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mardi 14 mai 2024

Zadie Xa, artiste contemporaine

 L'artiste qui expose propose au public une entrée dans son monde. On accepte, et adhère à  cette invitation ou pas. Question de feeling, de goût personnel, et parfois de  connexion à l'époque ...  
 
L'artiste Zadie Xa,,  femme à l'élégante silhouette, évoque volontiers ses influences : l'attachement aux racines parentales, la créativité, l'imaginaire débordant, l'attraction envers une palette riche, et haute en teintes nuancées, en formes géométriques, ou souples.                                           
Si l'on décèle maintes influences, ou évocations, dans les œuvres de Zadie Xa ( Ieronimus Bosch, S. Dali, Vasarely...), on repère néanmoins très rapidement l'affirmation d'un style propre, inventif, jubilatoire, multidisciplinaire, décliné en plusieurs techniques: peinture, tissu, sculpture..
L'ensemble de la production est doté d'une intéressante richesse d'expressions. A tel point que des thèmes éclectiques en émergent aisément: la flore, la faune ( un réel bestiaire), l' univers végétal sous forme de décor, les personnages fantastiques...  L'univers des Contes n'est pas loin. 
Et, telle une mise en abîme, dans chacun des thèmes, on perçoit encore des subdivisions. Beaux sujets d'étude pour un cursus en histoire de l'Art !Il est donc utile d'écouter et de voir Zadie Xa s'exprimer sur son ressenti et sa maîtrise du dessin, de l'exécution artistique de son inspiration. La relation lucide et raisonnée à l'espace apporte à chaque exposition l'occasion d'accrochages sensés et optimisés. 
Se défaire d'un carcan classique en optant pour un changement de lignes et de codes est un exercice risqué. Il est ici parfaitement réussi, parce qu'appuyé sur un raisonnement sensé teinté de modernisme assumé (et non forcé) ce qui permet à  Zadie Xa de s'inscrire dans les courants d'art contemporain avec un succès affirmé, croissant, durable.
 
A voir sur le Net:
- La (re)création du  Lady Dior bag
- Préparation de l'exposition au  Space K Seoul:
 https://www.youtube.com/watch?v=4iIWqfNMNB4
- Les interviews pré-expositions (2023 et autres)
site Thaddaeus Ropac
 
 
 
Free lance Writer
Culture  Art  Patrimoine 

 
 
 
 
 
 


mardi 8 mars 2016

Jérôme Bosch, l'éloge de la folie

Du" Jardin des délices"  à " La nef des fous"  le peintre néerlandais Jérôme Bosch  (Jheronimus van Aken : 1450-1516) a cerné, de sa palette,  les tourments de l'âme humaine entre Paradis et Enfer.  
2016: Cinq siècles après sa disparition,  son œuvre est rappelée et célébrée, en divers
lieux,  à travers maintes expositions.
- Dans sa ville natale, ‘s-Hertogenbosch (Bois-le-Duc) : depuis le 12 février au 8 mai, grande rétrospective des œuvres originales au Noordbrabants Museum. sous le titre "Visions d'un génie" . Il y sera présenté pour la première fois une toile exceptionnelle, récemment attribuée au Maître, " La tentation de saint Antoine".
- A Madrid :du 31 mai au 11 septembre au musée du Prado
 D'autres manifestations se sont déroulées autour de la production de Jérôme Bosch :
- A  Venise : "Le triptyque de Santa Liberatà", restauré récemment,   fut visible  à la Galleria de l' Accademia jusqu'au 7 février
-  A Rotterdam : au musée Boijmans van Beuningen,  une évocation de la vie quotidienne au XVIe siècle à travers les tableaux de plusieurs artistes (dont Jérôme Bosch) était proposée,  depuis le 10 octobre 2015 jusqu'au 17 janvier 2016, sous le titre " De Bosch à Bruegel , la naissance de la peinture de genre".
La nef des fous (1500)
Si le  style pictural très personnel de J. Bosch (qui fut membre de l’œcuménique Illustre Confrérie de
Inscription de J. Bosch à la Confrérie
Notre-Dame - Illustre Lieve Vrouwe Broederschap
)  est rattaché au courant des peintres  primitifs flamands, on lui reconnaît cependant une fertile  imagination d'interprétation des thèmes. Ces déclinaisons surprenantes dans des peintures  comme   La nef des fous et le triptyque   du Jardin des délices ne manquent pas de faire songer aux écrits  de son concitoyen et contemporain Erasme (Desiderius Erasmus Roterodamus: vers 1467- 1536) dans "L'éloge de la folie" . Certes l'humour, la dérision, la satire sarcastique sont présentes, mais dans une époque telle que le début de la Renaissance  (charnière entre le XV e et le XVIe siècles), c'était risquer de prêter le flanc à la réprobation. L'univers artistique de J. Bosch rappelle quelque peu celui de  la Comedia de Dante Alighieri.
                                                     
Le Jardin des délices (1503-1504)
Contorsions des corps, visages extasiés ou tourmentés, scènes grotesques, scabreuses, désespérées, poétiques,  ou inattendues et décalées, préfigurent également  le monde des œuvres de Dali. Faut-il y voir  seulement l'imaginaire au pouvoir, ou le fantasme, la transfiguration des passions humaines, la personnalisation des objets,  la transcription des désirs refoulés ou celle de l'éternel combat entre les vices et les vertus ?  D'un Eden de légende au  Memento mori, en passant par  l'Ars moriendi, c'est un  foisonnement d'individus disparates dans un environnement végétal luxuriant. On oscille aussi  entre fantasmagorie, surréalisme, hyper-réalité. et symbolisme parfois teinté d'ésotérisme. 

Force créatrice innovante, originalité, art de la mise en scène, maniements des pigments, agencements des attitudes des personnages : rien n'est laissé au pur hasard. Même si, pour certains observateurs et critiques,  la folie semble émerger de ces productions littéraires et esthétiques, la raison tangible n'en est jamais éloignée. Fil conducteur , elle transpose la réalité,  régit le geste, ou le verbe,  qui se veut précis, fidèle, évocateur sans trahir l'idée. Le succès qui franchit les siècles en suscitant toujours autant d'intérêt , d'interrogations autour de ces œuvres, est le garant de leur pérennité.
Emplacement actuel des tableaux :
- La nef des fous ( Paris- Musée du Louvre)
- Le jardin des délices (Madrid- Musée du Prado)

A savoir : "La nef des fous " faisait  partie d'une œuvre, aujourd'hui scindée,   au format plus important  (triptyque) . Les seules parties encore visibles sont : "La mort de l'avare" ( au National Gallery of art -Washington) ) et "Allégorie de la débauche et du plaisir" ( au Yale University Art Gallery- New Haven).
A découvrir  aussi l'importance des dessins à la plume et à l'encre, sur papier


                                                                                  


Free lance writer
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dimanche 24 février 2013

Au galop, à travers le temps.

Dimanche 24 février 2013Grand prix de Paris à Vincennes.. Quelques légers flocons sur cette course très suivie et très enlevée. Les couleurs vives des casaques des jockeys, , les naseaux  fumants des chevaux, le suspense jusqu'à la ligne d'arrivée .. la course est vibrante, rapide, et observée avec attention autant des spectateurs dans les tribunes que de ceux qui sont devant leur poste de TV . En ce jour,  la jument  "Tornade du digeon " (portant le dossard 12 et drivée par J-M. Bazire) est gagnante, devant "Tempête d'azur "(16)...
Grotte de Lascaux
Le spectacle est toujours autant prisé. A ceux qui s'en étonnent, on peut toujours rétorquer que cet engouement, à voir  courir les équidés,  n'est pas un intérêt récent. Leur représentation graphique encore moins. En effet, on retrouve, dès la préhistoire, des gravures rupestres et des pétro-gravures qui  en pérénisent la silhouette en pleine action. En dessins, gravures, sculptures, puis photos, le cheval est l'animal le plus figuré depuis des millénaires. Qu'il soit, selon G.-L. de Buffon, "la plus noble conquête de l'homme",  peut en faire  un thème de débat,  mais aucune équivoque sur leurs destins liés. Bête de somme, de trait, de spectacle, de course, de manège, de chasse, de guerre, de concours, d'élevage, le cheval a connu des heures de labeur, de souffrance,  de gloire. Mais il termine souvent sa vie en aliment,  au même titre que les autres viandes : bœuf, taureau, volaille, porc, ... autres thèmes d'interrogations existentielles et de discussions.
A.de Dreux -course de chevaux(1882)
En monture royale, il figure sur de célèbres toiles mettant en scène des souverains: Henri IV (à la bataille de Braques), Louis XIV(par R.A.Houasse) Bonaparte.(par David) .. Au cours des siècles, les peintres animaliers ont croqué le cheval, à travers les diverses situations que sa race et ses attributions lui conféraient : aux champs, à l'écurie, en promenade, en attelage, sur les champs de bataille, dans les arènes, sur les stades de polo, au cirque, au Cadre Noir..Percherons, alezans, hongres, chevaux de traits, pur sangs, arabes,  mustangs, Camargue, chacun a ses caractéristiques : robe, hauteur des pattes, encolure déliée, crinière abondante, élégance de l'allure ( trot, pas, galop),  mouvement,  que l'artiste  doit rendre vivantes et crédibles sur le tableau. Quelques toiles ( aquarelles, fusains, peinture à l'huile..)  sont assez représentatives de la réalité et de l'intention du peintre: T.Géricault ( Derby d'Epsom),  A. de Dreux (spécialiste de la représentation de l'art équestre), C. Tupiero, E. Peschaubes, F.W.Keyl (5 chevaux de course devant une maison de campagne), Princeteau( Talus), J.Waag ( course de jockeys), H.Vernet (Longchamp), S. Dali ( le cheval de Troie ) , P. Picasso.
S.Dali -cheval de Troie
La légende, la saga, le mythe, le conte, autant que l' Histoire, la littérature, la musique et le cinéma,   se sont également emparés du cheval, pour en faire un héros, qu'il soit de bois, ailé, peint, sauvage, vieille "carne", canasson, fougueux andalou, destrier, haquenée .. :  Pégase, Bucéphale, Rossinante, la jument verte, le cheval d'orgueil, Crin Blanc, celui de Troie, Tornado, Stewball... ont ainsi peuplé textes, tableaux et chansons,  afin que le quidam puisse enfourcher ses rêves et laisser son imagination chevaucher sur des mots ou des notes.

Freelance Writer
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