jeudi 28 septembre 2023

Collections


L'acte de rassembler pour établir une collection n'est pas forcément lié à un statut social . Le choix de l'objet ou du thème, sera lui-même porteur de sens et significatif d'un comportement. Que ce soient des bouchons, des cartes postales, des tableaux, des foulards, des automobiles, la démarche est identique. On amasse non pour thésauriser, mais pour le plaisir de contempler. Cela commence, souvent, dès l'enfance, en collectionnant des jouets, de jolis cailloux, des livres, puis à l'adolescence vient le temps des lettres d'ami(e)s, des lettres sentimentales, et ainsi,  l'âge adulte venant, l'on poursuit avec d'autres séries. 
Autour d'une collection, d'incontournables problèmes matériels s'imposent rapidement: 
- la place 
- le budget
- l'entretien
- la conservation
- l'extension
- les limites 
- le partage (avec le public (exposition), avec d'autres collectionneurs.)
...
La gestion d'une collection oblige à se renseigner, parfaire ses connaissances, autant que se déplacer afin de rechercher "l'objet rare qui manque à la liste". Avant tout,  passionné,  le collectionneur est intarissable sur le thème qui retient  ses soins et son attention.  La liste des objets est une suite incroyablement vertigineuse (allant du plus petit au plus encombrant). Le vocabulaire approprié est lui-même lié à ce caractère foisonnant. Certains termes font les beaux jours des questions de concours ou d'émissions TV de culture générale. 
Quelques exemples (sous forme de petit jeu) Que collectionne  le.... 
1- sidérophile
2- étylabélophile
3- conchyophile
4- fibulanomiste
5- philuméniste 
(A choisir parmi les réponses; a coquillages, b allumettes, c étiquettes de bouteilles, d fer à repasser, e boutons)
Liste non exhaustive, à compléter pour la curiosité et le plaisir d'apprendre de nouveaux mots .Pour les fans : voir l'origine latine ou grecque de ces divers termes (sachant que phile,  employé en suffixe ou préfixe veut dire:  qui aime.) 
                                                           
Photo: N-L. M. 
                                 
 Chaque pays, chaque région a ses clubs de collectionneurs. Parfois regroupés en associations, ils proposent des salons, des expositions, des foires qui sont de vrais lieux de rencontre entre passionnés, où l'on peut parler de l'activité, échanger des objets, se renseigner sur l'acquisition de "la pièce rare" . 
Pour en savoir plus (dates, lieux de ces manifestations) : consulter les sites éponymes sur le Web. 

- à lire sur ce même blog:
Cartes postales anciennes: old postcards (1 mars 2020) 
International Culture Blog: mars 2020 (international-culture-blog.blogspot.com)

- à voir aussi sur le net
des sites de collectionneurs, des vidéos , des interviews et des  documentaires


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mercredi 13 septembre 2023

Archéologie :passé du sous-sol pour avenir sur terre

 Le XXe siècle a pris conscience de l'importance des chantiers archéologiques . L'information faite au public  a multiplié les vocations, de même que la variété de la palette des métiers (céramologue, carpologue...) a favorisé certaines orientations d'études et de professions. 

Chaque région met en exergue un patrimoine peu à peu mis au jour . Et l'on fait parfois fi des connaissances acquises,  afin de mieux les affiner, et de les compléter. Le passé  s'observe sous un nouvel aspect.  Faute de moyens, certains sites sont en stand-by d'autres sont délaissés,. Mais au détour de nouvelles directives, l'espoir de reprendre les chantiers est permis. Loin de vouloir hiérarchiser  ces travaux, on est obligé d'en reconnaître la portée historique et l'exploitation des découvertes effectuées in situ. La proximité d'un espace muséal permettant l'exposition du matériel trouvé facilite la possibilité d'une poursuite des recherches. 

Néanmoins, pour bon nombre d'archéologues, c'est le challenge annuel de savoir si, oui ou non, il y aura une réelle et concrète opportunité de reprendre le chantier l'année suivante. 

L'Inrap propose une liste de  lieux de fouilles pour les étudiants en demande de stages pratiques. Il est nécessaire  de rappeler que, selon la région, les conditions matérielles diffèrent (chaleur excessive, moustiques, pluies, boue...) afin de savoir à quoi s'attendre. 

Les visites commentées, in situ, constituent, pour le public, une occasion appréciable pour comprendre la lisibilité des vestiges (souvent sibyllins pour les néophytes) qui n'émergent de terre que de quelques centimètres de hauteur. Alors le partage du travail accompli prend tout son sens. Et pour le visiteur c'est l'aubaine d'apprendre, de mieux connaître, de peser l'importance et la nécessité de la démarche.

La période estivale se prête à ce genre de déambulation accompagnée, avec, en point d'orgue, mi- septembre, les J. d. P. ( Journées du Patrimoine). / en cette année 2023,  les 16 et 17 septembre.  

Entre Languedoc et PACA, quelques exemples ( liste non exhaustive) :
L'île de St Martin ( Gruissan) , Tholon ( Martigues), St Jean (Le Cailar ), Vendres ( Sérignan)...
mais aussi : Ambrussum, St Mitre les Remparts, Entremont, Enserune... 
Photos et montage : N-L. M. 


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mardi 12 septembre 2023

L'art contemporain en ses espaces (Audois et héraultais)

 

 Le Poulet de Gruissan     

Le musée d'Art Contemporain de Gruissan - dit " Poulet de Gruissan" (inauguré le 31-8-2013) habite un bel espace d'exposition. Par une bonne distribution des salles, un éclairage naturel (ouvertures latérales et sommitales), on y met en valeur des productions de qualité. Pas d'exposition permanente, car les œuvres des artistes s'y succèdent au gré des choix des organisateurs. Ainsi, en cet été 2023 :
Claude Guenard et Gesco ont proposé certaines de leurs créations respectives. La couleur était le fil conducteur de cette exposition à deux voies (voix).  Du figuratif surréaliste à l'abstrait, le cheminement, offert au visiteur, n'avait rien de monotone. La pause culturelle estivale a pris alors tout son sens. Déclinaisons de personnages, vues d'artistes, ou transcriptions imaginatives de légendes ou de commémorations traditionnelles, rien ne laissait indifférent pour un face à face avec les œuvres accrochées aux cimaises. 

Merci à Claude Guenard d'avoir pris la pose devant l'une de ses œuvres.


Sérignan:

Le musée héraultais abrite une intéressante collection de productions contemporaines. Haute en couleurs, riche de formes, elle donne à la visite une connotation festive, ludique et culturelle à la fois. On ne peut rester indifférent à  la déambulation  entre des volumes surprenants, des audaces picturales,  et des alliances de couleurs pleines de gaité.     


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dimanche 20 août 2023

Gregory Watin : du relief dans l'expression

  

La cité labellisée (Architecture du XXe siècle) ne se lasse pas des créations des artistes contemporains . Toujours fidèle à sa démarche, et à son identité, la ville Languedocienne multiplie avec succès  les invitations d'artistes actuels. En cet été 2023, La Grande Motte s'est donc immergée dans les productions remarquables de Grégory Watin.              


Un graphisme résolument expressif, des références au milieu urbain, des formes entrelacées, un discours à travers les lignes...: le monde de l'artiste ne laisse pas indifférent. C'est un appel au visiteur. On est à la fois convié et interpellé par la représentation et la présentation.  Les œuvres sont en arrière- plan tandis que sur la surface du tableau une grand plaque de plexiglas est maintenue à quelques centimètres par de longues vis . Effet de relief garanti. Mais le miroir n'en est pas un, c'est un support expressif qui donne un complément de sens à la toile initiale: un monde dans un monde pour une lecture plus dense, plus riche. Happé par la figuration, le spectateur est projeté dans une œuvre en abîme. 

                                                         


 City life, immersions urbaines annonce la déambulation dès son titre. La ville:  son esprit, son ambiance, ses bruits caractéristiques, son mouvement quasi perpétuel qui donne un quotidien actif, parfois désabusé, mais toujours en adéquation avec son temps, voilà la vraie toile de fond de l'ensemble de la  production. Si le foisonnement transparaît dans les œuvres de l'artiste c'est volontaire, afin de traduire l'action même dans un support inerte. Le peintre donne à voir et à ressentir . 

                                            


photos et montages: N-L. M. (8-2023) ©


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dimanche 16 juillet 2023

Tout un monde

 Les relations humaines évoluent-elles avec les siècles ?  De la minauderie à la carte du Tendre, des confrontations sociales  aux violences quotidiennes, les  interrogations se justifient et  s'imposent. 

Si l'on songe aux obligatoires supputations des entrevues à la période de la préhistoire (langage, contacts, commerce, échanges ???) on reste néanmoins très dubitatif en observant la production artistique. En effet, les gravures rupestres attestent d'un réel talent de narrations, de représentations qui induisent inévitablement : des techniques et des échanges (ne serait-ce que pour l'emploi des outils, des luminaires, des pigments...), donc une certaine qualité de relation. 

L'extension des savoirs et  des acquis est fatalement passée par la confrontation entre groupes ethniques. Le commerce a  donc très tôt nécessité des déplacements.  Or,  les distances à franchir, les marchandises  à transporter, ont requis des moyens de transport fiables et adaptés. Les découvertes archéologiques confirmant ce modus operandi ont  conforté l'incontournable  évidence de relations non agressives. (Cf; L'histoire du commerce de  l'ambre).                              

On reste évidemment interloqué par les diverses scènes de violences et d'affrontement générées par l'appât du gain facile, les démonstrations de force, qui, tout au long de l'Histoire ont jalonné le quotidien des populations spectatrices et victimes de ces exactions. Des territoires annexés, aux conquêtes de pays, des peuples prisonniers réduits à l'esclavage, forçant un brassage ethnique, ont engendré des adaptations usuelles, et culturelles. 

Plus que jamais Melting pot, la société du XXIe siècle  vit la riche expérience d'une formule réductrice et se voulant porteuse de sens : "le vivre ensemble". A elle d'en être la digne héritière pour forger un avenir serein, apaisé, ambitieux, optimiste, 
mais lucide sur son passé et ses archives. 

"Sortie du cadre" - Création Renny Tyde ©

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samedi 24 juin 2023

Des festivals pour le temps estival

 Les "grandes" vacances sont attendues avec impatience, espérées,  aussi bien par les petits ( écoliers) les jeunes (collégiens, lycéens,  étudiants) que les adultes ( travailleurs de tous secteurs).  Le seul mot "vacances" est porteur de tant de symboles, et de poncifs aussi !  La nature, les voyages,  le changement de rythme de vie ont la préférence pour beaucoup d'individus. Mais il existe également des fans de culture pour lesquels le temps de rupture estivale signifie concerts, festivals, rencontres avec les artistes...   

 photo ; N-L. M. -   LGM /2023
Alors se posent les inévitables questions du  choix, de la possibilité matérielle, des dates, des places à retenir longtemps à l'avance. Tout cela se mesure à l'aune de la motivation, et des disponibilités de chacun. Dans certaines circonstances  (les manifestations  en vogue, courues, hyper fréquentées)  on pourrait même en arriver à penser "qu'un festival : ça se mérite" !.   Après des années de restriction et d'interdiction, le plaisir de la communion autour de l'art est plus qu'un besoin, c'est une évidence. 

Spectacles scéniques, concerts en bâtiments religieux, classique, d'avant-garde, à thème, ou en improvisation, des défilés, des déambulations d'animaux totémiques, des "battles", des animations participatives...:  il y en a vraiment pour tous les goûts. 

Cathédrale de Maguelone/Photo: N-l. M. 
- Ne pas hésiter à naviguer sur le web pour se renseigner utilement. (horaires, dates, programmes, lieux) A bien y regarder, on s'aperçoit qu'autour de chez soi, il ne faut parfois pas aller très loin pour profiter d'un spectacle de qualité. 
- S'intéresser aux spectacles de rues, aux versions "Off"
- Ne pas passer à côté d'un bon moment, et d'un élan solidaire qui encourage les artistes à poursuivre une carrière difficile, où le soutien du public est primordial.
De l'art traditionnel au plus créatif,   chaque festival a sa propre identité. Mais avant tout c'est l'accessibilité au plus grand nombre de spectateurs qui est de mise. L'adjectif "populaire" prend alors, ici, toute sa noblesse et son sens. Et ce n'est pas sans une certaine dose d'audace que les organisateurs prennent le risque d'étonner, d'interpeller un public toujours exigeant dans sa quête de distractions.                                                     
Il est vrai que l'été est la saison qui  fait la part belle au spectacle dit: "vivant", mais c'est aussi l'occasion de fréquenter les musées, les expositions, d'aller voir de plus près tel ou tel monument ( particulièrement ceux qui sont enfin ouverts à la visite, ou ceux qui ont bénéficié d'une restauration).
                                             
Photo: N-L. M.- Pigeonnier de château 
Alors ce sera un temps de rencontres, d'acquis, de connaissances supplémentaires, de clichés engrangés pour se faire de beaux souvenirs. Et pour certains l'occasion de découvrir un art particulier, de déclencher une vocation, ou l'envie de se lancer dans un nouveau hobby, de s'étonner en mettant en exergue un talent caché, une aptitude. 
                                        Bien évidemment, tout le monde n'a pas la chance de profiter de cette saison  de pause annuelle,  qui aide tant à se ressourcer. En effet, pour de nombreuses personnes, l'été est plutôt synonyme de travail accru, supplémentaire, ingrat. Le temps de vacance pour elles sera décalé dans l'année., où l'on trouvera aussi d'autres manifestations 

Pour en savoir plus : 
Quelques pistes de recherche pour la saison été 2023  ; (voir sur les sites Internet correspondants) 
- Allemagne : Bayreuth (opéra) Juillet / Août 
- Autriche: Salzburg (20 juillet au 31 août)
- Italie : Verona (opéra) 43 spectacles au programme à partir de juin
- Angleterre: Wembley (8 juillet)
- Espagne: les Nits de Barcelona (27 juin au 27 juillet)
- Singapour: 12 festivals au cours de l'année (dont des nocturnes et un sur la gastronomie)
- France : La Roque d'Anthéron ( piano) du 20 juillet au 20 août
                  Les vieilles charrues ( rock/variétés) du 13 au 17 juillet (31e édition) 
                  Ramatuelle (théâtre et humour) du 26 juillet au 11 août
                  La Rochelle ( les Francofolies) du 12 au 16 juillet 
                  Lorient ( l'interceltique) du 4 au 13 août - musiques traditionnelles



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jeudi 1 juin 2023

Des animaux en justice

L'évolution des us et coutumes, au cours des siècles,  n'en finit pas de nous étonner! 
La recherche en Histoire permet de prendre connaissance de faits divers assez déstabilisants pour l'homme du XXIe siècle. En effet,  qui pourrait penser, de nos jours, qu'un animal puisse comparaître en justice pour un meurtre ? On aurait tendance à incriminer plutôt son propriétaire pour défaut de surveillance ..
Pourtant, de nombreux cas ont été relevés et narrés dans des textes, attestant l'exécution de bêtes,  à la suite de procès pour  homicides commis. 
Cette procédure expéditive, et difficilement compréhensible,  a néanmoins ému certaines bonnes âmes qui, en leur temps, se sont récriées, en invoquant l'innocence, par manque de raisonnement, de ces accusés particuliers (cf :  Coutumes de Beauvaisis (ou Beauvoisis)  par le jurisconsulte Philippe de Beaumanoir / XIIIe s;).                                                                 
Ont comparu à la barre : des ânes, des cochons, des truies, des pourceaux, des chevaux, des taureaux, mais également des charançons, des sauterelles, des mulots, des chenilles... 
Pas de plaisanterie dans ces interrogatoires et ces condamnations au supplice et à la mort. Mais des plaidoiries, des chefs d'accusation, des comparutions de témoins .. La sentence se voulait exemplaire et devait servir de leçon ... au propriétaire de l'animal mis à mort. On a même utilisé, quelquefois,  la loi du Talion. Le supplice et la mise à mort  de la bête fautive étaient effectués par le maître des hautes œuvres. Il portait des gants (pour "garder les mains pures")  dont le prix était à la charge   du  propriétaire de l'animal. 
A y regarder de plus près,  avec les méthodes et lois actuelles, on analyserait également la responsabilité de la famille des victimes. Car la plupart du temps, il s'agissait de jeunes enfants, ou d'ados,  non surveillés, dévorés,  ou attaqués,  par des bêtes errantes n'appartenant à personne,  ou  en liberté, livrées à elles-mêmes.  Mais il y a eu cependant quelques  cas d'adultes attaqués plus ou moins gravement, dont certains ont trouvé la mort. 
Une datation chronologique donnera quelques éléments de réflexion. 
1260- (un pourceau) 
1314- (un taureau agressif) 
1389- 1394- 1404-1408- 1414- 1457- (porcins) 
1793 (un perroquet antirévolutionnaire) 
1916- une éléphante ( pendue)
 Certains étaient humanisés ( = vêtus) afin d'accentuer l'aspect "coupable"  (= conscient du mal fait) . Lors des procès, on pouvait assister à de singulières plaidoiries par des avocats.
D'autres subissaient l'infamie de l'excommunication: 
1120 - des mulots et des charançons
1451- des sangsues
1474- un coq (pour avoir  pondu un œuf )
1500- des charançons et des sauterelles
1596- des dauphins (exorcisés pour être entrés dans le port de Marseille) 
On retrouve trace de tel fait au XXIe s. où un âne agressif a été condamné en Turquie. Sous l'Ancien Régime,  un autre représentant de l'espèce asine avait été pendu à Aigues-Mortes, après procès.
Longtemps utilisés comme transferts lors des sacrifices, l'humanité a fait payer un lourd tribut aux animaux, à travers les siècles. Après certaines prises de conscience, si des lois sont édictées pour remédier à leur condition, il reste encore beaucoup à apprendre (à comprendre) du comportement animal. 
                                                                  

Sources: .  
- Article du journal Libération ( mars 2004) ; "Bêtes et victimes"
- "Curiosités judiciaires" (1858) Emile Agnel
- "Etranges procès d'animaux au Moyen-âge" ( 2018) France Culture - Hélène Combis
- " Traité  de droit criminel" Josse de Damhouder (1562)


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