Affichage des articles dont le libellé est Centre Pompidou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Centre Pompidou. Afficher tous les articles

samedi 16 juillet 2022

Georg Baselitz: la tête à l'envers!

 Se jouer des couleurs, des formes,  des matières,  pour laisser la créativité  s'exprimer, relève toujours d'un enjeu  L'artiste cherche constamment à  relever ce noble défi.  L'envergure et le succès ne sont pas forcément immédiatement au rendez-vous. Mais lorsqu'il réussit à évoluer sur la plateforme internationale, l'artiste se dépasse, il côtoie le génie, il rallie les suffrages des critiques et des amateurs d'art.                                  

Georg Baselitz artiste peintre, sculpteur, né en 1938, représentatif du style néo-expressionniste, est également graveur, dessinateur. Transmetteur de savoir en tant que professeur émérite (Université des Arts à Berlin), il est internationalement connu pour présenter une particularité dans sa production: des personnages renversants, parce que "renversés" tête en bas. L'artiste est un homme de son siècle ( le XXe ), sensible aux courants nouveaux revendiqués. Et cette imprégnation s'est poursuivie dans l’œuvre exécutée lors des décennies suivantes, au XXIe s., de "La grande nuit foutue" à "Drei Köpfe mit Schnecke"
Des rétrospectives internationales jalonnent son parcours:
1996:Paris /Musée d'Art Moderne
2000: autour de Marcel Duchamp
2007: London / Royal Academy of Arts
2013-2014: Paris   et Tourcoing, Musée des beaux- Arts /exposition avec Eugène Leroy
2017: Paris/Grand palais de Paris ( centenaire Rodin) 
A lire: 
                                                        
La tête à l'envers (style dit :"haut-en-bas") /
Particularité  de l'expression : les personnages "antipodiques" ( au sens médiéval)  L'artiste propose une vision assez personnelle de la perception du monde et des individus. Certes ce peut être une approche déroutante pour le spectateur candide, mais en entrant dans le monde de la  symbolique et du représentatif à contre-courant, on est invité au partage, à l'interrogation, à la projection de situations où chacun peut trouver sa version interprétative.  Haute en couleurs la production de Georg Baselitz est constituée,  en grande partie, de silhouettes anthropomorphes, souvent en mouvement. Les sculptures reprennent le thème en lui conférant un volume qui pourrait s'apparenter à l'art brut . 
Si l'on s'attache au regard des divers sujets représentés, on note une dimension   nettement scrutatrice, étonnée, et insistante. 
 Des questions émergent :
- Face au tableau : qui regarde qui ? 
- Faut-il retourner l’œuvre  afin de mieux la voir et la comprendre ? 
- Pourquoi ce choix de présentation, en peinture et non en sculpture, ou en dessin ? 
                                       


Free Lance Writer 
Culture   Art   Patrimoine


 

 

 

lundi 19 mai 2014

Dédale urbain au Grand Palais

A Paris, au Grand Palais, du 10 mai au 22 juin 2014, la 6e édition de la Monumenta,  sous le titre générique de "L'étrange cité", propose une déambulation urbaine dans une ville  intrigante  et utopique , entre rêve et imaginaire, grâce aux créateurs de l'oeuvre: le  couple d'artistes russes : Emilia et Ilya Kabakov. 
La manifestation est soutenue par le ministère français de la Culture et de la Communication et par le Multimedia Art Museum de Moscou.
L'exposition offre une conception multi-émotionnelle  d'une ville idéale pour une vie meilleure, tournée résolument vers l'avenir .Etrangeté de cette vie, déclinée en espaces multiples, sous l'éclairage cru d'une luminosité dense, l'exposition a de quoi susciter l'interrogation aussi bien que l'étonnement. L'art conceptuel, par son esthétique dépouillée, se voulant neutre, n'est-il pas une expression de la volonté des créateurs à provoquer ce genre d'émotions et d'attitudes? Miser sur  des volumes pour se jouer de la lueur vive que transmet l'immense verrière de la coupole du Grand Palais est,  depuis 2007,  une opportunité artistique intéressante. Une nef  à la mesure de la démesure (surface de 13 500 m² et 45 m de h), pour une exposition d'art contemporain dont on ne trouve aucun équivalent ailleurs. Après D. Buren, A. Kapoor, R. Serra, A. Kiefer, C. Boltanski, les artistes underground engagés : Emilia et Ilya  Kabakov investissent le lieu pour un nouveau temps fort . Le nombre de visiteurs toujours croissant, a doublé depuis la 1ère édition de la Monumenta. Ainsi, en 2012, étaient ils près de 260 000 à venir voir l’œuvre de Daniel Buren:"Excentrique(s)." Et l'on suppose que 2014 verra aussi une fort importante  fréquentation.

D'abord élaboré sur plan, puis monté en maquette, chaque projet (exposition ou décor de théâtre) prend corps dans l'atelier, véritable refuge pour ces artistes russes, qui avouent se dégager du quotidien,  afin de mieux se plonger dans l'univers artistique créatif. Après le centre Pompidou (Paris, en 1995), Berlin (en 1990, le  collectif : Artistes pour la liberté,  le mur abattu est devenu symbole et support artistique ), le retour à Paris se fait donc au
Grand Palais avec la présentation d'une pièce gigantesque,  à la dimension du cadre,  pour une proposition de voyage de l'autre côté du miroir, à la recherche du sens, et de soi-même. Plusieurs techniques, (dont la peinture, la sculpture, l'assemblage), sont représentées dans la construction de l’œuvre, vue comme un parcours à travers sept volumes (dont deux chapelles : l'une blanche, l'autre sombre, et un  centre d'énergie construit sous un angle particulier dit :  cosmique). Le passage des divers  portails, sur le trajet,  est une invitation à l'initiation, et à la réflexion spirituelle, tel le franchissement d'étapes. Les figurines  exposées, dans quelques parties de ces  lieux, sont en lévitation, alignées,  ou volantes : hommes et anges se côtoient donc dans une exposition où, encore une fois, l'architecture et une certaine forme de  spiritualité vont de pair.


 Vidéos des interviews proposées à la télévision  sur Arte :
http://creative.arte.tv/fr/magazine/monumenta-2014-conversation-avec-les-kabakov 

Free lance Writer
Culture  Art  Patrimoine