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dimanche 20 août 2023

Gregory Watin : du relief dans l'expression

  

La cité labellisée (Architecture du XXe siècle) ne se lasse pas des créations des artistes contemporains . Toujours fidèle à sa démarche, et à son identité, la ville Languedocienne multiplie avec succès  les invitations d'artistes actuels. En cet été 2023, La Grande Motte s'est donc immergée dans les productions remarquables de Grégory Watin.              


Un graphisme résolument expressif, des références au milieu urbain, des formes entrelacées, un discours à travers les lignes...: le monde de l'artiste ne laisse pas indifférent. C'est un appel au visiteur. On est à la fois convié et interpellé par la représentation et la présentation.  Les œuvres sont en arrière- plan tandis que sur la surface du tableau une grand plaque de plexiglas est maintenue à quelques centimètres par de longues vis . Effet de relief garanti. Mais le miroir n'en est pas un, c'est un support expressif qui donne un complément de sens à la toile initiale: un monde dans un monde pour une lecture plus dense, plus riche. Happé par la figuration, le spectateur est projeté dans une œuvre en abîme. 

                                                         


 City life, immersions urbaines annonce la déambulation dès son titre. La ville:  son esprit, son ambiance, ses bruits caractéristiques, son mouvement quasi perpétuel qui donne un quotidien actif, parfois désabusé, mais toujours en adéquation avec son temps, voilà la vraie toile de fond de l'ensemble de la  production. Si le foisonnement transparaît dans les œuvres de l'artiste c'est volontaire, afin de traduire l'action même dans un support inerte. Le peintre donne à voir et à ressentir . 

                                            


photos et montages: N-L. M. (8-2023) ©


Free-lance Writer
Culture Art  Patrimoine 






lundi 28 mars 2022

Invitation aux voyages

                                                               
Le port de la Grande Motte - N-L.M. (2022)   
 "Viens, je t'emmène " 
(Interprète: Christophe Willem/ chanson de Michel Berger)
S'autoriser à s'évader d'un environnement anxiogène, restreint, peut apparaître comme une nécessité vitale. Certes, le mouvement est suggéré, le déplacement faisant partie du départ en voyage. Mais  on le sait pertinemment le voyage immobile existe aussi. 
Charles Baudelaire: "L'invitation au voyage" (1857)
La cité  aux blanches pyramides (LGM: La Grande Motte) joue sur le compromis pour inviter le promeneur à voyager à travers le rêve, l'imagination, par  la visite, la découverte,  de deux pôles d'exception, à la présence cependant éphémère dans la ville ...                                                                            
Jacques Ibert: "Escales" (1922)
 https://www.youtube.com/watch?v=rm-bzCQRauw
Nefs et vieux gréements ont toujours suscité cette attraction  particulière du départ, de l'aventure, en fouettant l'imaginaire, et en faisant émerger les références littéraires des romans lus,  de l'Histoire apprise, ou des films vus.
Le Morgenster (battant pavillon des Pays-Bas) est donc à quai, entre fin mars et début avril 2022,  dans le  port de la  célèbre station  héraultaise. Ce brick, du début du XXe siècle (lancé en 1919), particulièrement impressionnant par ses dimensions (plus de 33 m de longueur de coque), possède autant de caractère que d'élégance. Les visiteurs affluent pour l'admirer, monter à son bord, prendre des clichés, ouvrir des yeux émerveillés lorsque toute la voilure (600 m2) se déploie, et que la ribambelle de fanions multicolores claque au vent printanier qui l'agite. Or, La Grande Motte est une simple halte pour ce beau voilier ("Etoile du matin"), qui sera à Sète du 12 au 18 avril 2022 pour la manifestation toujours aussi attendue: " Escale à Sète" . Ces fêtes maritimes, très prisées du public, connaissent une affluence croissante d'année en année.
Emotion, admiration que l'on retrouve non loin de là, à l'Espace Michèle Goalard (rez-de-chaussée de la Capitainerie), le temps d'une exposition. Riche de talents et de créativité, cette initiative rassemble six artistes adhérentes d'une  récente association:"Art & See" (présidente: Claudie Bastide) L'éclectisme des
expressions donne le ton de l'ensemble. Des univers se côtoient, s'interpellent, tout en mettant en exergue le talent de chaque exposante. Les techniques utilisées, avec précision, inventivité et expérience (peinture, sculpture, inclusions diverses, délavé, pastel, encres, collages, photo...) permettent d'apprécier un ensemble d'une exigence de qualité et de cohérence dans la diversité: du figuratif classique à l'art contemporain, en passant par le surréalisme.   
Sans être antagoniste ni paradoxale, la présentation  d'univers juxtaposés favorise une déambulation agréable.
Ainsi,  le rêve est au rendez-vous, si  l'on se laisse happer par les couleurs, les formes, la symbolique. Les personnages, les formes, les animaux, esquissés, suggérés,   entraînent le spectateur dans des environnements particuliers. Car le voyage se veut tout à la fois : dépaysement, abstraction, parfois fantomatique, parfois à la limite de l'irréel. Comme une pause, une respiration apaisante hors du temps, les cimaises sont porteuses de messages et d'invitations multiples.

Free lance Writer 
Culture  Art  Patrimoine


samedi 12 juin 2021

Expo en duo à LGM

 LGM c'est le logo de La Grande Motte : un raccourci qui en dit long sur la cité devenue emblématique du littoral languedocien. Authentique phare architectural, la ville, telle ses consœurs nationales , internationales et mondiales, sort de la crise sanitaire à petites bouffées de libertés progressivement retrouvées. Culturellement, comme partout ailleurs,  l'envie  est proportionnelle au manque enduré. L'espace Michèle Goalard, sis  au rez-de-chaussée de la Capitainerie, accueillait en ce début juin 2021 une exposition bicéphale.. . Deux artistes, le père et le fils, proposaient, en effet, leurs œuvres respectives pour une manifestation de qualité.

 Art verrier et street art,  à l'honneur, ont recueilli maints suffrages. Les visiteurs se sont pressés, en nombre, pour admirer les diverses pièces exposées, et dialoguer avec les artistes. Certes, le quidam  se focalise sur l'aspect, le premier ressenti visuel (forme/ couleur), avant d'aborder l'émotion de l'auteur, ses motivations, sa source d'inspiration. Ensuite, vient l'intérêt pour la (ou les) technique (s) employée (s). Le travail du verre est particulièrement instructif. Les diverses étapes sont d'un maniement délicat, non garanti, nécessitant un apprentissage précis, et une certaine minutie, soutenue par une maîtrise absolue de la cuisson. On mesure la dextérité et le savoir-faire du verrier (thermoformage, fusing) lorsque l'on admire les multiples déclinaisons de son art à travers la mise en espace proposée, dans cette exposition au titre explicite: Amadéo et Oups - de père en fils
 
                                        

 L'artisanat devient Art, tout court, lorsque la créativité n'est pas une production à la chaîne, mais donne lieu à des œuvres uniques. L'homme devient alors  Maître. Entre ses mains expertes, le verre est sculpté, il prend forme. Parfaitement adaptée à l'Art contemporain, la matière, domptée, peut  révéler ses coloris, ou sa transparente beauté.  Formes classiques ou libres, art concret ou abstrait, formats modestes ou monumentaux, les déclinaisons s'adaptent à l'inspiration du créateur.  
Oups:     Jérémy  Garcia  genre street Art, réalisateur de fresques, d’œuvres diverses à partir de matériaux hétéroclites.

 
 
A lire sur ce même blog:
- Couleur et transparence: le verre  ( article d'octobre 2019)
 - Vitraux en lumière (article du 10 février 2012):
 
 
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