lundi 15 janvier 2018

Like a winter spirit

Charles d'Orléans (1394-1465) l'écrivait dans l'un de ses textes du recueil Rondeaux:

"Hiver vous n'estes qu'un vilain ... "

https://www.youtube.com/watch?v=gyelDMBwPTE 

Bernard Buffet
Yver, vous n'estes qu'un villain !
Esté est plaisant et gentil,
En tesmoing de May et d'Avril
Qui l'acompaignent soir et main (1).

Esté revest champs, bois et fleurs,
De sa livree de verdure
Et de maintes autres couleurs,
Par l'ordonnance de Nature.

Mais vous, Yver, trop estes plain
De nege, vent, pluye et grezil ;
On vous deust banir en essil (2).
Sans point flater, je parle plain,
Yver, vous n'estes qu'un villain !
Et, quelques siècles  plus tard,  c'est Jean Richepin (1849-1926) qui évoque la rudesse de l'hiver dans son poème:
Première gelée :(extrait)
P. Bruegel
Voici venir l'Hiver, tueur des pauvres gens.

Ainsi qu'un dur baron précédé de sergents,
Il fait, pour l'annoncer, courir le long des rues
La gelée aux doigts blancs et les bises bourrues.
On entend haleter le souffle des gamins
Qui se sauvent, collant leurs lèvres à leurs mains,
Et tapent fortement du pied la terre sèche. ...

Percy Bysshe Shelley (1792 -- 1822)  
https://www.youtube.com/watch?v=uSEWBAlrrb4
Associée symboliquement  à  la fin de la vie, la saison hivernale engendre souvent la mélancolie, le spleen. Si, pour certains, elle signifie neige, ski, plaisirs des sports et des loisirs, pour bien d'autres elle concrétise des difficultés matérielles et la perspectives de maux redoutés. Les artistes ont exploité
E. Manet
le thème en le déclinant dans leurs diverses productions. 
Antonio Vivaldi (1678-1741 ) les Quatre Saisons : L'hiver (violon : Nigel Kennedy)
 Propice à la narration au coin du feu, l'Hiver est la saison où l'on conte et l'on se raconte, en faisant souffler,  pour tous les auditeurs:   petits et  grands, l'esprit du froid dans des récits venus des pays nordiques ...
à écouter :
Pierre Dubois raconte la légende de l'Ankou. 
- dans la série des Contes et légendes : "Le bonhomme Hiver"  conte tsigane 
Les contes russes, amérindiens,  canadiens, et scandinaves font la part belle au frimas, aux décors givrés et aux héros qui sont souvent des enfants ou des animaux (loup, ours,...). 
H.C. Andersen
On ne peut  oublier  de citer l'incontournable "Reine des Neiges"(Sneedronningen),   conte (publié en  1844) de l'écrivain danois         Hans Christian Andersen  (1805-1875), dont fut tiré et adapté le film produit par  les studios Walt Disney en 2013.
Le texte du conte  : 
La chanson du film,  en plusieurs langues:

 

Sculpture : Pierre Legros dit l'aîné (1629 -1714), artiste faisant partie des sculpteurs attachés aux bâtiments du roi à Versailles (Louis XIV),  créateur de" L'hiver"  (oeuvre exposée au Musée du Louvre). Il existe un autre sculpteur Pierre Legros (1666-1719) dit "le jeune" , fils du précédent, il a obtenu le prix de Rome  et se distingua par ses représentations de personnages religieux. Il fut considéré comme l'un des sculpteurs les plus talentueux de son époque.   La personnification de l'hiver c'est le Dieu Saturne, barbu emmitouflé dans ses vêtements . Sous forme de mascaron, sa tête  figure en clé de voute de portes ou de fenêtres sur les façades, avec les autres saisons (Cérès pour l'été, Flore pour le printemps, Bacchus pour l'automne). Saturne était plus particulièrement  fêté chez les romains, lors de grandes manifestations qui avaient lieu au moment du solstice d'hiver :  Les Saturnales. La liesse pouvait durer plusieurs jours (7 jours à  l'époque de Cicéron, 5 sous le règne de Claude, et 3 à l'époque Augustéenne)-  

Voir les écrits de Macrobe "Les Saturnales", d' Ovide (Fastes), et de Virgile (Géorgiques) http://remacle.org/bloodwolf/erudits/macrobe/saturnales1.htm

En chansons de variétés : 

 Robert Charlebois :  "Je reviendrai à Montréal"

https://www.youtube.com/watch?v=g4NXUo8qipM

Gilles Vigneault : "Mon pays "

https://www.youtube.com/watch?v=DMojYYolPco

Free lance Writer 

Culture  Art  Patrimoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 5 janvier 2018

2017/2018 : Fin, début / recommencement ou continuité ?

"Une année de plus est, en réalité, une année de moins" : avec une telle phrase, la réflexion est largement ouverte sur un éventail de pensées philo-métaphysiques (ou inversement), et chacun y trouve matière à réfléchir sur le cours de sa destinée. Qu'il soit grégorien, chinois, maya, républicain ou autre, le calendrier est le symbole de l'éphémère, de la brièveté de la vie.  Plus que le passage d'une année sur cet inévitable marqueur  du temps, c'est le changement de décennie qui donne l'impression d'un seuil à franchir, et le ressenti est accru lorsque l'on passe  au millénaire suivant. En effet, l'arrivée de chacun d'entre eux a fait jaillir des craintes, a favorisé l'émergence d'une batterie de prévisions (dont certaines étaient assez farfelues), et induit des comportements de méfiance, de rejet, de protection. Car la nouveauté, le changement, ne "devraient" fatalement  s'effectuer qu'avec force catastrophes, bousculant l'ordre établi, et peut-être voir l'arrivée d'êtres venus depuis la mystérieuse galaxie...Le millénarisme  serait-il autre qu'une allégorie spirituelle issue de l'Apocalypse Johannique ?

L'an 1000: connu sous l'expression "la grande peur", on y développe de fausses terreurs,  on y redoute un monde qui risque de se terminer. Des calamités  sont annoncées, mais le millénaire voit le parcours de grandes personnalités qui ont laissé leur marque dans l'histoire universelle. Tels:
- le pape Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac / 946-1003) qui est un savant, grand mathématicien,  philosophe, et surtout un humaniste  s'intéressant aux inventions scientifiques et favorisant leur utilisation.
- le roi Robert le Pieux ( 972-1031) reconnu comme le 1er souverain thaumaturge, ce roi, couronné à 15 ans,  apparaît dans ses diverses biographies comme  celui qui pratiquait l'aide sociale, la charité, les dons (Helgaud de Fleury, Epitoma vitae regis Roberti pii), et ne négligeant pas les affaires ecclésiastiques.  
Période charnière du Moyen-âge (qui s'étend entre le Ve et le XVe s.), l'an mil (ou an mille)voit une évolution de l'ordre du monde féodal, par l'affirmation de puissance  des dynasties princières et nobles, consolidée avec la multiplication des châteaux, avec leur territoire respectif,   et donc de la hiérarchie  de la féodalité avec ses codes, us et coutumes. 
L'an 2000: Mille ans plus tard, il est encore question de "la fin du monde", de mises en garde contre d'éventuels envahisseurs galactiques. On agite alors des idées pseudo-mystiques qui trouvent leur auditoire. Certains s'en gaussent, d'autres ignorent,  et le passage en 2000 s'est effectué. Mais si "la grande frayeur" a pu effleurer quelques crédules, une crainte plus concrète, et plus actualisée (progrès technique oblige)  a circulé : celle du bug informatique qui "devait" paralyser tous les ordinateurs..
Et, tandis que la Tour Eiffel parisienne affichait un 2000 lumineux, au Vatican la porte du jubilé  s'était ouverte fin décembre sur l'année sainte. Entre spirituel et profane ce 2e millénaire semblait avoir trouvé sa place.
  Plus d'une décennie plus tard, le monde se cherche, fait face, comme il peut, aux incohérences de tous bords (sociales, mystiques, économiques, écologiques, culturelles. ..) et se projette néanmoins vers un avenir flou, avec toujours ce même espoir, ce même élan vital qui le meut depuis son origine. 
 à lire:
 https://www.cairn.info/revue-mouvements-2001-5-page-101.htm
 à regarder: (vidéo INA : l'an 2000)
 http://www.ina.fr/video/CPF86626899
 Entre prédictions, supputations, projections dans l'avenir, raisonnements d'hypothèses., optimisme et pessimisme.. est-il vraiment utile de savoir,  ou doit-on  se contenter de l'adage : qui vivra...verra?

Free lance Writer
Culture Art  Patrimoine

vendredi 29 décembre 2017

Ces regards...




Deux disparitions récentes  qui ont ému le cœur de France, ce sont aussi deux regards azuréens qui ont été ravis à un peuple,depuis lors, un peu plus seul...


Jean, l'Académicien...(1925 -2017)
mais aussi le journaliste, l'écrivain, à la plume aussi enjouée qu'interrogative sur un monde qu'il ne voulait pas aussi sombre qu'on veut bien  le dire.. M. d' Ormesson, dont la parole était portée par une intonation particulière, un vocabulaire choisi, savait séduire son public autant qu'il savait en  susciter l'intérêt, et l'amener à la passion de la lecture. Le regard  malicieux, le sourire toujours prêt à poindre, juste derrière le bon mot, l'homme a traversé plus de  neuf décennies avec élégance et noblesse. Ce brillant adepte de l'adjectif "épatant" dont il ponctuait souvent ses phrases, a su, à chaque nouvelle parution,  conquérir et conserver  un  large lectorat. Ses publications (plus d'une quarantaine)  s'étalent sur une période allant de 1956 à 2017. Membre de l'Académie française (au fauteuil N° 12, celui de Jules Romains) depuis 1973, cet érudit  fut aussi titulaire de nombreux prix littéraires.  
Interview:  la vie , la mort, Dieu...
https://www.facebook.com/septahuitofficiel/videos/1433404793423536/
La Grande Librairie:  pas d'angoisse de la page blanche ...
https://www.youtube.com/watch?v=m-Sg2WuAT7g 

Johnny, l'artiste ... (1943 -2017). Chanteur, comédien, acteur (ayant obtenu le prix Jean Gabin, en 2003 pour son rôle dans le film "L'homme du train"), compositeur (plus de 100 chansons pour son propre répertoire, 13 pour 11 divers  interprètes(dont Sylvie Vartan, Hervé Vilard, Zizi Jeanmaire, Nicoletta...), il est l'un des rares à être entré dans la légende,  de son vivant.  Son respect du public n'était pas feint,  et ses fans ne s'y sont point trompés en lui donnant en retour cet acquiescement sans concessions, sans restriction, tel un "culte" confiant que l'on voue à une idole. Car ce mot a rarement pris, hors Johnny H., toute sa signification. Entre l'artiste et l'auditoire, lors des grands concerts devenus mythiques,   on assistait à une sorte de symbiose, qui allait de la reprise en chœur de tous les tubes jusqu'au geste auguste réciproque : celui des mains tendues. Signe de reconnaissance, d'échange amical, d'adhésion, comme un lien indéfectible, cet acte spontané concrétisait la communion du moment, porté par un élan profond, plus ancien. En un peu plus d'un demi-siècle de carrière, cet attachement n'a pas connu de faille. Vivre entièrement la prestation scénique, donner du spectacle à voir et à entendre,   et se donner soi-même physiquement (parfois jusqu'à l'épuisement), ne sont pas des performances à la portée de n'importe quel chanteur. La lucidité de Johnny H., sur ce challenge, est très impressionnante, elle transparaît à travers les diverses interviews accordées aux journalistes depuis le début de son parcours. Devant la caméra, le chanteur a retrouvé ses aspirations de jeunesse et il a su trouver le ton juste. On emploie souvent,   à son sujet, des expressions comme: "bête de scène", énergie animale, idole, icône, le boss, le patron, ... pour tout autre que lui,  cela pourrait être à la limite du péjoratif, mais certainement pas pour Johnny H. Car, s'il fut certes tout cela, il possédait une palette comportementale nuancée, dans la vie comme à la scène, bien plus complexe (et bien plus intense). Si on a tendance à  assimiler le personnage artistique  avec l'entrée du Rock & Roll en France (mi XXe s.), avec ses codes vestimentaires, son modus vivendi, c'est juste, mais cela reste  un aspect restrictif. Au gré des albums, des concerts, des films, des pièces de  théâtre, l'artiste était avant tout un homme de son temps, sachant capter les influences, les modes, les collaborations au moment opportun, sans déroger à ses idées. Plus de  100 millions de disques (albums) vendus, 10 Victoires de la musique obtenues, ont jalonné la durée d'une carrière. Or,  le public, la presse, plus que jamais, ne semblent pas bien saisir la différence entre vie privée  et vie publique, ce qui est souvent source de regrettables dérapages. Il reste cependant, concernant Johnny H.,   l'image d'un  départ très bouleversant, à la fois  dans la dignité, le recueillement, et l'hommage musical, par une foule immense, rassemblant des centaines de milliers de fans, encore et toujours fidèles, dans cet ultime rendez-vous, reconnaissants pour tous ces instants de communion et de complicité autour de chaque prestation, depuis tant d'années. Et, pour eux tous,  ce 51e album inachevé contient l'attente d'une publication posthume, comme un au revoir musical...  
Film :" L'homme du train" ( scène avec le regretté Jean Rochefort
https://www.youtube.com/watch?v=DfQlARvtCQc
 Chanson : "Toute la musique que j'aime" (M. Mallory/ Johnny Hallyday)
https://www.youtube.com/watch?v=2sYHoRteXAg
M. Jean-Philippe Smet n'est plus, mais le mythe Hallydéen n'était pas qu'une légende, car l'on chantera pendant longtemps ses hymnes, et l'on contemplera son image.  L'idole n'est pas tombée de son piédestal, elle en est partie, et le socle demeurera à jamais vide.

Free lance Writer  
Culture  Art  Patrimoine 


jeudi 14 décembre 2017

Heures riches de livres précieux

On a récemment évoqué, dans la presse, la possible acquisition par le Musée du Louvre, du livre d'heures de François Ier. L'objet est pourtant de taille modeste, mais son décor est tel que la valeur en est presque inestimable. Une vaste opération de mécénat a donc été engagée. Le précieux petit ouvrage  est l’œuvre d'un marchand joailler réputé sur la place de Paris:  
(Robert?) Allart Plommyer. Ce dernier avait  une spécialisation : il était  lapidaire (tailleur de pierres fines et précieuses, mais pas pour les diamants). Les livres de comptes, du royal train de vie,  font état de nombreuses commandes, de pièces d'exception, passées auprès de divers artisans,  dont ce réputé joaillier lapidaire, ainsi que d'autres spécialistes  pour les travaux de copies, de miniatures, de maroquinerie, d'orfèvrerie.. que nécessitait l'élaboration de ce genre de recueil.
De ces livres de prières, ou de riches heures, la Renaissance est la plus emblématique des époques.
Les enluminures, les illustrations sont de réelles œuvres d'art. Recueils de dévotion, concrétisations manifestes d'un réel savoir-faire artisanal et artistique,  ils sont devenus éléments de patrimoine. 
Pour devenir mécène : 
http://www.tousmecenes.fr/fr/fr 

De Marguerite de Navarre à la Dame de Coettro, les livres religieux précieux rivalisent de figurations expressives et raffinées. Si le
thème marial et nadal en fut la prédilection, le texte lui-même se
présente avec  soin en commençant par des lettrines très ouvragées. 
Ces recueils  peuvent être de  divers formats .. En effet, on distingue: les Grandes Heures, les Très Riches Heures (celles du Duc de Berry- conservées au Musée Condé -à  Chantilly)
https://www.photo.rmn.fr/Package/2C6NU09TF4DL 
à consulter aussi :
http://www.domainedechantilly.com/fr/accueil/chateau/cabinet-des-livres/les-incontournables/
le petit livre d'heures,  les très petites heures d'Anne de Bretagne (Horae ad usum Romanum)
 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84328965/f64.item
Dans ces divers ouvrages, ce sont décors floraux, animaliers, savante palette de teintes rehaussées d'or, rinceaux foisonnants, détails subtils, qui font assaut d'illustrations multiples, mais on y découvre également quelques grotesques, des figures effrayantes,  des tracés réalistes qui reflètent un quotidien parfois utile aux historiens (détails vestimentaires ou de la vie courante: métiers de l'artisanat, vaisselle, parures, travaux des champs...). Faisant aussi office de calendrier, le livre d'heures est avant tout le livre des oraisons  quotidiennes que pratiquent les catholiques. En usage dès le XIIIe siècle et en vogue pendant la Renaissance, ils font suite aux psautiers médiévaux.  Suivant la liturgie pratiquée dans la région du lieu de résidence, ou le pays où l'on se trouvait, de légères variations intervenaient : comme l'emploi d'une autre  langue que le  latin (langue dans laquelle, initialement,  le texte était rédigé). Au XXIe s.,  ces livres, assez rares,  sont devenus  pièces de musées.

Free lance Writer 
Culture  Art   Patrimoine 









jeudi 30 novembre 2017

Modern Museum for Modern Art

   Emergeant du sol ou issus d'anciens bâtiments rénovés, les grands musées jaillissent et prospèrent pour proposer aux visiteurs des collections de plus en plus étonnantes. Le Modern Art s'offre ainsi des écrins à sa mesure. Sans bouder son plaisir, le public y afflue, et s'émerveille, attestant que l'art moderne a su, et sait, trouver ses adeptes. Deux grands pôles font l'actualité en cette fin d'année 2017.
SHANGAI: 余徳耀美术馆
Budi Tek
Le Yuz Museum, dont l'objectif est la promotion de l'Art contemporain, a été créé en 2014 sur les quais  du West Bund. Il s'étend sur 9000m². Sa galerie principale est un ancien hangar à avions. Dans le style minimaliste (futur primitif), ce musée est l’œuvre de l'architecte  japonais Sou Foujimoto.  Le Directeur : Budi Tek (Yu Deyao) est à la fois mécène, entrepreneur, collectionneur, et surtout: passionné d'art. C'est en 2007 qu'il créa sa fondation (dirigée par Ashok Adiceam). Sur l'espace muséal on a pensé et réalisé des résidences d'artistes et d'immenses zones d'expositions.
Un parcours atypique vers l'art:
http://www.lepoint.fr/arts/la-fabuleuse-histoire-de-budi-tek-19-07-2012-1490075_36.php
Actualité , événements, expositions
http://www.yuzmshanghai.org/
 C'est  Zhou Li qui a proposé une partie de sa récente production sous le titre : "Shadow of the wind" depuis le 25 février 2017 jusqu'en juin 2017.  L'artiste, née en 1969, a passé quelques années de sa vie en France  (de 1991 à 2003) avant de retourner dans son pays natal : la Chine.
Outre ce grand volume: le Yuz M, qui vient de fêter son 3e anniversaire en 2017, il faut citer également en Chine, deux galeries:  Antenna Space et Leo Xu Projects, plus spécialement  dédiées aux travaux de jeunes artistes.
A noter aussi le courant ascendant des grandes foires internationales comme:
- La 5 e édition de l'Art 021,   tenu en novembre 2017 (du 10 au 12) au Shanghai Exhibition Center, avec la participation de 104 galeries, et qui a reçu 70 000 visiteurs. 
- La West Bund Art Fair (sous la direction de  Zhou Tiehai), qui, à la même période (nov.2017) présentait sa 4e édition.
 *   *    *                   *    *     *                   *     *    *
Jochen Zeitz et le MOCCA
CAPE TOWN :(Afrique du Sud):le Zeitz MOCAA (Museum of contemporain Art Africa) est installé dans un bâtiment de 1924, c'est un ancien silo à grains remanié par l'architecte Thomas Heatherwick. L'espace de 9500m² n'est pas entièrement dévolu à l'art puisque l'on y trouve également un hôtel 5 étoiles. C'est  à l'homme d'affaires allemand : Jochen Zeitz que l'on doit ce musée. Une partie de ses collections personnelles y est exposée. Le directeur du musée est Mark Coetzee, qui ne cache pas sa satisfaction  d'avoir vu se concrétiser une telle réalisation.

Actualité , événements, expositions :
https://zeitzmocaa.museum/exhibitions-and-events/ 
L'ouverture en septembre 2017:
https://culturebox.francetvinfo.fr/arts/evenements/ouverture-au-cap-du-mocaa-le-plus-grand-musee-d-art-contemporain-d-afrique-262793

"Cathédrales" ou  "temples  de l'art", ces bâtiments à l'architecture aussi avant-gardiste qu'audacieuse, sont des musées privés. Nés de la passion pour l'art, d'hommes  parfois venus d'autres milieux professionnels, ils renferment en leurs murs des joyaux de l'Art contemporain.  Outre les collections personnelles , ce sont des prêts d’œuvres issues d'autres établissements, qui alimentent les expositions temporaires, ainsi que les productions d'artistes invités. On sait que l'enjeu économique est important, pour le pays et pour l'institution elle-même, car la gestion de tels" vaisseaux" culturels dépend de maints facteurs, dont le 1er est l'adhésion du public.L'Art Contemporain ayant pris depuis le XXe siècle un réel élan,  son devenir est attaché à la réussite de telles implantations, en des lieux, certes, parfois inattendus, et sur des continents  où cette mouvance est encore mal connue (reconnue?), peu pratiquée. Mais les jeunes vocations, les nouveaux talents, le marché, les publications, les documentaires d'informations, les stages in situ, les visites commentées,  sont en plein  essor,  laissant présager encore de beaux jours, "d'ouvertures" consolidées,  et de riches émotions autour de l'Art de ce XXIe siècle.

Free lance Writer 
Culture  Art  Patrimoine 





jeudi 23 novembre 2017

Robert Hirsch, l'adieu à l'artiste

Il a quitté définitivement la grande scène sans pour autant disparaître de nos mémoires. Robert Hirsch,(1925-2017) artiste complet qui s'illustra au théâtre, au cinéma, à la télévision fut  l'un des rares à pouvoir pratiquer avec un égal talent le mime, la danse, le chant, et à jouer  aussi bien la comédie que le répertoire classique. Tragique, burlesque, inquiétant, enjoué, nul rôle, nulle facette de l'interprétation n'échappaient  à sa capacité de capter un personnage.
A revoir :
"Les dégourdis de la onzième ":  (1986)
https://www.youtube.com/watch?v=zfvWzQT7y4w&t=1119s
Après un passage à l'Opéra de Paris , comme danseur (2e quadrille),   il décrocha, en 1946, le 1er prix de comédie au Conservatoire d'Art Dramatique . De 1948 à 1974 il fut le 420e  sociétaire de la Comédie Française. S'il a su servir le répertoire classique avec ferveur, il a également joué avec bonheur sur les planches du théâtre de Boulevard, n'hésitant pas à se produire dans des œuvres d'auteurs contemporains . Acteur populaire, il a aussi figuré au casting de nombreux films et téléfilms (sa filmographie au cinéma s'étend de 1951 à 2015, et à la télévision de 1955 à 2014). Maintes fois récompensé pour ses prestations au cours de sa longue carrière, il a obtenu  6 Molières (dont un Molière d'honneur en 1992).
L'ovation de la profession lors de la remise du César d'honneur:
https://www.youtube.com/watch?v=8g8tzU6Cklc
Irrésistible duo (Je vous aime, Madeleine) avec la regrettée  Gisèle Casadesus (dans : Le grand restaurant):
https://www.youtube.com/watch?v=-R4PeuvglCw 
Interview (archive INA ) 
https://www.youtube.com/watch?v=NseHzQWhh7w

 Sa forte personnalité, son tempérament,  son jeu de scène,  en font une légende et une référence,  de son vivant. On le qualifie même  de "monstre sacré" .    De sa formation de danseur et de la passion qu'il a gardée tout au long de sa vie pour cette discipline, Robert Hirsch conservera longtemps un certain maintien,  une silhouette dynamique, et une façon de se mouvoir avec aisance et élégance dans tous ses rôles, aussi bien au théâtre qu'au cinéma. Il a su pratiquer également  la drôlerie et l'auto-dérision avec justesse et pertinence, (souvent avec son collègue Jacques Charon) n'hésitant pas à se grimer et à se déguiser pour maintes occasions (sketches,  galas, spectacles télévisés). Faire rire , émouvoir, incarner divers personnages, endosser différents costumes, le contrat de comédien  a été largement rempli, avec brio, pour celui que l'on appelait Maître:  Robert Hirsch. 
Extrait de la pièce : Le père -
https://www.youtube.com/watch?v=bfty6Xk_1ms
Et sans oublier sa prestation remarquable dans  le film de Gilles Grangier "125 rue de Montmartre"(1959)

Free lance Writer   
Culture  Art  Patrimoine                                     






jeudi 2 novembre 2017

Costume : sur la peau du personnage

 Le costume de théâtre, de Music Hall, c'est déjà de l'interprétation. Pour un artiste, se glisser dans la peau d'un personnage peut commencer, certes, à la lecture d'un scénario. Mais c'est en revêtant le costume  qu'il pourra prendre toute la mesure, tout le poids et l'ampleur  du héros à qui il devra donner vie.
Exposition : à  MOULINS (03- Allier- France) - au Centre national du Costume de scène - depuis le 14 octobre 2017 jusqu'au 11 mars 2018 sous le titre : " Artisans de la scène", 200 accessoires environ sont présentés au public, mettant en valeur le travail, la créativité, le grand art  des plumassiers, des brodeurs, des costumiers.
Pour plus de renseignements : 
http://www.cncs.fr/artisans-de-la-sc%C3%A8ne-la-fabrique-du-costume
Si le public est embarqué par une mise en scène, emballé par un décor, satisfait par un jeu d'acteur, il peut être  littéralement séduit  par les personnages. Or, s'il est vrai que dans les cours de théâtre on travaille les rôles et que l'on joue  revêtu de  ses propres vêtements, en mettant l'accent plutôt sur le jeu dramatique, l'articulation, la pose de la voix, et sachant que le look peut être trompeur, on ne nie pas l'impact et la force  de l'aperçu d'un  personnage en costume. Bien qu'au XXIe siècle,  l'on assiste  à des interprétations très dépouillées (sans vêtements), d’œuvres se voulant dépoussiérées, minimalistes, et débarrassées de toute contrainte textile, il subsiste un attrait pour  toute manifestation qui met  la parure  en première ligne.
Pour en savoir plus :
- "Anima ardens" , par la compagnie Thor,  au Sziget Festival  (chorégraphie de Thierry Smits)-2017-
- "Tragédie" (Olivier Dubois ), en 2013, puis "Soul" en 2014
- " Mount Olympus" - performance de 24 h à Anvers (2017)- (metteur en scène : le plasticien Jan Fabre) marathon/spectacle créé en 2015 à Berlin.

Le travail des artisans du costume  excelle dans les spectacles, donnant libre cours à leur habile  savoir faire et à leur puissance créatrice. Novateur ou conservateur,  le chef costumier qui "habille" le spectacle, a une grande responsabilité.

On sait pertinemment que des thèmes, plus que d'autres,  sont porteurs d'inspiration. Le travestissement dit "d'époque" a toujours ses adeptes, et la présentation des comédies de Molière opte souvent pour la tradition. Cependant, comme l'actualisation d'une interprétation passe souvent par une remise en question du choix des costumes, l'on franchit allègrement les siècles pour une garde-robe très contemporaine.
Certains rôles restent symboliques par le charisme d'un comédien, et   par son costume,  endossé pour personnaliser  le héros de la pièce.
Exemple: l'inoubliable Gérard Philipe dans "Le Cid"
Le Cid: ( Charleroi -1954)
 En coulisses, dans  les loges, après la représentation :
https://www.youtube.com/watch?v=LAdDcBarftA
 (extrait- Sylvia Monfort et Gérard Philipe
https://www.youtube.com/watch?v=_Ttw5e3HoJY 
  Sur les grandes scènes internationales fréquentées par les stars de la variété, comme dans les théâtres ou les salles de ballet, le costume fait sa loi. Parfois  vecteur d'un courant de mode, il est aussi reflet d'une personnalité. Certains artistes, au cours de leur carrière, ont une telle palette de tenues différentes (originales, extravagantes),  que des expositions leur sont consacrées. Le public y accourt car chacun des costumes rappelle un concert mythique, une soirée exceptionnelle, un titre de chanson qui fut le succès d'une année précise. Et même si, avec le recul du temps , cela peut prêter à sourire, le souvenir est le plus fort. Il émeut, et attache les gens à un même événement artistique.

Les grands noms de la haute couture ont aussi exercé leur talent dans les costumes de scène. Pierre Cardin (de 1950 à 1953 costumes et masques de théâtre), Gucci, Christian Delacroix, ont ainsi participé au succès de belles prestations théâtrales ou de ballets. Chatoyantes séries de matières nobles,  ou modestes,  le costumier y puise  des plumes, des perles, des broderies, des brocarts, du tulle, de la dentelle, de la soie, du satin, du velours, des rubans de taffetas, pour sublimer une tenue adéquate. Et le costume devient chef-d’œuvre, participant ainsi à la réussite d'un projet pour lequel tout concourt. L'apparence est, dit-on, parfois superficielle.  Mais dans un milieu où le rêve, l'imaginaire, ont une large part, calquer à un personnage (ou s'en démarquer) , être le révélateur d'une situation ou d'un contexte social, ne peut que susciter l'intérêt, le plaisir, la satisfaction (l'admiration ?) de la cohérence entre un personnage et son costume..   
A lire:
L'habit ne fait pas le moine.. quoique
https://blog.bibliotheque.inha.fr/fr/posts/l-habit-ne-fait-pas-le-moine-quoique.html

L'oiseau de Feu
Une restriction cependant : la couleur verte,  interdite de scène, réputée pour porter malchance (superstition)  .. Faite à base d'un pigment  dangereusement toxique, au XVIe s. elle était considérée comme néfaste,  et synonyme de valeurs instables. Au théâtre, on a longtemps associé une teinte à un rôle, telles des codes métaphoriques. 
https://www.franceinter.fr/culture/pourquoi-le-vert-est-tabou-sur-les-scenes-des-theatres

http://popups.ulg.ac.be/0774-7136/index.php?id=384



Free lance Writer
Culture  Art  Patrimoine