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vendredi 1 août 2025

Les études comparatives en littérature et en Art

  Les sujets célèbres ont souvent inspiré les auteurs, à travers les siècles. Or, il est fort intéressant de se plonger dans ces textes afin de se livrer à des études comparatives. Ceci afin de s'informer sur les diverses  façons de traiter  un sujet, et d'en  analyser les variations. 

Quelques exemples peuvent donner une idée du procédé. La liste n'est donnée qu'à titre de suggestion. 

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Rappel : Tous les thèmes évoqués dans ce blog, sont traités volontairement de manière générale. Au lecteur d'en tirer parti ( ou non) en approfondissant lui-même le sujet qui lui convient. A lui aussi de suivre les pistes et suggestions, ou non. 
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ANTIGONESophocle (495-406) - Σοφοκλῆς 
                       Jean Anouilh (1910-1987) "Antigone" (1942)
                                                       

Jehanne d'ARCCharles Péguy : (1873-1914) " Le mystère de la Charité de J. d'Arc" (paru en 1910)
                              G. Bernard Shaw : (1856-1950) "Sainte Jeanne" (1940) théâtre
                              F. von Schiller : (1759 - 1805 ) " Die Jungfrau von Orleans " , "La pucelle d'Orléans" (1801) 

IPHIGENIEEuripide ( 480-406) - Εὐριπίδης 
                         Jean Racine (1639-1699) théâtre 
                         Wolfgang. Goethe (1749 - 1832) Iphigenie in Tauris
                               

DON JUAN : (ou Dom Juan/ le festin de pierre) création de l'histoire par des écrivains espagnols et italiens . Reprises postérieures :
                         Molière  (1622 -1673) : théâtre
                         W. A. Mozart (1756 - 1791) : Opéra Don Giovanni (1787)
                                    Don Juan 1973 film avec Brigitte Bardot 

Chaque thème est décliné au fil de l'inspiration de l'auteur ou du compositeur : théâtre, opéra, poésie...
Il est alors intéressant d'analyser comment le sujet est traité à chaque époque. La reprise postérieure, quelques siècles plus tard , ne manque pas de questionnements :
- L'époque influe-t-elle sur le thème ? ( si oui, comment, pourquoi ?) 
- L'évolution de l'étude du personnage tient-elle à la personnalité de l'auteur ? 
- La trajectoire de vie du personnage reste-t-elle identique, même s'il y a adaptation ? 
- l'accueil du public évolue-t-il au cours des siècles ? 
- A chaque auteur son interprétation ou sa réinterprétation  ? ( fidélité au sujet ? ) 
- S'approprie-t-on un sujet par la mise en scène, le choix des costumes, la réalisation ?
etc ............ 

Sans se limiter à la seule création littéraire, on peut envisager d'étendre l'étude comparative aux figurations dans la musique, dans les divers arts plastiques.  
Exemple : la statuaire de Jehanne d'Arc (postures, représentations physiques, contexte....) 


  
Free lance Writer 
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dimanche 26 février 2023

Diktats ..et libre arbitre

En ce siècle,  perturbant et perturbé,  savoir se  comporter  nécessite souvent l'intervention d'un coach.  Que faire, que dire,  dans telle ou telle circonstance devient, pour certains, une épreuve que l'on ne peut  surmonter qu'avec l'aide d'un professionnel ou d'un tiers. 
Au quotidien, la pratique de la conversation, le choix d'un style vestimentaire, ne relèvent plus de l'affirmation d'une personnalité, ou d'un goût personnel. L'art a emboîté  le pas avec des créations sans vraie recherche. Des extraits sont présentés, en amalgame,  au lieu d'une œuvre entière, par manque:
- d'attention soutenue
- de patience
- de références solides
Dans maints secteurs commerciaux ou administratifs, les critères de recrutement ne  reflétant pas une exigence absolue, il n'est guère étonnant de ne pas obtenir la qualité et l'efficacité des services légitimement  attendus par l'usager. Tout parcours est donc rendu difficile, complexe, obligeant souvent au renoncement, ou à l'acceptation imposée, non consentie,  de solution de pis-aller.
 Diktats
- Ceux  de la mode: le look, la ligne, le langage,...
Si l'on ne se conforme pas un style particulier, si l'on n'adopte pas une forme langagière d'usage contemporain,  l'on risque fort de ne pas être connecté à son époque. 
L'emploi outrancier :
- des guillemets gestuels
-  de :  sur, en précédant le nom d'une ville
- de: trop  à la place de très 
- de: à,  à la place de: de (La bague à Jules !!! ) 
etc. etc. 
et tous les tics de vocabulaire, de prononciation, de ton,   tendent, dans la conversation, à vouloir accentuer certaines périphrases, tout en masquant de regrettables lacunes culturelles.  On retrouve  ces façons de s'exprimer jusque dans la littérature, et la presse écrite. (Les titres à jeu de mots approximatifs, les affichages publicitaires incluant des fautes d'orthographe ou de syntaxe ...). On tente maladroitement de faire passer cela, et pour les raisons évoquées ci-dessus,  pour de l'humour au second degré. On évoque également  une nécessaire évolution du langage. Si, dans certains cas,  c'est un enrichissement, on ne peut qu'agréer. Or, si c'est un dévoiement, ou une plate facilité de confort, quel en est l'intérêt ?   L'entrée de Molière au Panthéon fait débat. Mais par l'emploi de l'expression "la langue de Molière" pour désigner le français, l'on prouve que l'écrivain est depuis longtemps  entré au Panthéon de l'Académie française, comme il le fit  à celui de la Comédie française.
A-t-on encore aujourd'hui, le droit, et la possibilité,  de s'exprimer simplement,  mais correctement, et d'être compris  ?                                                                        
- Diktats  de la technique: Les outils  du quotidien (téléphone, ordinateur...) sont devenus quasi indispensables, incontournables, et même obligatoires (pour certains  formulaires administratifs) . Entre: les mises à jour, les pop up, les démarches commerciales, les fausses informations, le non respect du droit à l'image, le consommateur est oppressé, stressé, harcelé. La moindre utilisation de ses appareils de communication est traquée, relayée, suivie, commentée, infestée. 
                                           
Choisir à votre place, imposer (parfois avec menaces) l'usage de tel ou tel outil, service, produit, semble être devenu la norme légale. Le refus de céder à de telles pratiques intrusives commerciales, ou autres, est-il impossible, utopique ? 
Supplanter, détourner, capter, s'attribuer la création d'autrui, usurper, interpréter,  sont des actions répandues par certains en manque de créativité, et de capacité,  au détriment d'authentiques  créateurs, et réels auteurs. Quelles sont alors, pour le quidam, le citoyen, le consommateur, l'artiste, les définitions des limites des diktats et celles du libre arbitre ?


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mercredi 26 janvier 2022

1622-2022 /Molière : maître-mot

 Depuis le XVIIe siècle "l'homme de l'illustre théâtre" fait parler de lui. On attache même à son nom la qualification de  la langue française, dite: "langue de Molière".  La Comédie Française, que l'on appelle communément "le Français", voue un culte particulier aux pièces de Molière, présentes encore régulièrement à son programme. Et cette dévotion va jusqu'à la dénomination de cette institution, fondée en 1680, que l'on qualifie de : "Maison de Molière" . Beau et lourd patrimoine!                           

 Peu  d'archives (des  manuscrits) des documents à interprétations contradictoires, rendent  délicate la rédaction d'une biographie fiable. Quelques portraits et bustes permettent cependant  une certaine approche du physique de l'homme. 
 1622-2022: quatre siècles révolus donnant lieu, en cette année, à des commémorations, à de multiples célébrations.  On croit tout savoir sur le comédien, l'auteur: sa vie, son œuvre..., au point d'en faire polémique, de douter, de dénigrer... même sans s'appuyer sur des documents authentiques. 
Un remarquable travail de synthèse, préfacé par André Chamson,  est à consulter :
                                                      

Jean Baptiste Poquelin, sieur de Molière, fils d'un  tapissier du roi,  et tapissier lui-même (plus en titre qu'en activité ?)  est un fin lettré qui a fait des études de droit. Mais c'est dans la  fonction de tapissier  qu'il accompagna son père, suivant le roi Louis XIII,  lors d'un séjour à Narbonne en 1642.  Dans cette ville, où il  revint en tant que comédien, en 1650,  un acte de baptême atteste qu'il fut parrain de l'enfant, d'une comédienne de la troupe, porté sur les fonts baptismaux.  

 

Le théâtre, les dettes, la prison, l'amitié d'un roi (Louis XIV), la trahison(J-B. Lully)  les tournées, les amours, les rumeurs, l'écriture, la maladie, la gloire posthume....: la vie de Jean-Baptiste connut des hauts et des bas comme bien des existences. Certes,  les deux  brefs passages en prison (été 1665)  ne le furent pas pour des motifs personnels,  mais pour sommes dues non acquittées, concernant les frais de fonctionnement de la troupe de "l'Illustre théâtre".

L'organisation des tournées pose les inévitables problèmes de trésorerie, mais le précieux registre tenu par l'un des célèbres  comédiens de la troupe : Varlet ( dit : La grange), aide à se faire une idée des sommes gagnées lors des représentations. Le fameux séjour itinérant en Languedoc, les représentations à Versailles,  et  dans les hôtels particuliers, celles données dans le cadre des salles des  jeux de Paume, ont-elle généré tant de subsides, susceptibles d'enrichir toute la troupe ?  

La tournée en Languedoc: 

 
Le bourgeois Gentilhomme (musique : J-B. Lully) :
Les pistes de recherches autour de l'auteur ne manquent point. L'on peut ainsi se pencher sur divers éléments de sa biographie et de sa carrière:
- Molière et les femmes de sa vie
- Molière et la condition des femmes (dans son œuvre)
- Molière et le pouvoir politique
- Molière et l'argent
- Molière observateur de son temps ( mœurs, us et coutumes) 
etc...

Sans encenser outrancièrement le personnage, on peut néanmoins rappeler l'importance des écrits, et quelques éléments de sa destinée, afin de rendre hommage au dramaturge, dont on étudie toujours les textes, et dont le nom, comme la production,   sont des références. L' universalité des sujets de chaque pièce évoque les travers d'une humanité dont le comportement reste inchangé au cours  des siècles. Les travers de l'âme humaine, ses mesquineries, ses défauts, son goût de l'argent, du pouvoir, de la puissance, les rapports entre les diverses classes sociales, n'ont de cesse d'alimenter encore les chroniques de presse, les constats des psychologues,  et des sociologues.Ne se cantonnant pas à la comédie, le répertoire des pièces de Molière s'élargit en prenant une certaine  résonance avec le quotidien de ses congénères.  Divertir et faire réfléchir,  pourraient cadrer deux dimensions de l'intense écriture moliérienne. La tâche authentique d'un auteur peut échapper au public. Concernant J-B. Poquelin, est-elle complètement discernable ? Certes, un miroir est tendu aux spectateurs afin qu'ils puissent se voir, et y contempler, sans entrave, ni complaisance, un quotidien paradoxal, car il inclut le divertissement. Molière peut donc être qualifié, à la fois,  de lucide, de rêveur, d'utopiste, de justicier, de pamphlétaire, de provocateur.

(Merci à B. Huguet pour l'aide à la recherche dans les archives des bulletins parus- ci-dessus: extrait d'un  travail de transcription ( l'atelier de paléographie de l'association Litoraria- Aimargues)

Divers documents :  des films, des textes contemporains pour attester l'actualité toujours  "vivante" de l'auteur. aux XXe et XXIe s. 

-"Le roi danse" (film) de Gérard Corbiau- 2000

-"Molière" (film) de Laurent Tirard -2007

- "Molière" (film en 2 parties) d'Ariane Mnouchkine - 1978

-"Molière pour rire et pour pleurer" (feuilleton en 6 épisodes) de Marcel Camus-1973 (avec Jean-Pierre Darras)

-"Molière"  (texte dit par Michel Leeb) 

"Du Bourgeois Gentilhomme à Tartuffe, pour parvenir au Festin de pierre, Molière permet de  rire de nos travers, pleurer de nos malheurs réfléchir sur notre condition ..." N-L. M.

 
 
 
 
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samedi 16 mars 2013

Au coeur du printemps : la poésie.

Deux semaines,  entre la fin d'un rude hiver et le début d'un printemps que l'on souhaite clément, pour célébrer la poésie et la langue française . Deux manifestations à la gloire des mots, du bien dire, du bien écrire, du bien lire..
-du 9 au 24 mars 2013 : "Les voix du poème" est le thème de cette 15e édition du ¨Printemps des poètes
dont Denis Lavant est le parrain.
- du 16 au 24 mars 2013: 18e Semaine de la langue française et de la francophonie 
"Dis-moi dix mots semés au loin" (thème de cette session 2013)
De quoi être à l'affût des diverses manifestations nationales, départementales et internationales (puisque le français se parle et s'écrit ailleurs que dans l'hexagone) : émissions TV, radio,débats, lectures, expos, presse, enseignement, bibliothèques municipales, ...les participations sont à tous les étages, à tous les âges., .et sous toutes formes d'interventions. Des poètes et des écrivains vont ainsi à la rencontre de leur public, que ce soit pour des retrouvailles, ou de réelles découvertes. Il ne faut pas hésiter à se renseigner auprès des municipalités et des services concernés dans chaque commune, ou sur le net.
Des objectifs qui sont similaires et complémentaires : donner de la voix pour s'exprimer et pour dire, prendre la plume pour les mêmes raisons :  voilà bien de quoi réveiller les consciences, s'étonner, s'insurger,  mais aussi se laisser séduire par la beauté du Verbe, l'heureuse alliance des expressions, les descriptions romantiques, ou le langage innovant d'un XXIe siècle résolument asservi par la technique.  Chansons, poèmes, articles, prose ou versification, chacun a la possibilité de trouver sa voi(x)e  pour se faire entendre. Le genre pourrait sembler désuet, ou tellement galvaudé, que le succès grandissant de la manifestation, depuis plus d'une décennie, pourrait interpeller le quidam. Or, quittant les salons feutrés ou les milieux quelque peu hermétiques d'initiés, la rime est descendue dans la rue, jusque dans les faubourgs, (depuis1986 grâce à l'américain  Mark Kelly Smith) pour mieux "slamer" et "rapper "à son aise. Nouveaux codes, nouveaux styles d'écriture (freestyles) , où l'oralité prime, car ces textes sont rédigés avant tout pour être plus parlés et dits,  que simplement lus sur le support papier. On associe souvent à ces 2 modes d'expression populaire(slam et rap) le R'n'b' et le Hip Hop, respectivement : musique,  et gestuelle acrobatico-chorégraphique. L'ensemble donnant un courant complet de modus vivendi expressif.(voir sur le web de nombreux sites, très documentés,  consacrés au Slam et au Rap).
M.K.Smith
Se mesurer aux grands classiques, même si l'on n'aime pas lire, même si l'on croit ne pas aimer la poésie académique et consensuelle,  est toujours possible, en écoutant les  enregistrements (illustrés ou non  d'images ou de musique) qui sont accessibles en ligne, sur Youtube , pour une audition aisée et agréable. : "La mort du Loup" (A. de Vigny), "Liberté" (poème de P. Eluard , dit par Gérard Philipe), mais aussi des textes de Lamartine, de V. Hugo, de Musset, d'Apollinaire...
Un texte est d'autant plus mis en valeur,  et prend tout son sens, porté par une voix aux intonations modulées, à la diction intelligible. On sait que certains écrits perdent une partie de leur poids à la simple lecture visuelle. "Dire" et" lire" (réciter, déclamer, murmurer...)  n'apportent pas le même plaisir, ni une même compréhension..
Pour se changer les idées, se mettre de charmantes images en tête, ou évoquer des souvenirs d'écolier..  relire  les poèmes des grands écrivains du XIXe et du XXe s :  F. Jammes, P. Fort,  , L. Aragon, M. Desbordes-Valmore, Th. de Banville ...
photo: NL.M.



    "Je dirai le soleil en sa crue beauté

      L'incandescente nue à l'aurore naissante

      Du couchant  écarlate les lueurs éclatées

     Pour mieux te les offrir en corbeille étonnante.."
           (N-L.M. " Présents")                                                                                                       

                                                          & &  &  &   &   &   &   &   &
La Francophonie , mot employé dès 1880 par le géographe protestant Onésime Reclus, compte actuellement  environ 250 millions de locuteurs, et regroupe les pays du monde où l'on s'exprime en français,  en faisant toutefois le distinguo  entre langue maternelle, langue officielle, ou langue de Culture. La langue française,  c'est l'Histoire qui en permet le constat, fut longtemps représentative et synonyme  de Culture, d'éducation. Parlée dans les cours européennes, et par les milieux intellectuels, elle était le vecteur des débats littéraires, philosophiques, notamment au siècle des lumières.
La Francophonie est un grand vivier d'associations, d'organisations, à buts pédagogiques, culturels, économiques. (voir le site éponyme sur Wikipédia). C'est Nice , qui en cet automne 2013 sera la ville d'accueil pour les 7e Jeux de la Francophonie du 6 au 15 septembre .

 
Molière (J.B. Poquelin -1622-1673)
" Le Bourgeois Gentilhomme"   (Acte II, scène VI- extrait-)
Le  Maître  de  philosophie

Par la raison, monsieur, qu’il n’y a, pour s’exprimer, que la prose ou les vers.

Monsieur Jourdain

Il n’y a que la prose ou les vers ?

Le  Maître  de  philosophie

Non, monsieur. Tout ce qui n’est point prose est vers, et tout ce qui n’est point vers est prose.


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