samedi 15 mai 2021

Musical emotions

 Les artistes de la "nouvelle scène" ne déméritent pas. La bona fama, le bouche-à-oreille, permettent de belles émotions musicales, qui font la part belle au partage. Pourquoi se cantonner à un style, lorsque la multiplicité autorise autant de bonnes surprises et de découvertes ? 
Certes l'exercice peut sembler périlleux, déstabilisant. Or la culture s'adressant à tous, il faut prendre le risque de contenter le plus grand nombre. Que chacun donc y trouve son genre, son goût ! 
Quant aux artistes, ils étonnent , et ravissent,  par leur maîtrise, leur virtuosité, leur aisance, leur énergie, leur enthousiasme. Les références musicales sont assumées, et parfois même,  revendiquées. On ne copie pas, on ne trahit pas, " on s'inspire de" pour rendre hommage, puis on y met surtout sa propre "patte", une marque personnelle distinctive,  avec professionnalisme et recherche de sons nouveaux, d'accords inattendus.   
On comprend aisément que les spectateurs s'impatientent de retrouver le libre accès aux salles de concert, afin de participer à cet irremplaçable échange, en quasi osmose,   de l'artiste avec son public. 
Lorsque le courant passe dans la salle , l'émotion est palpable, partagée  au point de devenir hautement communicative. Certains spécialistes, du comportement psychologique humain, se sont penchés sur le phénomène. Ainsi l'on diabolisait les "yéyés" des années soixante, en les accusant d'exciter le public au point de casser les fauteuils,  il faut rappeler, qu'au XIXe siècle, les admiratrices de F. Liszt et de F-F. Chopin déchiraient leurs gants et renversaient leurs chaises lors des prestations de ces concertistes.   
Si la fièvre musicale est faite de travail intense (d'apprentissage, de mémorisation, de répétitions), en amont,  elle délivre aussi plaisir d'écouter, de chanter, de vibrer,  avec la conscience de vivre un moment magique, hors du temps, unique...                                     

Classique /
Lise de La salle  et Christian- Pierre La Marca  : en duo ou en solo  l'excellence est au rendez-vous donné par cette pianiste et  ce violoncelliste. Les frères La Marca  (Christian-Pierre et Adrien) sont les fondateurs du festival "Les musicales de Pommier-en-Forez" (en 2013)
Philippe Quint : le violoniste au Stradivarius, en 2008,  a retrouvé son instrument "oublié" dans un taxi  grâce à l'honnêteté du chauffeur .  Paganini était au programme de la prestation donnée en remerciement. 
Ci-dessous: Mendelssohn (concert en 2016)
Variété/ 
L'Impératrice :chaque morceau est un univers particulier (voir aussi la vidéo Live in Paris: "Tournée virtuelle 2020" ou en concert au Grand Palais - Passengers) 
Jess and West : explosif duo gémellaire, plurivalent, qui chante et manie les instruments     avec virtuosité, inventivité, et musicalité. Répertoire éclectique en français et en anglais, petit jeu de scène en connivence, bon contact avec le public.. : à moins de trente ans les deux frères ont déjà pas mal d'atouts pour affronter les grandes scènes. Concert  tous les mercredis à 19 h et tous les samedis à 20 h  /rdv sur leur site : 
Chez Gérald Dahan : la péniche "le nez rouge "
Shahkar Bineshpajooh : Outre celui de musicien, interprète,  l'artiste iranien  a un impressionnant parcours professionnel universitaire. Ses concerts, acclamés par des milliers de fans,  sont de véritables shows très énergisants:


Yes, musical emotions ? We want that more,  and more ... 
 
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dimanche 9 mai 2021

Pour un Empire...?

 

                                                        

L'an 2021, qui  est encore une année de contrainte, n'arrête pas pour autant le cours du temps, ni  les commémorations. Napoleone Buonaparte est donc au programme, et au centre d'une multitude de manifestations. Car  le "Petit caporal" fut un grand homme. De publications littéraires et historiques, en articles  de presse ou émission de radio, le nom de l'empereur fait dresser l'oreille, intéresse, intrigue,  et fait vibrer les admirateurs, autant qu'il agace les détracteurs. Disparu depuis deux siècles, le militaire corse, devenu l'empereur qui fit trembler l'Europe au XIXe siècle, est vivant dans les mémoires. Sa fulgurante ascension, sa destinée hors norme, son impressionnante carrière,  ont enflammé les pages des livres, et les cours  d'histoire.  Que l'on soit admiratif, ou critique, le parcours ne laisse point indifférent. Outre le personnage historique, il est peut-être utile de rappeler la trace culturelle laissée, entre Directoire et Restauration,  par l'époque napoléonienne, un certain style: le style Empire  (estimé en vigueur  durant quelques années: de 1803 à 1821)


L'architecture
Charles Percier et Pierre Fontaine sont nommés architectes officiels au gouvernement dès 1801, intervenant au palais, du Louvre, à celui des Tuileries, et sur plusieurs projets parisiens, dont certains ne pourront être exécutés (chute du régime). C'est en 1813 que Fontaine devient 1er architecte de l'Empereur. Il a travaillé sous plusieurs régimes,  et a eu une très longue carrière, étant encore actif à 90 ans.
Voir aussi: l'importance de l'architecture métallique:
 Rappel : la conférence organisée au musée Carnavalet /salon Bouvier/, en 2015; par le GRHAM (Groupe de Recherche en Histoire de l'Art Moderne)  :
"Architecture et urbanisme sous le Consulat et le 1er Empire à Paris " 
Le mobilier/ et la décoration/
Plus sobre que les styles précédents, celui de l'Empire présente des lignes épurées, lisses, utilisant des matériaux comme le bois sombre, laqué, vernis (acajou, puis noyer, tilleul, frêne, chêne...) . Les tissus sont unis, ou  à motifs symboliques ( abeille, aigle, couronne laurée...) les décors sont dorés, inspirés par des symboles de campagnes militaires,  et apportent la touche luxueuse à des lignes moins sophistiquées que celles du mobilier de l'ancien régime. La vaisselle, l'argenterie suivront la tendance.
La mode vestimentaire /
Après les extravagances des Incroyables et des Merveilleuses du Directoire, la mode s'assagit et se stabilise.  Pour les femmes la référence à l'Antiquité est omniprésente (couture et coiffure). Rappelant par leur forme, le chiton ou le peplos, les robes sont en matières fluides, longues, la taille est haute, marquée,  les manches souvent courtes (ballon) . Les cheveux, bouclés, relevés en chignon, sont agrémentés de bandeaux latéraux encadrant le visage.
Les hommes portent encore  parfois les bas comme sous l'ancien régime, le gilet se porte sous une veste ouverte, optant pour la longue redingote,  mais le pantalon s'est un peu raccourci et entre dans les bottes.  Les cheveux sont courts, rabattus sur le haut du front,  et viennent sur les tempes. 
                                                            

La Littérature/ 
François-René de Chateaubriand(1768-1848) domine les décennies de son temps,  et se taille une solide réputation jusqu'à devenir, postérieurement et de façon évidente, l'écrivain préromantique de référence. On a rarement évoqué les écrits napoléoniens,  si ce n'est pour  en souligner le génie militaire  (missives, ordres, plans, bulletins de guerre...). Or,  il existe d'autres documents rédigés également  par l'Empereur (correspondance, contes, essais, notes de lecture, mémoires):  "La nouvelle Corse"(1789), "Discours de Lyon"(1791),"Le souper de Beaucaire"(1793),"Clisson et Eugénie"(1795), "Dialogue sur l'amour"(1796)
pour en savoir plus: 
- Maximes et pensées  (1769-1821)
- L'article de  Michel Brugnière: "Napoléon écrivain" (in Journal des savants /oct.déc.1969) pp. 247-250
et celui du lien: essai sur les idées de jeunesse de Napoléon /

La Musique/ La période de l'après-révolution  voit poindre le romantisme. Au-delà des frontières de la France, de grands noms se font une place de choix dans ce nouveau style musical:  Beethoven, Mozart...      Dans l'hexagone: André Guétry (1741-1813) Etienne-Nicolas Méhul (1763-1817) François-Adrien Boeldieu (1775- 1834) Mais le premier Empire est également célèbre pour l'importance accordée à la musique dans l'armée . Les airs et marches militaires sont encore au programme de nombreux concerts.  

A lire: - L'article de David Chaillou / A la gloire de l'Empereur: L'opéra de Paris sous Napoléon 1er/ in Napoleonica/la revue N° 7- année 2010- pp.88 à 105.

                *          *          *                                    *          *          *
Du célèbre bicorne aux chemises, des lettres d'amour aux bottes, on disperse, au XXIe siècle, maintes affaires du "petit tondu ",  (= cheveux courts  coiffés à la Titus, dès1799), dans les salles de vente aux enchères...                            

Même un homme illustre a ses mystères: sa part d'ombre, ses succès, ses choix, ses erreurs, sa responsabilité .... 

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samedi 1 mai 2021

Le choc...chocolat

 Perçu comme une gourmandise, employé en pâtisserie, le chocolat cache bien d'autres  vertus et  utilisations. Accusé d'être l'ennemi des régimes minceur, du foie, des intestins, il sait pourtant se montrer efficace contre les "coups de blues" et la baisse d'énergie. Si, comme tous les grands sujets, il a son histoire, il a également conquis une place dans les Arts,  et jusque dans le monde d'initiés: la Mode... Et de salons en foires, en passant par la parution de multiples ouvrages, chacun trouvera donc son plaisir,  depuis la recette de gâteau jusqu'à l'opportunité d'une sortie à thème.  

 7e Art: Charlie et la chocolaterie (avec Johnny Depp) / Charlie and the Chocolate Factory /2005)

Variété: La femme chocolat (chanté par Olivia Ruiz / auteur:Mathias Malzieu /2005)

Sculpture:

https://www.youtube.com/watch?v=RwoDZACj0nk

      Frédéric Joseph et Fresange

Mode: Le salon du chocolat et son défilé

 Salons/Foires: 
En France : Paris, Vannes, Lyon, Avignon...
Autres pays:  Suisse, Allemagne, Chine, Grande Bretagne, Liban, Belgique, USA, Singapour, Ukraine, Corée du Sud...   (en raison des conditions sanitaires actuelles, voir sur les sites respectifs, la confirmation des dates et lieux exacts de la tenue de ces manifestations)
 Chocolatiers:
 Club des croqueurs de chocolat : 
Le chocolat n'est pas affaire de glouton. Même s'il est symbole de gourmandise, il se déguste, s'apprécie, comme un grand cru. Le palais, sensible à la subtilité des arômes (corsé, fruité, avec arrière- goût et retour...) est sollicité de la même manière qu'avec le vin. 
 Des femmes et des  hommes: 
Autour du chocolat se pressent  des spécialistes, des pâtissiers, des confiseurs, des chocolatiers, des cuisiniers, afin d'en tirer le meilleur parti: que ce soit pour le produit lui-même, pour la préparation dans laquelle il est inclus, et pour la démonstration du savoir-faire du professionnel. Le tout pour le bonheur du client- consommateur.
Géraldine Maras, A-Françoise Benoit, Laurence Alemanno, Catherine Cluizel, Victoire Finaz, Vincent Vallée (meilleur chocolatier), Patrick Glenecser, Es Koyama, Patrick Roger (Meilleur Ovrier de France /2000), Hisashi Onobayashi, Philippe Bernachon, Jacques Genin, Gilles Cresno, P. Marcolini, J-P. Hevin, Hermé, Marijn Coertjens,  Chapon, Lenôtre, Grimonpon...  (liste non exhaustive)
Du tchocoalt Maya et Aztèque au chocolat  des Cours royales: (du XVIe (1527) au XVIIe s)                 Ce n'est pas sans amertume que l'on évoque sa découverte attachée à la période des Conquistadores
(notamment de Hernando Cortes). Les Mayas et les Aztèques  sont les premiers peuples mésoaméricains,  de culture précolombienne,  à avoir consommé du chocolat. Cette préparation liquide énergétique, fabriquée à partir de fèves du cacaoyer, broyées et préparées avec des épices ( gingembre miel, piment...), fut offerte  aux premiers arrivants européens.  On connaît la suite de cette  tragique épopée (Moctezuma II Xocoyotzin  y laissa la vie),  et des conditions  d'exportation de l'arbre à cabosses. 
L'Europe du temps de Charles Quint s'enthousiasma pour cette nouveauté gustative venue du Nouveau Monde. Phénomène de mode, de luxe (denrée chère), on la consommait  dans les cours royales sous le nom de "chocolat à boire", vantant ses diverses vertus.
 Chocolat et littérature:
Mme de Sévigné / Correspondance (lettres de l'année 1671: le 11 février, le 15 avril, le 16 septembre, les 25 et 28 octobreVoltaire- en 1758 (Candide chapitre 25)
 Chocolat plaisir, chocolat passion:
De Noël à Pâques, de l'été à l'hiver, en parfum de glace, en couverture ou en cœur de gâteau, amer, onctueux, en poudre, en carré, en plaque, en enrobé , en boisson... c'est le bonheur du palais et  même des cinq sens. Les déclinaisons des couleurs pour la vue /l'intense et suave parfum pour l'odorat/le lissé ou le granuleux pour le toucher /la cassure des carrés, le bruit de lcuiller dans la tasse,  pour
l'ouïe/ l'explosion des saveurs pour le goût. 
Les alliances heureuses: chocolat et vins/ chocolat et sauces . Des dosages, des recherches, des propositions, des trouvailles se perpétuent, se transmettent, se perfectionnent,  au cours des décennies pour satisfaire consommateurs et gourmets.
La cérémonie: Comme celle du thé, qui est  connue, pratiquée,  en Angleterre et dans toute l'Asie, celle du chocolat existe. Naguère pratiquée dans les salons privés mondains, elle s'effectue encore dans certains salons de thé publics.
Les ustensiles: chocolatière, fouet (moussoir) , service (tasse, sous-tasse), couvert (cuiller), sucrier, pot à lait...le tout réalisé en porcelaine fine, en faïence, en argent, ou en vermeil. Les services anciens (XVIIe, XVIIIe, XIXe s.) se retrouvent dans les ventes aux enchères pour les amateurs du genre. Il existe depuis quelques années des moussoirs en chocolats ( sorte de sucette,  à faire dissoudre dans le lait, pour obtenir la boisson chocolatée)

    Donc : le chocolat est à consommer à sa guise, à  moins de contre-indication médicale sévère...                                                                       

 " Je fonds pour lui. Moi, le chocolat: j'aime ça ! "(N-L.M)


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 NB: Ne pas oublier que : si certaines des animations, évoquées ci-dessus,  ont  été annulées, le lecteur peut s'informer en se rendant sur les sites Internet éponymes,  afin d'y  consulter les archives des manifestations déroulées lors des années précédentes





 

vendredi 23 avril 2021

2021: Brassens, Gainsbourg ...de Georges à Serge

 S'étonner d'un parallèle entre ces deux géants de la chanson pourrait être de bon aloi. Or, pourquoi se priver de croiser les parcours artistiques des deux hommes ?  C'est ce que l'année 2021 permet, par les célébrations autour de leur répertoire et de leur biographie respective. 

https://www.youtube.com/watch?v=5DeA8FPqWwc

Georges BRASSENS (1921-1981) : Ce Sétois  d'origine audoise et italienne, a une  enfance imprégnée  des chansons italiennes interprétées par sa mère. La guitare et le piano furent ses instruments de composition et d'accompagnement. A tel point que l'on caricature toujours l'artiste par la moustache et la guitare (jouant debout devant un micro, un pied sur le tabouret).

Serge GAINSBOURG (1928-1991) : Ce parisien d'origine russe. ayant grandi au son des mélodies classiques jouées au piano par son père. Serge composait au piano, mais interprétait ses chansons sur scène, devant un micro, sans instrument.

Jongleurs de mots, ciseleurs de mélodies, Georges et Serge  ont connu, de leur vivant, un succès à la hauteur de leur talent. Devenus des références dans la profession, ils ont acquis le respect de leurs pairs ainsi que  la reconnaissance  du public. Nombre de leurs jeunes contemporains  se réclament de leur influence, vantant: la pérennité du style, la rythmique et la solide structure des mélodies, la recherche et la richesse  harmoniques. Les suiveurs ont donc emboité le pas de leurs aînés. Mais, sans être uniquement dithyrambiques, jusqu' à l'excès, on peut aussi évoquer objectivement les opposants, les détracteurs. Car il existe aussi les côtés sombres du répertoire. Si certaines chansons sont passées dans la mémoire collective, jusqu' à devenir des "classiques", d'autres  sont du domaine des initiés ou des inconditionnels.  
Une même passion de la poésie et des poètes, une même sensibilité,  animaient les deux artistes. Si Georges s'enfermait dans sa bibliothèque pour ses rendez-vous quotidiens de lecture des grands auteurs, Serge les citait volontiers et ne plaisantait guère avec LA rime allant jusqu'au jeu de mot syllabique.  Toute facilité a été bannie de leur écriture respective. Lui céder eût été déchoir. Mais chercher le mot juste, l'adjectif, l'adverbe, était pour eux plus qu'un défi, c'était une obligation auto-imposée.   La liberté d'écriture affichée, revendiquée, pouvant aller jusqu'à la provocation, avec néanmoins une poétique particulière, permet de parler de "langue" de Brassens ou de "langue" de Gainsbourg.
Il est certains de leurs textes que l'on déclame avec malice,  et presque gourmande délectation de diction, autant pour la sonorité du mot lui-même, que pour sa musicalité propre, les  notes venant appuyer cette joie de prononciation.
 
                           

Un répertoire, des CD, des DVD, des images de l'INA, des ouvrages, des affiches, des tickets de concerts: certes les fans ont de quoi se souvenir de la carrière professionnelle de leur idole. Mais un espace personnalisé, empli d'objets, de documents inédits, lieu emblématique de visite  et de mémoire est une incontournable étape pour les nostalgiques de la personne et de ses œuvres. 
Georges a donc un musée dans sa ville natale, perché sur le Mont St Clair, dominant cette  cité (Née de la volonté royale de  Louis XIV),  avec une vue panoramique sur la façade Méditerranéenne et sur  l'Etang de Thau.  
Serge, lui aussi, aura son Musée, dans sa maison rue de Verneuil,  à Paris.  Le mur dans son intégralité est tagué de messages illustrés qui sont autant de témoignages de la part des fidèles . 

Des hommages, des manifestations culturelles, sont prévues (en fonction des restrictions sanitaires en vigueur) 
Grand suiveur de Brassens, tout en ayant une impressionnante carrière personnelle, Maxime Le Forestier a rédigé un bel ouvrage qui est publié en ce 1er trimestre de l'année 2021.

https://www.youtube.com/watch?v=kYtAabfUdCo

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mardi 6 avril 2021

Le Minoen : qui est donc Kalikaros ?

 Roman: Le Minoen (Tome I et tome II-  Noëlle-Louise Marti) éditions Edilivre
                    Η Μινωική
L'histoire d'un potier, au temps ancien des Minoens, n'aurait aucun attrait, à priori, pour un lecteur du XXIe siècle.. Or, le périple d'un rescapé de la catastrophe de Santorin, peut captiver l'attention,  mais surtout susciter l'empathie et la curiosité.  Pour rejoindre  le héros, on peut alors se projeter 3000 ans en arrière, et voyager dans le temps, sur les vagues de la Mare nostrum, jusqu'aux rivages crétois. On pourra ainsi  retrouver, avec lui, le lien de sa filiation et de ses amitiés,  et tout autant de défis à relever pour réapprendre à vivre. Modeler la glaise entre ses doigts, créer des formes, des objets utilitaires ou décoratifs, c'est le geste auguste du créateur. Les mains gardent en mémoire les réflexes, même après le traumatisme destructeur. Kalikaros est le nom du héros de ce récit.  Or, à travers le personnage, c'est un hommage à la poterie, aux potiers, qui est rendu, de même qu'à la Crète et son cortège d' îles. D'autres thèmes sont également en filigrane dans ces quelques pages, où le cheminement personnel en dit long sur l’œuvre de patience, de résilience, de détermination qu'un individu doit porter en lui-même jusqu'au terme de son propre voyage de vie.

Keramos (κέραμος): céramique. Si le mot est ancien,  l'origine de l'activité est plusieurs fois millénaire. Des techniques d'extraction, ou de récolte, de la matière première: l'argile, aux diverses méthodes de cuisson (à four ouvert, ou fermé), des générations de professionnels, d'artisans, se sont succédé pour améliorer le rendement, la pratique, la façon, les décors, les formats. Par exemple, le célèbre style Kamares, avec son décor particulier en volutes,  est typique d'une époque et d'une localisation. Sur les chantiers de fouille, les tessons de poterie constituent d'incontournables marqueurs pour identifier un atelier précis, un siècle, une région de production (cf les marques indicatives, les décors,  sur les céramiques) .  Et les musées archéologiques exhibent dans leurs vitrines ce précieux matériel, aussi riche d'enseignements et de renseignements que les monnaies.

Des lieux célèbres de production (anciens ou actuels): La Graufesenque, St Jean de Fos, St Quentin la poterie, Sallèles-d'Aude (musée Amphoralis)... font référence à la longévité de cet indispensable artisanat. Des stages d'initiation, de formation sont organisés pour les amateurs, de même que des visites de sites, ou de musées à thèmes, sont envisageables pour en savoir plus sur l'activité, sa passionnante histoire, son actualité et son avenir.  
http://infoterre.brgm.fr/rapports/86-SGN-333-PIC.pdf

A lire également : "La sagesse du  potier" - Jean Girel (éditions:L’œil neuf- 2007)  


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mercredi 17 mars 2021

Le souffle du printemps ...

 Spring breathe, Frühlings Luft 

                                                   

Mars 2021:  le Printemps des poètes ne masque pas sa détermination à proposer, une fois de plus, son florilège de textes. Car, plus que jamais, le mot a son poids. L'humanité a besoin de rêve, de poésie, autant que de force, et d'espérance, pour affronter son quotidien. L'an dernier, en 2020, le thème de la manifestation était:  le courage, cette année c'est : le désir.  Alors ...  Pourquoi ne pas "se réveiller au souffle du printemps ?? Roberto Alagna ( Werther d'après Goethe)
 Pandémie, couvre-feu, confinemen,t peuvent restreindre les déplacements des humains, mais la Nature poursuit son cycle, comme elle le fait depuis la nuit des temps. Le printemps vient donc consoler les cœurs, en offrant ses fragrances, ses  couleurs. Il inspire toujours autant  les poètes.
                          
 Lue, dite, écoutée, la poésie n'est point tombée en désuétude, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Le XXIe siècle a certes vu l'explosion de l'emploi des technologies nouvelles; L'homme semble désormais  faire corps avec la machine. Les yeux rivés sur les écrans, il se détache du réel.. Or, jamais les textes, l'écrit, n'ont eu plus de portée, de sens. Si les conditions de vie actuelles obligent à des restrictions diverses, à une autre maîtrise  de l'emploi du temps, le quotidien pesant s'allège parfois à l'aide de récits, de romans, de littérature, de poèmes. En visio, en audio, en lecture silencieuse et traditionnelle, on adapte individuellement son besoin, sa découverte, pour en retirer le meilleur. 
Démocratisée, désacralisée, la poésie se veut accessible à tous. Sous ses diverses formes, elle a des objectifs  légitimes et ambitieux: elle franchit les frontières, les générations, les courants de mode, les structures fixes. Elle s'affranchit des complexes, des barrières sociales, pour gagner le bien le plus précieux; la liberté.  
 Maintes démarches sont tentées pour attirer l'attention et les participants : les concours, les publications, les rédactions à thèmes imposés ( et parfois aussi le  nombre de signes) , les manifestations exceptionnelles : Nuit de la poésie, Voix de la poésie, A vos plumes, Temps des poètes, ... Et le succès de la participation  vient confirmer le bienfondé de l'objectif initial . Si d'aucuns estiment que la discipline n'a point  d'amateurs,  ils se leurrent.  les réseaux sociaux se font le relais ( et la vitrine) de l'expression poétique actuelle. Certes, il y a des maladresses, de l'à-peu-près, du bon, et du moins bon, mais chacun y trouve son content. Longtemps l'on a voulu cantonner la poésie, comme la musique classique,  dans un cercle d'initiés élitistes, au nom de l'excellence; Louable intention, mais qui a ses exclus; Or donc l'expression a trop longtemps été muselée pour que l'on y accorde encore des chaînes restrictives.  D'abord scolaire, puis familiale, la récitation  a connu ses heures de gloire ( et de bienfaits). Mais, apprend-on encore à "dire "?  Si l'on en croit certaines articulations du  moindre échange oral (téléphonique ou direct), la réponse est négative. On affuble son propos,  à loisir,  de tics de langage, de mots tronqués,  jusqu'à en perdre le sens.  Qu'en est-il du compliment,  récité, ou écrit, pour  une occasion solennelle ? On oublie volontiers le texte simple,  joliment tourné, au profit d'un récit humoristique,  au goût parfois discutable. 
Le printemps, et ses poètes, ont immanquablement véhiculé une image surannée de clichés désuets, romantiques, utopistes, (les oiseaux, les petites fleurs, le luth, le troubadour, le soleil, le ciel bleu ...) . Or, du pamphlet  au tract ciblé,  l'on oublie souvent qu'il existe aussi une poésie sombre, réaliste, acerbe, narquoise, virulente, contradictoire ..  Le courant se perpétue, depuis l'Antiquité,  à travers les millénaires qui ne sont pas parvenus  à étouffer l'inextinguible flamme créatrice. Primé prestigieusement  ou timide anonyme, le poète s'inscrit dans un élan créateur de rédaction qui s'actualise selon les us et coutumes. Si l'on ne parle pas d'amour de la même façon que nos ancêtres, on en parle encore, et, là, est, peut-être,  le miracle. 
  N-L. Marti -Récentes publications 
Si le souffle du printemps inspire les poètes, il n'y a pas de saison pour écrire et dire les textes. De quoi réjouir les très nombreux amateurs, petits et grands,  de l'indémodable genre. 
 
A lire sur ce même blog:  
- article de novembre 2013 
Poésie Amérindienne
- article de juin 2018
Ô rose, muse des poètes
- article du 12-7-2015
Charles Cros: l'inventeur poète 
http://international-culture-blog.blogspot.com/2015/07/charles-cros-l-inventeur-poete.html
 - article du 16-3-2013
*       *        *         *         *
et dans la revue "Le crieur" (2016) N° 5 pp. 62 à 77
l'article de Anne Dujin
 "Où est passée la poésie française ? 
*         *         *          *          *
Conférence/diaporama commenté  sur la poésie 
Noëlle-Louise Marti 


 
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mercredi 24 février 2021

L'essentiel et le futile

Si  la vie  de chaque individu tourne autour de thèmes personnels, elle est néanmoins régie par deux impondérables : l'essentiel et le futile. Des outils de mesure ont permis aux  spécialistes de déterminer le contenu de ces deux domaines. Pendant des siècles, certaines élites ont décidé, arbitrairement,  pour les populations asservies ce qui était de l'ordre du futile et de l'essentiel. Les conditions d'existence 

(manque de moyens et de temps) se bornant surtout à l'indispensable, les individus n'ayant point de loisirs                                                                                                      

Rappels :                                                                                                                                                    Essentiel/ nécessaire, indispensable, fondamental, important, vital, principal, primordial, dont on ne peut se passer, ...                                                                                                                                 Futile/ ayant peu de valeur, sans importance, peut se dire d'un motif, d'une excuse, d'une cause, d'un détail, d'un sujet, d'une question, d'un esprit...                                                                                          A l'aune de ces définitions  on serait bien en peine de  pouvoir déterminer ce qui, pour autrui, est utile et (ou) futile. On entrerait alors dans les notions de priorité, de  besoins vitaux, d'activités secondaires.

 Au XXe siècle, le psychologue Abraham Maslow concrétisa, en 1943,  ses observations effectuées précédemment . Ce fut donc la publication de son ouvrage : " A theory of Human motivation". Quelques décennies plus tard, en 1970, suivit un autre opus : " Motivation and personality". C'est dans le premier livre que l'auteur présentait sa célèbre pyramide. 

 

En se penchant sur l'histoire de l'humanité,  on s'accorde sur l'émergence de la notion de  civilisation en fonction du temps, de l'envie, de l'énergie, consacrés aux loisirs, à l'art, à la créativité, lorsque les besoins vitaux sont satisfaits. Outre ce raisonnement aboutissant à un constat, il a fallu alors s'intéresser au pourcentage relationnel de l'un  par rapport l'autre:                                                              

- Dans quelles proportions peut-on estimer que l'art, la Culture, avaient une influence importante sur le comportement de l'être humain?                                                                                                                   -Est-il indispensable,  pour l'équilibre général d'un individu, qu'il pratique une activité autre que celles nécessaires à sa survie ?                                                                                                                              L'actualisation du propos  au XXIe siècle n'a rien fait perdre à sa pertinence. L'année 2020, avec ses restrictions et ses interdictions,  a bien remis les deux questions au centre de certains débats. On a vu ainsi se multiplier des solutions de fortune, des déploiements d'ingéniosité pour tenter de sauver l'expression artistique, secteur mis à mal par les conditions draconiennes  exigées par la sauvegarde de l'espèce humaine mise en danger de pandémie.                                                                                         La futilité est alors apparue sous un autre aspect , car vue d'un autre angle. Et "l'insoutenable légèreté " est devenue " L' Indispensable légèreté" . 
                                                               


Les hobbies : Etre rentable, productif,  après avoir satisfait les besoins vitaux, laisse encore la place , dans l'existence et l'emploi du temps  de l'homme contemporain,  pour d'autres occupations: les hobbies; Du sport au jardinage, de l'Art à la méditation, il y a le choix. A l'heure où l'on réclame la mixité en maints domaines, il est utile de rappeler également l'éclectisme, les diverses techniques d'expressions, la pluralité des personnalités, des goûts, des orientations. Une foule est faite d'individus disparates, c'est ce qui en fait la richesse et la valeur. Et la notion de complémentarité n'en est pas occultée.

https://www.museumtv.art/artnews/articles/lart-changera-le-monde-la-serie-qui-rappelle-limportance-de-lart-dans-nos-vies-et-dans-nos-societes/

Or donc,  les expressions qui mettent en exergue les notions d'importance dans les divers moments de la vie, sembleraient prendre un autre sens lorsque les conditions d'existence changent. 
" jouer les utilités" : jouer ou avoir un emploi subalterne ou accessoire                                                    
"Joindre l'utile à l'agréable" : Dans l’Epître aux Pisons, Horace énonce que "celui qui joint l'utile à l'agréable ( utile dulci) recueille tous les suffrages"  
"Du pain et des jeux"  : . Juvénal a initié la formule panem circenses. 
Cependant,  à cela l'on peut objecter:" Quand on a en partage ce qui suffit, on ne devrait souhaiter rien de plus". 
La civilisation des loisirs de l'ère contemporaine a  mis en avant les distractions. Qu'elles soient culturelles, sportives, associatives, elles ont peuplé un temps complémentaire à celui qui était réservé au labeur. Plusieurs  questionnements en ont découlé. On s'est donc penché sur les conséquences dans la vie de chacun, le rôle et l'impact sur la productivité, la nécessité ou non d'étendre le laps de temps consacré aux loisirs, l'équilibre entre  ce que l'on considère comme essentiel (le travail, la santé, l'alimentation, la sécurité...) et le futile ( le confort, les vacances, les hobbies...) .
Si l'on a du mal à donner des réponses collégiales et collectives à ces interrogations sociétales, c'est peut-être que l'individu est impliqué à titre personnel, et qu'il est apte à calculer, lui-même, la part de chacun des secteurs de sa propre vie.

"...faire rêver est le comble de l'Art" Chateaubriand



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