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samedi 24 juin 2023

Des festivals pour le temps estival

 Les "grandes" vacances sont attendues avec impatience, espérées,  aussi bien par les petits ( écoliers) les jeunes (collégiens, lycéens,  étudiants) que les adultes ( travailleurs de tous secteurs).  Le seul mot "vacances" est porteur de tant de symboles, et de poncifs aussi !  La nature, les voyages,  le changement de rythme de vie ont la préférence pour beaucoup d'individus. Mais il existe également des fans de culture pour lesquels le temps de rupture estivale signifie concerts, festivals, rencontres avec les artistes...   

 photo ; N-L. M. -   LGM /2023
Alors se posent les inévitables questions du  choix, de la possibilité matérielle, des dates, des places à retenir longtemps à l'avance. Tout cela se mesure à l'aune de la motivation, et des disponibilités de chacun. Dans certaines circonstances  (les manifestations  en vogue, courues, hyper fréquentées)  on pourrait même en arriver à penser "qu'un festival : ça se mérite" !.   Après des années de restriction et d'interdiction, le plaisir de la communion autour de l'art est plus qu'un besoin, c'est une évidence. 

Spectacles scéniques, concerts en bâtiments religieux, classique, d'avant-garde, à thème, ou en improvisation, des défilés, des déambulations d'animaux totémiques, des "battles", des animations participatives...:  il y en a vraiment pour tous les goûts. 

Cathédrale de Maguelone/Photo: N-l. M. 
- Ne pas hésiter à naviguer sur le web pour se renseigner utilement. (horaires, dates, programmes, lieux) A bien y regarder, on s'aperçoit qu'autour de chez soi, il ne faut parfois pas aller très loin pour profiter d'un spectacle de qualité. 
- S'intéresser aux spectacles de rues, aux versions "Off"
- Ne pas passer à côté d'un bon moment, et d'un élan solidaire qui encourage les artistes à poursuivre une carrière difficile, où le soutien du public est primordial.
De l'art traditionnel au plus créatif,   chaque festival a sa propre identité. Mais avant tout c'est l'accessibilité au plus grand nombre de spectateurs qui est de mise. L'adjectif "populaire" prend alors, ici, toute sa noblesse et son sens. Et ce n'est pas sans une certaine dose d'audace que les organisateurs prennent le risque d'étonner, d'interpeller un public toujours exigeant dans sa quête de distractions.                                                     
Il est vrai que l'été est la saison qui  fait la part belle au spectacle dit: "vivant", mais c'est aussi l'occasion de fréquenter les musées, les expositions, d'aller voir de plus près tel ou tel monument ( particulièrement ceux qui sont enfin ouverts à la visite, ou ceux qui ont bénéficié d'une restauration).
                                             
Photo: N-L. M.- Pigeonnier de château 
Alors ce sera un temps de rencontres, d'acquis, de connaissances supplémentaires, de clichés engrangés pour se faire de beaux souvenirs. Et pour certains l'occasion de découvrir un art particulier, de déclencher une vocation, ou l'envie de se lancer dans un nouveau hobby, de s'étonner en mettant en exergue un talent caché, une aptitude. 
                                        Bien évidemment, tout le monde n'a pas la chance de profiter de cette saison  de pause annuelle,  qui aide tant à se ressourcer. En effet, pour de nombreuses personnes, l'été est plutôt synonyme de travail accru, supplémentaire, ingrat. Le temps de vacance pour elles sera décalé dans l'année., où l'on trouvera aussi d'autres manifestations 

Pour en savoir plus : 
Quelques pistes de recherche pour la saison été 2023  ; (voir sur les sites Internet correspondants) 
- Allemagne : Bayreuth (opéra) Juillet / Août 
- Autriche: Salzburg (20 juillet au 31 août)
- Italie : Verona (opéra) 43 spectacles au programme à partir de juin
- Angleterre: Wembley (8 juillet)
- Espagne: les Nits de Barcelona (27 juin au 27 juillet)
- Singapour: 12 festivals au cours de l'année (dont des nocturnes et un sur la gastronomie)
- France : La Roque d'Anthéron ( piano) du 20 juillet au 20 août
                  Les vieilles charrues ( rock/variétés) du 13 au 17 juillet (31e édition) 
                  Ramatuelle (théâtre et humour) du 26 juillet au 11 août
                  La Rochelle ( les Francofolies) du 12 au 16 juillet 
                  Lorient ( l'interceltique) du 4 au 13 août - musiques traditionnelles



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vendredi 21 avril 2023

Allo ? Holà ? Pronto ?

 Les yeux vissés sur l'écran de son portable, l'humain s'immerge dans de multiples  communications qui peuvent l'extraire du présent et du réel.  Il y a donc  danger  si, en même temps,   l'on traverse la rue, ou  si l'on conduit un véhicule. Pourtant l'exercice n'effraie pas, le défi du risque  boosterait même, certains utilisateurs. 

Or, il n'en a pas toujours été ainsi.  La  téléphonie a son histoire. Une intéressante genèse que l'on peut retrouver dans les musées ciblés.  De Chappe au dernier portable à la mode, de la standardiste à la plateforme,  il s'est écoulé bien des années et des appareils de transition.  

                                          

                                                        - "Non mais,  allo, quoi!!!" 

Quelques suggestions ...
En chansons: 
Soprano :
Claude François:
Nino Ferrer: 
Nicole Croisille :
Johnny Hallyday

En sketch:
Fernand Raynaud  (Le 22 à Asnières) 
 
Article sur ce même blog :

Des musées: 
Narbonne : (visite commentée) 
Paris:
Madrid 

En visio, en audio, mais toujours en direct, l'on communique désormais, en temps réel, sans décalage horaire, Pourtant, se parle-t-on vraiment ? 
Et si l'on rêvait d'un autre monde? 
Alors, faire de l'outil, de l'objet,  son serviteur,  plus que son maître, n'est-ce point là l'indice de la civilisation ?  


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vendredi 23 avril 2021

2021: Brassens, Gainsbourg ...de Georges à Serge

 S'étonner d'un parallèle entre ces deux géants de la chanson pourrait être de bon aloi. Or, pourquoi se priver de croiser les parcours artistiques des deux hommes ?  C'est ce que l'année 2021 permet, par les célébrations autour de leur répertoire et de leur biographie respective. 

https://www.youtube.com/watch?v=5DeA8FPqWwc

Georges BRASSENS (1921-1981) : Ce Sétois  d'origine audoise et italienne, a une  enfance imprégnée  des chansons italiennes interprétées par sa mère. La guitare et le piano furent ses instruments de composition et d'accompagnement. A tel point que l'on caricature toujours l'artiste par la moustache et la guitare (jouant debout devant un micro, un pied sur le tabouret).

Serge GAINSBOURG (1928-1991) : Ce parisien d'origine russe. ayant grandi au son des mélodies classiques jouées au piano par son père. Serge composait au piano, mais interprétait ses chansons sur scène, devant un micro, sans instrument.

Jongleurs de mots, ciseleurs de mélodies, Georges et Serge  ont connu, de leur vivant, un succès à la hauteur de leur talent. Devenus des références dans la profession, ils ont acquis le respect de leurs pairs ainsi que  la reconnaissance  du public. Nombre de leurs jeunes contemporains  se réclament de leur influence, vantant: la pérennité du style, la rythmique et la solide structure des mélodies, la recherche et la richesse  harmoniques. Les suiveurs ont donc emboité le pas de leurs aînés. Mais, sans être uniquement dithyrambiques, jusqu' à l'excès, on peut aussi évoquer objectivement les opposants, les détracteurs. Car il existe aussi les côtés sombres du répertoire. Si certaines chansons sont passées dans la mémoire collective, jusqu' à devenir des "classiques", d'autres  sont du domaine des initiés ou des inconditionnels.  
Une même passion de la poésie et des poètes, une même sensibilité,  animaient les deux artistes. Si Georges s'enfermait dans sa bibliothèque pour ses rendez-vous quotidiens de lecture des grands auteurs, Serge les citait volontiers et ne plaisantait guère avec LA rime allant jusqu'au jeu de mot syllabique.  Toute facilité a été bannie de leur écriture respective. Lui céder eût été déchoir. Mais chercher le mot juste, l'adjectif, l'adverbe, était pour eux plus qu'un défi, c'était une obligation auto-imposée.   La liberté d'écriture affichée, revendiquée, pouvant aller jusqu'à la provocation, avec néanmoins une poétique particulière, permet de parler de "langue" de Brassens ou de "langue" de Gainsbourg.
Il est certains de leurs textes que l'on déclame avec malice,  et presque gourmande délectation de diction, autant pour la sonorité du mot lui-même, que pour sa musicalité propre, les  notes venant appuyer cette joie de prononciation.
 
                           

Un répertoire, des CD, des DVD, des images de l'INA, des ouvrages, des affiches, des tickets de concerts: certes les fans ont de quoi se souvenir de la carrière professionnelle de leur idole. Mais un espace personnalisé, empli d'objets, de documents inédits, lieu emblématique de visite  et de mémoire est une incontournable étape pour les nostalgiques de la personne et de ses œuvres. 
Georges a donc un musée dans sa ville natale, perché sur le Mont St Clair, dominant cette  cité (Née de la volonté royale de  Louis XIV),  avec une vue panoramique sur la façade Méditerranéenne et sur  l'Etang de Thau.  
Serge, lui aussi, aura son Musée, dans sa maison rue de Verneuil,  à Paris.  Le mur dans son intégralité est tagué de messages illustrés qui sont autant de témoignages de la part des fidèles . 

Des hommages, des manifestations culturelles, sont prévues (en fonction des restrictions sanitaires en vigueur) 
Grand suiveur de Brassens, tout en ayant une impressionnante carrière personnelle, Maxime Le Forestier a rédigé un bel ouvrage qui est publié en ce 1er trimestre de l'année 2021.

https://www.youtube.com/watch?v=kYtAabfUdCo

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samedi 12 octobre 2019

Archéologie à Narbonne : les surprises du sol

Creuser n'est pas trouver. Et pourtant il faut y croire.  L'archéologie, merveilleuse  et indispensable science pluridisciplinaire, est une école de savoir, de pratique, mais surtout de patience. On peut échafauder maintes hypothèses, sur plans, sur dossiers, sur schémas, la fouille in situ est seule révélatrice,  et confirmera les théories. On peut également  supposer, s'enthousiasmer, espérer, certes, mais la plupart du temps  on ne concrétisera que sur le terrain. Mais il existe des lieux  dont la lecture historique n'est pas aisée. Contrairement à Nîmes, Arles, où les monuments sont encore en place, certaines communes,  au riche passé attesté, doivent faire porter leurs efforts sur des   excavations pour extirper les traces et empreintes diverses des siècles, ou millénaires, écoulés.                                                                                                 
Narbonne vit donc, actuellement,  une phase exaltante de ce genre de découverte. La nécropole récemment mise au jour en est la preuve. On y dénombre près d'un millier de tombes , du Ier et IIe s. ap. JC,  sur un  espace de 2000 m2. (responsable de la fouille: Valérie Bel,(INRAP) archéologue spécialiste de l'archéologie funéraire)   Pourtant, connaissant le riche passé de la capitale de la  Province romaine,  il y a fort à parier que la recherche n'est pas au  bout  de  surprises de cette envergure. Si les vestiges ont longtemps sommeillé sous les strates s'empilant au cours des siècles, ne laissant que quelques blocs antiques à la vue d'historiens désappointés, le XXe siècle a apporté bien des révélations.. Forte de nouvelles techniques d'investigations, de moyens financiers assurés, d'enseignements et de formations plus spécifiques (cf: les nombreuses spécialités en archéologie),  la discipline (archéologie) a multiplié les "découvertes" livrant de remarquables lieux, ou éléments, de la culture romaine et gallo-romaine pratiquée par une ville très peuplée, où l'on comptait, à une certaine époque,  près de 35 000 habitants.
Sepulcra in agris
Outre ceux déjà ouverts à la visite, il y a, dans les environs de la cité, d'autres pôles d'intérêt archéologique majeur, qui font l'objet de travaux de recherches depuis plus d'une décennie :
Le vivier et la villa impériale de La Nautique
Les avants ports (Mandirac/Castellou),
Le site de St Martin (Gruissan)...
http://pdgp.logadap.net/IMG/pdf/a_la_recherche_des_ports_antiques_de_narbonne.pdf 
https://www.asm.cnrs.fr/les-fouilles/gruissan/107-la-fouille-de-gruissan 
https://pan.hypotheses.org/les-sites/casteloumandirac
Le musée Narbo Via,  dont on attend impatiemment la prochaine ouverture, ne manquera pas de restituer une réplique de la structure de la nécropole récemment retrouvée,  ainsi que de présenter un bel échantillonnage du  matériel  exhumé. L'on sait déjà que l'on peut espérer voir, sur les 2760 m2 de ce futur musée,  pas moins de 15 000 objets provenant  des collections issues de maintes campagnes de fouilles diverses. Les nombreux blocs entreposés jusqu'alors au Musée lapidaire (église Lamourguier) trouveront également place pour être exposés dans les locaux de  Narbo Via.
https://www.laregion.fr/Narbo-Via-en-route-pour-l-antiquite
L'archéologie nécessitant de grands moyens, l'activité est inévitablement liée à un financement conséquent. Si la plupart des fouilleurs sont des étudiants bénévoles, l'encadrement  est assuré par des spécialistes hautement qualifiés et rémunérés. Le matériel, les pratiques d'investigation, d'exploitation, de traitement des objets,  pèsent lourd sur les budgets alloués. Le financement de  chaque campagne est remis en question pour l'année suivante. A Narbonne, le chantier actuel, déclaré "découverte majeure pour l'archéologie nationale",  doit se poursuivre pendant treize mois (donc jusqu'en fin 2020).
Rappels: 
- l'importance  de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles)
- le rôle et l'implication de l'Inrap (directeur Dominique Garcia): détection, prospection (sur le terrain),  information (auprès du public)
A lire sur ce même blog: 
http://international-culture-blog.blogspot.com/2016/07/archeologie-du-futur-que-restera-t-il.html
 A Narbonne : du 5 au 9 nov. 2019 /7e édition des RAN
                       (Rencontres de l'Archéologie de la Narbonnaise) 
https://www.rencontres-archeologie.com/

(Photos et montage : N-L. M. avril 2019)
                        *              *              *
Narbonne, "la fille de Rome" n'a pas dit son dernier mot.
                                        *
Quid d'un Mithraeum ?
 (in  Narbonne: Le culte de Mithra - N-L. M.)

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vendredi 15 février 2019

Plus d'espace, plus d'expo...more space for more art..

Construits depuis plusieurs années certains édifices d'exposition ont eu besoin de rénovation et d'agrandissement pour accueillir davantage de visiteurs et proposer plus d’œuvres en exposition.
Ces travaux ont duré souvent plusieurs mois et ont coûté un certain budget.  Pourtant c'était nécessaire car le public est au rendez-vous culturel des collections.  D'autres bâtiments ont  simplement émergé du sol afin de répondre à un désir municipal, régional, ou national,  et de se placer dans la sphère muséale, incontournable point de la Culture Contemporaine. De belles découvertes en perspective !

FRANCE :
Paris : Musée de la poste 
Mantes-la-Jolie: Le Musée de l'Hôtel-Dieu (abritant la  collection Maximilien Luce) a ré-ouvert ses portes le 16 février 2019
Bayonne: le musée Bonnat-Helleu
Lyon : - Le MAM (créé en 1950 le  musée de la marionnette sis in Hôtel de Gadagne)         
Amiens (Musée de Picardie) en décembre 2019
Montpellier :le MoCo: musée d'Art Contemporain (in hôtel Montcalm)  ouvrira ses portes en juin
2019
Prévisions : (dans les années 2020 à 2023) Angers ( Musée des collectionneurs), Nantes (FC), Nancy (Musée Lorrain), Paris (le Musée National  de la Marine)

USA :
New York : Le MoMA a fermé ses portes pendant 4 mois 
Hanover :  Le Hood Museum of Art ( Dartmouth Collège) exhibe près de  65 000 pièces issues des divers continents
Floride :  The Norton Museum of Art  s'est agrandi de plus de 37% (selon un  projet de Norman Foster)
Ohio : Le musée de Cleveland  autorise les clichés de 30 000 de ses  oeuvres


ITALIE:
Palerme : Le Monreale Musée diocésain/  ses 15 salles réparties sur 3 niveaux
Turin : Musée national de l'automobile et ses extraordinaires collections  
http://www.museoauto.it/website/index_fr.html.

AFRIQUE :
Sénégal 
Dakar :  Ouverture du MCN ,  en décembre 2018.  C'est un grand  espace de  14 000 m2 pour 4
étages. 
http://www.mcn.sn/
Tunisie :
Carthage :  Le Musée qui avait déjà bénéficié d'un réaménagement il y a une vingtaine d'années, est à nouveau en restructuration afin d'accueillir des collections qui s'enrichissent au fil des découvertes archéologiques in situ.
http://www.patrimoinedetunisie.com.tn/fr/musees/carthage.php

Voilà donc quelques idées de visites, des suggestions  de sorties, de voyages...  Histoire de (re) découvrir un pays, une ville, un lieu, un thème,  et de faire le plein (des yeux , du coeur) de Beau, de sujets d'étonnements, de réflexions, de sensations, d'apprendre à mieux connaître certains domaines de l'Art, afin de mieux les comprendre. Pourquoi ne pas saisir l'occasion pour se pencher, avec attention et curiosité, sur des  sujets mal connus  afin d'approfondir ses connaissances?
Exemples :
- l'histoire de la Poste et de la transmission du courrier
- la biographie et le parcours d'un artiste
- la genèse des musées (cabinets de curiosité privés devenus grands espaces d'exposition publique)
- l'histoire de la Marine (nationale et internationale)
- l'histoire de l'Art Contemporain ( ses tendances, ses courants)
- l'histoire d'un pays, (histoire d'un style, d'un art particulier)
...

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vendredi 6 juin 2014

Pierre Soulages: so generous black sun !

L'ouverture du Musée Ruthénois, en fin de mois de mai 2014, a suscité maintes émotions. De la joie à la fierté, de la reconnaissance à l'admiration,  de l'étonnement aux interrogations, certes, mais nul n'est resté insensible à cet événement mondial qui a mis en émoi (et aussi en effervescence)  la préfecture aveyronnaise.
(photos, montage: N-L. M. @)

Pierre Soulages, Ruthénois, "enfant du pays aveyronnais  ", puisqu'il naquit à Rodez un 24 décembre 1919, rue Combarel, est un maître absolu de la peinture contemporaine, doté d'un esprit créatif et novateur. Sa première exposition a eu lieu à Paris,  au Salon des Surindépendants, en 1947, avec d'autres artistes dont Bott, Ubac, Mathieu, Malespine... (ce salon fut présidé par P. Mendès-France). Trois ans plus tard, le succès venant, c'est l'échelon, international.  Ne se réclamant d'aucun courant,  d'aucun groupe, ni d'aucune école, le peintre n'a pas voulu valider l'entrée à l'académique "Ecole Nationale des Beaux-Arts" .Ayant un  atelier à Paris , et à Sète, l'artiste a conservé  un fort attachement au  Languedoc.  Grand personnage, dans tous les sens du terme, car il mesure presque 2 m, l'homme a su  aussi  se montrer grand seigneur. En effet, en  2005 et 2012 son épouse  Colette et lui-même   ont fait donation de plusieurs  œuvres à la communauté d'agglomération du Grand Rodez, autorisant l'idée de ce musée. Partager l'art avec le public :  belle et noble démarche, indispensable pour tout artiste !.
"Œuvrer dans et pour la beauté ". 
Conques : voyage décisif en 1931.  Le déclic lors  de la visite de l'abbatiale,  a relevé presque de la révélation,  et a été  déterminant dans la vocation du peintre.Quelques années plus tard,   la conception des vitraux ( non colorés avec des barlotières en biais) a suscité la surprise, puis l'admiration. Maîtriser la lumière pour la faire pénétrer à sa guise dans un édifice religieux médiéval, relevait du défi, et de la nouveauté absolue. 
(photo :N-L. M. @)
L'Outrenoir, emblème d'une partie de la production de P. Soulages,  a émergé en 1979, après de nombreuses séances de recherches picturales et pigmentaires. La couleur noire est magnifiée, déclinée, exposée dans son individualité (pas de contiguïté avec d'autres couleurs), mise en reflets et en relief. Elle capte ainsi d'autant mieux la lumière naturelle, qui vient de l'extérieur,  cherche à la "cueillir", plutôt que la frapper, selon l'angle directionnel que la course diurne lui octroie et impose .  Le choix de grands formats confère à chaque tableau  une certaine force. Face à l’œuvre le visiteur peut être décontenancé ou impressionné, curieux ou admiratif, mais jamais indifférent.  La couleur noire, sortie enfin de  son funèbre (et occidental) contexte, peut accéder à la beauté intemporelle, en une éclatante  sublimation, entre profondeur,  matité, brillance, chatoiement,  et surbrillance.

Le musée /  Érigé sur l'emplacement de l'ancien Foirail, c'est un étonnant espace dans son écrin,  constitué de  parallélépipèdes de béton, recouverts  de plaques de métal oxydé brun rougeâtre(acier Corten). Il n'est pas entièrement dévolu aux toiles de P. Soulages. Le lieu  développe une surface de 1600m², dont 500 sont consacrés à l'exposition temporaire des œuvres d'artistes invités. L'ambiance générale est sobre, et la mise en scène à la fois pédagogique, chronologique, le musée est  accessible autant  aux enfants  qu'aux adultes. Il abrite un centre documentaire, un lieu de projection,  et une salle de conférence. Lors de l'inauguration la foule a été dense et patiente, supportant  une longue attente, avant d'accéder au musée, dont l'entrée fut gratuite, pendant ce w-end inaugural  Mais l'enjeu est de taille car la collection permanente comporte 500 œuvres (dont des eaux fortes, lithographies, sérigraphies, encres, brous de noix, gouaches...), augmentées des  23 "Outrenoirs"   de l'exposition temporaire : ce qui constitue l'ensemble le plus  important, au monde, de l'impressionnante  production de P. Soulages.  
(photos, montage: N-L. M. @)
Quelques expositions récentes :
- St Paul de Vence :Fondation Maeght (du 30 juin au 5 nov. 2006)  "Le noir est une couleur"
- Strasbourg "Soulages, le temps du papier" (31oct. 2009 au 3 janv. 2010)
- Montpellier (en 2011) collection devenue, depuis lors,  permanente
- Lyon (fin 2012 janv. 2013)
- New York (du 24 av. au 27 juin 2014)Galerie D. Lévy et E. Perrotin
Parutions : L'ouverture du Musée P. Soulages est un événement qui  a fait l'objet de nombreuses parutions.  Ce fut aussi l'occasion de mettre en exergue les ouvrages déjà édités,  consacrés à son parcours professionnel et à ses œuvres.
La médiathèque de Rodez (www.ville-rodez.fr) propose une très intéressante et très complète  brochure, en petit format,  sur les ouvrages de prêt. De la biographie, à la filmographie,  du fameux catalogue raisonné de l’œuvre (par Pierre Encrevé) aux illustrations d'ouvrages,  rien de ce qui concerne P. Soulages, n'est oublié.
Depuis les premiers dessins de Pierre Soulages, tracés  durant son enfance, ici à Rodez, dans sa maison natale, presque un siècle s'est écoulé, en une carrière exceptionnelle faite de travail, de recherches, de questionnements, de créations,  jusqu'à la concrétisation de l'immense projet du musée éponyme.

Venir à Rodez c'est aussi, lorsque l'on y accède par le sud,  avoir la possibilité de traverser le viaduc de Millau, qui, en cette année 2014 , fête ses 10 ans de construction. (cf le hors série 2014, du quotidien  Midi Libre, qui célèbre cet anniversaire) . Le spectaculaire édifice, haute figure de l'Aveyron, a su allier, grâce à l'ingénieux talent de l'architecte Norman Foster, l'esthétique au fonctionnel. 


Pierre Soulages :"L'Art donne un sens à la vie "


(technique son et image C.V. pour ICB@)



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dimanche 10 février 2013

Antennes muséales

Du noyau de la capitale parisienne,  les musées français ont essaimé vers la Province et l'étranger.  Depuis 2012 , le Louvre a ainsi une antenne extrapolée dans le pas de Calais, à Lens, et une autre, dont l'ouverture est prévue en 2014, à Abu Dhabi. Alors que le Centre Pompidou a la sienne, depuis mai 2010, dans l'est de l'hexagone, à Metz.
Véritable lien culturel entre les structures, le prêt d’œuvres attire un  public de plus en plus  demandeur, fréquentant assidument les lieux d'exposition. Loin de tout antagonisme ou de vulgaire copie, le courant s'inscrit dans une démarche pédagogique et sociale, ayant le souci d'un accès facilité à un patrimoine à voir, à connaître, à partager. Chaque établissement, outre les grandes pièces, présente: des collections qui lui sont propres, ainsi que des animations temporaires très particulières.
Musée Louvre II Lens
Dû au cabinet d'architectes Japonais SANAA, le musée Lensois est appelé:  Louvre II . L'actualité du moment, confrontée à la dégradation volontaire du tableau de Delacroix "la liberté guidant le peule" ,  a déchaîné la presse et les passions. Mais le 14 février de cet an 2013, la passion (sans provocation) sera toujours au rendez-vous, certes, mais pour un motif plus romantique : la St Valentin. Ce qui donnera lieu à 2 animations le jour même, :
-  une conférence à 16 h 30 par Michel Zink "Renaissance "
- un concert (au casque) de musique et poèmes,  à 18 h 30 par le compositeur électro-acoustique Thierry Balasse " Mignonne , allons voir si la rose.."
http://www.louvrelens.fr/
Musée Pompidou Metz
Musée Louvre Abu Dhabi
Le Musée Pompidou-Metz, bâtiment dont les plans sont nés dans les bureaux des  architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines,  a mis au programme un week-end consacré à "Actions et Performances" , les 16 et 17 février 2013, avec "les lignes du geste".
http://www.centrepompidou-metz.fr/http://www.centrepompidou-metz.fr/
La construction du Louvre Abu Dhabi est une création de Jean Nouvel. Cet espace accueillera des collections internationales, mais son propre fonds individuel se constitue progressivement, depuis 3 années déjà, par l'acquisition d’œuvres intéressantes (tableaux, sculptures, plus d'une quarantaine actuellement), qui figureront en bonne place dans les espaces consacrés à l'exposition permanente. L'ouverture de ce lieu voué à la culture, est, l'on s'en doute,  attendue impatiemment. Les organismes à l'initiative des ces divers projets se réjouissent du succès de ces réalisations. L'architecture contemporaine, mettant en valeur la créativité des concepteurs des bâtiments, contribue à l'attrait exercé sur le public.Parler d'extension des grands musées nationaux pourrait être considéré comme  expression réductrice, si l'on considère que chacune de ces structures vise à une personnalisation qui tient compte de sa région d'implantation, avec, et c'est légitime, un volet de collection permanente personnelle. Les enjeux culturels sont à la hauteur des problèmes d'investissements, de budgétisation, de gestion des œuvres, de conservation, et de restauration. On sait que,  pour réussir à atteindre  ce genre d'objectifs,  il faut une  volonté, une concertation initiale,  et une cohésion entre le ministère, la région, le conseil régional, la municipalité ...et cela prend toujours des années avant l'aboutissement.


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vendredi 20 juillet 2012

Temps estival, temps muséal..

Far niente ... ou ne rien faire: cette  tentation de la période estivale, après quelques mois de dur labeur,  n'est pas l'ambition de tout vacancier qui se respecte. Si certains d'entre eux ont un penchant irrésistible pour la sieste, d'autres préfèrent profiter de ce temps libre pour flâner dans des lieux à découvrir, et jouer les touristes récolteurs de photos-souvenirs. On connaît la formule "ne pas bronzer idiot" qui a, certes, ses adeptes, mais aussi ses détracteurs.
Les régions ont bien compris le parti à tirer de la demande culturelle touristique. Et la  mise en valeur du moindre patrimoine local peut susciter la venue d'un public de plus en plus passionné par la connaissance du terroir, au sens large du terme: histoire, gastronomie, environnement...
St Beauzely
Ouvrir un petit musée communal est donc un but qui peut s'avérer lucratif. Mais que de démarches, que de mises en œuvre pour y parvenir ! Si la municipalité est volontaire pour le projet, elle s'appuie souvent sur une, ou des associations locales, afin de  se faire aider dans la concrétisation matérielle. Car il est nécessaire de prévoir:
des locaux, un inventaire du patrimoine( avec souvent un dossier à établir pour le classement ou l'inscription aux M.H.( monuments historiques), une restauration des objets pour une présentation optimisée,  du personnel ( accueil, information, visite, entretien..), la rédaction des panneaux pédagogiques, ou ceux d'un circuit, la publicité et l'information (rédaction de plaquettes, d'articles de presse, interviews, reportages photographiques..) ... Moyennant ces efforts conjugués et cet immense travail préparatoire, la structure peut accueillir le visiteur. Le défi à relever est multiple,  il s'agit de retenir l'attention, d'inciter à  la curiosité,  d'avoir une ou plusieurs pièces rares, "stars"du musée,  à présenter dans le parcours de déambulation... Autoriser ou non les photos, en se conformant à la loi en vigueur,  est plus ou moins bien perçu par le touriste qui tient beaucoup à conserver une trace  de son passage dans les lieux, un souvenir d'un objet qui lui a plu.( cf. l'article L 111-1 du Code de la propriété intellectuelle  - http://www.adbs.fr/un-musee-peut-il-interdire-de-photographier--100130.htm )
St Izaire
On ne dira jamais combien sont indispensables tous ces lieux d'exposition, de connaissance, de mémoire des us et coutumes,  que sont les modestes  Musées d'arts et traditions populaires,  éparpillés dans les diverses régions d'un pays,  hors des capitales aux grands espaces célèbres et très fréquentés.  Il est  donc logique de saluer les mairies, les bénévoles (souvent anonymes) qui s'activent pour que perdurent ces lieux étonnants, parfois nichés au sein de sublimes bâtiments, quelque peu en détresse,  mais  au  si riche passé. Les collections que l'on peut y  admirer sont émouvantes, inattendues, désuètes mais significatives. Confrontation étonnante des siècles précédents et d'une époque contemporaine qui ne renie pas la source de ses acquis.
Sévérac le château
Apcher
Il peut y voir de la fierté dans la démarche, mais  ce qui motive les passionnés d'histoire et de patrimoine,  c'est avant tout le désir de transmettre. Fédérer un groupe autour d'une telle entreprise, c'est déjà une étape positive. L'action de mettre en commun des trouvailles ( souvent des dons de particuliers) : objets, outils,  matériel archéologique, mobilier, vêtements,... pour se remémorer les temps anciens, se complète aussi par la conservation et la restauration d'éléments architecturaux  : bâtiments religieux, fontaines, lavoirs, ruelles, façades...
St Izaire
A l'ère de l' iPad, de l'iPod, et de l'iPhone 4 S , s'intéresser à l'archerie médiévale ou à l'héraldique du XV°s. s'apparente, à première vue,  à un bien curieux anachronisme. Cependant les savoir-faire spécifiques ancestraux  ont de quoi passionner encore des visiteurs avides de  connaître des techniques presque tombées dans l'oubli,  mais qui apparaissent au détour de scènes de films historiques et dans les animations de fêtes à thèmes. L'art de tourner un sabot, celui de forger une épée, ou de filer la laine, ou de travailler le cuir, peuvent captiver le chaland, qui assiste en direct à la façon. Outre cette mise en situation concrète, la visite d'un musée,  qui expose des outils adaptés à ces métiers respectifs, peut littéralement faire toucher du doigt les diverses techniques et gestes de professions manuelles, aujourd'hui très mécanisées ou disparues. Compléments appréciables des infos proposées sur le Web , dans les revues,  et  dans les vidéos, la démonstration "in live" ainsi que le parcours muséal, ont une dimension pédagogique évidente. Mais l'on ne saurait bouder son  plaisir d'adulte à  pouvoir s'extasier devant le décor floral bleuté d'une assiette en faïence, ou en constatant  la finesse d'une broderie jaunie par les ans. Mieux comprendre les difficultés, et aussi l’ingéniosité nécessaires, dans les actes de la vie quotidienne d'une famille villageoise vivant en bourgade, ou celle de paysans isolés sur leurs terres, c'est également mieux aborder la notion d'adaptation aux conditions et aux péripéties de l'existence, durant les siècles précédant le nôtre.

Freelance Writer
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photos: N-L. M. / C.V.