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vendredi 12 septembre 2025

Donner à voir et à entendre ...

 Parmi les manifestations culturelles les plus prisées l'on constate que les expositions et les concerts ont autant de succès que les pièces de théâtre, et les films. Donc "donner à voir et à entendre" vont continuer à entraîner le public dans une belle suite de projets ciblés. De même, les performances d'artistes  permettent de vivre l'art en direct.  
On reproche beaucoup au XXIe siècle ses audaces, ses tentatives, son évolution. Mais peut-on empêcher la marche de l'Art, avec ses inévitables avancées, qui bousculent des codes de classicisme, en voulant innover ? 
Mais paradoxalement, la maintenance de cadres, de références, a toujours été l'assurance d'une indispensable base de formation et de connaissances solides.
Les expositions permettent de faire (re)découvrir au public des réalisations artistiques modernes (créations),  ou anciennes (culture générale, patrimoine). Les longues files d'attente, devant les guichets des musées ou des  lieux réputés, confirment l'intérêt des individus pour les rétrospectives d'artistes célèbres, ou les hommages rendus.                                                                       
Quelques pistes... (liste non exhaustive)
Expos récentes: 
Expos prévues:
                                               

Dans la démarche "donner à voir et à entendre", les conférences ont leur place. Elles sont parfois incluses dans un  thème spécifique, comme les tables rondes, et complètent un accrochage d'oeuvres.
Si l'on a le souci de former le jeune public à la connaissance de l'Art, les musées proposent une palette d'activités  aidant les parents dans cette entreprise. Les visites " en famille" sont prévues et aménagées (cf . le site Web du Musée choisi, pour les renseignements précis)


Free lance Writer 
Culture  Art  Patrimoine 


mercredi 26 janvier 2022

1622-2022 /Molière : maître-mot

 Depuis le XVIIe siècle "l'homme de l'illustre théâtre" fait parler de lui. On attache même à son nom la qualification de  la langue française, dite: "langue de Molière".  La Comédie Française, que l'on appelle communément "le Français", voue un culte particulier aux pièces de Molière, présentes encore régulièrement à son programme. Et cette dévotion va jusqu'à la dénomination de cette institution, fondée en 1680, que l'on qualifie de : "Maison de Molière" . Beau et lourd patrimoine!                           

 Peu  d'archives (des  manuscrits) des documents à interprétations contradictoires, rendent  délicate la rédaction d'une biographie fiable. Quelques portraits et bustes permettent cependant  une certaine approche du physique de l'homme. 
 1622-2022: quatre siècles révolus donnant lieu, en cette année, à des commémorations, à de multiples célébrations.  On croit tout savoir sur le comédien, l'auteur: sa vie, son œuvre..., au point d'en faire polémique, de douter, de dénigrer... même sans s'appuyer sur des documents authentiques. 
Un remarquable travail de synthèse, préfacé par André Chamson,  est à consulter :
                                                      

Jean Baptiste Poquelin, sieur de Molière, fils d'un  tapissier du roi,  et tapissier lui-même (plus en titre qu'en activité ?)  est un fin lettré qui a fait des études de droit. Mais c'est dans la  fonction de tapissier  qu'il accompagna son père, suivant le roi Louis XIII,  lors d'un séjour à Narbonne en 1642.  Dans cette ville, où il  revint en tant que comédien, en 1650,  un acte de baptême atteste qu'il fut parrain de l'enfant, d'une comédienne de la troupe, porté sur les fonts baptismaux.  

 

Le théâtre, les dettes, la prison, l'amitié d'un roi (Louis XIV), la trahison(J-B. Lully)  les tournées, les amours, les rumeurs, l'écriture, la maladie, la gloire posthume....: la vie de Jean-Baptiste connut des hauts et des bas comme bien des existences. Certes,  les deux  brefs passages en prison (été 1665)  ne le furent pas pour des motifs personnels,  mais pour sommes dues non acquittées, concernant les frais de fonctionnement de la troupe de "l'Illustre théâtre".

L'organisation des tournées pose les inévitables problèmes de trésorerie, mais le précieux registre tenu par l'un des célèbres  comédiens de la troupe : Varlet ( dit : La grange), aide à se faire une idée des sommes gagnées lors des représentations. Le fameux séjour itinérant en Languedoc, les représentations à Versailles,  et  dans les hôtels particuliers, celles données dans le cadre des salles des  jeux de Paume, ont-elle généré tant de subsides, susceptibles d'enrichir toute la troupe ?  

La tournée en Languedoc: 

 
Le bourgeois Gentilhomme (musique : J-B. Lully) :
Les pistes de recherches autour de l'auteur ne manquent point. L'on peut ainsi se pencher sur divers éléments de sa biographie et de sa carrière:
- Molière et les femmes de sa vie
- Molière et la condition des femmes (dans son œuvre)
- Molière et le pouvoir politique
- Molière et l'argent
- Molière observateur de son temps ( mœurs, us et coutumes) 
etc...

Sans encenser outrancièrement le personnage, on peut néanmoins rappeler l'importance des écrits, et quelques éléments de sa destinée, afin de rendre hommage au dramaturge, dont on étudie toujours les textes, et dont le nom, comme la production,   sont des références. L' universalité des sujets de chaque pièce évoque les travers d'une humanité dont le comportement reste inchangé au cours  des siècles. Les travers de l'âme humaine, ses mesquineries, ses défauts, son goût de l'argent, du pouvoir, de la puissance, les rapports entre les diverses classes sociales, n'ont de cesse d'alimenter encore les chroniques de presse, les constats des psychologues,  et des sociologues.Ne se cantonnant pas à la comédie, le répertoire des pièces de Molière s'élargit en prenant une certaine  résonance avec le quotidien de ses congénères.  Divertir et faire réfléchir,  pourraient cadrer deux dimensions de l'intense écriture moliérienne. La tâche authentique d'un auteur peut échapper au public. Concernant J-B. Poquelin, est-elle complètement discernable ? Certes, un miroir est tendu aux spectateurs afin qu'ils puissent se voir, et y contempler, sans entrave, ni complaisance, un quotidien paradoxal, car il inclut le divertissement. Molière peut donc être qualifié, à la fois,  de lucide, de rêveur, d'utopiste, de justicier, de pamphlétaire, de provocateur.

(Merci à B. Huguet pour l'aide à la recherche dans les archives des bulletins parus- ci-dessus: extrait d'un  travail de transcription ( l'atelier de paléographie de l'association Litoraria- Aimargues)

Divers documents :  des films, des textes contemporains pour attester l'actualité toujours  "vivante" de l'auteur. aux XXe et XXIe s. 

-"Le roi danse" (film) de Gérard Corbiau- 2000

-"Molière" (film) de Laurent Tirard -2007

- "Molière" (film en 2 parties) d'Ariane Mnouchkine - 1978

-"Molière pour rire et pour pleurer" (feuilleton en 6 épisodes) de Marcel Camus-1973 (avec Jean-Pierre Darras)

-"Molière"  (texte dit par Michel Leeb) 

"Du Bourgeois Gentilhomme à Tartuffe, pour parvenir au Festin de pierre, Molière permet de  rire de nos travers, pleurer de nos malheurs réfléchir sur notre condition ..." N-L. M.

 
 
 
 
Free lance Writer  
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lundi 11 octobre 2021

Cinétoile, cinérêve et plus .. Mercadier Marthe, Belmondo Jean-Paul

 

                                                                   

 

Voir la réalité en face ou s'évader en rêvant à d'autres destinées, l'individu ne s'en lasse pas,  car il ne peut se passer ni de l'un, ni de l'autre. Rattrapé par les aléas de l'existence, il a l'obligation de gérer  d'abord  son quotidien (alimentaire, administratif, familial, professionnel...) aussi ennuyeux et problématique qu'il soit. Mais, afin de  maintenir un salutaire équilibre, il doit néanmoins conserver sa part de rêve. Pour cela, l'art, le sport, les voyages peuvent offrir des variantes selon les goûts et le niveau de vie de chacun.  

 Le cinéma, déclaré 7e art, est l'un de ces moyens privilégiés, apportant détente, distraction, stimulant  l'imagination et les émotions. La projection des images, en grand format, et en salle obscure,  sur un écran (la toile), transporte le spectateur  dans un monde particulier. Que l'on y change souvent d'époque,  de pays, d'us et coutumes, de décors, de faits, de personnages, c'est là l'essentiel. Il faut que le spectateur soit "embarqué", en adhérant au scénario proposé. Depuis l'avènement de ce genre de spectacle ( fin XIXe s) l'on a fait la part belle aux comédiens, et comédiennes,  qui incarnent les héros, les héroïnes. L'amalgame a été tel,  que les acteurs et actrices sont devenu(e)s eux-mêmes des idoles déshumanisées. Traqués par la presse, les fans, la course aux succès populaires, on en a perdu parfois  leur dimension  humaine. L'identification, l'engouement (devenant un véritable culte) ont été poussés par certains aficionados jusqu'à la limite de la raison. Et de séances répétitives à outrance, jusqu'aux posters géants envahissant l'espace personnel, on est arrivé jusqu'au modus vivendi. 
Chaque époque ayant ses Dieux, aucun siècle n'y échappe. Alors,  toute disparition d'idole peut être: 
-  soit le sujet de beaux hommages, dignes, vibrants, sincères, rendus au talent et au professionnalisme de l'artiste qui n'est plus.
- soit un débordement peu contrôlable avec l'expression désordonnée de sentiments confus.  
Mais dans la mémoire du public, les performances subsistent,  autant que les  moments privilégiés passés à s'extraire de contrariétés pesantes, ou de chagrins bien éprouvants. Cela,  grâce aux efforts d'hommes et de femmes,  ayant reçu le don de la comédie, ou de la tragédie, porté jusqu'à la perfection par un travail souvent acharné et soutenu. 
 
Quand l'écran blanc devient plus sombre
Les comédiens se mêlent aux ombres
La scène semble triste, nue
Mais le spectacle continue....   (N-L. M. "Vita e Comedia")

 L'élégance au cinéma, au théâtre, comme à la ville, était le mot d'ordre pour cette femme virevoltante, souriante, et populaire. Dotée d'un jeu de scène dynamique, d'une diction déliée, Marthe Mercadier (1928-2021) incarnait chacun de ses personnages, avec fougue, et sincérité. Faisant les beaux jours du théâtre de boulevard, elle en  a rendu célèbres de nombreuses pièces. Le plaisir de jouer  à fleur de peau, la comédienne, en dévoilait toute la palette avec ses prestigieux partenaires : Michel Galabru, Robert Lamoureux, Olivier Lejeune.... pour la plus grande joie du public.
La poule aux œufs d'or :
 
                                                                             
 
Récemment disparu,  l'acteur Jean-Paul Belmondo (1933 - 2021)  a laissé un grand vide dans le milieu artistique (théâtre, cinéma). Celui qui fut également directeur, producteur, savait époustoufler son public  par de spectaculaires cascades, une présence scénique et une personnalité hors normes. Sachant s'attirer la sympathie, il avait pu être proche des gens, au point qu'ils ont eu l'impression de perdre un ami. Que d'aventures, de rêves, de rires, et de scènes émouvantes, les spectateurs auront donc  partagés, grâce à lui,  tout au long d'une importante carrière (cinéma, théâtre),  étalée sur plusieurs décennies.  

A travers quelques extraits de films:
Cyrano de Bergerac : la tirade du duel :
Lors d'1 interview: 
Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand) - Acte V- scène VI -
 "Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose !
Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J’emporte malgré vous, et c'est... mon panache !
"


Free lance Writer 
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mardi 1 septembre 2020

Quand la Culture n'est plus culte ...

L'année 2020 n'a pas masqué son désappointement face aux restrictions des pratiques culturelles publiques. Conditions sanitaires exceptionnelles obligent, les individus  se sont croisés à distance, avec méfiance, défiance, suspicion, et mal être. Toute tentative de spectacle en concert, de visites en groupe ont été déconseillées , annulées, prohibées. 
En dépit de ce passage "à vide", certains (organisateurs, associations...) ont fait preuve d’ingéniosité, d'adaptation, déployant des trésors de volonté, de détermination  afin de maintenir un lien culturel, artistique. Car le devenir des professionnels, des festivals, de la fréquentation et fidélisation du public, est en berne, et même en danger. Pourtant,  il y a tant de la vie de chacune, chacun,  dans ces diverses expressions artistiques ...!
Gilbert Bécaud :" Le rideau rouge" 
Charles Aznavour : " Les comédiens" 
 Léonard Bernstein : "Rhapsody in blue" (de G. Gershwin)
Christophe Maé:" La vie d'artiste" 
Les stars de la chanson ont publié régulièrement des vidéos pour rester en contact avec leurs fans. On a multiplié les lectures virtuelles, les documentaires,les rediffusions de concerts, les enregistrements de spectacles sans spectateurs. Les artistes du dimanche ont exposé leur production  sur le web. 
Les musées ont proposé des jeux par ordinateurs, des lectures de tableaux, des séquences "ateliers à la maison", des vidéoconférences. 
Il faut donc saluer toutes les initiatives multiples qui ont permis à l'art de persister,  en dépit de conditions aussi  déplorables que démoralisantes. 

 








Et vient "l'après":  le redémarrage lent, les précautions persistantes, l'envie de se distraire, de pratiquer une activité artistique, le retour progressif (et sous conditions) vers des lieux de spectacles, tout cela constitue effectivement un "après" positif, mais qui comporte les stigmates des manques, les blessures des difficultés matérielles, de l'absence, des projets stoppés dans leur élan, et des interrogations sur une éventuelle suite de parcours.  
Non, la Culture n'est plus culte. Cependant, elle veut, et va, survivre. Ce sera donc au prix de grands efforts solidaires, de volontés bilatérales,  et d'une réelle  entente entre état, artistes, et spectateurs. 
Ne pas sous-estimer le rôle de la Culture c'est en reconnaître l'indispensable existence. 
Les chemins vers:  les musées, les cinémas, les théâtres,  les salles de concert, de conférences, d'expositions, et  les salons (dont celui du livre) ne sont pas des voies faciles, mais cela existe, a fait ses preuves,  et devrait avoir un avenir. 
"Panem et circenses" ( Juvénal- Satire X) : une formule qui fait toujours débat 

Free Lance Writer
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lundi 24 septembre 2018

Jean Piat : de Cyrano à Robert d'Artois

Camper un personnage d'envergure n'est pas donné à n'importe quel comédien. Jean Piat vient de quitter la scène en ce jour de septembre 2018. Il fut homme de bien, d'élégance, de talent, de courtoisie.. Evoquer sa carrière c'est rendre hommage au théâtre (classique et contemporain) . Du Cyrano à la verve brillante (1964) , au bouillant  Robert III d'Artois vêtu d'écarlate, Jean Piat a endossé avec panache des rôles mémorables.Homme de théâtre plus que de cinéma, le public a pu l'applaudir dans maintes salles. Des planches à la mise en scène,de la Comédie Française au théâtre de boulevard, des studios de télévision, à ceux du cinéma, Jean Piat a laissé le souvenir d'un homme élégant, humain, chaleureux, ayant le sens de l'humour et celui des réalités (sur son métier, sur la Culture, sur les conditions de travail des gens de théâtre...). Les collègues à qui il a donné la réplique (ou qui la  lui ont donnée) saluent le partenaire professionnel, cultivé, fiable.  


Jusqu'à sa huitième décennie on a vanté son charme, son charisme, sa séduction, son jeu scénique, sa présence scénique,  sa grande forme physique (il disait qu'il pratiquait la natation au moins 3 fois /semaine). On a également souvent évoqué sa diction parfaite et son timbre de voix (que l'on sait puissant et légendaire) particulièrement reconnaissable, aussi bien dans le répertoire classique que dans les créations contemporaines. Notamment dans  les pièces écrites par sa compagne Françoise Dorin.
Jean Piat a prêté sa voix au doublage de personnages de nombreuses productions ( "Le Roi Lion" , "Le seigneur des anneaux", "Lawrence d'Arabie"...)   
 En 2016, il avait accordé une interview à la journaliste Fabienne Pascaud/ Jean Piat y évoque son enfance, sa vie, son parcours, son amour de la scène, du public...
https://www.youtube.com/watch?v=Elhg0RhrdaM 
  Jean Piat dit une fable de La Fontaine : "Les animaux malades de la peste " (lors d'une interview en 1980)
https://www.youtube.com/watch?v=nx2al_aJBqM 
Le (re) voir et l'entendre dans : "Cyrano de Bergerac", "Les Rois maudits" , 'Ruy Blas",  "Lagardère" ....
https://www.youtube.com/watch?v=yOENZJ4LZUY

 « Il ne faut pas être amoureux du théâtre, il faut l’adorer. Ce n’est pas un métier, le théâtre, c’est une passion! » (Le Comédien. Sacha Guitry / 1885-1957)

Free lance Writer
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