lundi 12 mai 2014

Con lo sguardo di Marcello...

Une palme pour des étoiles
Cannes, du 14 au 26 mai 2014, offre la 67e édition de son cultissime Festival de Cinéma. Une fois encore,  le tapis écarlate sera foulé par une pléiade de stars,  prenant la pose au pied des marches de l'escalier du Palais, pour la plus grande joie du public et des photographes.
Défilé de smokings, de robes de soirée, de sourires de circonstances : la manifestation attire toujours autant de badauds et d'inconditionnels. L'époque des starlettes en mal de rôle est peut-être révolue, mais, signe des temps actuels, les People  font,  plus que jamais,  recette. Si la magie n'est plus, comme la nostalgie, ce qu'elle était, la part du rêve, elle,  est encore possible et accessible,  à condition de se trouver au moment clé sur la Croisette.

Plusieurs personnalités de la sphère cinématographique (actrices,  acteurs, réalisateurs, metteurs en scène ..) officient à des postes incontournables de tout festival. Ainsi, cette année, ont été choisis dans la profession : 
 Lambert Wilson, pour être  le Maître de cérémonie
Le festival dans son ensemble est placé sous la présidence de Jane Campion 
La Présidente du Jury de La caméra d'or : Nicole Garcia
Le Président du Jury Un certain regard : Pablo  Trapero
L'invitée d'honneur de Cannes classics : Sophia Loren
Le président du jury de Cinéfondation et courts métrages : Abbas Kiarostami
La sélection officielle fait toujours débat. Cette année n'a pas manqué à la tradition. La compétition n'en est que plus âpre, car cette sélection se veut éclectique, glamour, très représentative de la tendance, allant du biopic au thriller, en passant par le drame (genre largement représenté)  et le film historique. De quoi répondre à pas mal d'attentes, par des  découvertes inespérées et, pourquoi pas,
d 'agréables surprises, ou  de  sensationnelles révélations ?  Les frères Dardenne sont du lot des 18 élus, avec leur  film: "Deux  jours,  une nuit ", autre sélectionné, celui de Bertrand Bonello  : " Yves Saint Laurent", et un Godard: " Adieu au langage" .
Derrière la grande industrie du cinéma, la grosse machinerie aux enjeux économiques, touristiques,  commerciaux, les prix décernés, les récompenses, le festival international de Cannes c'est aussi une ribambelle de souvenirs peuplant la mémoire collective.
 - Des images:  la foule qui se presse autour de Brigitte Bardot, le sourire admirable de Michèle Morgan, l'élégant Yves Montand accompagné de l'incomparable Simone Signoret., le séduisant  Robert Redford, la belle Sophia Loren ..
- Des thèmes musicaux :" Le troisième homme" , "La dolce vita" , "Un homme et une femme"
- Des titres : La symphonie pastorale  , Le guépard,  Le pianiste, Adieu ma concubine,
- Des commentaires : ceux de François Chalais (Reflets de Cannes)  et de France Roche.
Palme d'or de Cannes, Ours berlinois, ou Lion d'or du festival vénitien, le grand écran  est récompensé, créant parfois la polémique, mais quêtant toujours l'adhésion du public: ces foules anonymes qui viennent chercher dans les salles obscures la distraction, le rire, l'émotion, le rêve, ou la réflexion. Fidèles spectateurs qui suivent (parfois de trop près) la vie des artistes, en confondant la fiction embellie avec la réalité du quotidien, la star des caméras et des podiums avec l'être de chair aux fêlures si humaines.
Sur l'affiche( Lagency/Taste) du festival 2014  : Le talentueux acteur italien, le regretté Marcello Mastroianni,  contemple de son regard d'éternel séducteur, tout ce joli monde ,  par-dessus la monture de ses lunettes noires . Cannes : questo è così ! 


Pour en savoir plus
https://www.youtube.com/watch?v=RRoOPwurAuo
http://www.festival-cannes.com/fr.html
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18633828.html


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dimanche 11 mai 2014

Dance : evolution and revolution

Depuis le temps de  Marius Petipa,  l'univers de la danse classique a cheminé à grandes enjambées au cours du XXe siècle. Cette évolution est portée par la volonté et le talent de quelques célèbres danseurs-chorégraphes, hommes et femmes,  qui ont su s'appuyer sur la tradition afin de mieux s'en démarquer : Nijinski, Maurice Béjart , Carolyn Carlson, Pina Bausch, Blanca Li...
La Flamande Anna-Theresa  De Keersmaeker , née en 1960, fait partie de ce mouvement novateur, qui a révolutionné la chorégraphie et le monde de la danse. Sa perception personnelle du métier, accordant une place primordiale à la musique, s'est développée autour d'une structure stricte, dépouillée, mettant en valeur l'individualité au sein du groupe.
Quelques dates dans un parcours d'exception, avec divers points forts  dont la création de 35 chorégraphies :
1978-80 : passage à l'école Mudra ( Maurice Béjart)  puis séjour et formation aux USA
1982 : "Fase" (création de ballet )
1983: formation de la Compagnie Rosas
1988:  Ottone, Ottone (ballet)
de 1989 à 2012 : Obtention de divers prix

1995: P.A.R.T.S. (Performing Art Research and  Training Studios)
de 1995 à 2013 : Attribution de  plusieurs titres et distinctions 
1997: Just before
1998: Drumming
2001: Rain
2002: Once (musique de Joan Baez)
2008: The song
2010:  En attendant
2011: Cesena (en diptyque avec : En attendant)
2013: Partita ( musique de J-S. Bach - violon : Amandine Beyer) . Une année marquante avec la création en octobre, en Allemagne, de Vortex Temporum (sur une musique de Gérard Grisey, avec la troupe Rosas et les musiciens du groupe Ictus ) à Lille du 10 au 12 décembre.
https://www.youtube.com/watch?v=q2to2pXy4_U
 L'après-midi d'un faune :le thème , emprunté initialement au poème de Stéphane Mallarmé sur une musique de Claude Debussy, a fait déjà l'objet, en 1912,  d'une chorégraphie ambitieuse et innovante par Nijinski. Plus d'un demi-siècle plus tard,  Rudolf Noureev l'a repris, en 1979, en y donnant sa propre interprétation. Et c'est en 2006 que A.T. Keersmaeker reprend le sujet, à sa manière, sous le titre "Prélude à la mer" (danseurs: Cynthia Loemij et Mark Lorimer, filmés par Thierry de Mey),  à découvrir sur numeridanseTV, ou sur la vidéo faite pendant les répétitions, lors de la création  à Montpellier (festival de danse)
https://www.youtube.com/watch?v=Hv5iGGeKyKk

A la fois musicienne (flûtiste) et danseuse, Anna Theresa  De Keersmaeker  s'imprègne surtout  du rythme,  afin de rompre avec les contraintes traditionnelles de la danse classique,  libérant ainsi l'expression corporelle. Mouvements déliés, souples, de vie, d'entrain, gestuelle et costumes épurés, espace peuplé de spirales, la chorégraphie anime toute la place scénique. Subtile, précise, sans être oppressante, soutenue par la cadence, la déambulation s'effectue par la marche, en pas  glissés, sautés, chassés. Le saut, la course s'intègrent aussi bien dans la chorégraphie, selon le thème,  que la posture assise ou couchée. Le corps entier  exprime , suggère, mime, s'abandonne à l'élan vital qui le fait se mouvoir. La grâce, comme dans la danse classique,  est, certes,  toujours présente, mais elle peut s'effacer devant la force, la vivacité, et le geste répétitif qui accentuent une représentation particulière et déterminée.
 Deux maîtres mots : la danse et la musique, génèrent et canalisent  cette énergie mise au service de l'art. La démarche  est inspirée de celle des  précurseurs, qui, à leur époque (au début du XXe siècle),  a suscité l'étonnement, la critique mais non l'approbation. Le temps ayant fait son œuvre d'accoutumance à la nouveauté, vinrent l'acquiescement, la compréhension, puis, l'engouement. Le ballet contemporain a largement gagné sa place dans le monde de la danse.  Et la recherche chorégraphique a ouvert sa palette aux influences multiples des évolutions codées sportives actuelles, telles:  le Hip Hop et la Break Dance. (voir le spectacle : "Rock it all tour ", du  champion du monde de la discipline : le jeune chorégraphe Brahim Zaïbat, de sa troupe, et des "guest" ).
Des vocations, des suiveurs, émergent de ces nouvelles troupes de danseurs. La danse , la chorégraphie sont portées par une demande toujours grandissante et des attentes correspondant aux vœux d'un public de plus en plus difficile et  averti. Lorsque l'on connaît les exigences  de ces disciplines pour parvenir et se maintenir au plus haut niveau (entraînement physique régulier et   intense, hygiène de vie, et  grande motivation), on en mesure alors toute la valeur. Celle ou celui qui choisit ce genre de carrière ne va certes pas vers la facilité, mais quelle satisfaction lorsque le succès et la gloire couronnent le parcours !


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mardi 6 mai 2014

Peter Doig au MBAM

Les lieux de culture sont d' indispensables et précieux îlots,  où les artistes et le public ont rendez-vous. Théâtres, salles de concert, musées ... autant de bâtiments pour des rencontres riches et valorisantes autour du beau et de la créativité. La pédagogie du XXe siècle en a compris tout l'intérêt, et a su, peu à peu, intégrer des projets d'initiation et de découvertes, aussi bien dans les locaux scolaires que par la fréquentation des lieux culturels, avec , parfois, "in live" la participation des artistes.
Le MBAM : Musée des beaux Arts de Montréal (Canada), a été fondé en 1860 . Depuis cette date, la structure a changé d'adresse, mais c'est toujours un lieu de culture de grande envergure.  Actuellement c'est un ensemble de 4 bâtisses (une 5e est prévue)  dévolues à l'art. Chacune  est  respectivement ciblée : art moderne, art ancien, art contemporain, national et international. Le Musée abrite en son sein, outre une bibliothèque,  une importante collection de 38 000 objets.
Peter Doig : peintre contemporain, d'origine écossaise, né en 1959.
Après un parcours  international semé d'éloges,  de récompenses, et de reconnaissance,  pour un style résolument personnel, c'est, en 2013  (d'août à novembre) , un retour aux sources, avec une exposition  à la National Gallery of Scotland (Edinburgh).
Depuis janvier 2014 et jusqu'au 4 mai de cette même année, le MBAM ( pavillon Richard et Renata Hochstein) accueille  l'exposition titrée : "Nulle terre étrangère"( No Foreign  Lands). L'artiste ne se retrouve pourtant pas   tout à fait en terre inconnue,  puisqu'il a séjourné quelques années (enfance et adolescence) dans ce pays, où il expose ses œuvres, sous  ce titre interpellant plus que jamais le visiteur.  La référence à une citation de  R-L. Stevenson ( célèbre auteur et voyageur de la moitié du XIXe s. , compatriote du peintre) n'échappe à personne :
 " There are no foreign lands. It is the traveller only who is foreign". (in "The Silverado Squatters " -1883)
 Artiste vivant dont la production est l'une des plus cotée de la planète, Peter Doig ne laisse pas indifférent. Sa technique, son travail d'observation et de restitution dans la création en s'inspirant de photographies, ses choix de teintes (pastellisées ou crues) , tout comme sa maîtrise des formes, fondues en harmonie avec le décor, ont modelé, sans renier les références,  un talent particulièrement frappant. S'extraire du réel, avec poésie, sans s'en arracher  brutalement, pour ne pas trahir, mais afin d' aller vers l'abstraction, pourrait relever du paradoxe. Or, le plasticien ne peut y parvenir sans maîtriser son art. Pari réussi pour Peter Doig et ses toiles. Barques vides, ou lestées de passagers, voguant sur des ondes tranquilles aux berges envahies de denses végétaux colorés: est-on vraiment loin de Cythère  ou du paradis perdu ?
Depuis plus d'une décennie, le peintre réside à Trinidad,  qui constitue, d'après ses déclarations,  une étape supplémentaire, de recherches et de mises en application,  dans  une vie artistique déjà bien remplie.

Pour en savoir plus :
https://www.youtube.com/watch?v=_IKe529_2kM

On peut se procurer le catalogue de l'exposition, en version française ou anglaise,  à la boutique du Musée.
infos générales sur l'exposition : 
www.mbamtl.org

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vendredi 2 mai 2014

"Gabo " : le départ d'un Nobel

Gabriel Garcia Marquez, ( "Gabo"),  prix Nobel de littérature (en 1982),  vient de s'éteindre, en ce mois d'avril 2014. L'écrivain colombien laisse l'empreinte d'un géant. Celui qui fut nouvelliste, journaliste, romancier, chroniqueur, poète,critique de cinéma,  n'a pas craint d'exprimer (via divers médias) ses opinions politiques dans un contexte difficile. En ce domaine,  certaines de ses positions et amitiés ont été controversées.
Interrogé sur sa carrière et sa notoriété, il répondit qu' il pensait que par l'attribution d'un prix aussi prestigieux que le Nobel, c'était toute la littérature sud-américaine qui était enfin reconnue et mise à l'honneur. 
Succès phénoménal, pour son ouvrage  "Cent ans de solitude",   vendu dans le monde en 30 millions d'exemplaires, et qui fut traduit en 35 langues. Le roman est pétri par les souvenirs d'enfance, notamment  par celui de sa grand-mère, narratrice incomparable mêlant les faits authentiques aux récits imaginaires et fantastiques. "Gabo" a ainsi nourri son style  et développé les histoires du passé, en y apportant son propre ressenti, sans occulter la réalité des événements historiques et politiques. Il crée donc  un travail d'écriture spécifique et personnel, où se mêlent, dans un même récit,  plusieurs genres littéraires, des références multiples, l'exposition des problèmes liés aux  relations sociales, et familiales.
Se jouer du rationnel, en entraînant le lecteur dans un mouvement oscillatoire entre présent et
flashback, voir les thèmes de manière générale mais  les recentrant progressivement vers le particulier et le détail, donner de l'importance aux faits plus qu'aux personnages eux-mêmes, sont  au nombre des figures stylistiques choisies par l'auteur, dans la rédaction de ses ouvrages. Cela constitue sa particularité, sa "plume".
La production littéraire de G.Garcia Marquez  constitue une étape importante pour la littérature latino-américaine. Avec lui, on a pu noter  l'émergence d'un courant et même  d'une réelle  impulsion, qui, loin des préjugés, et des jugements hâtifs défavorables,  (re) mettait en valeur  les racines, la culture, et les traditions, de tout le continent sud-américain. Ce fut aussi redonner la force à l'écrit, qui, en plus du témoignage journalistique des bouleversements multiples et douloureux subis par la population, a permis d' insuffler une énergie nouvelle à la narration romancée. 
Outre ses activités d'écrivain, G. G. Marquez s'intéressa aussi au Grand Ecran, en tant que critique, certes,  mais  il a aussi participé à plusieurs créations,  fondations, et adaptations (de certains de ses romans):
- la FNC : la Fundación del Nuevo Cine Latinoamerican (1985)
- l'EICTV: la  Escuela Internacional de Cine y Televisión (1986)
Parmi les romans, nouvelles , articles publiés  :
- Pas de lettre pour le colonel (1959)
- Cent ans de solitude (1967)
- Chronique d'une mort annoncée (1981)
- L'amour au temps du choléra (1985)

Thèmes revenant fréquemment,   dans les écrits de Gabo: el escritor,  la vie et la mort dansent une ronde implacable autour des mots, avec les sentiments la notion de temps qui passe, la fatalité, la prémonition, la prédestination. tel un combat dont on connaît, et doit accepter, la fatale  issue.

 " Sólo entonces comprendí que morir es no estar nunca más con los amigos."
 (extrait du prologue de  "Douze contes vagabonds"   )
Les ouvrages de G.Garcia Marquez, devenus références, gardent en leur sein les divers messages que l'auteur a laissés en héritage aux lecteurs qui voudront bien en trouver, à travers les lignes,  la charge symbolique, et la portée philosophique. Celle d'un regard personnel,  aiguisé,  sur  ses concitoyens , ses congénères, et sur le monde.

"La paz es como la felicidad. Se dispone solamente a plazos y se sabe lo que se tenía después de que se ha perdido". (G.G. Marquez, en el Diario "Die Welt", 1988).





                                                           Hasta la vista señor Marquez!


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jeudi 1 mai 2014

2014: Luis et Louis centenaires.

Deux grandes figures marquantes du spectacle, deux  fortes personnalités sont rappelées à la mémoire collective en cette année 2014. En effet, il y a un siècle naissaient Luis Mariano et Louis de Funès. Hommes de scène, de grand écran, de talent, dont les parcours se rejoignent sur un thème commun : distraire le public. Certes leur domaine d'intervention respectif : l'opérette, la comédie, ne rallient pas tous les suffrages; Boudés par la critique, galvaudés, moqués, et parfois méprisés par des auditoires élitistes, ces genres ont pourtant ravi des générations de spectateurs en apportant le succès à leurs protagonistes. Combien de rires ont fusé, combien de refrains furent  fredonnés, grâce aux dons et à l'incomparable professionnalisme  de Louis et de Luis
Luis Mariano (1914-1970): ténor basque à la voix inimitable, au charme et à la silhouette de jeune premier hispanisant, a su enchanter, durant toute sa carrière,  les théâtres et les salles de spectacles, en entraînant dans son sillage des milliers de fans, dont l'affection fidèle l'a suivi au-delà du trépas. Cet ancien élève de l'école des Beaux Arts de Bordeaux fréquenta  aussi le Conservatoire.  Clarté du timbre, prononciation impeccable, émotion, sensibilité dans l'interprétation, puissance vocale, répertoire populaire ( 800 chansons, dont des œuvres de Francis Lopez, essentiellement,  mais aussi quelques mélodies classiques), l'art de Luis Mariano a rassemblé plusieurs qualités qui ont façonné "la légende".  Admirablement assisté dans de nombreuses prestations par des partenaires exceptionnels (Carmen Sevilla, Annie Cordy, Bourvil ... ), le chanteur s'est essayé au cinéma  (20 films) dans des rôles faisant la part belle aux chansons, dont les titres, devenus emblématiques, fleurissaient dans les cœurs, et sur les lèvres, des inconditionnels admirateurs et admiratrices. On a souvent donné des titres qualificatifs à  Luis (Mariano Eusebio González y García , de son vrai nom) :  " Séducteur hidalgo à la voix d'or", "Chanteur à la voix de velours"... mais celui qui le caractérise le mieux est :"Prince de l'opérette".
à consulter : le site  -   http://www.luismariano.com/mariano/index.asp
à savoir : le projet d'un musée Luis Mariano à Irun  
à écouter : http://www.dailymotion.com/video/x4j474_luis-mariano-granada_music

Louis de Funès (1914-1983): pianiste à ses débuts, il a patiemment fait son chemin,  de petits rôles de figurant aux seconds rôles, pour parvenir avec éclat au vedettariat. Sachant faire passer,  sur son visage très mobile, maintes expressions en un temps record, il a fait du mime un art en complément de son jeu comique. Au moyen de vrais faux coups de colère, agrémentés d'une énergie phénoménale, l'acteur a su donner des lettres de noblesse au comique,  sans être grotesque. Forcer le trait  en dosant l'interprétation, tout en étant  toujours crédible, en dépit de situations rocambolesques, inattendues,  c'était également, pour Louis de Funès de Galarza ,   mettre le spectateur "dans la confidence", dans la connivence. Le citoyen lambda  pouvait certes se reconnaître, et, en même temps, rire de scènes calquées sur la vie quotidienne,  sans avoir la sensation d' être ridicule.
En compagnie d' acolytes prestigieux (dont : Y. Montand, M. Galabru, J. Gabin, A. Bourvil, J. Marais, C. Gensac, A. Girardot ..) on compte dans la carrière de Louis de Funès, près de 140 films à son actif,   dans lesquels il joue, parfois en costume d'époque,  sur plusieurs  registres:  du roublard  émotif, au français moyen malin et débrouillard,  en passant par le père faussement sévère, le gendarme intransigeant,  ou le fonctionnaire tatillon inflexible. Derrière les célèbres mimiques, quelques grimaces et contorsions, il y a tout le jeu de l'acteur, la sensibilité, l'implication, qui rendent si accessibles, si humains,  chacun des personnages interprétés. Si le succès fut au rendez-vous avec autant de ferveur, c'est que l'homme avait une certaine maîtrise de ses capacités, en mesurant la part innée de la vis comica.
A Cellier ( Loire Atlantique) ouverture du Musée Louis de Funès :
http://www.museedelouis.org/ 
à revoir: https://www.youtube.com/watch?v=l30ONNO50So

Les générations de la fin du XXe siècle n'ont pas manqué de reconnaître l'impact et l'influence des ces 2 artistes sur leur vocation. De nombreux chanteurs se réclamant de Luis Mariano, et, maints fantaisistes, de Louis de Funès. Alors, en ces dates commémoratives, les hommages n'ont pas manqué. Sous forme de reprises, de documentaires, de concerts, de rediffusions d' anciennes émissions télévisuelles, ou d'interviews radiophoniques, la mémoire a été activement ravivée... Gratitude, pérennité et marque du talent, nostalgie d'une époque, les motivations se conjuguent aux évidences pour le bonheur du plus grand nombre.

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mardi 29 avril 2014

Feminine touch

Plutôt modèle qu'artiste, la femme  a pourtant sa place dans les productions d'arts plastiques. Plus qu'un regret c'est un constat. Et si l'Histoire a retenu le nom d' Elisabeth Vigée-Le Brun(1755-1852),
celui de Camille Claudel(1864-1943), ou de Frida Kahlo(1907-1954), il est bien d'autres patronymes qui ont quelque difficulté à rester dans la mémoire collective. Pourtant, nul ne
saurait contester l'importance de l'apport culturel et artistique des femmes dans les Beaux Arts, en particulier dans la sculpture et la peinture. Un regard, une atmosphère, un sens du mouvement, l'utilisation  des teintes de la palette, les poses choisies: on pourrait parler d'un univers féminisé, mais tout cela ne s'apparenterait-il pas plutôt à une authentique sensibilité, mise au service de l'observation et de la restitution d'un sujet, d'un modèle ? Le marché de l'art, dans "tous ses états "(de la très prisée  salle de vente à l'anonyme brocante), propose bien souvent les œuvres d'artistes masculins. Mais cependant l'occasion n'y manque pas de dénicher, ou de rencontrer au hasard d'une heureuse enchère, la toile, l'objet, ou le groupe statuaire, né d'une inspiration et sous les doigts  d'une créatrice féminine. Se pencher sur le parcours de ces artistes réserve quelques occasions d'étonnement. Si pour certaines, les formations sont parfois atypiques, autodidactes,  et que  la trajectoire professionnelle a eu du mal à s'affirmer, pour d'autres on peut reconnaître de véritables vocations, soutenues par la fréquentation des ateliers des grands maîtres. Le XIXe et le XXe siècles ont vu ainsi de nombreux talents s'exprimer.
Séraphine Louis : (1864-1942) dite "de Senlis" , fut une coloriste autodidacte, dont l'importante production picturale, durant trente années,  comporte de grands formats. On  classe  ses œuvres dans le courant des Primitifs du XXe siècle. Longtemps ignorée, et étant le sujet de sarcasmes,  l'artiste a cependant  eu sa revanche post mortem. Un film  "Séraphine" (sorti en 2008 et  obtenant 7 Césars) a été consacré à sa biographie. L'actrice Yolande Moreau a campé avec son habituel talent, son authenticité non feinte,  le personnage de la modeste campagnarde devenue artiste peintre. Très altérée par la maladie, ayant cessé toute production artistique,   Séraphine Louis a passé les 10 dernières années de sa vie dans un hôpital psychiatrique. Ses tableaux sont le témoignage d'un talent brut, instinctif, traduisant une soif intense de création spontanée, à la technique caractéristique, car Séraphine composait elle-même ses mélanges de pigments pour obtenir les couleurs désirées.
Meret Oppenheim: (1913-1985) était une artiste suisse dont le travail a suscité l'étonnement, par son côté surréaliste, parfois provocateur, mais d'une incontestable expression de  nouveauté et de créativité. L'une de ses plus célèbres créations fut, en 1936,  "le déjeuner en fourrure". Dans le sillage et l'amitié des personnalités marquantes du monde artistique et intellectuel de  l'époque ( M. Ernst, Man Ray, A. Giacometti, A. Breton..) Meret Oppenheim a su imposer son originalité, et trouver sa voie, autant que  la reconnaissance de ses pairs. En dépit d'une longue pause (environ 18 années) dans sa carrière, elle revint en force en se diversifiant ( création de costumes, de masques, de meubles, publication d'un recueil de poésies..). Si elle -même fut primée (en 1975:  prix de Bâle , en 1982 :prix de Berne), c'est, depuis 2001,   un prix éponyme (prix Meret Oppenheim) qui est attribué par l'Office Fédéral de la Culture, en  Suisse,  pour récompenser et encourager un,   ou des artistes se distinguant par la qualité et l'importance de leur production.
Line Vautrin : (1913-1997) qualifiée de "poétesse du métal" s'est consacrée, très jeune,  à la sculpture et à la création. En 1936, elle a participé à l'exposition universelle.   Bijoux, miroirs , objets divers  en bronze,  continuent à forcer l'admiration par leur réalisation stylée. Cependant,  d'autres métaux, d'autres matières l'ont intéressée, au point de les travailler pour en extraire le "talosel" et agrandir ainsi le catalogue de ses créations.  Boutique des Champs-Elysées  ou domicile personnel, les  productions avaient de beaux espaces de mise en valeur, et en exposition. Ayant passé un temps par l'enseignement,  dans une école où elle transmettait son savoir-faire et sa technique,  Line Vautrin a poursuivi sa trajectoire, dans son  univers  créatif symbolique et spécifique,  mais n'a pas eu, hélas,  le temps de voir la rétrospective que le Musée des Arts Décoratifs consacra, entre autres créateurs ,  à l'ensemble de son œuvre en 1999 (de mars à août) , sous le titre générique de "Secret de bijoux".
Marie Atsoin : (1923-2011) fut l'élève de Serge Mako et de l'affichiste Paul Colin (auteur de celle de "La revue nègre" en 1925). Son travail, que l'on pourrait juger hâtivement de "classique" ou "conventionnel",  s'apparente plutôt  à l'Ecole Provençale Actuelle. En 1995,  A. Alauzen fait paraître un livre, sous le titre " Le bonheur de la peinture vécue" . Il y présente le parcours de cette artiste, qui sut trouver l'équilibre entre les teintes employées et le tracé personnalisé d'un  décor  choisi, tout en conservant une fraîcheur dans l'expression. 

Françoise Adnet :(1924- mars 2014), concertiste (à Berlin) à l'âge de 12 ans, fut l'élève de
Marguerite Long et d'Alfred Cortot: 2 références en pédagogie musicale.  Parallèlement à la musique, F. Adnet peignait, et très rapidement, dès 1942,  participa aux grandes expositions nationales et internationales. Le nombre en est impressionnant. Mettant son art au service de la décoration (théâtre), et de l'illustration d'ouvrages d' auteurs célèbres (Sagan, Gide, Bazin..), elle s'exprima dans une gamme  figurative,  celle du courant "misérabiliste" de Gallard, Buffet, Jansem. Gruber, ou Picasso (dans sa période bleue)...
Outre son parcours personnel, jalonné de distinctions et de prix, elle est à l'origine de la création du Musée d'Art naïf de Vicq : aujourd'hui le MIDAN : Musée International de l'Art Naïf .

On dit que l'Art est un langage , qu'il est expression, qu'il est universel.. qu'il peut être une arme, mais aussi une consolation,...   il est donc bien  plus que ce qu'en disait, en 1859,  Baudelaire: une reproduction exacte de la nature.

Pour en connaître davantage sur le travail des artistes  présentées ci-dessus/
-http://www.musees-senlis.fr/Dossiers-thematiques/seraphine-louis-dite-seraphine-de-senlis.html
-http://www.swissinfo.ch/fre/culture/La_plus_celebre_surrealiste_suisse_a_l_honneur.html?cid=34167918
- http://www.line-vautrin.fr/
 - http://www.estades.com/fr/biographie.htm?_ref=3
-http://www.francoise-adnet.com/

Musée de Vicq: 
http://www.midan.org/


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dimanche 13 avril 2014

Jacques Le Goff, un certain regard sur l'Histoire....

Né en 1924, le médiéviste anthropologue Jacques le Goff s'est éteint à  90 ans, le premier jour du mois d'avril 2014, après une existence largement dévouée à l'étude de l'Histoire. . Riche d'une palette aux maintes influences, aux empreintes éclectiques, l'homme a effectué un parcours exceptionnel. Laissant une empreinte marquante dans l'univers de la connaissance, il a déployé des talents frappés aux diverses étapes de sa vie. Cheminements intellectuels, et non itinérances désordonnées, , ses voyages, sa formation, les postes occupés, l'ont conduit successivement de l'Angleterre (Oxford, à la Tchécoslovaquie( Prague), puis en France (CNRS, faculté de Lille..) et aussi en Italie, en Allemagne, en Pologne. Jacques le Goff fut membre de l'Ecole française de Rome, et de la VIe section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. qui , sous sa férule, devint, en 1975, l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales).
Les  Annales (courant historique  et revue) : J. Le Goff (avec P. Nora) fit partie de la 3e génération, en 1970, celle de la nouvelle Histoire, qui donnera  en Angleterre : Past and Present. Sans parler de réelle scission avec la conception globale de l'Histoire, et de son enseignement,  jusque-là pratiqués et diffusés, on reconnaît une évolution vers une méthodologie plus individuelle, vers un autre regard, et une interprétation plus précise du fait historique, sous l'expression "micro-histoire".
J. Le Goff, historien prolifique,  laisse une impressionnante production écrite à la postérité. Loin des images d'Epinal et des idées reçues romantiques diffusées souvent dans les leçons d'histoire des XIX et XXe siècles, et se  méfiant de l'objectivité supposée de l'histoire, il a privilégié, dans ses études et ses recherches,  l'approche humaine, l'étude des mentalités, s'attachant à mettre parfois en exergue des détails de la vie quotidienne médiévale, glanés par une lecture intelligente  et attentive des documents biographiques laissés par les contemporains des monarques, mais aussi dans les exemples et  
anecdotes  des  textes de sermons des prédicants, dans les échanges épistolaires, et l'évolution des su et coutumes. Ainsi a-t-il accordé une attention particulière aux écrits de Jehan de Joinville. (Livre des saintes paroles et des bons faicts de nostre sainct Looys).
Jacques Le Goff  fut un passeur de connaissance et de savoir. Pédagogie, vulgarisation, transmission, communication ... furent concrétisées par ses multiples implications dans la fondation, la participation, ou la direction, selon le cas,  de maintes revues, académies, conseils de facultés. Docteur Honoris Causa d'une douzaine d'universités , il fut distingué et primé à plusieurs reprises, pour ses divers travaux, notamment en 1987 où il reçut  le Grand Prix national d'Histoire.

De 1968 à 2014 il participa à l'émission de radio:" Les lundis de l'histoire"  de France Culture.
Actuellement,   National Geographic fait paraître une série, sous le titre général de :  " Histoire et Civilisations",  en  30 volumes. Elle fut  supervisée et présentée par Jacques Le Goff , avec une citation très explicite :" Faire revivre le passé et aider à la compréhension du monde, voilà l'immense ambition de cette remarquable collection"
Parmi les nombreux ouvrages on peut citer :
- Pour un autre Moyen-âge (1977)
- L'imaginaire médiéval (1985)
- Saint Louis (1996)
-  Entretiens sur Saint Louis (1998)
Parmi les interviews et conférences :
- Une vie pour l'histoire (entretiens avec Marc Heurgon)1996
- La XIVe conférence Marc Bloch (1992) mise en ligne en 2006 "Du M-âge à l'Europe d'aujourd'hui"
             (Ehess.fr)
http://cmb.ehess.fr/42
Activités de traducteur :
pour un ouvrage d'Histoire médiévale  paru initialement  en Allemagne 
"Das Hochmittelalter" (Frankfurt- Fischer Bücherei (1965)
  et fut publié à Madrid en  1971 sous le titre de: " La baja Edad Media"
A lire également  :
Le texte d'Adeline Rucquoi (CNRS- Paris ) sur le Colloque International qui s'est tenu au  King's College  de Cambridge, en avril 1994 : "The work of Jacques le Goff and the challenge of Medieval History"  (section Le Goff  - Annales and national Historical traditions )


Homme d'enthousiasme, de convictions, à la forte personnalité, passionné, Jacques Le Goff,  pouvait être aussi celui des superlatifs. Marquant une empreinte indélébile dans l'histoire de l'Histoire et l'historiographie, attachant plus particulièrement son identité  à la période médiévale, il a contribué à une meilleure connaissance d'une époque (qui était jusqu'alors mal cernée),  tout en faisant entrevoir l'étendue de la tâche à accomplir, à la lumière de  l'étude d'autres précieux documents d'archives, codex, actes,  et parchemins. 

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