jeudi 25 juillet 2013

André le Nôtre : l'art au jardin ...


Si le jardin est devenu un espace artistique c'est bien grâce  au talent d'André Le Nôtre . Véritable créateur révélateur d'une pratique horticole d'origine italienne, et de l'agencement des parcs, l'architecte du roi Louis XIV a su  donner ses lettres de noblesse au jardin,  que, depuis lors,  l'on nomme "Jardin à la française" .
Villandry
L'année 2013, riche en célébrations en tous domaines, a fêté, au mois de mars,  le 400e anniversaire de la naissance d'André Le Nôtre.(1613-1700). Le Maître de la mise en scène de l'art topiaire était très estimé par Louis le Grand. On dit même qu'il était le seul à l'embrasser pour le saluer. Les chroniqueurs de son temps ne manquèrent point de le citer dans leurs écrits. L'épistolière marquise, Mme de Sévigné, en fait mention dans l'une de ses missives, et lui passa commande pour  l'agencement du parc de son château des Rochers-Sévigné en 1689. St Simon, autre célèbre et redouté rédacteur, fit l'éloge funèbre de Le Nôtre.
La biographie du renommé jardinier de Versailles est jalonnée d'honneurs, de reconnaissances, mais surtout de travail intense, et d'innovations techniques. Issu d'une famille déjà dévouée au métier ( le gd-père, le père étaient eux-mêmes jardiniers) , Le Nôtre est nommé à son poste, en 1637, par le roi Louis XIII pour le jardin des Tuileries à Paris.
Versailles
Devenu, en 1656, contrôleur général des Bâtiments de sa majesté,: jardins, arts et manufactures de France, il a été distingué de l'ordre de St Michel. Ayant pour mot d'ordre : la nature, l'eau, le jardin, André le Nôtre s'est vu confier la mise en espace de nombreux parcs  de châteaux prestigieux: Vaux-le-Vicomte, Villandry, Castries, ... C'est donc naturellement à lui que le jeune roi Louis XIV fit appel afin d' aménager les jardins du grand palais de Versailles. Là, technique, expérience, innovation, patience, lourds travaux ...eurent raison d'un terrain marécageux, accidenté,  pour parvenir à ce qui fait encore la gloire du château, après avoir été le lieu de grandioses spectacles et de  promenades royales dès le XVII°s. André Le Nôtre, homme discret,
Parc de Sefton (photo S.Horton)
secret mais efficace, se lia d'amitié avec le peintre Le Brun et les fontainiers François et Pierre de Francine.
La postérité a retenu et conservé un savoir-faire inégalé mis en pratique encore de nos jours dans les écoles d'horticulture et d'espaces verts. Nombre d'édifices classés monuments historiques sont ornés
de ces joyaux de verdure et de parterres fleuris,  qui doivent leur bel  aspect actuel au talent hérité de Le Nôtre. Pour lui rendre hommage quelques statues ont été érigées depuis sa disparition. Ainsi en trouve-t-on au Parc de Sefton Angleterre) , et à Paris : sur la façade du Louvre,  celle de l'Hôtel de Ville, et à l'église St Roch où il repose en son tombeau.

Pour la circonstance,  de nombreuses manifestations se déroulent en France tout au long de l'année..
dont :
A Versailles (78) . . l'exposition « Fleurs du Roi »( peintures des collections du château- prêt du Muséum d'Histoire Naturelle). Parterres de jardin recréés d'après des documents d'archives ( plans)
Jusqu’au 29 septembre, du mardi au dimanche, de 12 heures à 12h30. (Tarif : 10 € et 6 €.)
Pour en savoir plus sur Le Nôtre: 
voir l'article de J.P. Babelon "André Le Nôtre, ou l'espace souverain " ( vol.144, N°4, p. 1353 à 1359, année 2000 - in Cpte-rendu de séances de l'académie des Inscriptions et Belles-Lettres)

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lundi 15 juillet 2013

Etienne Vatelot, le Créateur d'âmes

Etienne Vatelot
Le célèbre luthier français Etienne Vatelot,  né le 13 novembre 1925, s'est éteint dans la nuit du 12 au 13 juillet 2013. IL fut l'indispensable interlocuteur et fournisseur des plus prestigieux
instrumentistes  virtuoses du XXe siècle:
Yehudi Menuhin, Isaac Stern, Mstilav  Rostropovitch, Ivry Gitlis...
   Au cours d'une trajectoire professionnelle d'exception, jalonnée de prix, de responsabilités pédagogiques et de hautes  récompenses , l'homme   fut également le créateur de l'école de lutherie française ( à Mirecourt en 1970), et  du concours de lutherie éponyme. Il a participé à de nombreuses manifestations musicales et culturelles  de renommée internationale,  et soutenu le festival d'Eygalières .
Amédée Dieudonné
Ce fils de luthier a fait d'abord son apprentissage auprès de son père, puis avec de  grands maîtres tels que  : Amédée Dieudonné, Victor Quenoil ...
Si l'on évoque certes la lutherie, la construction de violons,  il est également question d'archeterie (fabrication d'archers). Un instrument a souvent sa place dans un musée, mais il ne vit, ne vibre,  que par les mains d'un musicien avec lequel il fait corps dans un duo particulier.  On  connaît de réputation certains de ces objets devenus des pièces très rares, et très prisées ( parfois fortement cotées ), brillant dans les concerts, et les enregistrements de haut niveau . Ils sont connus par le nom de leur luthier, avec l'incontournable évocation de l'école italienne de Crémone :Stradivarius,  Amati, Guadagnini, Maggini ...et aussi l'école française : Vuillaume, Lupot, Bernardel...
Un luthier digne de ce nom ne fait pas la simple fabrication en série, il crée des instruments d'exception et assure surtout  la réparation, la restauration, l'entretien, le suivi , le réglage, l'assortiment adapté des accessoires ( étui, archets, ..). Elevant, par passion et savoir-faire,  la profession au statut d'Art reconnu, Etienne Vatelot, a très vite perçu l'importance de la mission de formation et de transmission de techniques artisanales ancestrales, rappelant qu'il faut une dizaine d'années d'apprentissage pour prétendre devenir un bon luthier, et se rendre souvent au concert pour avoir "le son à l'oreille".
une ronde de violons


 







A lire sur le web:  le très intéressant article paru dans le Bulletin N°8 (octobre 2011) , de L'E.S.T.A. France (European Strings Teachers Association), dans lequel Etienne Vatelot est interviewé par M. Strauss.
à voir :
 - le film, intitulé "Le luthier"  de Claude Santelli (1970) sur le site de l'INA
 - l'émission "Le Grand Echiquier " ( de l'irremplaçable Jacques Chancel) : "l'âme des violons ", consacrée à Etienne Vatelot :
http://www.youtube.com/watch?v=_RL7Kn-Q6Uk
- le musée de Mirecourt (Lutherie/ archeterie)  :
http://www.musee-lutherie-mirecourt.fr/

En cette année 2013, les sanglots longs ne sont pas d'automne, ils sont estivaux, car ils accompagnent la perte immense de Maître Etienne Vatelot, celui qui savait  si justement donner leur âme aux violons.et aux violoncelles.

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samedi 13 juillet 2013

De la Petite Reine au grand Tour

Le Tour de France 2013  (en 21 étapes pour 3 360 kms), est le 100e de la série,   depuis son lancement en 1903 (du 1er au 19 juillet) par Henri Desgranges
. Cette manifestation sportive, devenue véritable institution estivale, a connu diverses mésaventures, avec des malheurs et des bonheurs, mais toujours  une indéfectible fidélité de la part d'un public enthousiaste.
La traversée de l'hexagone  "gaulois " donne lieu à des retransmissions télévisuelles très suivies par les inconditionnels. Plaines, cols de montagnes, vertes vallées , riantes campagnes, villes chargées d'histoire., arrivée triomphale à Paris ( sur l'avenue des Champs-Elysées, considérée comme "la plus belle du monde") ..: le Tour , épreuve sportive, est aussi un fabuleux spectacle, et une  formidable leçon d'histoire et géographie, grâce aux commentaires judicieux et ciblés de J-P. Ollivier.( amicalement surnommé :"Paulo la science " par ses confrères journalistes sportifs).  
A. Verchuren
Massés sur les bords des routes, en grappes humaines à l'arrivée de chaque étape, les spectateurs , en foule bigarrée, encouragent les coureurs cyclistes du geste et de la voix. Le Tour, c'est aussi la caravane publicitaire qui précède la course,  évoquant la déambulation des cirques d'antan, avec musique, animations, et, pour l'occasion, distribution de gadgets.. Durant de longues années, de célèbres  musiciens (accordéonistes)  accomplissaient eux aussi , le Tour, parfois  en véhicule décapoté, et   offraient leurs succès populaires, pendant la journée sur le périple, et (ou) à l'étape, lors d'un traditionnel bal grand public : Yvette Horner, Aimable , le regretté André Verchuren (disparu le 10 juillet 2013),  Emile Prudhomme, Edouard Duleu, Bernard Marly...
Associés à la musique, de grands noms des  champions cyclistes vainqueurs (ou non)  résonnent encore dans les cœurs et les mémoires  : Eugène Christophe (le pionnier), Maurice Garin ( qui eut les honneurs du "Petit Journal" ), Odile Defraye,  Anquetil, Poulidor , Indurain, Fignon, Geminiani, Coppi, Robic, Vietto, Hinault, Merckx,Thévenet, Gimondi..
Quelques  nostalgiques organisent des manifestations au nom  évocateur : "Remonter le temps " ( à Angers,  édition de  juin 2013).
Le Tour de France, en dépit de quelques  détracteurs, a toujours été un grand rendez-vous pour des millions de fans qui, au gré des aléas, des revirements de résultats, et des problèmes annexes, savent encore s'enthousiasmer pour un maillot couleur soleil récompensant le meilleur sur la boucle. Cette couleur éclatante était celle des pages du journal "L"auto-vélo", qui a vu la naissance de la mythique épreuve du Tour, au début du XXe siècle. Le parcours initial allait de Mongeron à Paris en passant par Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes.
"Le vélo"  (journal  quotidien de la vélocipédie) a publié son N°1 en décembre 1892 et a cessé de paraître en 1904. Ancêtre de "L'équipe", ce quotidien n'était consacré qu'au cyclisme mais rapportait les événements de
tous les sports . L'existence des clubs de vélos (dès 1868) est antérieure à l'organisation des courses. Celles-ci furent d'abord très locales, puis régionales, pour devenir enfin "la grand-messe"  nationale que l'on connaît actuellement.


 à voir et écouter : une vidéo de l'INA :
"Mon Tour de France  " par Yvette Horner
http://www.ina.fr/video/I07232207

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samedi 22 juin 2013

Calle del Arte, arte en la calle ..

L'art à domicile ... un souhait, un rêve, .. que l'on commence à réaliser avec des opérations comme la location  d'un chef d'oeuvre pour un temps limité . Mais il existe d'autres opportunités ..Au Vénézuela , dans un quartier ancien de  Maracaïbo, depuis 2001,  à l'initiative d'une artiste très charismatique, récemment décorée de l'ordre de San Sebastian   :Clemencia Labin,  l'Art est dans la rue,  et fait son entrée  dans les demeures privées, le temps d'un festival,  qui connaît un succès croissant..
La Velada de Santa Lucia . En cette année 2013, pour sa 13e édition, elle s'est déroulée en mars .
En chiffres,  cette manifestation aussi attendue que suivie, peut se décliner en  participations éloquentes:
500 jeunes artistes  participants (internationaux et locaux),
200 000 visiteurs,
52 maisons investies par les créations (sculptures, peintures).
Dialogues, échanges, réflexions en commun, accueil, .. les défis sont autant pratiques que relationnels. On se comprend sans forcément parler le même idiome, parce que l'on œuvre ensemble pour un but unique : donner à voir du beau, de l'inédit, même s'il est éphémère...
Pousser les meubles, dégager les parois murales afin de ménager l'espace pour un accrochage exceptionnel, c'est aller au-delà des réticences et des préjugés, en ménageant les photos familiales, les coutumes et les bibelots personnels du quotidien. Certes, si  l'art s'invite à Maracaïbo, c'est qu'il se sent désiré et favorablement accueilli. Les couleurs vives du quartier font bon ménage avec les matériaux parfois surprenants des œuvres exposées. Déjouant les conventions en sortant du cadre traditionnel des musées, "l'art prend l'air", et prend des risques,  en s'exposant  au regard du passant., en mêlant les genres, en occupant des surfaces détournées, créant un nouvel habit sur les murs.  Alors l'art devient lien indéfectible, solide, porteur d'espoir et d'avenir, parce qu'il prend la dimension de symbole: mission qu'il remplit avec succès pour le bonheur de tous et de chacun.

Pour en savoir plus :
- le site internet de l'artiste organisatrice : 
http://clemencialabin.com/ 
 pour capter l'ambiance de l'édition 2013..
 http://www.youtube.com/watch?v=xjQdZF3qVD4



"Calle del Arte,  calle risueña, calle que se ría ,  calle coloreada ...cuando arte te habita, es el mundo entero que se da en un obre,  a la mirada de todos...
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jeudi 20 juin 2013

Music in the night, and in Museum ...







Langage universel (World Music Day)  la musique a donc sa fête depuis les années 80 ( au siècle dernier)..  Et le soir du 21 juin chacun peut jouer, écouter, vivre la musique sous un ciel estival, solstice d'été oblige, jusqu'au bout de la nuit ...  .
Orazio Gentileschi- le luth      
Les arts se conjuguent depuis longtemps,  et les peintres ont souvent fréquenté le milieu de la musique,  afin d'immortaliser tous ces modèles choisis,  en des tableaux "portraits souvenirs ", qui ne représentaient pas uniquement des célébrités ou de grands virtuoses,  mais des moments particuliers où l'homme et l'instrument s'accordent en formant duo.
Parmi les instruments les plus fréquemment rencontrés on remarque un instrument à vent : la flûte, et un instrument à cordes :   le luth , avec les variantes usuelles respectives  selon chaque  époque : flutiau, pipeau, guitare, viole, ...Un instrument à clavier: le piano, a   également eu  les honneurs de la toile ,  comme ses déclinaisons : l'épinette, le piano forte, le clavecin ...
Par  les pinceaux des palettes renommées, aux couleurs vives,  et sous la lumière délicate de la Renaissance, ou du XVIIe siècle, les musiciens prennent la pose,  le temps d'un croquis, qui les fixe pour la postérité, dans la pratique de leur passe-temps ou de leur art.. 
 Franz Hals : joueur de luth



         
Vermeer, Franz Hals, Leyster, Le Caravage O. Gentileschi, Delacroix , ....s'y sont risqué avec succès. On sait que certains tableaux étaient le fruit d'une commande particulière. Ce pouvait être celle d'un personnage fortuné désirant conserver la trace d'une soirée animée, ou celle d' un parent aisé voulant garder le souvenir des études musicales de sa progéniture. Mais il y  avait aussi l'obscur violoneux , qui ne rechignait pas à gagner quelques pièces, en posant pour un peintre en mal de modèle. Les siècles passant, ces toiles constituent une mine de renseignements pour l'historien, l'ethnologue, qui peuvent y retrouver maintes informations intéressantes :  détails de la vie quotidienne, des décors d'intérieurs, de costumes, d'habitudes, de gestuelle..
Joueuse de luth

Le flûtiste



 Il serait injuste et restrictif de n'évoquer que les instrumentistes.
 Car la musique passe  aussi par  la maîtrise de la voix. Les précieuses enluminures médiévales représentent les chantres qui interprètent la liturgie pendant  l'office .
Liszt au piano, avec  Berlioz, Czerny...
Et outre l'interprète , la genèse appartient au créateur de l’œuvre : le compositeur. Parfois les deux ne font qu'un et le peintre ne représente alors que le musicien, sans l'objet, comme si seul le nom de l'homme suffisait à évoquer l'instrument , conférant ainsi à l'image plus de force et de caractère. ( ex: le portrait de F.F.Chopin par Delacroix). Précision du geste, regard orienté, , attitude du corps entier,  suggérer la virtuosité à travers tout cela, voilà le  défi à relever pour un portraitiste.
La peinture n'est pas la seule à restituer ces moments musicaux. Le dessin, la sculpture,  ont laissé également de belles et fidèles représentations . Fêter la musique c'est donc en faire de façon contemporaine , mais c'est aussi se souvenir d'un passé riche en enseignements, en témoignages
Chopin à Paris
muets mais évocateurs, faits de divers documents souvent très accessibles mais parfois peu faciles à décrypter, car ils contiennent un langage oublié : celui des symboles. Dans la peinture ils foisonnent. Un oeil exercé peut en percevoir le message transmis. Dans les figurations musicales, il est  aussi bien présent: c'est une partition négligemment  jetée sur le sol,  ou un instrument, comme oublié, et posé sur un coin de table... Tels ces airs fredonnés sans y penser, et qui pourtant sont autant de vecteurs d'émotions, de souvenances, de sentiments, d'élans de vie à travers  quelques notes, sur une portée.

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Palestrina : "Jesu rex admirabilis"  ( Gardiner)
http://www.youtube.com/watch?v=BXQuOQccCWA
Bossa Nova : The girl of Ipanema
http://www.youtube.com/watch?v=CfJc_79JNgI

dimanche 9 juin 2013

Le passé à portée des yeux .. : archéo week-end

7, 8, 9 juin 2013, cette année encore les sites et les musées profitent du week-end  pour accueillir et amener  le grand public à la rencontre de son passé à travers la découverte de l'archéologie. Et l'INRAP(Institut national de Recherches Archéologiques Préventives), comme toujours, (outre ses travaux d'investigation de prospection, de sauvegarde),  fait son œuvre précieuse d'information et de vulgarisation.
Lors de ces 3 journées, en tous lieux,  le programme est bien chargé: visites,
animations, documentaires, ateliers, démonstrations, explications in situ.. pour grands et petits.(voir les divers programmes régionaux  sur le net)... On ignore souvent que sous la dénomination globale "archéologie" , il  existe de nombreuses spécialités, susceptibles d'intéresser les élèves (collégiens,  lycéens, étudiants),  et de susciter quelques futures vocations. D'autant plus que les divers métiers de l'archéologie sont présentés durant ces rencontres et visites : céramologue, anthropologue, xylologue, archéozoologue...  On rappelle également que, dans ces diverses orientations et disciplines,  le parcours commence généralement par une grande passion et par l'étude approfondie de  l'Histoire. Ayant longtemps eu le qualificatif d'aventurier( au cinéma ou dans une certaine littérature), le métier  d'archéologue est une profession  de spécialiste, qui, confronté à la dure réalité du terrain, est un peu éloigné du romantique personnage, évoluant sous un ardent soleil,  truelle en main, et chapeau cabossé sur le chef...
La prévention, qui est l'une des missions de l'INRAP,  est également évoquée en quelques chiffres signifiants..
Gard -Hérault - 1er trim. 2013
- au siècle dernier, début des années 70 : prise de conscience et objectifs de sauvegarde du patrimoine archéologique
-  1973 création de l'AFAN :Association pour les fouilles archéologiques nationales. 
-  1974 rapport de J.Soustelle à la demande du président J. Chirac (création d'1 carte archéologique)
-  1990 rapport  de C. Goudineau sur l'archéologie nationale
-  chaque année env. 250  fouilles sont lancées, en France, sur une surface totale de plus de 100 000 ha.
- 2002 création de l'INRAP :   une décennie bien remplie qui a fait l'objet de bilans, de prévisions, de leçons à tirer et de projets d'avenir, avec toujours en filigrane la communication publique (colloques, publications)
Depuis peu, les autorisations de fouilles sont accordées pour des aires plus importantes, ce qui donne une tout autre lecture du sol et du matériel trouvé . Le regard porté est à la fois plus large, et  l'interprétation, plus aisée, est donc plus  précise. Cependant, les investigations se multipliant, l'INRAP est confronté au problème du stockage  d'archives et de matériel (qui, une fois étudié, répertorié,  doit trouver sa  place dans les musées locaux). Les grands travaux d'urbanisation, d'aménagement ferroviaire, ...) sont autant d'opportunités pour retrouver des pans complets d'une histoire locale, parfois enfouie depuis des siècles. Les historiens, toujours à l'affût d'informations complémentaires des documents d' archives écrites,  sont attentifs aux rapports de fouille des archéologues. 
Entre missions et défis, l'INRAP assure sa trajectoire,  et souhaite, à présent,   ardemment un partenariat avec l'Education Nationale, pour "mettre à niveau" et actualiser les manuels scolaires en fonction des découvertes récentes et des avancées sur la connaissance des faits et lieux historiques.
Pour l'instant, c'est à travers des opérations comme:  les journées "portes ouvertes", celles du patrimoine, les expositions programmées par les musées archéologiques, les visites publiques  commentées sur les sites en chantiers, que l'INRAP peut proposer la présentation de ses activités au grand public. Le succès croissant de la fréquentation confirme ainsi  l'intérêt et le goût de la population pour l'histoire et l'archéologie.
Pour en savoir plus :
- à lire :
sur ce même blog, l'article paru le 8 mai 2012 "L'INRAP et ses missions"  .
"Le monde de la Bible" hors série de Juill-Août-Sept. 2013  avec une interview de J.P.Jacob .(Président de l'INRAP)
- à voir
les nombreuses videos mises en ligne par l'INRAP , et celles des sites régionaux .
- à consulter:
le site : www.inrap.fr  (videos de chantiers de fouilles,  photos, annonces de colloques, de parutions diverses...) http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/p-7-Accueil.htm
- pour fouiller:(pour candidats bénévoles sur chantiers encadrés par des responsables professionnels )
http://www.culture.gouv.fr/culture/fouilles/


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mardi 4 juin 2013

Il y a 130 ans ... le premier tour de roue ..

5 juin 1883- 5 juin 2013l'Orient Express :   train de luxe et de rêve... où le crime ne paie pas.
De Londres à Istanbul (un trajet de 3000km),   en passant par Paris, Nice, Venise , le voyage se fait dans le temps autant que dans la distance.. L'aventure se joue, au rythme tressautant du déplacement   des wagons sur les rails,   de la succession des gares, des rencontres de compagnons de voyage,  et des  heures  qui défilent..
En fin de XIXe siècle, l'Orient-Express représente une déclinaison d'évocations diverses....
G.Pullman
Source d'inspiration pour les écrivains, les artistes, les créateurs .. ,  lieu de rendez-vous des détectives, des amoureux, des décorateurs, le train mythique  n'en finit pas de traverser les décennies, en laissant dans son  sillage bien plus, et bien  mieux ,  qu'un simple  panache de vapeur ou de fumée... Le fantasme, l'exotisme, la passion, l'oisiveté, la rêverie, mais aussi le mystère, l'intrigue, les chassés-croisés des intentions et des relations humaines..: rien ne manque au creux des confortables banquettes des salons feutrés, dans l'éclairage tamisé, ou  sur les épais tapis des luxueux wagons.  Des grands noms de la décoration ont laissé leur empreinte dans l'histoire de ce moyen de transport dont la modernité le disputait au confort. L'architecte René Prou, le verrier René Lalique 
René Lalique
ont choisi de nobles matériaux ( l'acajou, le verre soufflé..) pour mettre en valeur un cadre sobre devenant, sous leurs mains,  un écrin. Georges  Pullman,  créateur des célèbres wagons-lits (railroad sleeping cars) , a apporté l'indispensable volet d'intendance  pour les nuits à bord.  La clientèle est immédiatement séduite par l'attrait de voyager dans de telles conditions. Les célébrités (Marlène Dietrich, Mata Hari, Jean Gabin,  Jean Marais, Pierre Loti ...) s'y pressent pour goûter aux joies d'un train historique.   C'est en effet dans la voiture  2419D (wagon
restaurant aménagé en bureau) d'un train de la Cie des wagons-lits, réquisitionné pour cause de conflit international, que le 11 novembre 1918 fut signé l'armistice mettant fin à la 1ere guerre mondiale.  Le train, ce moyen de transport relativement récent, entrait ainsi dans la légende en inscrivant une page exceptionnelle de la grande Histoire.     
Côté restaurant : "Potage perles du japon ,Filet de boeuf jardinière,  poulet du Mans au cresson,..." sont au menu en 1884. Le service est assuré par un personnel itinérant et stylé.
Sur une  telle durée ( 130 ans) les événements, comme les aléas, n'ont pas manqué.: 2 guerres mondiales, des relations internationales politiques et économiques  fluctuantes, et en plus : l'inévitable  concurrence ( de nombreux trans européens, sous d'autres dénominations, et avec des trajets modifiés, ont aussi sillonné l'Europe,dont  le remarquable T.E.E. dès 1957, qui permettait de relier Barcelone à Genève en un temps record) . . Cependant outre une pause, pour cause d'essoufflement, entre 1977 et 1982, le train a toujours suivi sa voie.. Et il roule toujours...  puisque de nos jours, l'on peut l'emprunter, dans les mêmes conditions de confort et de luxe, selon les normes actuelles,   vers les mêmes destinations : Vienne, Venise, Istanbul, Bucarest, Budapest... qui firent sa gloire et sa réputation.

Au dernier coup de sifflet, on ferme les portières, en voiture !! Quel autre texte mieux que la poésie de Valéry Larbaud ( "Ode" in Poésie A.O. Barnabooth) pourrait décrire la déambulation dans les couloirs de l'Orient-Express ?  "... Et je suis ta course vers Vienne et Budapest , mêlant ma voix à tes cent mille voix,  Ô Harmonika Zug ... "
 Et pour faciliter les adieux sur le quai..." puisque vous partez en voyage"  une charmante chanson de Mireille et J. Nohain, reprise par Françoise H. et Jacques D. ...
http://www.youtube.com/watch?v=zQG6aIaSRL8 


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