samedi 22 juin 2013

Calle del Arte, arte en la calle ..

L'art à domicile ... un souhait, un rêve, .. que l'on commence à réaliser avec des opérations comme la location  d'un chef d'oeuvre pour un temps limité . Mais il existe d'autres opportunités ..Au Vénézuela , dans un quartier ancien de  Maracaïbo, depuis 2001,  à l'initiative d'une artiste très charismatique, récemment décorée de l'ordre de San Sebastian   :Clemencia Labin,  l'Art est dans la rue,  et fait son entrée  dans les demeures privées, le temps d'un festival,  qui connaît un succès croissant..
La Velada de Santa Lucia . En cette année 2013, pour sa 13e édition, elle s'est déroulée en mars .
En chiffres,  cette manifestation aussi attendue que suivie, peut se décliner en  participations éloquentes:
500 jeunes artistes  participants (internationaux et locaux),
200 000 visiteurs,
52 maisons investies par les créations (sculptures, peintures).
Dialogues, échanges, réflexions en commun, accueil, .. les défis sont autant pratiques que relationnels. On se comprend sans forcément parler le même idiome, parce que l'on œuvre ensemble pour un but unique : donner à voir du beau, de l'inédit, même s'il est éphémère...
Pousser les meubles, dégager les parois murales afin de ménager l'espace pour un accrochage exceptionnel, c'est aller au-delà des réticences et des préjugés, en ménageant les photos familiales, les coutumes et les bibelots personnels du quotidien. Certes, si  l'art s'invite à Maracaïbo, c'est qu'il se sent désiré et favorablement accueilli. Les couleurs vives du quartier font bon ménage avec les matériaux parfois surprenants des œuvres exposées. Déjouant les conventions en sortant du cadre traditionnel des musées, "l'art prend l'air", et prend des risques,  en s'exposant  au regard du passant., en mêlant les genres, en occupant des surfaces détournées, créant un nouvel habit sur les murs.  Alors l'art devient lien indéfectible, solide, porteur d'espoir et d'avenir, parce qu'il prend la dimension de symbole: mission qu'il remplit avec succès pour le bonheur de tous et de chacun.

Pour en savoir plus :
- le site internet de l'artiste organisatrice : 
http://clemencialabin.com/ 
 pour capter l'ambiance de l'édition 2013..
 http://www.youtube.com/watch?v=xjQdZF3qVD4



"Calle del Arte,  calle risueña, calle que se ría ,  calle coloreada ...cuando arte te habita, es el mundo entero que se da en un obre,  a la mirada de todos...
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jeudi 20 juin 2013

Music in the night, and in Museum ...







Langage universel (World Music Day)  la musique a donc sa fête depuis les années 80 ( au siècle dernier)..  Et le soir du 21 juin chacun peut jouer, écouter, vivre la musique sous un ciel estival, solstice d'été oblige, jusqu'au bout de la nuit ...  .
Orazio Gentileschi- le luth      
Les arts se conjuguent depuis longtemps,  et les peintres ont souvent fréquenté le milieu de la musique,  afin d'immortaliser tous ces modèles choisis,  en des tableaux "portraits souvenirs ", qui ne représentaient pas uniquement des célébrités ou de grands virtuoses,  mais des moments particuliers où l'homme et l'instrument s'accordent en formant duo.
Parmi les instruments les plus fréquemment rencontrés on remarque un instrument à vent : la flûte, et un instrument à cordes :   le luth , avec les variantes usuelles respectives  selon chaque  époque : flutiau, pipeau, guitare, viole, ...Un instrument à clavier: le piano, a   également eu  les honneurs de la toile ,  comme ses déclinaisons : l'épinette, le piano forte, le clavecin ...
Par  les pinceaux des palettes renommées, aux couleurs vives,  et sous la lumière délicate de la Renaissance, ou du XVIIe siècle, les musiciens prennent la pose,  le temps d'un croquis, qui les fixe pour la postérité, dans la pratique de leur passe-temps ou de leur art.. 
 Franz Hals : joueur de luth



         
Vermeer, Franz Hals, Leyster, Le Caravage O. Gentileschi, Delacroix , ....s'y sont risqué avec succès. On sait que certains tableaux étaient le fruit d'une commande particulière. Ce pouvait être celle d'un personnage fortuné désirant conserver la trace d'une soirée animée, ou celle d' un parent aisé voulant garder le souvenir des études musicales de sa progéniture. Mais il y  avait aussi l'obscur violoneux , qui ne rechignait pas à gagner quelques pièces, en posant pour un peintre en mal de modèle. Les siècles passant, ces toiles constituent une mine de renseignements pour l'historien, l'ethnologue, qui peuvent y retrouver maintes informations intéressantes :  détails de la vie quotidienne, des décors d'intérieurs, de costumes, d'habitudes, de gestuelle..
Joueuse de luth

Le flûtiste



 Il serait injuste et restrictif de n'évoquer que les instrumentistes.
 Car la musique passe  aussi par  la maîtrise de la voix. Les précieuses enluminures médiévales représentent les chantres qui interprètent la liturgie pendant  l'office .
Liszt au piano, avec  Berlioz, Czerny...
Et outre l'interprète , la genèse appartient au créateur de l’œuvre : le compositeur. Parfois les deux ne font qu'un et le peintre ne représente alors que le musicien, sans l'objet, comme si seul le nom de l'homme suffisait à évoquer l'instrument , conférant ainsi à l'image plus de force et de caractère. ( ex: le portrait de F.F.Chopin par Delacroix). Précision du geste, regard orienté, , attitude du corps entier,  suggérer la virtuosité à travers tout cela, voilà le  défi à relever pour un portraitiste.
La peinture n'est pas la seule à restituer ces moments musicaux. Le dessin, la sculpture,  ont laissé également de belles et fidèles représentations . Fêter la musique c'est donc en faire de façon contemporaine , mais c'est aussi se souvenir d'un passé riche en enseignements, en témoignages
Chopin à Paris
muets mais évocateurs, faits de divers documents souvent très accessibles mais parfois peu faciles à décrypter, car ils contiennent un langage oublié : celui des symboles. Dans la peinture ils foisonnent. Un oeil exercé peut en percevoir le message transmis. Dans les figurations musicales, il est  aussi bien présent: c'est une partition négligemment  jetée sur le sol,  ou un instrument, comme oublié, et posé sur un coin de table... Tels ces airs fredonnés sans y penser, et qui pourtant sont autant de vecteurs d'émotions, de souvenances, de sentiments, d'élans de vie à travers  quelques notes, sur une portée.

Freelance Writer
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Palestrina : "Jesu rex admirabilis"  ( Gardiner)
http://www.youtube.com/watch?v=BXQuOQccCWA
Bossa Nova : The girl of Ipanema
http://www.youtube.com/watch?v=CfJc_79JNgI

dimanche 9 juin 2013

Le passé à portée des yeux .. : archéo week-end

7, 8, 9 juin 2013, cette année encore les sites et les musées profitent du week-end  pour accueillir et amener  le grand public à la rencontre de son passé à travers la découverte de l'archéologie. Et l'INRAP(Institut national de Recherches Archéologiques Préventives), comme toujours, (outre ses travaux d'investigation de prospection, de sauvegarde),  fait son œuvre précieuse d'information et de vulgarisation.
Lors de ces 3 journées, en tous lieux,  le programme est bien chargé: visites,
animations, documentaires, ateliers, démonstrations, explications in situ.. pour grands et petits.(voir les divers programmes régionaux  sur le net)... On ignore souvent que sous la dénomination globale "archéologie" , il  existe de nombreuses spécialités, susceptibles d'intéresser les élèves (collégiens,  lycéens, étudiants),  et de susciter quelques futures vocations. D'autant plus que les divers métiers de l'archéologie sont présentés durant ces rencontres et visites : céramologue, anthropologue, xylologue, archéozoologue...  On rappelle également que, dans ces diverses orientations et disciplines,  le parcours commence généralement par une grande passion et par l'étude approfondie de  l'Histoire. Ayant longtemps eu le qualificatif d'aventurier( au cinéma ou dans une certaine littérature), le métier  d'archéologue est une profession  de spécialiste, qui, confronté à la dure réalité du terrain, est un peu éloigné du romantique personnage, évoluant sous un ardent soleil,  truelle en main, et chapeau cabossé sur le chef...
La prévention, qui est l'une des missions de l'INRAP,  est également évoquée en quelques chiffres signifiants..
Gard -Hérault - 1er trim. 2013
- au siècle dernier, début des années 70 : prise de conscience et objectifs de sauvegarde du patrimoine archéologique
-  1973 création de l'AFAN :Association pour les fouilles archéologiques nationales. 
-  1974 rapport de J.Soustelle à la demande du président J. Chirac (création d'1 carte archéologique)
-  1990 rapport  de C. Goudineau sur l'archéologie nationale
-  chaque année env. 250  fouilles sont lancées, en France, sur une surface totale de plus de 100 000 ha.
- 2002 création de l'INRAP :   une décennie bien remplie qui a fait l'objet de bilans, de prévisions, de leçons à tirer et de projets d'avenir, avec toujours en filigrane la communication publique (colloques, publications)
Depuis peu, les autorisations de fouilles sont accordées pour des aires plus importantes, ce qui donne une tout autre lecture du sol et du matériel trouvé . Le regard porté est à la fois plus large, et  l'interprétation, plus aisée, est donc plus  précise. Cependant, les investigations se multipliant, l'INRAP est confronté au problème du stockage  d'archives et de matériel (qui, une fois étudié, répertorié,  doit trouver sa  place dans les musées locaux). Les grands travaux d'urbanisation, d'aménagement ferroviaire, ...) sont autant d'opportunités pour retrouver des pans complets d'une histoire locale, parfois enfouie depuis des siècles. Les historiens, toujours à l'affût d'informations complémentaires des documents d' archives écrites,  sont attentifs aux rapports de fouille des archéologues. 
Entre missions et défis, l'INRAP assure sa trajectoire,  et souhaite, à présent,   ardemment un partenariat avec l'Education Nationale, pour "mettre à niveau" et actualiser les manuels scolaires en fonction des découvertes récentes et des avancées sur la connaissance des faits et lieux historiques.
Pour l'instant, c'est à travers des opérations comme:  les journées "portes ouvertes", celles du patrimoine, les expositions programmées par les musées archéologiques, les visites publiques  commentées sur les sites en chantiers, que l'INRAP peut proposer la présentation de ses activités au grand public. Le succès croissant de la fréquentation confirme ainsi  l'intérêt et le goût de la population pour l'histoire et l'archéologie.
Pour en savoir plus :
- à lire :
sur ce même blog, l'article paru le 8 mai 2012 "L'INRAP et ses missions"  .
"Le monde de la Bible" hors série de Juill-Août-Sept. 2013  avec une interview de J.P.Jacob .(Président de l'INRAP)
- à voir
les nombreuses videos mises en ligne par l'INRAP , et celles des sites régionaux .
- à consulter:
le site : www.inrap.fr  (videos de chantiers de fouilles,  photos, annonces de colloques, de parutions diverses...) http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/p-7-Accueil.htm
- pour fouiller:(pour candidats bénévoles sur chantiers encadrés par des responsables professionnels )
http://www.culture.gouv.fr/culture/fouilles/


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mardi 4 juin 2013

Il y a 130 ans ... le premier tour de roue ..

5 juin 1883- 5 juin 2013l'Orient Express :   train de luxe et de rêve... où le crime ne paie pas.
De Londres à Istanbul (un trajet de 3000km),   en passant par Paris, Nice, Venise , le voyage se fait dans le temps autant que dans la distance.. L'aventure se joue, au rythme tressautant du déplacement   des wagons sur les rails,   de la succession des gares, des rencontres de compagnons de voyage,  et des  heures  qui défilent..
En fin de XIXe siècle, l'Orient-Express représente une déclinaison d'évocations diverses....
G.Pullman
Source d'inspiration pour les écrivains, les artistes, les créateurs .. ,  lieu de rendez-vous des détectives, des amoureux, des décorateurs, le train mythique  n'en finit pas de traverser les décennies, en laissant dans son  sillage bien plus, et bien  mieux ,  qu'un simple  panache de vapeur ou de fumée... Le fantasme, l'exotisme, la passion, l'oisiveté, la rêverie, mais aussi le mystère, l'intrigue, les chassés-croisés des intentions et des relations humaines..: rien ne manque au creux des confortables banquettes des salons feutrés, dans l'éclairage tamisé, ou  sur les épais tapis des luxueux wagons.  Des grands noms de la décoration ont laissé leur empreinte dans l'histoire de ce moyen de transport dont la modernité le disputait au confort. L'architecte René Prou, le verrier René Lalique 
René Lalique
ont choisi de nobles matériaux ( l'acajou, le verre soufflé..) pour mettre en valeur un cadre sobre devenant, sous leurs mains,  un écrin. Georges  Pullman,  créateur des célèbres wagons-lits (railroad sleeping cars) , a apporté l'indispensable volet d'intendance  pour les nuits à bord.  La clientèle est immédiatement séduite par l'attrait de voyager dans de telles conditions. Les célébrités (Marlène Dietrich, Mata Hari, Jean Gabin,  Jean Marais, Pierre Loti ...) s'y pressent pour goûter aux joies d'un train historique.   C'est en effet dans la voiture  2419D (wagon
restaurant aménagé en bureau) d'un train de la Cie des wagons-lits, réquisitionné pour cause de conflit international, que le 11 novembre 1918 fut signé l'armistice mettant fin à la 1ere guerre mondiale.  Le train, ce moyen de transport relativement récent, entrait ainsi dans la légende en inscrivant une page exceptionnelle de la grande Histoire.     
Côté restaurant : "Potage perles du japon ,Filet de boeuf jardinière,  poulet du Mans au cresson,..." sont au menu en 1884. Le service est assuré par un personnel itinérant et stylé.
Sur une  telle durée ( 130 ans) les événements, comme les aléas, n'ont pas manqué.: 2 guerres mondiales, des relations internationales politiques et économiques  fluctuantes, et en plus : l'inévitable  concurrence ( de nombreux trans européens, sous d'autres dénominations, et avec des trajets modifiés, ont aussi sillonné l'Europe,dont  le remarquable T.E.E. dès 1957, qui permettait de relier Barcelone à Genève en un temps record) . . Cependant outre une pause, pour cause d'essoufflement, entre 1977 et 1982, le train a toujours suivi sa voie.. Et il roule toujours...  puisque de nos jours, l'on peut l'emprunter, dans les mêmes conditions de confort et de luxe, selon les normes actuelles,   vers les mêmes destinations : Vienne, Venise, Istanbul, Bucarest, Budapest... qui firent sa gloire et sa réputation.

Au dernier coup de sifflet, on ferme les portières, en voiture !! Quel autre texte mieux que la poésie de Valéry Larbaud ( "Ode" in Poésie A.O. Barnabooth) pourrait décrire la déambulation dans les couloirs de l'Orient-Express ?  "... Et je suis ta course vers Vienne et Budapest , mêlant ma voix à tes cent mille voix,  Ô Harmonika Zug ... "
 Et pour faciliter les adieux sur le quai..." puisque vous partez en voyage"  une charmante chanson de Mireille et J. Nohain, reprise par Françoise H. et Jacques D. ...
http://www.youtube.com/watch?v=zQG6aIaSRL8 


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samedi 18 mai 2013

1913-2013 : un siècle pour Trenet, ... l'enchanteur...

 Narbonne en ce printemps, parfois bien maussade, retrouve pourtant des airs joyeux.:des mélodies ensoleillées et entraînantes, qui ont "boosté" le moral de plus de 3 générations..
On le disait "Fou chantant" , ce fantaisiste poète, qui posait son regard d'azur, avec malice et talent, sur les mots, la musique, pour en faire un cocktail de chansons qui défient le temps.

Charles TRENET ( 1913- 2001),  chanteur du XXe siècle, né et reposant à Narbonne,  reconnu par ses pairs comme initiateur d'un genre nouveau, insufflant à la variété un rythme, un style, particulièrement efficaces, a voué sa vie à son art : la chanson populaire. Quelques incursions au cinéma, ne l'ont pas détourné de sa voie de prédilection.  Devenue référence, de son vivant, l’œuvre de l'artiste, a su s'inscrire également dans la continuité de la postérité, inspirant  les jeunes auteurs, enthousiasmant les nouveaux interprètes. Incontournable valeur de la variété française, le répertoire Trenet , empli d'humour, de poésie nostalgique, et de sentiments, a franchi les frontières avec succès. Les adaptations de "La mer" sont nombreuses et célèbres.
http://www.youtube.com/watch?v=abY0tZCdhUc
  La ville de Narbonne,  faisant sortir du gâteau l'homme au chapeau,  s'enflamme encore et toujours autour de manifestations commémoratives et festives






Parmi la multitude de livres, d'expos. , de conférences, de rediffusions .. on peut aussi rappeler :
Un ouvrage de publication récente : "Le roman de Charles Trenet"
(Nelson Monfort) .
Une Exposition : à Paris  depuis le 12 avril et jusqu'au 30 Juin 2013
à la  Galerie des bibliothèques
22 rue Malher 75004 Paris

"De Narbonne à Paris"  (détaillée en 6 époques)
Cette exposition sera présentée à Narbonne du 20 juillet au 20 octobre 2013
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"Il existe, là-haut, un jardin extraordinaire, où les chansons, des poètes fidèles disparus, courent  toujours,  soir et matin, par les allées de fleurs bleues, qui ressemblent aux routes des  vacances. L'on y voit, bien sûr, le Bon Dieu, assis sur son fauteuil de cumulo-nimbus, entre le soleil et la lune. L'on y rencontre une  crémière, un laquais chinois, une marquise, des amoureux assis sur un banc ...L'on y perçoit la présence de  la bergère Méditerranée,  berçant ses flots bleus, au rivage des dunes de sable fin... et l'on peut même ouïr un air de sardane, joué sur le piano de la plage.... Alors, ici-bas, à Narbonne, par-dessus les toits de tuiles roses,  dans les ruelles plus que millénaires, l'on a chanté, l'on chante, et l'on y chantera, car il peut encore y avoir de la joie, c'est une hirondelle qui me l'a dit ..." (N-L. M. - mai 2013 )

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dimanche 12 mai 2013

Sculpteur: l'homme et la matière...: Art et savoir-faire

L'idée du dieu modeleur de l'homme servirait-elle de référence à l'art de la sculpture ? De là à dire que cette activité relève du divin ....
Or , la sculpture s'est détachée de la "glaise originelle" pour se frotter à d'autres matières: le bois, le plâtre, le fer, l'acier, la cire, le bronze...
Hommes, et femmes,  réussissent  à relever le défi. Depuis le XXe siècle,  les productions sont nombreuses. Le temps des loisirs, la retraite, les cours d'initiation, les associations, facilitent et incitent à l'expression  artistique individuelle. Plus que dans les siècles passés, désormais, on ose, on sait mieux,  exploiter un talent que l'on pensait enfoui à jamais. Se découvrir une passion pour un art est souvent une révélation qui change le cours de l'existence...en mieux ! Créer:   valorise, donne à la fois de l'assurance, un statut, un rôle social. Rien n'est idyllique cependant, car les difficultés matérielles sont au rendez-vous,  avant  de pouvoir vivre décemment d'un don artistique. Faute d'un impresario, il faut trouver soi-même des lieux d'exposition, savoir "se vendre " ( ses productions) , faire la promotion, la publicité (afin d'être connu, avant de pouvoir être reconnu), être convivial et pouvoir s'exprimer dans  le mode  relationnel (savoir parler des techniques, de l'inspiration, des projets) ..
Rencontres à la Capitainerie et au Salon de La Grande Motte en mai 2013 :
Christophe Bressac : (à Usson)-63490-) métallurgiste de formation, a su adapter son métier à la création. Il travaille avec l'intervention d'un maître verrier. L'alliance entre le verre et l'acier donne une production très équilibrée entre force et  fragilité, tout en respectant une esthétique étonnante. Fortement imprégné de symbolisme et de  concrétisation, il laisse cependant  la part d'interprétation personnelle au visiteur. L'homme est chaleureux, direct,  et parle volontiers de son parcours, de son expérience et de l'histoire de chaque œuvre.



Mohamed Grine : (site internet : arts.grine.free.fr)  Fondeur, sculpteur, rompu à plusieurs disciplines, primé pour certaines de ses créations, il explique avec passion et patience toutes les étapes d'une pièce , de la conception jusqu'au polissage final. Contrairement à certains, qui affichent
volontiers le rédhibitoire "ne pas toucher" , M. Grine invite à poser la main sur l’œuvre pour mieux juger de l'effet, et favoriser ainsi le contact charnel avec la matière. Formes douces, féminines, élancées, silhouettes idéalisées, la quête de la perfection est sous-jacente. L'artiste évoque avec professionnalisme les divers matériaux qui jalonnent le parcours créatif et participent à l'aboutissement final : le sable, les métaux...

Ingrid B.  (Exposition jusqu'au 20 mai 2013 à la Capitainerie de La Gde Motte)  La couleur pour credo, déclinée sur maints supports( dont guitares, bois flottés,  coussins, tonnelets, planches de surf..) , des objets décorés, revisités,confèrent un caractère très original aux créations.
.. L'artiste incite manifestement le spectateur à la rejoindre dans son monde onirique, fantastique et imaginaire. Mais les diverses influences sont là, bien présentes,  et identifiables au 1er regard: l'Inde, les 2 Amériques, l'Afrique...puis, l'on découvre également un voyage dans le temps avec  les années "seventies", dont l'incontournable  référence au courant hippy, et à ses valeurs de pacifisme, d'insouciance, de tolérance, de liberté.
La dimension mystique n'est pas oubliée  dans cet étonnant et riche inventaire. En effet, quelques belles représentations mariales de Vierge à l'enfant, révèlent la sensibilité particulière d'Ingrid B. La technique de l'artiste allie peinture, sculpture collage, superpositions picturales, formes souples, arrondies, aucune sécante, aucun angle aigu, ne viennent briser l'harmonie générale du tableau.

3 jeunes créateurs, 3 personnalités attachantes,vivantes,  passionnées:  des itinéraires individuels artistiques à suivre, à travers leurs périodes respectives de créativité, d'inspiration diverses, concrétisées par des techniques exigeantes, requérant maîtrise, force et sens esthétique.
Que l'on approuve un style, qu'on le décrie, que l'on aime ou pas certaines formes d'expressions, on se doit cependant d'être reconnaissant de la démarche : le  "Beau" partagé : ce moment d'exception, où un être propose sa création, un peu de lui -même,  au regard des autres.
« A thing of beauty is a joy for ever… » (Un objet de beauté est joie pour l’Éternité). J. Keats (in -Endymion-)
Et toujours ces interrogations qui fascinent  : comment naît une œuvre d'art ? Quel miracle de partir de la matière brute pour arriver à un objet unique, vecteur d'autant d'émotions, de messages, de don de soi, et d'envie de partage ... "J'offre à vos yeux ce que mon inspiration a conçu, ce que  mes mains ont fait .."

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Du côté de chez Proust, à la recherche du temps ...

Le 14 novembre 1913 , M.Proust faisait paraître "Combray", 1er volume d'une histoire en 3 époques sous le titre général :" A la recherche du temps perdu " ( on y retrouve en 2e tome : un amour de Swann , et en 3e. :Nom de pays : le nom ).

St Hilaire d'Illiers-Combray
Méréglise
Combray-illiers, est une charmante petite cité  du pays Chartrain, où l'écrivain passa une partie de ses vacances, durant son enfance, dans la maison de sa Tante Léonie,  demeure  par laquelle il fut à jamais marqué,  et dont  les réminiscences étaient  empreintes d'odeurs de jardin, de linge fin, de thé et de friandises.. . Promenades sur les rives de Loir, dans les chemins creux, silhouette-repère de l'église du village, soirs  d'été au clair de lune,  le jeune Marcel engrange des émotions autant que des images. ..." ...On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l'horizon où Combray n'apparaissait pas encore..."  Il y a aussi l'édifice de Méréglise ( Méséglise, dans le roman)  et
ses environs,  où les  beautés de l''automne attiraient les déambulations de la famille .. Hélas , souffrant de crises d'asthme, l'enfant, devenu adolescent, a vécu en ces lieux , un dernier séjour, en 1886.
  Swann, célèbre dandy  héros  de la série,  apparaît donc,  dans ce 1er volume,  paru il y a  près d'un siècle.. ... Et l'auteur, Marcel Proust, (1871-1922), entraînait, dès lors, les lecteurs dans une dimension  particulière de l'espace temps et de  la consistance des souvenirs. Jeunes filles en fleurs au printemps, madeleines des goûters d'enfants, romantisme, rêverie, désœuvrement frisant l'ennui, ....: le style littéraire de l'écrivain s'empare avec brio de ces  sujets-là,  afin de  mieux leur donner vie. Symboles d'une époque, d'un art de vivre proche de la flânerie, les personnages évoluent, se découvrent,   se livrent avec désinvolture et désenchantement, aux confins des sentiments, des passions et des jalousies...
Distinction de la bourgeoisie,  en proie avec ses interrogations, qui ne sont pas toujours existentielles, mais qui sont de mise dans la bonne société,  dans une époque (entre le XIXe et le XXe siècles ),   où le quotidien des gens modestes revêt d'autres aspects pour cause de préoccupations divergentes. Relire Proust, pour le redécouvrir, s'apparente paradoxalement à une confrontation avec le temps. C'est l'aborder avec un autre regard, une autre compréhension. D'abord pour le style de la narration, qui est caractéristique du talent de l'écrivain, ensuite pour l'enchaînement des idées , le cours de la pensée,  qui suit celui du ressenti de, et dans,  l'immédiat, faisant inévitablement référence aux images enfouies dans les méandres de la mémoire. Située à la  fin de l'époque romantique, l'oeuvre Proustienne en porte cependant tous les stigmates. Alors,  pour en évoquer quelques thèmes, rappeler
qu'à la lueur de la chandelle un  tableau de Vermeer garde encore son mystère, que le parfum du vétiver flotte au fil des pages lues, avec évocation des salons parisiens, du cabaret du "Chat noir", du restaurant "Prunier", de la musique de Debussy ... . Temps perdu, temps retrouvé , temps d'ici , ou d'ailleurs, l'écoulement des jours déclenche toujours des interrogations sur le cours de l'existence,  et la propension de chacun à occuper son capital de vie à certaines activités. Occasions ( ratées ou réussies) de rencontres, d'opportunités, donner un sens à sa propre destinée.. : la littérature devient philosophie.
Quelques adaptations (films , téléfilms) ont tenté de capter , avec bonheur, l'esprit de l'écrit pour restituer l'ambiance  de l 'époque ( superbes costumes, décors, prestations de qualité de la part des comédiens  ..) Nina Companeez ( 2011), Bolker Schlöndorf (1984), Ralou Ruiz (1999). On retrouve certains clips vidéos,  extraits de ces réalisations, en ligne.


"Ne pas refaire le chemin à l'envers,  mais aller voir du côté de chez Swann..." comme le suggère la chanson  interprétée par  Dave, telle une invitation à se laisser gagner  par la nostalgie des souvenirs du passé,  aux teintes sépia,  adoucies par le temps ....

Quelques sites intéressants à consulter: 
http://infoaras.ning.com/profiles/blogs/proust-apuntes-sobre-el-mismo 
http://www.ina.fr/video/ORC8909110349 
ou à écouter :  (C. Debussy "Arabesque" par A. Ciccolini)
http://www.youtube.com/watch?v=Yh36PaE-Pf0

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