mercredi 17 mars 2021

Le souffle du printemps ...

 Spring breathe, Frühlings Luft 

                                                   

Mars 2021:  le Printemps des poètes ne masque pas sa détermination à proposer, une fois de plus, son florilège de textes. Car, plus que jamais, le mot a son poids. L'humanité a besoin de rêve, de poésie, autant que de force, et d'espérance, pour affronter son quotidien. L'an dernier, en 2020, le thème de la manifestation était:  le courage, cette année c'est : le désir.  Alors ...  Pourquoi ne pas "se réveiller au souffle du printemps ?? Roberto Alagna ( Werther d'après Goethe)
 Pandémie, couvre-feu, confinemen,t peuvent restreindre les déplacements des humains, mais la Nature poursuit son cycle, comme elle le fait depuis la nuit des temps. Le printemps vient donc consoler les cœurs, en offrant ses fragrances, ses  couleurs. Il inspire toujours autant  les poètes.
                          
 Lue, dite, écoutée, la poésie n'est point tombée en désuétude, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Le XXIe siècle a certes vu l'explosion de l'emploi des technologies nouvelles; L'homme semble désormais  faire corps avec la machine. Les yeux rivés sur les écrans, il se détache du réel.. Or, jamais les textes, l'écrit, n'ont eu plus de portée, de sens. Si les conditions de vie actuelles obligent à des restrictions diverses, à une autre maîtrise  de l'emploi du temps, le quotidien pesant s'allège parfois à l'aide de récits, de romans, de littérature, de poèmes. En visio, en audio, en lecture silencieuse et traditionnelle, on adapte individuellement son besoin, sa découverte, pour en retirer le meilleur. 
Démocratisée, désacralisée, la poésie se veut accessible à tous. Sous ses diverses formes, elle a des objectifs  légitimes et ambitieux: elle franchit les frontières, les générations, les courants de mode, les structures fixes. Elle s'affranchit des complexes, des barrières sociales, pour gagner le bien le plus précieux; la liberté.  
 Maintes démarches sont tentées pour attirer l'attention et les participants : les concours, les publications, les rédactions à thèmes imposés ( et parfois aussi le  nombre de signes) , les manifestations exceptionnelles : Nuit de la poésie, Voix de la poésie, A vos plumes, Temps des poètes, ... Et le succès de la participation  vient confirmer le bienfondé de l'objectif initial . Si d'aucuns estiment que la discipline n'a point  d'amateurs,  ils se leurrent.  les réseaux sociaux se font le relais ( et la vitrine) de l'expression poétique actuelle. Certes, il y a des maladresses, de l'à-peu-près, du bon, et du moins bon, mais chacun y trouve son content. Longtemps l'on a voulu cantonner la poésie, comme la musique classique,  dans un cercle d'initiés élitistes, au nom de l'excellence; Louable intention, mais qui a ses exclus; Or donc l'expression a trop longtemps été muselée pour que l'on y accorde encore des chaînes restrictives.  D'abord scolaire, puis familiale, la récitation  a connu ses heures de gloire ( et de bienfaits). Mais, apprend-on encore à "dire "?  Si l'on en croit certaines articulations du  moindre échange oral (téléphonique ou direct), la réponse est négative. On affuble son propos,  à loisir,  de tics de langage, de mots tronqués,  jusqu'à en perdre le sens.  Qu'en est-il du compliment,  récité, ou écrit, pour  une occasion solennelle ? On oublie volontiers le texte simple,  joliment tourné, au profit d'un récit humoristique,  au goût parfois discutable. 
Le printemps, et ses poètes, ont immanquablement véhiculé une image surannée de clichés désuets, romantiques, utopistes, (les oiseaux, les petites fleurs, le luth, le troubadour, le soleil, le ciel bleu ...) . Or, du pamphlet  au tract ciblé,  l'on oublie souvent qu'il existe aussi une poésie sombre, réaliste, acerbe, narquoise, virulente, contradictoire ..  Le courant se perpétue, depuis l'Antiquité,  à travers les millénaires qui ne sont pas parvenus  à étouffer l'inextinguible flamme créatrice. Primé prestigieusement  ou timide anonyme, le poète s'inscrit dans un élan créateur de rédaction qui s'actualise selon les us et coutumes. Si l'on ne parle pas d'amour de la même façon que nos ancêtres, on en parle encore, et, là, est, peut-être,  le miracle. 
  N-L. Marti -Récentes publications 
Si le souffle du printemps inspire les poètes, il n'y a pas de saison pour écrire et dire les textes. De quoi réjouir les très nombreux amateurs, petits et grands,  de l'indémodable genre. 
 
A lire sur ce même blog:  
- article de novembre 2013 
Poésie Amérindienne
- article de juin 2018
Ô rose, muse des poètes
- article du 12-7-2015
Charles Cros: l'inventeur poète 
http://international-culture-blog.blogspot.com/2015/07/charles-cros-l-inventeur-poete.html
 - article du 16-3-2013
*       *        *         *         *
et dans la revue "Le crieur" (2016) N° 5 pp. 62 à 77
l'article de Anne Dujin
 "Où est passée la poésie française ? 
*         *         *          *          *
Conférence/diaporama commenté  sur la poésie 
Noëlle-Louise Marti 


 
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mercredi 24 février 2021

L'essentiel et le futile

Si  la vie  de chaque individu tourne autour de thèmes personnels, elle est néanmoins régie par deux impondérables : l'essentiel et le futile. Des outils de mesure ont permis aux  spécialistes de déterminer le contenu de ces deux domaines. Pendant des siècles, certaines élites ont décidé, arbitrairement,  pour les populations asservies ce qui était de l'ordre du futile et de l'essentiel. Les conditions d'existence 

(manque de moyens et de temps) se bornant surtout à l'indispensable, les individus n'ayant point de loisirs                                                                                                      

Rappels :                                                                                                                                                    Essentiel/ nécessaire, indispensable, fondamental, important, vital, principal, primordial, dont on ne peut se passer, ...                                                                                                                                 Futile/ ayant peu de valeur, sans importance, peut se dire d'un motif, d'une excuse, d'une cause, d'un détail, d'un sujet, d'une question, d'un esprit...                                                                                          A l'aune de ces définitions  on serait bien en peine de  pouvoir déterminer ce qui, pour autrui, est utile et (ou) futile. On entrerait alors dans les notions de priorité, de  besoins vitaux, d'activités secondaires.

 Au XXe siècle, le psychologue Abraham Maslow concrétisa, en 1943,  ses observations effectuées précédemment . Ce fut donc la publication de son ouvrage : " A theory of Human motivation". Quelques décennies plus tard, en 1970, suivit un autre opus : " Motivation and personality". C'est dans le premier livre que l'auteur présentait sa célèbre pyramide. 

 

En se penchant sur l'histoire de l'humanité,  on s'accorde sur l'émergence de la notion de  civilisation en fonction du temps, de l'envie, de l'énergie, consacrés aux loisirs, à l'art, à la créativité, lorsque les besoins vitaux sont satisfaits. Outre ce raisonnement aboutissant à un constat, il a fallu alors s'intéresser au pourcentage relationnel de l'un  par rapport l'autre:                                                              

- Dans quelles proportions peut-on estimer que l'art, la Culture, avaient une influence importante sur le comportement de l'être humain?                                                                                                                   -Est-il indispensable,  pour l'équilibre général d'un individu, qu'il pratique une activité autre que celles nécessaires à sa survie ?                                                                                                                              L'actualisation du propos  au XXIe siècle n'a rien fait perdre à sa pertinence. L'année 2020, avec ses restrictions et ses interdictions,  a bien remis les deux questions au centre de certains débats. On a vu ainsi se multiplier des solutions de fortune, des déploiements d'ingéniosité pour tenter de sauver l'expression artistique, secteur mis à mal par les conditions draconiennes  exigées par la sauvegarde de l'espèce humaine mise en danger de pandémie.                                                                                         La futilité est alors apparue sous un autre aspect , car vue d'un autre angle. Et "l'insoutenable légèreté " est devenue " L' Indispensable légèreté" . 
                                                               


Les hobbies : Etre rentable, productif,  après avoir satisfait les besoins vitaux, laisse encore la place , dans l'existence et l'emploi du temps  de l'homme contemporain,  pour d'autres occupations: les hobbies; Du sport au jardinage, de l'Art à la méditation, il y a le choix. A l'heure où l'on réclame la mixité en maints domaines, il est utile de rappeler également l'éclectisme, les diverses techniques d'expressions, la pluralité des personnalités, des goûts, des orientations. Une foule est faite d'individus disparates, c'est ce qui en fait la richesse et la valeur. Et la notion de complémentarité n'en est pas occultée.

https://www.museumtv.art/artnews/articles/lart-changera-le-monde-la-serie-qui-rappelle-limportance-de-lart-dans-nos-vies-et-dans-nos-societes/

Or donc,  les expressions qui mettent en exergue les notions d'importance dans les divers moments de la vie, sembleraient prendre un autre sens lorsque les conditions d'existence changent. 
" jouer les utilités" : jouer ou avoir un emploi subalterne ou accessoire                                                    
"Joindre l'utile à l'agréable" : Dans l’Epître aux Pisons, Horace énonce que "celui qui joint l'utile à l'agréable ( utile dulci) recueille tous les suffrages"  
"Du pain et des jeux"  : . Juvénal a initié la formule panem circenses. 
Cependant,  à cela l'on peut objecter:" Quand on a en partage ce qui suffit, on ne devrait souhaiter rien de plus". 
La civilisation des loisirs de l'ère contemporaine a  mis en avant les distractions. Qu'elles soient culturelles, sportives, associatives, elles ont peuplé un temps complémentaire à celui qui était réservé au labeur. Plusieurs  questionnements en ont découlé. On s'est donc penché sur les conséquences dans la vie de chacun, le rôle et l'impact sur la productivité, la nécessité ou non d'étendre le laps de temps consacré aux loisirs, l'équilibre entre  ce que l'on considère comme essentiel (le travail, la santé, l'alimentation, la sécurité...) et le futile ( le confort, les vacances, les hobbies...) .
Si l'on a du mal à donner des réponses collégiales et collectives à ces interrogations sociétales, c'est peut-être que l'individu est impliqué à titre personnel, et qu'il est apte à calculer, lui-même, la part de chacun des secteurs de sa propre vie.

"...faire rêver est le comble de l'Art" Chateaubriand



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mardi 2 février 2021

Papiers !

 "Savoir qui l'on est" : cela pourrait être le début d'un thème de réflexion pour un devoir de philosophie ou de psychologie.  Mais il est, ici,  plutôt question d'identité et des documents qui l'attestent. Si pendant des siècles la simple reconnaissance interpersonnelle (par l'entourage) suffisait, il n'en fut rien à partir de l'époque, où les registres  firent foi.  Leur tenue était effectuée par les religieux (prêtres, pasteurs...) qui les conservaient dans leurs paroisses respectives. . On y notait les actes de la vie : naissance, baptême, mariage, décès. Les plus anciens de ces  documents sont actuellement très  précieux  pour les historiens, les généalogistes, et les particuliers étant  en recherche de leur  histoire familiale.  Pendant les guerres de religion (du XVIe à la fin du XVIIe. s.) : " la période du Désert" ( dite "en dehors du royaume", car  en dehors de la religion catholique),  les Ministres du culte protestant devaient cacher leurs registres, car tous les actes pastoraux  étaient déclarés illégaux, non valables, non reconnus. Les paroissiens protestants prirent donc l'habitude de consigner tout acte familial  dans les dernières pages vierges de leur Bible. Certains de ces actes ont été légitimés au temps de  la liberté de Culte retrouvée.            


Sauf conduit : "permet d'aller en quelqu'endroit et d'y séjourner un certain temps."  On note déjà, en Perse vers 450 av. J-C,  la mention d'obligation de  lettres de recommandations royales,  pour la libre circulation de voyageurs dans certains territoires traversés.                               

Laissez-passer:   pièce d'identité concernant une ou plusieurs personnes, donnant autorisation de libre circulation sans inquiétude. Peut s'appliquer aussi à des marchandises. Pour l'entrée dans les villes de foires ou de marchés, pendant la période médiévale,ces documents sont largement évoqués dans les textes.                                             

Passeport: ou passe port , utile pour les échanges commerciaux (terme employé dès la fin du XVe s. en  1464) . La fonction de ce document a changé au cours des siècles suivants, où l'on a centré la vérification d'identité sur la personne.Au début du XIXe siècle le passeport était familial. Il était établi uniquement au nom du père, avec mention de celui de l'épouse et des enfants. Le document était alors indispensable pour franchir les frontières départementales. On parlait d'un passeport pour l'intérieur du pays. Il a un coût: 2 Fr. (vers 1820) . Il sera abandonné à la fin du XIXe s. Si l'on désirait se rendre à l'étranger le document idoine était plus onéreux.  
pour en savoir plus:
https://ig.hypotheses.org/2246                                                                                                                                                                                                                                                                   Billet de santé: document nécessaire, en cas d'épidémie , pour se rendre d'une région à une autre.Ce document attestait que le porteur n'était pas contaminé.            
Si ces attestations avaient chacune leur utilité, elles avaient cependant,  toutes, le caractère d'obligation.         

 Documents de voyage, de commerce, de contrôle, "les papiers" sont nominatifs, descriptifs, personnels. Ils sont cibles de fraudes, de contre-façons, mais  également sources de contraventions, en cas de refus ou de non-présentation, et d'ennuis administratifs, avec dépenses,  en cas de perte ou de vol. 

Les données anthropométriques, les caractères physiques, les liens de parenté proche,  sont indiqués sur les pièces d'identité: carte, livret de famille, fiche d'état civil, passeport... afin de légitimer une existence. Pourtant, il existe bien des failles au système. car, on met encore  en terre des inconnus sans reconnaissance identitaire (= sous X). On recherche souvent, pour un héritage à la suite d'un décès,  des héritiers dispersés géographiquement. On assiste aussi  à des erreurs de logistique administrative,  lors d'enregistrement d'acte civil.  Alors, savoir qui est qui, qui fait quoi, qui va où.... ??  A travers les siècles, aller et venir, circuler librement, ne semble pas aller de soi, sans passer par l'identification contrôlée. L'année 2020 et le début de 2021 ont donné un large aperçu de ces genres de  contraintes. Faire fi des documents administratifs ne paraît guère possible dans un   quotidien de vie où tout a tendance à se virtualiser. Qu'en est-il des versions "papier" ? Obsolètes? inutiles ?  Si la question de l'ego ne passe pas par la détention des documents idoines, elle a cependant à s'en inquiéter. La fameuse devise "connais-toi toi-même"  (Gnothi seauton/ Nosce te ipsum), étant connue avant la construction du temple de Delphes (vers 1000 av. J-C), apporte une dimension quasi  intemporelle au questionnement psycho philosophique. Sans faire de raccourcis faciles ou éculés, on ne peut s'empêcher d'ajouter deux autres formules qui y font écho :                                                                                                         " "cogito, ergo sum" (Descartes/1637)                                                                                                          "to be or not to be"(Shakespeare/1603)                                                                                                                        Individu,, citoyen, derrière les papiers d'identité qui décrivent,  répertorient, classent, localisent,  .il y a un être humain, avec sa propre personnalité.

Les sommations d'usage en cas de contrôle:  - Avez-vous vos papiers ? - Vos papiers , s'il vous plaît !     - Papiers ! 

Rappel: Chaque année, en France, quittant famille, travail, logement, pour  refaire leur vie  sous une autre identité,  des milliers d'individus adultes disparaissent volontairement, . 


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lundi 18 janvier 2021

Agrumes: soleils d'hiver ... Winter suns, Winter Sonnen, Soles de Invierno,

 Comme issus d'un conte, ou d'une légende,  et venus du fond des antiques millénaires, les agrumes  offrent leurs rondeurs aux couleurs éclatantes pour ensoleiller les hivers. Souvent considérés tels que des médicaments, à cause de leur rareté sur les marchés durant des siècles, on en  réservait la consommation  aux malades.  Mais,  l'évolution des goûts, des connaissances,  et surtout le développement des  échanges commerciaux, en ont banalisé la culture, dans les pays où le climat leur est favorable, ainsi que l'importation. Souvent nommés Hespérides, il est utile de rappeler d'où vient cette attribution nominative.

Le jardin des Hespérides: Les 3 Nymphes ( Eglé, Hespérie, Erythie) habitantes,  gardiennes, jardinières,  d'un Eden perdu, verger exceptionnel  où poussait l'arbre aux pommes d'or: le Jardin des Hespérides.  Le dragon Ladon (serpent biblique ?), véritable Cerbère, veillait sur le lieu et décourageait d'éventuels maraudeurs. Dans ces conditions qui d'autre qu' Héraclès pouvait en faire la mission de   l'un de ses 12 travaux (Ramener 3 pommes d'or du lointain jardin des Hespérides, accessible aux seuls immortels). Les interprétations de l'épisode, et la localisation de l'endroit (La Libye, Tanger, les Antilles, les Canaries ...) ont largement alimenté la plus grande inventivité. En effet, des légendes grecques aux adaptations contemporaines, les propositions littéraires, et artistiques, ne manquent pas, pour concrétiser,  en textes et en représentations, cette mémorable étape,  qui aurait donné leurs  noms à la Voie Hérakléenne. et au Golfe du Lion.                                                


Pour en savoir plus; 
Outre les récits des écrivains grecs de l'Antiquité (cf: Hésiode, Euripide, Diodore, Apollonios de Rhodes, Hygin, Pausanias, Apollodore, Palaiphatos...)  voir également : 
- "Hesperides sive de malorum aureorum cultura et usu libri quatuor"-Giovanni Baptista Ferraro (1646) 
- " Dissertation sur les pommes d'or du jardin des Hespérides"- Pierre-Joseph Amoreux (1806)
- "Les pommes d'or du jardin des Hespérides" - Agatha Christie (1940)
En peinture:  
Sur les thèmes  de: " Jardin des Hespérides" ou de "Hercule au jardin des Hespérides ", on remarque les œuvres (tableaux, affiches, posters...)  de : Albert Herter, Sir Edward Burne-Jones, Johnny Morant,   Gustave Moreau, Nicolas Poussin, Jean-Baptiste Oudry (L'oranger/1740)... 
En musique le groupe de rock : Tangerine
                                                
En orange:  
Oranges, kumquats, tangerines, mandarines...
En jaune: 
Limes, cédrats, limons, pamplemousses, les coings (fruits à couteaux) 
Consommation:  
Si les bienfaits des agrumes sont reconnus,  et tant appréciés, c'est que leur  déclinaison culinaire internationale est vaste:  en jus, en confiture, en marmelade, en salades de fruits, nature, seuls ou mélangés, glacés, en parfum d'infusion, en pâtisserie....  
 
                                                       

 
Coupée en deux, l'orange (citrus sinensis)  ressemble à  l'astre solaire avec ses rayons.   A travers les âges l'orange a apporté ses vertus. Elle fut pendant des siècles, cadeau de Noël pour enfants sages. Cloutée de clous de girofle, elle fut "pommandre" éloignant les maladies (du Moyen-âge à la Renaissance). Elle a gardé ce traitement pour devenir, plus tardivement, objet décoratif  et parfumé,  pour éloigner les insectes nuisibles des tiroirs et des armoires.
Les soleils vitaminés de nos hivers ont des saveurs particulières et des parfums évocateurs. Comment oublier les soirs printaniers aux  fragrances tenaces, incomparables,  et enivrantes,  des orangers en fleurs de  la Huerta de Valencia, ceux des environs de Tunis, ou  de la Riviera, ... ?
Cette petite fleur blanche, promesse d'orange,  s'est  retrouvée jusque sur les couronnes nuptiales, que l'on conservait avec émotion sous un globe (tradition du XIXe. s.) . Symbole d'éternité, de pureté, de fécondité, selon les us et coutumes régionaux, ou nationaux, et surtout selon l'époque.    


Photo: N-L. M.

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lundi 4 janvier 2021

Viallat : la mémoire généreuse

 Ne pas oublier ses origines, garder une place dans son cœur pour le village de son enfance, lorsque vient la célébrité,  ne constituent point une régression, mais un ancrage salutaire.
 L'artiste Aubaisien, Claude VIALLAT,  dont l’œuvre connaît une  notoriété internationale,  a l'intention de  concrétiser son attachement à son village, par le don de quelques pièces de sa production (une dizaine d’œuvres). Un musée, sis in situ ( dans l'ancien presbytère), abritera la donation, ainsi que la fresque restaurée, qui avait été acquise par la commune, et des affiches. Le tout de la main du Maître. .

 
Aubais se situe sur un promontoire gardois.Le lieu est  connu pour son château et l'un de ses propriétaires: le très charismatique marquis Charles de Baschi dont la riche bibliothèque faisait des envieux parmi les intellectuels de son temps. La chronologiette, récit  de son valet/homme à tout faire: Pierre  Prion, est une  mine de renseignements sur le quotidien de la  vie rurale au XVIIIe siècle. Elle  alimenta les  recherches en Histoire locale et en ethnographie.    
 
 

 
Claude VIALLAT, plasticien, internationale figure majeure de l'art contemporain, innovateur dans la façon d'appréhender la toile : sans châssis, il travaille au sol.   Fondateur du mouvement support/surface, il est, depuis longtemps,  très présent, en France, dans la région du bas Languedoc :
- A Aigues-Mortes :  les vitraux de l'église Notre Dame des Sablons
- A Nîmes: Musée des cultures taurines  Henriette et Claude  Viallat 
- A Montpellier: rétrospective (exposition au Musée Fabre  de juin à novembre 2014)
et ailleurs 
- A Rennes : exposition à la galerie Oniris
- A Nice : exposition au Musée Matisse
Jouant un rôle essentiel dans le mouvement artistique du XXe siècle, l'empreinte de Claude VIALLAT, s'est inscrite dans la mémoire, et  le paysage culturel, d'une époque. Considéré, parfois, dans certains articles,  comme un logo, le célèbre  motif, forme référentielle déclinée en sériation ("haricot"peint au tampon de mousse) est emblématique du "style Viallat". 
Interviews : 
 A New York :
A Nîmes:
 
La densité, l'agencement  et l'intensité des couleurs sont déclinés sur divers supports : verre,  tissu, et souvent en grands formats. Tel un foisonnement, une explosion picturale, un ruissellement régulier évoqué par la multitude répétée du motif , la forme étonne, s'impose, suggère.. mais  ne laisse pas indifférent.  Homme du sud,  Claude VIALLAT , est aussi un être pétri  par les  traditions locales, qui sont pour lui des sujets d'inspirations et de réflexions. Tout au long de sa carrière, l'artiste n'a jamais oublié ses racines, il en est aussi fier que  la commune d'Aubais est fière de lui, à juste titre. 


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mardi 8 décembre 2020

Crooner's voices and jazzy rythms

On ne le rappellera jamais assez : Le blues  est un genre  musical noble, avant d'être un ressenti . 
"Avoir le blues" est en effet moins enviable que de l'interpréter. Malheureusement l'année 2020 a engendré bien plus qu'un état de blues, ou de lassitude. On n'a donc  jamais eu autant besoin de tonus, d'espoir, d'humour, d'art, et de culture. Le langage international musical n'a pas pu, faute de concerts Ao Vivo (in live), faire son office habituel. Il reste la possibilité d'écoute:  à domicile, ou personnelle (écouteurs, casque). Les programmations sont aussi diverses qu'utiles. En cette année particulière, leurs missions accoutumées  sont  encore plus chargées d'importance: distraire, instruire, cultiver, accompagner, apaiser, émouvoir, consoler, faire bouger, aider à exprimer ...  et plus, si affinités.
 Certains interprètes réunissent plusieurs de ces actions dans leur tour de chant. Dans la catégorie "chanteur crooner" on n'a que l'embarras du choix, même si le genre  est qualifié de démodé, le public suit fidèlement  la carrière de ces voix bien placées, à la diction aussi agréable que correctement articulée.
Un répertoire de standards,  un timbre chaud, une prononciation intelligible, une certaine présentation et de la présence scénique, certes, cela fait déjà  pas mal  d'atouts pour un artiste. 
Or il y a le plus... : l'orchestration ! Une grande formation avec cuivres, cordes, chœurs, accompagne le soliste. Alors, il ne faut plus hésiter,  et se laisser happer par le rythme jazzy, ou latino, et rêver pendant quelques instants ( les fameuses 3 mn 35 de  bonheur) que l'on est en direct dans la salle de concert, communiant avec les autres spectateurs pour partager un moment de grâce. Les soucis et les idées noires étant restés au vestiaire, on sera "in the mood", afin d'engranger un peu de cette  joie et d'énergie positive qui sont indispensables à chacune, chacun. . 
Parmi les talents actuels (XXe et XXI e siècles) un rappel de quelques noms:
                                                                 

 Michaël Bublé::
 
Daniel Boaventura: 
 
 Deux artistes , deux générations:  Cicero père et fils, (trop tôt disparus):
Eugen Cicero: (1940-1997) Swinging Bach 
Roger Cicero : (1970-2016)
 
                                    
 
Evidemment les réminiscences ne sont pas très loin. A l'oreille sonnent encore les noms des prestigieux prédécesseurs : Frank Sinatra, Sammy Davis Junior, Bing Crosby, Dean Martin,  Duke Ellington, Count Basie...Pour un style que l'on croit être tombé en désuétude, cela tendrait à prouver que la relève a pourtant su reprendre le flambeau, en l'adaptant à sa propre époque, et qu'il y a toujours des amateurs pour apprécier ces formes musicales.structurées (swing, boogie, jazz
 
On monte le son, pour écouter, et l'on pousse les meubles pour danser: 
En 1994 Lionel Hampton :" Hamp's boogie Woogie" (un classique et indémodable basique du swing.)..
 
 
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mardi 1 décembre 2020

Teddy Bear's hug

 Né au siècle dernier, en 1902, il y a 118 ans, la peluche a,  depuis lors,  connu la célébrité,  en consolant  tant de chagrins  d'enfants !  Ses formes rondes, rassurantes, ses couleurs fidèles, ou non, à celles de l'animal original, font oublier que le modèle initial est une dangereuse  bête sauvage. Longtemps chassé pour sa fourrure, ou par des "montreurs-dresseurs" de curiosités, l'ours a bien pâti de la main de l'homme.    

Du gibier à la peluche, l'anecdote:

Cela commence tel un inventaire : Un président chasseur malchanceux , une anecdote  de chasse à l'ours qui fait toute une histoire, la magnanimité du chasseur envers la victime, le respect des Codes de l'honneur de la chasse... puis  la cynégétique a des conséquences inattendues. Et de Théodore Roosevelt (1858-1919) à Teddy, un acte  de légende se met en place. Certes, la créativité réactive du couple ( Rosa et Morris Michtom)"inventeur" de Teddy Bear, en 1903, est déterminante.

Or, ce serait un manque d'objectivité que de passer sous silence  le travail de Margarete Steiff  , créatrice de jouets, dont l'ours en feutre fut une belle  réussite commerciale. C'est d'après les croquis de son neveu Richard Steiff  que cette habile couturière réalisa l'ourson. Encore une fois le jouet fut rendu très populaire. Il généra un réel engouement après la présentation de son protopype ( PB 55)  sur un stand de la foire de printemps de Leipzig   

Le nom de la  ville de Berlin, (capitale et plus grande ville d'Allemagne),   dont l'emblème est un ours sur son drapeau et dans son blason, fait référence à l'animal   : Bär, Bârchen, Bärlein, Berlin. 

A Berne : l'ours héraldique est présent sur le Blason de la ville.

A Madrid : L'ours est statufié sur la Plaza della Puerta del  Sol  : El Oso y el Madroño (l'ours et l'arbousier)

Le 9 septembre, aux USA, on célèbre la  journée de l'ours: the Teddy Bear day

Le rôle des peluches dans le quotidien de l'enfant: ami, confident, objet de consolation ( sensorielle par le toucher ( manipulation), aidant à l'endormissement et la séparation nocturne   

Dans l'importante  ménagerie des peluches, Teddy Bear a toujours tenu  un rôle privilégié, préférentiel. 

Déclinaisons,  et vedettes internationales :

En chansons, en films, en dessins animés, en marionnettes, en BD, on retrouve le célèbre  plantigrade  au fil des ans, sur tous les continents. Héros d'aventures, toujours proche du monde  des enfants, plus ou moins malin et sagace, il conquiert les plus jeunes avec aisance et tendresse. Pourtant,  contrairement  à l'anecdote de la création du personnage, on retrouve les côtés sombres du symbole, dans la fête éponyme ancestrale, chargée de transferts socio-culturels, historiques, festivité ancrée dans les us et coutumes qui ont franchi les siècles  pour subsister jusqu'à nos jours. 

La Pyrénéenne fête de l'ours/ en France , dans la région du Vallespir en  Occitanie, ( La festa de l'os, à Arles-sur-Tech, à St Laurent de Cerdans et Prats-de-Mollo,  dans les P. O. ) "l'ours", sorti de sa forêt pour descendre au village  est symboliquement chassé, attrapé,jugé,  chaque année à la fin de l'hiver. Cette animation, est un vestige de l'époque médiévale,  et peut-être même antérieure, qui condense légende, anecdotes cybernétiques, paganisme et croyances, exorcisme et maîtrise de peurs ancestrales, morale, rapports complexes entre le monde animal et celui des humains. 



Nounours vedette de série TV enfantine :

https://www.youtube.com/watch?v=sqcDY19VuGU

Colargol, l'ours chantant:

https://www.youtube.com/watch?v=eL9l_W1YadI 

Winnie: (avec la voix française du regretté Roger Carel) 

https://www.youtube.com/watch?v=SdyDaCT5gp4

Michka: cf les contes russes 

Paddington:l'ourson  qui a sa statue en gare de Paddington. 

Des Carpates aux monts franco-ibères: La réintroduction de l'ours,comme celle du loup, fait débat. Mais les enfants, loin des graves  problèmes des adultes, (et de leurs réelles motivations,   enjeux personnels ), ne voient la vie  qu'à travers leur imaginaire, leurs rêves  fragiles,  en une période si brève de leur existence, qu'il est hautement répréhensible de les en priver.  Alors,  oui, un ourson en peluche est un important personnage. Même un peu délavé, décousu, trituré, fripé, il n'en a que plus de valeur.  S'il pouvait parler,  il pourrait narrer bien des malheurs enfantins, tous ces chagrins que les adultes ne voient pas, ne veulent  ni  entendre, ni croire,  parce qu'ils les jugent futiles, passagers, ou,  tout simplement,  parce qu'ils ont oublié leur propre enfance, et  leur attachement à cet animal en peluche que l'on nommait:  Teddy Bear .     

 

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