mardi 8 novembre 2022

Pierre SOULAGES: full black, la monochromie et plus

Pierre Soulages: artiste majeur contemporain a quitté ce monde en cette fin d'année 2022. Si l'homme est parti vers d'autres sphères, l'artiste laisse une empreinte ancrée définitivement dans le panthéon de ses pairs, où il occupe la place qui lui revient de droit.  Créateur d' une production importante, il lègue  des questions que les puristes tatillons, oubliant que l'art est avant tout une émotion,   n'en finissent pas de se poser:
Le noir est-il une couleur ? -
Le noir est-il une absence de couleur ? 
L'outre-noir est-il la preuve  de l'existence de cette  couleur ?
Noir: Se dit de la couleur la plus foncée, due à l'absence ou à l'absorption totale des rayons lumineux
                               
 Décliner une couleur, non comme telle, mais  comme une authentique matière, est un défi que peu de plasticiens ont su, et pu, relever.  Des courants de protestations, initiés par ceux de l'incompréhension, n'ont pas réussi à freiner l'élan créateur de l'artiste ruthénois. Faire d'une couleur une source de lumière par l'utilisation inventive des outils, est un réel tour de force résultant de nombreuses heures de recherches, d'essais, de travaux pratiques. Bousculer les codes afin d'innover dans le classicisme, c'est peut-être cela le génie de Pierre Soulages.     Durant plus d'un siècle d'existence (1919-2022) Pierre Soulages a produit des centaines de toiles. L'observateur qui n'en considèrerait  qu'une partie serait hautement  restrictif, et ignorant. Car ce serait une grossière erreur de ne voir  l'univers du peintre, à travers un  prisme réducteur,  uniquement comme  une sombre  interprétation fastidieuse de la monochromie.  P. Soulages ne se répète pas, il décline, il interprète, il innove.
                                                            
Quand seul le nom suffit: On oublie le prénom pour ne désigner l'homme que par son patronyme. Comme l'on dit :  Cocteau, Molière, Picasso,  Hugo, Lamartine, Musset, Bach, Mozart, Shakespeare... on dit : Soulages. 
Les ateliers :Paris et  Sète
Languedocien d'origine, l'artiste s'est affranchi de la tentation d'un certain  parisianisme que sa dimension internationale aurait pu installer définitivement dans son parcours. C'est donc un 2e pôle créatif qu'il affectionnait avec son atelier Sétois.
P. Soulages peint:
Au sujet de l'exposition au Louvre (2019):
A y regarder de près, en prenant paradoxalement du recul :
Quelle est donc la bonne distance pour apprécier un tableau ?  
Toutes les œuvres picturales se regardent-elles à la même distance?  
("Le cri" de Munch, "La Joconde" de Vinci;"Les tournesols "de Van Gogh...) 
L'observation de la fréquentation des musées et des galeries en dit long sur le sujet. Certes les cours d'histoire de l'art peuvent induire quelques pistes et des théories pour mieux comprendre et lire des toiles parfois hermétiques, peu conventionnelles. Or, outre l'éducation, l'initiation, le visiteur a le droit et le devoir de laisser parler sa propre  sensation émotionnelle, celle qui ressemble au "coup de cœur"  , aimant sans trop savoir dire pourquoi. Mais  il existe également de nombreuses parutions qui aident le candide à circuler dans les méandres parfois sinueux et complexes du monde de l'Art (Expositions, salles des ventes, ..) .

 A lire sur ce même blog, l'article paru le 6-6-2014 :
 
 Quand la couleur noire est choisie, comme tenue de scène, comme signature, par les artistes de variétés :
Juliette Greco, Barbara... (les dames en noir )
 
Si d'aucuns ont parfois  raillé (car peu compris) son choix de la monochromie, les louanges, les récompenses, et l'intérêt suscité,  n'ont pas manqué tout au long de la carrière de P. Soulages.  L'homme a posé son regard, lucide et curieux, sur une époque en mutation. Il a traduit, et magnifié, certaines de ses interrogations (métaphysiques, mystiques, existentielles...), tout en les partageant avec un public avisé, admirateur, et reconnaissant, pour la performance créatrice
 
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jeudi 3 novembre 2022

Choirs story , histoire des choeurs,

 Si, depuis le temps de  l'originel cri animal,  l'humanité se pose  des questions existentielles, on pourrait ajouter à la liste : 
"Pourquoi chanter ?" On estime que l'un des tout premiers hymnes liturgiques connus, noté par écrit remonterait au IVe s. Mais on n'exclut pas l'existence antérieure d'autres formes  de transcription, sur d'autres supports. 
                                                                              
Au XXIe siècle la musique est devenue omniprésente, et accompagne l'individu dans toutes les démarches et tous les lieux de vie (domicile,  grandes surfaces et boutiques, bureaux administratifs, automobiles, salles d'attente, téléphone ...). Selon le volume sonore et le répertoire, cela peut vite devenir fastidieux. Ainsi certains êtres préfèrent retrouver, même pour de brefs instants, les bruits de la nature: chants d'oiseaux, cours d'eau, clapotis marin, vent  dans les arbres, ...  
Donner de la voix s'apparente à cet univers sonore. D'une manière générale : on naît en criant, on quitte la vie dans un râle. Mais, tout au long de son existence, outre par la gestuelle, l'homme s'exprime  par la parole et par le chant.
 à lire sur ce même blog:
  Seul ou en groupe, l'activité du chant a intrigué, puis passionné le genre humain. Au fil des millénaires et des siècles, certains en ont fait un sujet d'étude, de spécialisation, en testant, exploitant,  les harmonies, les tessitures, les capacités, les thèmes d'interprétation. D'autres ont découvert un talent particulier, un plaisir du partage de la beauté des sons, du phrasé, et même de la performance vocale. 
Accompagnée d'instruments, la voix a révélé des sensations agréables à l'ouïe et à l'interprétation. Très rapidement la technique de la pratique (avec ses exigences)  s'est imposée afin d'optimiser la discipline. La direction et  la coordination du groupe vocal ont nécessité un maître d’œuvre (maître de chant, chef de chœur..)  ayant des  aptitudes spécifiques.   
Puis l'on a distingué les tessitures et les registres : alto, contralto, soprano,mezzosoprano,  ténor, contreténor, baryton, basse, haute-contre, sopranistes...  les compositeurs se sont penchés sur les possibilités extraordinaires des combinaisons et performances vocales. Qui chante quoi,  et comment ? 
Du solo, à l'exécution à l'unisson, on aboutit au chant choral. Puis on y inclut des duos, des trios. On constitue des groupuscules et on ose la démesure des  assemblées de centaines de choristes. 
Le chœur de la cathédrale St Corentin de Quimper
                                               
Sous diverses formes, selon les siècles et le répertoire : Chorales, chœurs, maîtrise,  ensemble vocal, gospel... le chant évolue. Même s'il fut présent,  dès l'Antiquité, sur les scènes de théâtre, ou les processions polythéistes,  il a accompagné, pendant la période médiévale et la Renaissance,  les célébrations religieuses, en respectant une liturgie précise, organisée,  suivant la chronologie  des diverses  fêtes. Ainsi passe-t-on d'une structure à une autre:  de la Schola Cantorum aux ensembles vocaux profanes,  du chœur papal à celui de l'opéra, du lutrin au pupitre.
 Car, dès le XVIIe s. l'opéra baroque a donné au chant une importance primordiale dans les représentations des œuvres  largement inspirées de la mythologie.   
Des lieux divers:  tels les théâtres antiques (grecs et romains) en extérieur, ou bien  à l'intérieur des cathédrales et jusqu'aux auditoriums,  se prêtent aux démonstrations vocales. Les artistes doivent adapter la puissance, le phrasé, l'interprétation à chacune des conditions et contraintes du site. 
                                                              
Les tribunes: Outre la performance architecturale, la construction des bâtiments religieux visait aussi la qualité de l'acoustique. Dans cette démarche, la place des choristes en hauteur, dans les tribunes, permettait  un rendement optimum des qualités vocales. Au XXIe siècle on en apprécie encore  la justesse de la technique et celle de cet emplacement particulier, même si l'on a tendance, pour des commodités de présentation, à installer les chanteurs devant l'autel, mais derrière l'orchestre et  face au public.  
 Chant grégorien:
Abbaye de Fontcaude - le chant grégorien :
                                                  
Gospel Kids (Chimène Badi et Christophe Willem) Oh happy day :
Vivaldi - Gloria National  Chamber Choir of Armenia (conductor: R. Mlkeyan)
Paul Agnew (Les Arts florissants)  : Monteverdi - les madrigaux
J-S. Bach  : Motet BWV 227  / "Jesu, meine Freude"- Vocalconsort Berlin
https://www.youtube.com/watch?v=a4SKrGYMp7A 
O. Messiaen " Rechant" III ma robe d'amour
K. Girac  (zt choeurs):"L'envie"

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mardi 18 octobre 2022

Animaux de légende

 Si les contes pour enfants ont largement exploité le thème, "pour avoir peur pour de faux, pour rire", les adultes ont précédé et emboité le pas dans une littérature  non moins chargée de sens. La faune terrestre étant estimée trop peu fournie on a donc cherché dans l'imaginaire (collectif, individuel) de quoi alimenter le propos.  
                                                               

Derrière le sens  au premier degré, constitué par le récit lui-même, il n'a pas échappé aux psychologues et autres spécialistes (décortiqueurs ?) de mots, d'autres interprétations  où l'inconscient joue l'arbitre. Ainsi en est-il des affrontements entre "la bête" et l'humain, entre les situations de crise et leur résolution, entre le danger et l'héroïsme... On connaît le bestiaire médiéval, présent dans l'architecture  religieuse du Moyen-âge (gargouilles, démons,monstres..), qui figure sur divers supports:  des  culs-de-lampe, des modillons,  des  chapiteaux de piliers,  des tableaux .. Le clergé voulait rappeler par ces figurations (au réalisme exagéré)  que l'Enfer n'était jamais loin.   Mais l'époque médiévale n'est pas la seule impactée par ce courant. En effet, on retrouve à la Renaissance, et même dans l'Antiquité, cette propension à représenter des animaux effrayants sur les linteaux de portes (d'édifices cultuels, de châteaux, de maisons bourgeoises..) On pensait ainsi conjurer le mauvais sort ou, inversement , s'attirer les bonnes grâces d'une quelconque entité bienfaitrice.
De tout temps donc : rares sont les "monstres gentils" !
 
Quelques exemples:

La licorne (ou unicorne)

Animal hybride entre  un équidé, une chèvre, et un narval (monodon monoceros). L'époque contemporaine a largement utilisé  et décliné l'image,  de  cet animal légendaire,  en  plusieurs
versions:  jouet, accessoires ludiques, héros de contes, illustration publicitaire...   En histoire de l'art c'est la série des tapisseries "La dame à la licorne" . Ces chefs-d’œuvre ont été sauvés de l'oubli et de la ruine, au XIXe siècle,  grâce aux actions conjuguées de George Sand et de Prosper Mérimée.

 

Le monstre du Loch Ness . Nessie  est une star , une diva capricieuse qui ne se montre pas.. Caché en Ecosse, au fond du Loch Ness (près de la ville d'Iverness) , lac dont il tire son nom, le monstre a défrayé la chronique depuis des décennies.  La presse, les médias internationaux ont relayé sa légende
. C'est l'un des attraits touristiques de l'Ecosse. Plus d'un audacieux a tenté de percer le mystère de l'étrange animal que l'on dit survivant de l'ère préhistorique... Mais l' Ecosse, avec ses vieux châteaux, ses panoramas à la sublime beauté sauvage, est connue également pour la vivacité de son folklore, de ses légendes, de ses jeux,  rendant la découverte du pays aussi étonnante qu' attractive.
- Des documentaires:  (voir plusieurs vidéos et les articles récents dans les quotidiens) 
et aussi  (pour la sauvegarde du patrimoine (faune et flore))
 

Le Yéti, (ou "abominable homme des neiges", "snowman", "bigfoot"),  d'après les "témoignages", ne pouvait vivre qu'en haute montagne. On ne le voyait pas. Mais on apercevait la trace de ses pas dans la neige, dans l'Himalaya,  aux confins de la frontière chinoise. Mi-homme, mi-animal, il impressionnait par sa haute stature, sa force peu commune, et ses grognements.  Devenu héros de BD, de film, de documentaires et sujet d'études (ouvrage de Daniel Taylor et +), le monstre fait régulièrement parler de lui. Au XXIe siècle, à l'observation  de traces interprétables,  certaines revues scientifiques avancent l'hypothèse de la présence (possible, effective ?) d'un plantigrade...
- Documentaire : Yéti y es-tu ? 

Le dragon (le Drach), la Tarasque: descendante des dragons infernaux des siècles précédents, la Tarasque du Rhône, vaincue par Sainte Marthe, a terrorisé bien des gens. Statufiée, et  devenue animal
totémique, elle porte désormais la lourde charge de représenter une partie de l'Histoire de la ville de Tarascon. Elle anime les défilés, au son des fanfares, et cette carnavalesque déambulation est une forme de  vengeance multicentenaire, pour la gaieté des petits et des grands. pour en savoir plushttps://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1605423

 

L'hydre (Méduse, Gorgone) ...  Son regard était tel, dit-on qu'il  pouvait pétrifier les gens. Sculptée sur les boucliers des soldats, elle était dévolue à repousser l'adversaire. Animal ayant parfois visage
humain (Méduse, Gorgone), l'hydre est multicéphale. Dans la mythologie grecque, le  monstre engendré par Typhon et Echidna (Λερναία Ὕδραa : l'hydre de Lerne) a été vaincu par Herakles (l'un des 12 travaux). Représentée sur  divers supports, la figure du  monstre se retrouve insérée dans  des mosaïques, peinte sur des poteries,  en héraldique (sur des blasons), sur des cuirasses pectorales (armures), en sculpture (seule ou avec un groupe), en ornement de façade etc...    

- L'Hydre de Lerne  

Si les monstres sortent des légendes, des  livres, des archives pour venir hanter les nuits des humains, la science, les Arts, la raison, les remettent à leur juste place.


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lundi 10 octobre 2022

Les tableaux à histoires... Histoires de tableaux ...

En dépit des turbulences sociales, économiques, et sanitaires,  traversées, ces dernières années,  le marché de l'art se porte plutôt bien. Et certaines œuvres s'échangent à des prix si hauts (plusieurs centaines de millions de dollars) que l'on pourrait presque  les qualifier d' "inestimables". La presse, les réseaux sociaux s'emparent souvent de ces anecdotes retentissantes entendues dans  les salles des ventes. Les commentaires vont bon train, chacun ayant"sa " version sur ces envolées justifiées, ou non, qui ne sont pas toujours proportionnelles à la réelle valeur du tableau.  Car c'est souvent autour d'une toile que se crée la polémique. Les experts se perdent en hypothèses, or, parfois, le mystère de la "paternité" reste entier.  Pourtant les outils contemporains ne manquent pas de pertinence: du microscope, au scanner, de l'analyse des pigments au comparatif de style, de la biographie de l'auteur au parcours historique du tableau, l'on en vient aussi à la consultation des archives, comme les  échanges de missives pouvant contenir quelques renseignements de datation, ou de confirmation de commande.

 Car, dans les siècles précédant le XXIe, le portrait du  commanditaire figurait parmi les personnages présents sur la toile. Ainsi, pouvait-on être assuré de son identité, et de la traçabilité de l’œuvre. Ensuite est venu le temps de la figuration des muses (Gala pour Dali, Dora Maar pour Picasso...) en portrait seul, ou dissimulé dans une assemblée, ce qui constituait un autre  genre d'attestation. 
Mais ce qui pose problème est, sans nul doute,  la datation exacte des tableaux anciens,  ainsi que l'identité authentifiée de leurs auteurs respectifs. Alors pour s'approcher au plus près d'une réponse fiable on évoque: l'atelier, les suiveurs, les élèves...en espérant que "Le Maître" y a néanmoins apposé sa touche personnelle; même si la signature n'est pas la sienne.
Si les grands noms de la peinture sont connus, leur production réserve encore des surprises..  Quelques-unes des toiles (de format moyen ou petit) n'ayant pas été ni reconnues ni estimées, finissent reléguées dans un grenier ou chez un brocanteur. Parfois elles sont utilisées en ré-emploi, ou support,  pour une œuvre plus récente ( = recouvertes par un  dessin d'un autre artiste)
La cote de certains tableaux, atteignant des sommets, oblige à la prudence. La renommée précède et accompagne le suivi de chacun d'entre eux.
Des milliers d'euros sont ainsi attribués lors de ventes entre spécialistes (Musées, collectionneurs), laissant le quidam,  dubitatif.  Si le titre de "Tableau le plus cher du monde" est régulièrement attribué à une toile, il est  immanquablement détrôné par une autre œuvre, quelques mois ou quelques années plus tard. Cependant,  l'élu en gardera toujours une certaine aura. Même si la presse se fait l' écho de la présentation  et de l'annonce de ces ventes fantastiques, l'achat (sous enchères) reste souvent  entouré de mystère, et de discrétions,  aisément compréhensibles. 
L'Art ne serait-il qu'une question de moyens ?  Donc, d'héritages en acquisitions, la connaissance du cheminement et de la circulation des chefs-d’œuvre en pâtirait-elle ? 

Quelques rappels: 

 

- Le Salvator Mundi; auteur présumé Leonardo da Vinci  1452-1519 (atelier du Maestro, ou suiveur???)

 https://www.vanityfair.fr/culture/story/la-folle-aventure-du-salvator-mundi-de-leonard-de-vinci

 https://www.beauxarts.com/grand-format/salvator-mundi-les-dessous-de-la-vente-du-siecle/

 

 - Judith décapitant Olopherne: Le Caravage 1571-1610

https://www.lepoint.fr/societe/le-judith-et-holopherne-de-toulouse-un-vrai-caravage-ou-non-14-06-2019-2318928_23.php

https://boowiki.info/art/peintures-a-la-galleria-nazionale-d-arte-antica/judith-et-holopherne-caravaggi

 

 

- L'origine du monde : Gustave Courbet  

1819 - 1877

https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/lorigine-du-monde-69330

https://www.francebleu.fr/infos/culture-loisirs/sait-enfin-qui-est-le-modele-de-l-origine-du-monde-le-c

 

 

 

- Les iris : de Vincent Van Gogh 1853-1890      

https://www.vangoghmuseum.nl/en/collection/s0050V1962

 https://www.vincentvangogh.org/irises.jsp

 

 

- Nafea faa Ipoipo?  (1892) 
Quand te maries-tu ? Paul Gauguin  1848-1903   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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(400e article de ce blog)
  

     



mardi 4 octobre 2022

Autumn, a season for Arts ?

 
 Vivre le quotidien est parfois aussi difficile que fastidieux. Selon les événements (personnels, nationaux ou internationaux), les conditions sociales, les projets  annulés...  nul moment n'y est propice, et la ronde des saisons est donc  étrangère à ce fait. Pourtant,  l'enchaînement des mois a toujours été une source d'inspiration pour les artistes. Les quatre saisons de convention : printemps, été, automne, hiver, ont donné lieu à des observations créatives concrétisées par des œuvres devenues célèbres. 
Quelques  idées reçues accompagnent chacune d'entre elles. : le printemps est la saison des amoureux, l'été est celle des vacances, l'automne est celle de la nostalgie et du romantisme, l'hiver est celle de la méditation.... Chacun, selon sa propre existence, peut mêler ces expressions toutes faites, et aborder cette période particulière de l'année scolaire (qui est à la charnière de deux années civiles) où se profile post vacances estivales : 'la rentrée" !

 
Les quatre saisons d'A. Vivaldi : l'automne
J. Haydn : die Jahreszeiten (Oratorio)  
 Les feuilles mortes (W. Cosma/ J. Prévert) interprète:   Y. Montand
 
                                        
Poèmes,  films, pièces musicales,..., l'automne et ses attraits se déclinent à travers les siècles , les décennies, sans jamais voir  tarir les sources d'inspiration. En effet, les couleurs, les fragrances automnales, les diverses sensations éprouvées, alimentent généreusement la fibre artistique  des créateurs. Faisant fi des turbulences climatiques, l'existence, avec ses exigences, est menée par le calendrier et son cortège de saisons. On peut s'interroger sur les diverses conventions qui ont abouti en quelques siècles à l'actuelle éphéméride.  Seule, l'observation des cycles de la nature, pourrait y apporter quelques éléments de réponse. Si le poète et l'écrivain, transcrivent avec des mots, le plasticien contemple le monde qui l'entoure, se laisse aller à l'émotion.  La  beauté environnante le touche par la richesse de sa palette, en toutes saisons. Il tente alors de  s'exprimer par la création picturale. Ainsi Klimt, Monet, Mucha, Van Gogh, et bien d'autres, ont laissé  à la postérité des productions ciblées. 
                                             
 
 
 
 
 
 
 
 
Associée à la période automnale, même si elle est de plus en plus précoce  jusqu' à commencer en fin d'été, celle des vendanges vient apporter sa note fruitée, joyeuse avec ses promesses de grands crus, selon les années. L’œnologie  est devenue une science  précise, savante, sachant anticiper,  et faire des alliances de saveurs, de cépages pour  composer des vins réputés. "Consommer peu mais consommer bon" en privilégiant la qualité  plutôt que la quantité, est pratiquement devenu une devise pour le consommateur éclairé. La modération étant légalement et obligatoirement de mise,  afin d'éviter des abus nuisibles à plus d'un titre. Alors la dive bouteille pourra être dégustée, appréciée, et elle saura  délivrer son précieux contenu, avec le plaisir qu'elle laisse augurer, dont celui du partage,  sans  les regrettables inconvénients d'une absorption trop rapide qui annihile l'art du vigneron. 
                                                  

L'université du vin ( Suze-la- rousse) 
et sur ce même blog:
 un article paru en octobre 2015
 
 
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samedi 24 septembre 2022

Space poetry , Raumpoesie , poesía espacial, poesia spaziale...

 A travers les pages des revues spécialisées, en images, en dessins, en schémas, l'espace se révèle  aux yeux du candide. D'observations patientes en photos saisissantes, d'expériences courageuses en tentatives hasardeuses, des structures  subodorées,  mais quasi inconnues,  prennent forme. Les interprétations scientifiques sont alors vulgarisées pour être accessibles au plus grand nombre. Et l'on peut prendre du recul, de la hauteur, relativiser son quotidien terrestre, en portant son attention vers les hautes sphères, au-delà de l'atmosphère.

- des sites
                                     

Le big bang , les planètes éloignées, les étoiles éteintes, deviennent des sujets potentiellement intéressants. Devant la beauté des couleurs, la surprenante variété des formes, on peut parler de "poésie de l'espace". Plus surprenant que les tableaux d'Art Moderne, l'agencement graphique, géométrique, des corps célestes a de quoi susciter l'admiration. Pourtant difficile de ne pas songer au surréalisme de certaines  œuvres de  Salvador Dali et de Max Ernst.               

La notion d'infiniment grand, comme celle de l'infiniment petit, dépasse la plupart des humains en leur faisant miroiter et ressentir une sensation proche du vertige intellectuel. Chacun y met alors ce que bon lui semble,  afin de tenter de trouver une, ou des explications que la rationalité ne cautionne pas forcément. Loin des savants calculs ou démonstration scientifiques, les articles de vulgarisation ont cet indispensable mérite de faire approcher ces notions difficiles et ardues. On peut y adjoindre des vidéos, des interviews, et  des documentaires. Ainsi, les plus réfractaires, peuvent néanmoins avoir une idée sur un thème qui intéresse mais qui est encore  mal connu du grand public.

- des revues: 
Science et Vie, Science et Avenir, Futura.. 
- En philosophie:
Les lecteurs des revues étant des adultes, des ados, et  des enfants, tous  passionnés par le sujet, il existe donc plusieurs sortes de publications ciblées selon les âges. 
- En musique:
M. Pokora: Les planètes
Gustav Holst : Les planètes
The Spotniks: Telstar
 The pillars of space :
En 1995, deux chercheurs de l'Université de l'Arizona  capturent un cliché intrigant grâce à un super téléscope (le HTS). Il s'agit de poussières interstellaires, agglutinées en colonnes, au centre de l'amas M16, dans la nébuleuse de l'aigle. Ces poussières passent à la postérité sous le titre mystérieux de " Pillars of creation " ( les piliers de la création).


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                                                                                        Photos: Nasa et revues scientifiques
                                                                                       Montages: N-L. M. 

mercredi 14 septembre 2022

Les expressions de l'Histoire

 L'oralité a ses exigences, ses codes, ses références. L'évolution du langage en a certes modifié quelques aspects mais il subsiste certaines  subtilités que l'on ne saurait passer sous silence, faute de les employer. Des noms de personnages célèbres, de lieux, de faits, ont été la source d'expressions passées à la postérité. Mais pour en savourer la juste utilisation, encore faut-il posséder quelques références en histoire, en mythologie, en géographie, en musique, en littérature,.. (en fait,  en Culture  générale). 

En passant  à la postérité, certains noms propres sont devenus communs, en se dotant d'un déterminant.


En 2022, pour leur 39e édition, les Journées Européennes du Patrimoine se déroulent les 17 et 18 septembre. Elles ont pour thème : le patrimoine durable. Le bâti est  donc encore à l'honneur. Le préserver, le conserver, le défendre, sont de nobles missions que les associations locales relaient efficacement. 

https://journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr/

Or,  qu'en est-il du langage ? Ce patrimoine vivant, à la fois évolutif et conservateur, d'un emploi quotidien, est l'indispensable outil de communication et, en tant que tel, mérite attentions et interventions pertinentes. N'échappant pas au courant de jeunisme ou de réforme, il se déforme. Il est indispensable d'en rappeler quelques particularités, même si l'on pense que la désuétude, la rareté de l'emploi, le paralysent, l'immobilisent en quelque endroit.

                                   

Quelques expressions: (liste non exhaustive)
- Fier comme Artaban:   héros de légende, ou de mythologie, au caractère impétueux et altier.
- C'est Byzance: C'est l'opulence, le luxe,   en référence à la capitale de l'empire ottoman au temps de sa splendeur. 
-  Ce n'est pas Versailles, ici: C'est une incitation à l'économie, contrairement aux dépenses coûteuses affichées dans le  train de vie du château éponyme, au temps de Louis le Grand. 
C'est Austerlitz: Victoire  flamboyante de Napoléon Ier et de son armée
C'est la Bérézina: rude défaite en Russie de Napoléon passant le fleuve éponyme avec ses troupes.
- C'est dantesque: hors norme, effrayant, en référence à l'ouvrage de Dante "L'enfer"
- C'est cornélien: se dit pour un choix particulièrement délicat, difficile, réclamant un sacrifice.
- C'est wagnérien: grandiose, impressionnant, à l'image des opéras de Wagner
- La césarienne: acte chirurgical pratiqué dit-on pour la 1e fois lors de la naissance de Julius Caesar Imperator.
- C'est ubuesque: le roi UBU est un personnage grotesque et ridicule créé par Alfred Jarry
- Une lapalissade: une évidence se voulant être un trait d'esprit.
- C'est spartiate: rude, sobre, dépourvu de toute futilité décorative, inconfortable, telle l'éducation des enfants à Sparte. 
- Le supplice de Tantale: personnage de la mythologie, condamné à subir la menace de la chute d'un lourd rocher sans pouvoir l'éviter.
- C'est la Saint Barthélémy: évocation d'un massacre perpétré envers les Protestants, au XVIe s. à Paris et dans toute la France.
- Se prendre pour la Pompadour; se parer comme la favorite royale (bijoux, vêtements luxueux..), être d' une coquetterie extrême.
                                                

Dans certaines circonstances , les discours, les cours, les rédactions s'enrichissent d'expressions non traduites (en latin, en anglais, en allemand, en italien...). Ce qui suppose que le lecteur, ou l'auditeur, sait ce dont on parle,  et qu'il possède les références culturelles pour saisir le sens réel du propos. (ex nihilo, extra muros, in situ, the right man at the right place, Sturm und Drang,e cosi,  ...). 
 


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