son  coût,  le feu d'artifice a souvent été l'apanage de soirées ou d'événements royaux avant de devenir le spectacle populaire que l'on connaît depuis le XIXe s. Versailles, Vaux-le-Vicomte  s'illustrèrent par leurs animations "explosives" mémorables, où si certains étaient à la fête, d'autres s'échinaient et payaient le prix fort pour satisfaire  les plaisirs de la cour  (voir les extraits du film:  Vatel) . Sous le règne de Louis XV,  une grande famille d'artificier œuvre  déjà : les Ruggieri.

Issu de la technologie orientale (poudre noire) , on attribue l'origine des premières fusées à la Chine et l'importation en Europe à Marco Polo .  La pyrotechnie a pu évoluer au cours des siècles grâce  au concours de la chimie qui a fait à partir d' explosifs déflagrants des gerbes multicolores et multiformes dont l'usage et la mode se sont rapidement répandus. Chaque année apporte son lot d'inventions qui visent à étonner un public toujours aussi avide de sensations et de nouveautés. Comme le traduit l'expression (au  sens propre) "en voir de toutes les couleurs'"...
Toujours susceptibles de causer des dégâts ou des victimes (lorsque  l'opération n'est pas effectuée dans les conditions idoines (météo, distance à respecter,...),  les tirs de feux d'artifice sont soumis à une règlementation et aux consignes de sécurité habituelles. Il est donc risqué et déconseillé d'en effectuer  un soi-même dans son jardin.  
 Mais l'on peut se laisser charmer par les illuminations des  nuits estivales lorsque l'on a l'opportunité d'assister à de flamboyantes démonstrations pyrotechniques. 
Musique G.F. Haendel:
https://www.youtube.com/watch?v=fNqJ8mED1VE

mercredi 17 juillet 2019

Précieux patrimoine environnemental particulier

                                                   
 C'est un bestiaire qui se manifeste au fil des saisons, ou qui est présent toute l'année.
 Cigales de Provence, taureaux et chevaux de Camargue, coqs de fermes, rainettes des mares, crapauds  des marais, chouettes, grillons ... : tous ont une antériorité sur leurs territoires respectifs et font partie de l'environnement champêtre en participant à l'indispensable équilibre rural...
Pourtant des détracteurs, citadins mal informés,  les jugent nuisibles, dérangeants, déplacés, demandant leur  destruction, allant de pétitions jusqu'au procès.
Mais il existe aussi tout un peuple animalier urbain qui colonise une végétation indispensable  pour rendre possible la vie en milieu bétonné,  occupé par des bâtiments d'habitations et de bureaux. Ainsi moineaux, tourterelles, pies, mésanges, rossignols, rouge-gorges, étourneaux, rouge-queues, martinets, écureuils, sont bien actifs dans les agglomérations. Leur présence est avérée, et accrue de maintes autres espèces, puisqu'aux portes des villes, selon les régions et les saisons,  s'avancent renards, sangliers, rongeurs, sans compter les volatiles de passage : guêpiers d'Europe, huppes...  
Que ce soit pour communiquer, ou pour exprimer un besoin, les animaux, comme les humains, ont leur langage:
Les batraciens : ils coassent
Les équidés: ils hennissent
Les gallinacées: ils caquettent
Les cigales: elles stridulent                           
Les taureaux : ils mugissent
Les grillons: ils grésillent
Les tourterelles : elles roucoulent
Les moineaux : ils piaillent
 Pour en savoir davantage : (vocabulaire utile en culture générale (zoologie, sciences de  la terre), dans les jeux de société (quiz),  ou pour épater l'entourage...)
https://www.animaux-nature.com/liste-cri.php 
 Pour les enfants :
https://education.francetv.fr/matiere/decouverte-des-sciences/ce1/video/les-cris-des-animaux-dis-moi-dimitri
D'après la réaction de certains édiles ira-t-on vers un classement (ou une reconnaissance, et une inscription) du patrimoine rural à l'Unesco ??
Il est utile de rappeler ...
D'une part :s'installer dans une région nécessite de s'informer sur maints secteurs,  dont l'environnement local. En terme de nuisance, on ne peut estimer que des animaux présents depuis des siècles, par nature ou par tradition, doivent être muselés (détruits?), pour satisfaire des occupants récents, peu renseignés sur les us et coutumes anciennes établies, perpétuées  dans un secteur dont c'est le modus vivendi, le patrimoine régional.  
D'autre part : il ne faut pas nier ou sous-estimer les désagréments (dégâts) causés par certaines espèces (multiples déjections, cris intempestifs à toute heure, destruction de structures, et même,  parfois, agressivité envers l'humain).
 L'ursidé et le Canis lupus revenant sur les terres forestières font, avec raison,  largement débat...
On peut réfléchir,  légiférer, discuter, proposer des solutions, pour tenter une cohabitation qui  pourrait tendre vers l'harmonie. Cela passerait-il par:
-  un équilibre, une meilleure connaissance du monde animal, de ses habitudes, de ses adaptations parfois forcées par une mutation du mode de vie et un environnement  hostile ?
- une délimitation de territoires respectifs où chacun évoluerait sans créer de problèmes?
- un compromis entre espèces menacées et possibilités de vivre sereinement ?
- une consultation des documents d'archives pour établir un historique fiable et servant de référent ?
- un choix délibéré de lieu de résidence, en tenant compte ( et en acceptation) du contexte ?
"Lupus auribus tenere"....

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samedi 6 juillet 2019

Une exception architecturale Languedocienne :

Le château de Marsillargues (ou Château de Guillaume de Nogaret)
Près de Lunel,  est sis ce  bâtiment, mal connu des grands circuits touristiques. C'est pourtant un bâti intéressant, d'un volume conséquent, et d'une architecture   assez représentative de celle du style Renaissance. Pourtant, le château a une longue histoire, se déroulant sur huit siècles. 
En entrant par la grande grille, du côté du boulevard de circulade ombragé de platanes (Bvd G. Péri),    on pénètre dans le parc, et l'on peut déjà admirer  la disposition en U renversé des trois corps principaux du château : les deux ailes latérales (Nord et Sud) et la grande orangerie (avec mascarons, et blason bûché en façade)  qui ferme la perspective. 
Une vaste cour (dite "d'honneur", mais qui fut petit  jardin d'ahgrément)  est séparée du parc par les quelques degrés d'un large escalier relativement contemporain. Sur la gauche, dominant la structure, l'on aperçoit le donjon carré, orné de moulures, ponctué par une tourelle. (cf celle de la Tour Carbonnière- St Laurent d'Aigouze).   L'ensemble ne manque pas d'allure. Ce n'est pourtant qu'un aperçu de l'espace  total. Pour en avoir une idée plus exacte,  il faut compter avec la cour de service, celle du donjon, les communs, l'écurie et sa cour, l'aile XVIIIe s et sa cour, la chapelle, la petite orangerie, le salon, avec son buffet d'eau, (en réplique :le couloir et sa fontaine), des calades, une geôle ... Des plans sont visibles dans l'une des salles du musée P. Pastre (visitable et sis in situ).   Mais l'un des aspects les plus étonnants du château, outre ses dimensions, ce sont les façades, car elles sont très imagées, et "parlantes". Il existe, en Languedoc, d'autres exemples de ce style de bâtiment (des châteaux : Uzès, Vallabrix, Villevieille... des hôtels particuliers: à Nîmes, Montpellier, Millau.. ) mais, même s'ils possèdent tous de très belles ornementations,  aucun d'entre eux n'exhibe  cette particularité remarquable. Il faut également préciser que le château de G. de Nogaret est le plus grand, le plus imposant de la région Languedocienne. On a  rattaché la décoration de ses façades au style italien, au style languedocien, mais l'on y reconnaît surtout plusieurs influences et plusieurs époques (non superposées mais mises en harmonie). Ces façades se "lisent". Leur message est  codé , symbolique, mais accessible à qui sait y regarder, avec suffisamment d'attention, les multiples indices livrés et inscrits  sur la pierre (et pas uniquement des "emblèmes" comme l'on dit  souvent, trop vite et  à tort). La "lecture" se fait en référence à l'Antiquité, à la mythologie, à une partie de la  chronologie des souverains de France, à des lieux attachés à l'évocation personnelle de G. de Nogaret

Car, outre l'histoire du monument, le château révèle le récit d'une
famille : celle de G. de Nogaret (1285-1313),  de ses descendants, au fil des alliances (attestées par de nombreux blasons: qui sont autant de précieux témoins héraldiques), et des siècles.  Passionnante narration, avec ses personnages célèbres qui y ont séjourné, ses hauts faits, ses multiples anecdotes... Si le château a été offert par Philippe IV le Bel, au début du XIVe s., c'est qu'il existait déjà. Donc, l'on peut estimer que ce bâtiment a une origine plus ancienne  que ce que l'on croit.  
(NB:on lit sur le Net, au sujet du château et de G. de Nogaret, de nombreux articles  à la narration fantaisiste, aux interprétations et  datations fausses)  
D'autres sites régionaux sont liés directement à Marsillargues: Aujargues, Calvisson, Lunel, Manduel....
Lorsque l'on aborde,  en Histoire, des recherches sur certains sujets, on  sait que tous les manuscrits ne sont pas à disposition, et, pour ceux qui sont accessibles, leur consultation est délicate, non aisée. Certaines   demeures seigneuriales ayant  connu les incendies, les pillages, la dispersion par héritage ou vente, maints documents ont été égarés, fortement endommagés, ou  détruits. Certains sont même falsifiés.

Néanmoins, grâce aux importants travaux menés par d'éminents  médiévistes,  quelques publications spécialisées  relatent, de façon fiable, une partie de la vie professionnelle du garde du Scel royal: G. de Nogaret. Or, si les documents des AD de l'Hérault, ceux des AD du Gard  recèlent quelques renseignements, utiles  pour une étude sérieuse, il faut aussi consulter les Archives Nationales, et ne pas oublier que quelques  textes  privés  existent encore.
Bien immobilier inestimable, le château (classé MH 1995) n'en finit pas de livrer des surprises. Telle une palette aux multiples teintes, il garde en ses murs, et sur ses murs, des éléments représentatifs de chaque époque. Le monument se livrera alors, peut-être, au visiteur qui prendra la peine de s'y attarder suffisamment, et à celui qui sera prêt à écouter le récit de son histoire ...   

 A voir aussi , in situ:
Le musée Paul Pastre (Arts et traditions populaires)
cf: site internet éponyme 



(Courts extraits de la conférence de N-L. Marti-G.
donnée au château de Marsillargues le 19-6-2008-
all rights reserved ©)

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