vendredi 22 octobre 2021

Hugo : Victor et Jean, du mot au trait

 La seule évocation du  patronyme Hugo fait référence au géant de la littérature française. Le poète, et écrivain, à l'internationale renommée, souligne depuis le XIXe siècle, de tout le poids de son aura, une destinée, dont l’œuvre  est inscrite dans les mémoires (collective et individuelle).                                             

Victor HUGO : (1802-1885) Or, l'homme dit " de plume" l'était à plus d'un titre. Si une partie de sa production ne fut connue (et reconnue) que tardivement, cela n'enlève rien à son importance. Car, outre un grand rédacteur inspiré, le maître était aussi un graphiste, sachant pratiquer  l'art du dessin, et s'y adonna vers 1830, avec une période plus intense (1848-1851, années d'activité politique),  et jusqu'à la fin de sa vie. Près de quatre mille croquis sont attribués, actuellement, à sa main. La "patte" hugolienne semble avant-gardiste, surréaliste, parfois, imaginative, et narrative. On y distingue le fantastique où la couleur sombre  domine. L'activité fut concrétisée par des cadeaux à son entourage (amical et familial) ce qui expliquerait, en partie, la reconnaissance post mortem de cette production graphique.      

Des techniques:  fusain, lavis à l'encre, gouache, aquarelle, pochoir,  découpe de papiers, tachisme, photo... 
Des outils: pinceaux, doigts, utilisation de la main gauche, ou sans regarder la feuille, stylo... 
Du matériel: marc de café, charbon, encre délavée...  
Des supports: carnets de voyage, affiches... 
Des styles: caricatures, dessins...

Exposition: Il y en eut une en 1888. Celle du XXIe siècle se tient depuis le 10 juin et jusqu'au 21 novembre 2021 à  Paris, à la maison Victor Hugo . 

Tous les renseignements sur la page ci-dessous:  

https://www.maisonsvictorhugo.paris.fr/fr/expositions/victor-hugo-dessins

                                                                                                    

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hérédité de la descendance:  
Jean HUGO:  peintre(1894 -1984) , illustrateur, écrivain, bibliophile, est un  artiste multidisciplinaire    du XXe siècle dont la production au style très personnel a été très tôt remarquée. Durant la 1e guerre mondiale (1914-1918) il croque sur le vif les instants terribles, et le paysage défiguré,  dont il est le témoin. Homme affable et courtois, il a laissé du côté de Lunel  (France- Occitanie) le souvenir d'un artiste  de talent, abordable dans sa simplicité, mais d'un grand maintien. Comme son illustre aïeul, il a utilisé diverses techniques (dont le vitrail)  pour donner corps à son expression artistique. Auteur de décors de théâtre, de nombreux tableaux, il a été souvent  sollicité pour des expositions, ou des participations à divers projets culturels. 
                                                                
 
Jean Hugo parle de son ami Pablo Picasso
 
voir aussi (pour en savoir plus)
 
 Cf : la conférence " Les artistes pendant la guerre (de 1914-1918)" - par Noëlle-Louise Marti  (donnée, en France,  lors des commémorations de 2014 à 2018, dans  divers départements:Vaucluse, Gard, Hérault, B-du- Rhône...). Cette conférence était le 2e volet consacré au thème général. Le 1er volet évoquait " Les enfants pendant la guerre (de 1914-1918)'. 

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lundi 11 octobre 2021

Cinétoile, cinérêve et plus .. Mercadier Marthe, Belmondo Jean-Paul

 

                                                                   

 

Voir la réalité en face ou s'évader en rêvant à d'autres destinées, l'individu ne s'en lasse pas,  car il ne peut se passer ni de l'un, ni de l'autre. Rattrapé par les aléas de l'existence, il a l'obligation de gérer  d'abord  son quotidien (alimentaire, administratif, familial, professionnel...) aussi ennuyeux et problématique qu'il soit. Mais, afin de  maintenir un salutaire équilibre, il doit néanmoins conserver sa part de rêve. Pour cela, l'art, le sport, les voyages peuvent offrir des variantes selon les goûts et le niveau de vie de chacun.  

 Le cinéma, déclaré 7e art, est l'un de ces moyens privilégiés, apportant détente, distraction, stimulant  l'imagination et les émotions. La projection des images, en grand format, et en salle obscure,  sur un écran (la toile), transporte le spectateur  dans un monde particulier. Que l'on y change souvent d'époque,  de pays, d'us et coutumes, de décors, de faits, de personnages, c'est là l'essentiel. Il faut que le spectateur soit "embarqué", en adhérant au scénario proposé. Depuis l'avènement de ce genre de spectacle ( fin XIXe s) l'on a fait la part belle aux comédiens, et comédiennes,  qui incarnent les héros, les héroïnes. L'amalgame a été tel,  que les acteurs et actrices sont devenu(e)s eux-mêmes des idoles déshumanisées. Traqués par la presse, les fans, la course aux succès populaires, on en a perdu parfois  leur dimension  humaine. L'identification, l'engouement (devenant un véritable culte) ont été poussés par certains aficionados jusqu'à la limite de la raison. Et de séances répétitives à outrance, jusqu'aux posters géants envahissant l'espace personnel, on est arrivé jusqu'au modus vivendi. 
Chaque époque ayant ses Dieux, aucun siècle n'y échappe. Alors,  toute disparition d'idole peut être: 
-  soit le sujet de beaux hommages, dignes, vibrants, sincères, rendus au talent et au professionnalisme de l'artiste qui n'est plus.
- soit un débordement peu contrôlable avec l'expression désordonnée de sentiments confus.  
Mais dans la mémoire du public, les performances subsistent,  autant que les  moments privilégiés passés à s'extraire de contrariétés pesantes, ou de chagrins bien éprouvants. Cela,  grâce aux efforts d'hommes et de femmes,  ayant reçu le don de la comédie, ou de la tragédie, porté jusqu'à la perfection par un travail souvent acharné et soutenu. 
 
Quand l'écran blanc devient plus sombre
Les comédiens se mêlent aux ombres
La scène semble triste, nue
Mais le spectacle continue....   (N-L. M. "Vita e Comedia")

 L'élégance au cinéma, au théâtre, comme à la ville, était le mot d'ordre pour cette femme virevoltante, souriante, et populaire. Dotée d'un jeu de scène dynamique, d'une diction déliée, Marthe Mercadier (1928-2021) incarnait chacun de ses personnages, avec fougue, et sincérité. Faisant les beaux jours du théâtre de boulevard, elle en  a rendu célèbres de nombreuses pièces. Le plaisir de jouer  à fleur de peau, la comédienne, en dévoilait toute la palette avec ses prestigieux partenaires : Michel Galabru, Robert Lamoureux, Olivier Lejeune.... pour la plus grande joie du public.
La poule aux œufs d'or :
 
                                                                             
 
Récemment disparu,  l'acteur Jean-Paul Belmondo (1933 - 2021)  a laissé un grand vide dans le milieu artistique (théâtre, cinéma). Celui qui fut également directeur, producteur, savait époustoufler son public  par de spectaculaires cascades, une présence scénique et une personnalité hors normes. Sachant s'attirer la sympathie, il avait pu être proche des gens, au point qu'ils ont eu l'impression de perdre un ami. Que d'aventures, de rêves, de rires, et de scènes émouvantes, les spectateurs auront donc  partagés, grâce à lui,  tout au long d'une importante carrière (cinéma, théâtre),  étalée sur plusieurs décennies.  

A travers quelques extraits de films:
Cyrano de Bergerac : la tirade du duel :
Lors d'1 interview: 
Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand) - Acte V- scène VI -
 "Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose !
Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J’emporte malgré vous, et c'est... mon panache !
"


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vendredi 24 septembre 2021

Le parchemin du pacte..... manuscrits, old papers...

 Se pencher vers, ou sur, le passé n'est pas une action aisée. Parfois, pour certains, cela peut être même désagréable car cela signifie trop souvent revivre des moments douloureux. Histoire personnelle, histoire collective, Histoire tout court: les faits, les actes, les discours ont tous une mémoire: celle des archives. Certes, tout le monde n'a pas pu (ou su) conserver des documents. Un tri naturel s'est opéré au gré des aléas de la vie : déménagements, décès, séparations, et même disputes. Or, des femmes et des hommes ont fait, à partir de ces recherches de "vieilles paperasses" , un métier aussi utile que passionnant. Que serait, en effet, l'Histoire  sans les documents ? Mais,  à y regarder de plus  près, et à l'aide des nouvelles technologies, les investigations deviennent plus précises, plus fiables. Alors, le constat de ce que l'on trouve (ou découvre) pourrait paraître bien décourageant. Que d'erreurs, que d'approximations, que de données erronées, mal interprétées, maladroitement recopiées, transmises tronquées !!      

Les historiens, les archivistes, ont donc encore de beaux jours devant eux, et pour longtemps, tant la tâche de restitution, de rectification est immense. Ainsi relève-t-on à travers  les pages des anciens registres (état civil,  paroissiaux...), et dans maints ouvrages, des portraits de personnages catalogués depuis des siècles par des expressions toutes faites, des traits de caractère outranciers, des citations qui n'ont jamais été prononcées... Etait-ce seulement pour faciliter l'apprentissage des leçons d'histoire, que, du vase de Soissons, au chêne de Louis IX, au panache blanc du vert galant Henri IV, en passant par les cages de  louis XI et les litières des rois fainéants, les élèves ont ressassé des poncifs ?  Une plongée dans les écrits contemporains de ces images fixées dans le temps, permet d'en nuancer l'interprétation...   S'approcher de la vérité est certes, un défi, mais faute d'avoir l'absolue, on peut au moins approcher une version plus conforme au siècle, à l'environnement matériel et psychologique du  personnage.                                                           

Les émissions télévisuelles de vulgarisation, à grand renfort de reconstitutions, d'illustrations, de commentaires éclairés, rectifient progressivement l'image des ouvrages poussiéreux relatant l'Histoire. 
De récentes publications, sous des formes variées, et sérieusement référencés, mettent à la portée du grand public, des épisodes surprenants survenus dans les siècles passés. 
                                                          *                  *                 *
Ainsi l'étonnante histoire des pérégrinations de  l'éléphante Hansken, traversant l'Europe  au XVIIe s.   Une exposition, des publications, narrent un récit inattendu et méconnu de quelques pachydermes,  considérés comme raretés à une époque où l'exotisme devenait un courant de mode. Il n'est pas surprenant de lire que les animaux exhibés, et (mal) menés de ville en ville pendant des années, n'ont pas  une longueur de vie comparable à celle de leurs semblables restés dans leur milieu d'origine. 
Si l'on possède peu d' écrits relatant quelques haltes dans certaines cités, on manque d'indications et de documents sur les détails pratiques  de ces pauses, ou de l'acheminement,  de l'animal d'une ville à l'autre. Des artistes (peintres, dessinateurs), des scientifiques, ont pu néanmoins participer à une meilleure connaissance de l'espèce,  en laissant  à la postérité des croquis, des rapports d'observation. Pour Hansken,  des témoins de ce genre furent Rembrandt, et Nicolas Fabri de Pereysc
Voir le travail de Michiel Roscam Abbing (ouvrages, exposition) 
Pour découvrir un autre ouvrage de Michiel Roscam Abbing, lire sur ce même blog l'article du 29 novembre 2019 / " Plastic blues":
                                                        *               *                   *
Si les documents anciens ont tous leur contexte spécifique, la plupart ont aussi leurs accessoires: lacs de soie ou de coton, sceaux, seings, manicules, marginalia,  inscription en filigrane... 
                                                  

Les paléographes sont régulièrement confrontés à ces suppléments d'information lorsqu'ils étudient et transcrivent les textes étudiés. 
Cf: Association Litoraria / Aimargues (30) France/
travaux de l'atelier de paléographie moderne/Hors série N°1 /
 
Période particulièrement prisée par le grand public, le Moyen-âge attise fantasmes, imagination, et intérêt culturel pour l'Histoire.  Ecrivains et romanciers ne se privent pas de cet attrait pour relater des faits réels ou des récits purement fictifs afin de satisfaire un lectorat très demandeur. La longueur de l'époque (quinze siècles) a largement  de quoi fournir matière à la rédaction : de la  mode vestimentaire, aux souverains successifs, des us et coutumes aux faits de guerre et sociétaux, de l'évolution architecturale aux personnages célèbres qui y ont inscrit leur existence sous forme de légende. 
 
Cf le roman récemment publié aux Editions Edilivre/Aparis ; " Le parchemin du pacte". (N-L. Marti)
                                                

https://www.edilivre.com/le-parchemin-du-pacte-noelle-louise-marti.html/

          
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samedi 18 septembre 2021

Euréka !! Chercheurs et Inventions

Il est fascinant de constater la constance de l'activité de l'esprit humain, en dépit des pires situations et aléas. Si certains  ont beau en masquer l'évidence, on continue néanmoins à créer, à inventer. Des individus ingénieux fourmillent d'idées. La plupart de ces thèses sont utiles à l'humanité, même si quelques-unes sont farfelues. Mais, outre les inquiétants Dr Frankenstein,  presque toutes attestent d'un génie  aussi passionné que passionnant. Certes, l'on a des références moqueuses, et même caricaturales (le professeur Tournesol, Géo Trouvetou./Gyro Gearloose , professeur Nimbus...) mais ces petites égratignures ne sont qu'un hommage détourné aux savants et à leurs trouvailles.

Quelques scènes de  films  comiques:
- Profs (1985): " Le cristal mou " (scène et réplique de Christophe Bourseiller) 
- Le petit baigneur (1968) " Le kayak" https://www.youtube.com/watch?v=aHvZR-8LFlU
- Adrien (1943) : les patins à roulettes à moteur
- Retour vers le futur (1985) personnage de "Doc" Emmett Brown

                                                    

La borne anti-moustiques: Inventée et mise au point par deux jeunes de la région de Camargue (Pierre Bellagambi et Simon Lillamand - Techno Bam), cette invention (nommée Qista) s'est bien exportée,  puisque, outre la France, elle a déjà conquis d'autres  pays.
 
Bugless, la poignée hygiénique anti microbes:  Sébastien Ruiz et 3 de ses camarades (tous les 4 étudiants à la Sorbonne: Ambre Potier, Gil Valadar, Guilherme Lobo)  ont mis au point un utile objet, après avoir observé les utilisateurs des transports en commun. (médaille de bronze au concours Lépine 2018)

Parmi les références les plus célèbres : Les frères Lumière, Léonard de Vinci, P. et M. Curie, Watt, Edison, Bell, Pasteur...                                      

Les expressions populaires: "Ne pas avoir inventé: l'eau chaude, la poudre, le fil à couper le beurre, l'élixir de jeunesse, la foudre, la machine à courber les bananes..." 

Les anonymes:  Œuvrant dans de discrets laboratoires et ateliers, souvent, ils ne savent pas protéger leurs découvertes, oubliant de les déclarer ou de déposer un brevet. Ils sont alors victimes d'escrocs peu scrupuleux, à l'affût de gens crédules et peu méfiants (ayant la tête dans les étoiles,  et réputés pour leur distraction). Cette démarche est aussi valable, hélas,  pour les artistes. 

Le concours international Lépine: Créé, au  début du XXe siècle (1901), par un préfet de police du département de la Seine: Louis Lépine, ce concours  connaît cette année sa 120e édition. Les années passant,  il est désormais ouvert à toutes et tous: femmes, hommes, ados. Le plus jeune lauréat, Clément,  âgé de 13 ans, y a proposé et présenté un robot agrico-viticole. 

Voir aussi : le salon des jeunes inventeurs et créateurs  qui se tient  habituellement en mai 

                                                    

Hélas, l'enthousiasme se heurte souvent à des réalités concrètes moins glorieuses. Le côté "Dr Jekyll et Mr Hyde" n'est pas qu'un sujet de roman ou de film.  L'homme peut être aussi animé par de mauvais penchants. Les dérives  des inventions ne sont donc pas   à prendre à la légère, et bien des victimes en ont payé le prix fort. L'éthique, les droits de l'homme, la déontologie, tentent de règlementer, et de contrôler, la dangerosité de certaines applications. Mais il y a eu,  et il y a,  des périodes, dans l'histoire de l'humanité, où  certains individus  n'ont pas à tirer de fierté de  leurs actes. 
On peut débattre sur l'évolution: son histoire, ses acquis, ses progrès, ses doutes, ses échecs, ses conséquences,  ses risques, son avenir,.. Cependant, l'ensemble des chercheurs et des observateurs s'accordent sur un point: on ne peut la stopper. Il est donc crucial, et important,  d'être attentif aux inventions, aux découvertes, aux performances, à tout ce qui projette le genre humain, bénéfiquement, vers l'avant. 
 
 
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lundi 30 août 2021

Du Studium à l'Université

Instruire, éduquer,enseigner, former les esprits au raisonnement, ne sont pas des préoccupations nouvelles. Depuis l'Antiquité on a cherché à rassembler des groupes d'enfants, d'adolescents, afin de leur inculquer  les savoirs des anciens, de leurs prédécesseurs. L'élite des groupes sociaux, étant avantagée dans cette mise en place éducative, ne laissait guère de chance aux  enfants des parents défavorisés. Au cours des millénaires, certains beaux et bons esprits s'en sont émus, et ont proposé des établissements pour recevoir les élèves méritants, issus de milieux modestes. 

Le Studium de Gigean

Le Studium : C'était, aux temps médiévaux,  une maison d'étude, et de logement, pour étudiants, se destinant à passer des diplômes de théologie. Il ne reste guère, actuellement, d'établissements de cette époque,  en bon état. L'autogestion du studium est parfois sous la responsabilité des maîtres et des étudiants (avec l'assistance d' un recteur et d'un doyen). Le pape étant plutôt considéré comme un tuteur ou un guide (cf Conciles de Latran III et IV). La formule qui résume cette gestion est explicite: " une technocratie au service d'une théocratie".  Le diplôme de doctorat était remis, lors d'une cérémonie solennelle,  par l'évêque ou le chanoine chancelier. 
                                                     

Un homme, né en Gévaudan au XIVe siècle,   est un humaniste  particulièrement actif, et généreux, pour l'établissement de ces divers centres d'étude: le pape Urbain V (Guillaume de Grimoard: 1310-1370). 
Pétrarque dira de lui:
 " Ô grand homme, sans pareil dans notre temps, et dont les pareils, en tous temps , sont trop rares..."
Studia en France/ 
 Gigean, (1350) : Il fut certes remanié, mais il est remarquable, car il est encore visible, et  de bel aspect général. Il témoigne d'un mouvement pédagogique actif, soutenu en particulier par le pape Urbain V. Les jeunes gens (des garçons, uniquement) se préparaient au concours d'Avignon, avant d'intégrer une université pour y suivre un cursus qui les menait souvent, comme tous les établissements de ce genre,  à la prélature d'état (hauts dignitaires ecclésiastiques, diplomates, conseillers du roi...). 
"Regnum et studium".
St Roman (1363) : Ce studium a été créé au XIVe siècle, au sein de l'abbaye rupestre, troglodyte, éponyme.
St Germain de Calberte (1363) :dans ce séminaire ( studium) le pape assure aux étudiants" la nourriture, l'habillement, les livres d'étude,et l'intervention de bons professeurs.." 
Trets (1363-1367): Créé le 13 août 1363, cet établissement a connu une destinée brève mais mouvementée, car peu  après son ouverture, une épidémie  a obligé sa désertion,  et le transfert, en juin 1365, à Manosque,  puis, en 1367,  à Avignon.
A l'époque contemporaine, il existe  un autre exemple de studium  : celui de Notre Dame de Vie (Venasque - Vaucluse) créé en 1930.

Pour en savoir plus : "Le studium du pape Urbain V -Dotations ( 1364-1369) " (in: Mémoires de la société archéologique de Montpellier (1922) par l'abbé M. Chaillan / AD Hérault -PAR 1334-)

L'Université: Son histoire remonte également au moyen-âge.  Certains de ses édifices, qui ont connu, et connaissent encore, une grande célébrité, sont toujours en activité, même si les structures internes, les méthodes, les programmes,  et l'organisation ont changé. L'enseignement y est laïque, pluridisciplinaire ou spécialisé selon les villes. Mais certains codes restent ancrés (vocabulaire spécifique des étudiants)
Rappelant que l'Université de Bologne  a été créée, à la fin du  XI e siècle en Italie,  dès 1088, (l'Université, dans ce pays, était  ouverte aux femmes), une brève  chronologie fait état de celles implantées en France, à partir du XIIe siècle. Comme les corporations autonomes, elles étaient régies par leurs propres règles,  mais placées sous l'autorité papale.
                                                  

1150: Paris
1200: Le roi Philippe Auguste place les Universités sous la tutelle de l'église (et non plus sous celle du monarque) 
1215: L'Université de Paris est reconnue par le Pape Innocent III
1219: (Bulle  Saper speculam - Pape Honorius III)
1220: L'évêque de Maguelone devient le chef de l'école de médecine de Montpellier
1229: Toulouse
1253: Paris ( Institut de théologie : la Sorbonne) 
1289: Montpellier  (par la Bulle Quia sapientia- le Pape Nicolas IV en fait un studium generale )  Rappel : L'école de médecine est mentionnée en cette ville  dès 1137. 
1303: Avignon
1306: Orléans
1331: Cahors
1339: Grenoble
1364: Angers
1365: Orange 
                                                              

Bulle du pape Urbain V  le 28 février 1363-
En ceste bulle le Pape déplore: "...la misère du temps, où toutes choses sont devenues perverties."


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dimanche 22 août 2021

Quand l'espoir fait vivre ...

 I hope, so I'm living...

Lorsque tout sombre autour de soi : les valeurs morales, le simple quotidien, les références culturelles, alors, il ne reste que l'espoir...  Spe en latin, hope, Hoffnung, esperanza.....
L'espoir naît paradoxalement d'une situation désespérée. C'est, en effet, lorsque tout semble perdu que l'on envisage la possibilité d'un espoir: celui de se sortir d'une impasse, d'une difficulté, d'un traquenard, d'une embûche... Tout cela au sens propre comme au sens figuré. Alors interviennent:  le dépassement de soi, le décuplement des forces (morales, physiques, psychiques) et le raisonnement. Aplanir un horizon trop montagneux, faire sauter les verrous des interdits, s'alléger des contraintes oppressantes et anxiogènes, permettent de laisser derrière soi le champ des divers obstacles, afin de voir s'ouvrir une voie dégagée, calme et sereine. C'est la démarche qui permet de continuer sa route, d'avancer encore, et malgré tout.
Depuis l'Antiquité, et ses légendes mythologiques, bien des artistes ont empoigné ce thème pour le décliner, l'exploiter, le décrire, le magnifier, afin d'en extraire maintes sources d'inspiration. 
La mythologie c'est le théâtre du combat des hommes et des Dieux. La destinée inscrite peut-elle être déviée, maîtrisée, évitée? Vaste question, et vastes épisodes qui ont alimenté les exploits des héros! Défier le sort, tenter de maîtriser le cours de son existence et parfois celle de tout un peuple n'est pas un challenge nouveau sous Phoebus.                                                  

La tragédie:  Elle est reposante, car  l'on sait..."qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos." (Jean Anouilh/ Antigone). Le roman s'en nourrit, comme le théâtre,  pour nouer, et dénouer, les intrigues. Les auteurs dramatiques ont le talent qu'il faut pour faire grimper l'intensité jusqu'à la cime de l'attente, laissant le suspense atteindre son paroxysme avant le dénouement fatal final. 
- A écouter : "L'espoir maintenant" (Entretiens avec J-P. Sartre/1980) 
- A lire : "Le mythe de  Sisyphe " (A. Camus /1942)
L'opéra: En version chantée, la passion humaine se dévoile sous toutes ses facettes. Cependant elle est portée par la force suggestive de la musique. On songe à ces montées chromatiques, ou à ces accords graves, pesants, qui soulignent parfaitement un crescendo angoissant.
Carmen ( G. Bizet)   
La forza del destino (G. Verdi)  https://www.youtube.com/watch?v=yTLZSy6vbjo

Les Arts Plastiques: Sujets de représentations diverses,  les héros qui sont aux prises avec un destin contraire, fournissent aux plasticiens l'occasion de démontrer leur talent à dépeindre les affres d'une lutte sempiternelle. Mais il y a l'énergie du désespoir qui se meut alors en espérance vive , source d'action, d'implication, de soif d'avenir. A Palavas-les-flots, un groupe statuaire illustre bien la démarche. Né du souhait d'un maire, le projet a été concrétisé grâce au savoir-faire et à l'expérience artistique  de la sculptrice Nella Bruscot.     

 
 Des expressions: "Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir", " "J'ai mis en vous tous mes espoirs", " On lui a redonné espoir", " Nous avions raison d'espérer", "Vos espoirs ne seront point déçus"...
Cette réaction de survie, de lutte,  malgré et contre tout, est un réflexe humain, animal. Elle permet le dépassement de soi, au prix d'une souffrance quasi insurmontable. Elle connaît parfois, aussi, une fin dramatique.
 Mais que reste-t-il, lorsque l'on a perdu même l'espoir ?
 Dramaturgie de la destinée, la fatalité peut abattre un être,  ou le galvaniser. A lui de savoir faire la part des aléas, et de ce qui a été mis volontairement en travers de son chemin. L'horizon, déjà, paraîtra plus lisible et plus clair, car n'est-il pas important de savoir qui et quoi l'on doit  affronter ? 
L'époque contemporaine fournit, hélas, à trop d'individus,  maintes raisons (matérielles, intellectuelles, sociales, philosophiques...)  de chercher désespérément  des réponses à ce légitime questionnement. 
"La souffrance use l'espoir et la foi." Albert Camus 
 
Et si l'espoir revenait ? ( B. Lavilliers/ J. Cherhal) 

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Aubépine, symbole d'espoir
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mardi 10 août 2021

Momies: le tragique dernier sommeil figé

 Du fond des âges, des corps peuvent parler à l'homme du XXIe siècle. La momification, qu'elle soit naturelle ou rituelle,  permet cet étrange face à face de l'humain avec son passé.   Outre les momies royales égyptiennes, auxquelles on fait généralement référence lorsqu'il est question de ce type de sujet, certains êtres,  plus anonymes, ont" refait surface "après des traitements similaires, volontaires ou non.               
La main de l'homme :
 On peut s'interroger sur les raisons diverses de figer un être dans une posture, pour le faire passer du monde des vivants à celui des Morts. De traditions en rituels, d'actes sacrificiels en nécessités sanitaires, les réponses sont multiples, sans être des évidences absolues. La référence qui vient à l'esprit est sans nul doute l' Egypte,  et ses courantes  pratiques funéraires d'embaumement (tombes royales, celles de hauts dignitaires, et momies animales). Une certaine conception du trépas, de  l'au-delà,  d'une possible renaissance (ou continuité) de l'existence, donnait lieu à des rites, des cérémonies, des traitements particuliers. 
                                                    

 Ötzi / La dépouille mortelle de ce  chasseur a été  découverte dans un glacier alpin, ce qui lui vaut le surnom de "Iceman". Ressemblant à un "transi", le corps décharné, déshydraté a livré quelques pistes de recherches et des réponses sur la cause supposée du décès. Si la thèse du crime est évidente, on reste néanmoins prudent sur les conclusions. De précieux renseignements ont été collectés grâce à l'analyse des restes de  l'équipement qui accompagnaient  encore le corps, saisi dans la masse glacée. 

                                                            

L'homme de Tollund/ C'est au Danemark, dans une tourbière (zone humide faite d'eau, de mousses, et de sphaignes) du côté de Tollund que l'on a découvert un supplicié (vraisemblablement pendu) gisant. Ayant vécu à l'âge du fer, l'homme était âgé d' une trentaine d'années lors de son décès.                                            

L'homme de Grausballe/  L'homme aux cheveux roux reposait en un puits profond dans une tourbière danoise  lorsqu'il fut découvert, des siècles après sa probable  exécution . Portant des traces de blessures on dit qu'il a été sacrifié en période dite "de l'âge du fer" .  

La liste de ces momies comprend aussi bien des adultes que des enfants, des femmes, et des hommes.Pour mémoire, on peut mentionner également, parmi les plus connus : L'homme de Clonycavan, celui de Lindow,  la femme d'Haraldskaer, celle d'Elling, la fille d'Yde, ....


L’œuvre de la nature:
Si l'on ne peut pas vraiment évoquer la conservation par le froid (cryogénisation),  on tient néanmoins compte du  milieu humide (tourbe) ,  sans air (condition d'anaérobie)  favorisant la préservation des tissus (amoindris) et du squelette. Mais la difficulté et le risque sont alors présents lors de la découverte. En effet, la manipulation devient délicate, sous peine d'endommager l'ensemble du corps, et l'exposition  soudaine à  l'air peut engendrer des dégâts irréversibles ( attaque des bactéries).  
Les conditions des derniers instants, des êtres retrouvés dans les tourbières nordiques, sont particulièrement inquiétantes. Nombreux sont celles, et ceux, (de tous âges)  qui semblent avoir subi de mauvais traitements, des blessures, et avoir été victimes de sacrifices (rituels, punitifs.??) On en ignore encore les exactes raison et signification. De même que l'on n'est pas assuré de l'authentique position sociale de l'individu dans la sphère interne de la tribu à laquelle il (ou elle) appartenait.
à lire
 et aussi :
 et aussi :
 Peter Vilhelm Glob:Les hommes des tourbières, Paris, Fayard, coll. « Résurrection du passé »,
 Les caprices des Dieux : 
Afin de s'attirer les bonnes grâces divines, ou pour remercier les Dieux: d'une bonne récolte, d'une victoire sur l'ennemi, d'une transaction commerciale fructueuse,  l'offrande s'est  couramment pratiquée depuis l'époque des premières croyances et dévotions. Le prix du sang, celui de la mort d'une victime expiatoire, était alors le pacte d'espérance de l'exaucement. Les momies des tourbières font replonger l'homme du XXIe siècle dans ce contexte, notamment celui de l'âge du fer, dont les Us et Coutumes sont encore à identifier,  et à mieux comprendre.
 
Ces individus retrouvés enseignent  et renseignent sur des pratiques autorisant une réflexion pluridisciplinaire : eschatologique, ethnologique, et philosophique.  Qu'elle soit volontaire, ou naturelle,   la momification induit une démarche scientifique et sociale.  Si la science se penche avec intérêt sur ces divers cas, c'est que les conditions climatiques évolutives permettent l'accès à de nombreuses découvertes,  autorisant maints comparatifs (époques, activités, alimentation, santé, liens sociaux, conflits, etc...). 
Figés dans leur dernier sommeil, des individus voués à l'abandon, à l'oubli, ont défié les siècles et parfois les millénaires, venant conter le dernier  épisode, souvent sordide, de leur destinée. Il importe, à l'homme contemporain, de décrypter ces résurgences d'un lointain passé, sans oublier qu'à travers chaque dépouille,  un être humain est là.

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- Les murs de l'au-delà:
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