dimanche 25 janvier 2015

Foires et forains

" Au Roy appartient seul et pour le tout en tout son royaume et non à autre à octroyer et ordonner toutes foires et tous marchés" (ordonnance royale transmise par un lieutenant à la commune concernée)
Cf : Jean Combes "Les foires en Languedoc au Moyen-âge " (pages 231 à 259 - vol 13 - N°2 - 1958)
lire aussi : 
http://archives.brive.fr/Docs/BM212_juin2009.pdf
Attestées  vers le XIVe siècle,  dans le  Nord de la France, et relevant anciennement d'un droit régalien, les grandes foires marchandes ont une belle longévité dans l'hexagone. Selon les chiffres avancés par les communes (et par l'Histoire, dans certains manuscrits)  on annonçait, en 2014, une datation plus ancienne (le XIIe s.)  :
 Drouais: 835e édition ( foire fondée en 1179), à la même époque on cite également Troyes, Lagny parmi les plus fréquentées.
 Beaucroissant : 796e édition (foire fondée en 1219)
 Provins : 565e édition (foire fondée en 1450)
Plus au sud, les Foires méridionales : 
 Carpentras : 490e édition (foire fondée en 1525)
 Beaucaire: Foire internationale fondée en 1217, dite:  de Ste Madeleine.On y dénombra environ 120 000 visiteurs en 1769.

Bien évidemment,  on venait dans ces lieux pour faire des achats et des affaires. Mais ces rassemblements "économiques", qui pouvaient durer une à deux semaines,  étaient  prétextes également à des démonstrations, et des spectacles. Ainsi trouvait-on, sur les champs de foire, des bateleurs (jongleurs, montreurs d'ours, comédiens, acrobates..) pour distraire le public, montrer un certain savoir-faire, exhiber des sujets et objets inconnus, capables de susciter étonnement ou compassion. Ces manifestations se tenaient généralement sur les places publiques, dans le centre des villes,  ou sur un emplacement appelé "foirail". Quelques communes ont gardé, à travers les siècles,  le nom de ces endroits.
Lieux d'échanges, de ventes, de rencontres, on y retrouvait une autre ambiance que sur les marchés habituels (plus fréquents et présentant des produits locaux). On y venait de loin, parfois d'autres régions, on attendait cette occasion avec impatience et fébrilité, car elle ne se produisait qu'une fois l'an (sauf dans quelques villes comme à Lyon où se tenaient 4 foires /an). Généralement attachée à une période particulière, à un jour précis (exemple:  la St Michel, St Médard, St Louis, ou St André...  ), la Foire servait également de repère, par  la datation, pour traiter certains actes ou marquer le début ou la fin des travaux des champs (baux, impôts, récoltes, arrentements...). Il en est fait souvent  mention dans les archives de documents  notariés.

 Le Musée des Arts forains fondé par Jean-Paul Favard rend hommage à la mémoire du monde de la fête foraine, de ses attractions, de ses employés, et de ses artistes.
Nées au XIXe siècle, ces fêtes sont des continuités des  médiévales qui accompagnaient les foires marchandes. Les cabinets de curiosité (cf l'abbé Jean-Antoine  Nollet (1750))  en sont également l'origine.   L'itinérance comme mode de vie, la volonté de montrer des nouveautés, des technologies récentes, ont toujours été chevillées au milieu particulier de la fête foraine qui, par là même, dépasse le seul but de l'amusement du public.
Manèges, carrousels,  stands divers, confiseries, attractions sous chapiteaux, chenille, Mur de la mort,  train fantôme, lutteurs, hommes forts, petits chevaux de bois,  bateau pirate, autos tamponneuses, voyance, loteries,grappin à surprises, pêche au canard, grande roue, tir à la carabine, grand Huit, ...même si les noms des manèges changent au cours des décennies,  les animations,  les émotions, les  sensations,  sont les mêmes. On chahute, on rit, on crie, on joue à s'effrayer, pour quelques instants. Tous les publics, jeunes et vieux,  sont attirés par les flonflons, les lumières multicolores, les parfums des beignets, des pommes d'amour, des barbes à papa. On se presse donc, le plus souvent  en famille, ou en groupe d'amis,   pour déambuler sans autre souhait que celui de s'amuser,  entre les baraques de la foire, au son de musiques dominantes.  
Souvent décriée,  pour l'exhibition de  personnages  dits "phénomènes", la foire du XIXe s. (et même  jusqu'au début du XXe s en 1958, à Bruxelles), comme certains cirques,  employait des êtres souffrant de problèmes de poids (obésité) ,de taille (hyper ou hypo croissance), d'hypertrichose ou d'hirsutisme. Cette époque est bien révolue, les mentalités ont évolué, et la Loi  a veillé. 
On doit souligner que les premières avancées technologiques du XXe s. ont été, en partie,  popularisées  par leur présentation sur les champs de foire, au son des limonaires.   Ainsi en est-il des épreuves photographiques , des premiers films de cinématographe.
Considérée comme une véritable institution,  en 2013 la Foire du Trône (Paris) a fêté sa 50 e édition.
A signaler aussi :  la  Dippemess de Francfort (Allemagne), la foire de Mouscron (Belgique- du 20 au 29 mars 2015), la fête foraine de Brighton(Angleterre), la feria de Barcelone (Espagne- avril 2015), le célèbre parc du Prater à  Wien(- Autriche) où la fête foraine est permanente.




Pour en savoir plus :
Pierre Léon, Vie et mort d'un grand marché international. La foire de Beaucaire (XVIIIe-XIXe siècles)- 1953-
Marcel Campion et Catherine Gravil: D'où viens-tu, forain ? 
http://www.museedelamagie.com/h_pages/pedehef/expo_forain%20.pdf
http://www.linterforainonline.fr/pages/La_Foire_Saint_Laurent.php
http://www.arts-forains.com/

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pour B.H.


dimanche 18 janvier 2015

La marotte du bouffon

Depuis l'Antiquité (à Suse, Ecbatane, ... cf  Charles Magnin (1838)" Les origines du théâtre moderne, histoire du génie dramatique du 1er au XVIe s. "), la dérision a toujours été proche du pouvoir. Ainsi Momos (Μῶμος) était-il déjà près des Dieux de l'Olympe ! Le bouffon du roi, sans avoir de place enviable, avait néanmoins sa  fonction. Bien avant les Lénéennes grecques (fêtes Dionysiaques) où brillaient Phérécrate, Strattis, ou Cinésias, on trouvait auprès des monarques, des individus qui maniaient habilement la dérision. On mesurait souvent la grandeur d'un empire à l'impertinence  du propos tenu par le bouffon. Même si le rire était craint, donc  proscrit dans certaines sphères ( cf le film:  " Le nom de la rose"), le Moyen-âge n'a pas manqué à la tradition, et nombre de  ces amuseurs, à l'insolence mesurée,  ou hardie, ont une renommée qui a franchi les siècles allègrement, certains ont été les héros d'opéras, d’œuvres picturales,  ou de romans. Ainsi en est-il de Triboulet Langely, Gonnella, Rigoletto, Chalamala de Gruyère,.. Les bouffons médiévaux ajoutaient à leurs propos humoristiques de vrais tours d'adresse, de la jonglerie, à quelques tours de passe-passe, en passant par l'acrobatie.
Le rire étant le propre de l'homme, les bouffons se devaient d'avoir la répartie aussi spirituelle que rapide (et parfois cinglante). Mais les rois ne manquant pas, eux non plus,  de répartie,  les échanges sont parfois passés à la postérité. Ces traits d'esprit vif, signes flagrants d'intelligences affûtées, ont connu plusieurs périodes fastes : le XVIIe siècle, avec Louis XIV et son entourage de courtisans, le XVIIIe s.: celui des lumières... où il était de bon ton (et prudent) de manier le verbe à dessein, sous peine d'être évincé d'un cercle influent.

Le bouffon, au chapeau bicolore  à grelots,  et sa marotte (sceptre grotesque, prolongement du bras, servant à désigner) sont descendus dans la rue,  et souvent sont présents dans les Carnavals et Charivaris.
On les rencontre également sur des tableaux (Allemagne, Espagne,..),  dans des scènes de liesse populaire. A l'époque contemporaine ils sont devenus chansonniers, comiques, interprètes de on-man-show, .. L'artiste est reconnu derrière son masque d'amuseur public, car le talent est toujours là. L'individu s'adresse à tous,  sous des variantes multiples: satire, outrance, drôlerie, comique léger ou appuyé, grivoiserie, brocarde, contrepèterie, jeux de mots (au1er, 2e, ou 3e degré), caricature, sarcasme, moquerie, imitation, critique, aphorismes, burlesque, lazzis, ... Sous le verbe, la "patte " peut se faire plus ou moins pesante, allant de l'éraflure jusqu'à l'égratignure.. Elle peut être  également  dénonciatrice, et montrer du doigt. L'enjeu est:  la mesure dans la démesure.
Très tôt, le statut de bouffon, son rôle, son utilité,  dans les sociétés, sa liberté de ton,  ont été le sujet de maintes questions, et  ont donc fait l'objet d'études et de réflexions multiples.

Pour en savoir plus:  ouvrages, romans, essais,  thèses, ..:
Le rire (essai).  Henri Bergson 
L'éloge de la folie. Erasme

Bouffons des temps modernes : figures de bouffons dans le théâtre d'Alfred Jarry, Eugène Ionesco, Samuel Beckett, Roland Dubillard, Jean Tardieu, Michel de Ghelderode et René de Obaldia , par Benjamin Dang
Le bouffon sur la scène anglaise au XVIe s. Victor Bourgy
 
Sur ce même blog : 
 
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mardi 6 janvier 2015

Au royaume des collections

La survie de l'art est due aux créateurs, aux restaurateurs, aux commerciaux  professionnels,  mais avant tout aux passionnés. Sans maintes  actions conjuguées de sauvegarde,  objets, édifices, meubles, costumes, bijoux,  seraient dévolus aux oubliettes du temps, à la dévalorisation. Chaque époque de l'Histoire a connu ses courants de modes, périodiquement et immédiatement chassés par le suivant.. Moqués, raillés, reniés, car démodés, les divers  accessoires et les emblèmes, passent alors  à la trappe, ou sont relégués dans une malle de grenier, par des individus "fashion victims" impatients de répondre à l'appel des  sirènes de la nouveauté.   Puis, par un sursaut du nostalgique  mouvement "rétro" ,  ou dans un élan de lucidité, les vieilleries reprennent du service, on va même jusqu'à les copier..
Eternel recommencement, qui résume souvent la versatilité humaine !  Cependant certains amateurs irréductibles ont décidé de laisser libre cours à leur passion des collections. Ainsi, allant parfois à contre-courant avec leur temps, ils amassent des" trésors", glanés, chinés, dans les brocantes, les salles des ventes, au prix de sacrifices matériels (temps et argent), mais pour leur plus grande satisfaction. On entre alors dans une spirale qui va de la thésaurisation à l'échange. L'objet passe de mains en mains en des laps de temps variables. De l'autocollant à la capsule de bouteille, de l'étiquette publicitaire à la médaille de sport:  rien n'est banni ou honni, tout se collectionne. Alors, comment avoir le courage de se débarrasser de ce que l'on a tant eu de mal à obtenir, et que l'on a tant aimé? Cruel dilemme !  La nécessité, souvent, fait loi,  ou le simple passage d'un engouement à un autre.. Les collections privées ne sont pas toujours faciles à gérer, car  il faut, certes, quelques moyens financiers,  mais aussi de l'espace, du temps pour la recherche, afin de compléter la série par  de nouvelles pièces.  Si l'on n'est pas fixé sur un thème (les tableaux, les colifichets, les jetons,  les disques, les manuscrits, les livres rares, les BD,  ..) il est cependant nécessaire d'en cerner  un,  et de concentrer ses efforts sur un aspect de la collection: une période déterminée, un artiste précis, un courant d'expression artistique ciblé.

Tel un roi en son royaume de conte de fées,  le collectionneur jubile, et exulte,  lorsqu'il peut présenter sa collection. Il en parle avec verve, plaisir, et avec  cette passion caractéristique, qui est  souvent communicative. Certains de ces inconditionnels y consacrent toute une vie,  et acceptent même,  peu à peu, l'envahissement de leur espace résidentiel. Certes la  fierté d'avoir déniché la pièce rare justifie, aux yeux du collectionneur, l'intérêt , le temps et l'argent consacrés à la quête de l'objet. Pour le quidam insensible à la démarche, cela peut paraître futile. Or, dans bien des cas on peut reconnaître  une utilité  avérée,  dans cette activité considérée comme ludique, qui entre dans la catégorie des hobbies. Car, parfois on en fait un métier rentable  à part entière. Et, que l'on  devienne alors: antiquaire, brocanteur, conservateur, restaurateur... on est toujours amateur de beaux objets et de pièces rares ayant une histoire. En effet, derrière chaque spécimen se cache une anecdote, un dédale. Et l' on se plaît à remonter le temps à la recherche des lieux parcourus, des divers propriétaires successifs de l'objet. Souvent l'on est surpris  par la sensation de vivre, à travers ces épisodes, un vrai roman. Oui, on sait ce que l'histoire de l'art doit aux collectionneurs. Combien de  tableaux, de meubles, de tapis, de bijoux, dont on a retrouvé trace dans les salles de vente, ou les expositions de collections privées, ont pu être sauvés de la décrépitude, de la destruction, ou de l'oubli ?  Le patrimoine collectif est, certes,constitué par les  biens nationaux, mais les dispersions causées par les événements historiques en ont tronqué une fraction. Il arrive que l'on en retrouve quelques articles au détour de l'actualité, et, dans bien des cas, le hasard et la chance y ont leur part.
Autour des collectionneurs
quelques termes de Vocabulaire : 
Fabophile- (fèves). Numismate (monnaies). Canivettiste (images pieuses). Ptérophile (plumes d'oiseaux). Lithophiliste (pierres). Héraldiste (blasons). Philatéliste(timbres). Echéphile (jeux d'échecs)....
Salons :
9 et 10 janvier 2015 : 64e Cartexpo ( Paris) 
Février 2015 Salon Rétro Mobile (Paris)
22 fév 2015 : Alzon (Gard) 1ère édition d'une bourse multicollections (timbres, BD, cartes postales...)
 pour plus de renseignements: 
http://www.francecartophilie.fr/content/9-l-agenda-des-bourses-et-salons

                                                                                                                                          à J.D.

(2015: 3e année d'International Culture Blog)
176 articles parus, 31100 pages lues.
Merci à tous les lecteurs 

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lundi 22 décembre 2014

Joe Cocker, Udo Jürgens: in Heaven, two musicians more.

Joe Cocker, chapeau bas !
Pour saluer un artiste, on peut se découvrir sur son passage. C'est avec une grande tristesse que le monde de la musique  a appris le départ de l'anglais  Joe Cocker en cette fin décembre 2014, quelques jours avant Noël. Le géant du Rock and Blues , à la voix rocailleuse et à la gestuelle saccadée, avait su enflammer le monde par des  tubes   devenus succès interplanétaires, interprétés avec fougue, conviction,  et implication, parmi lesquels : 
- You can leave your hat on 
https://www.youtube.com/watch?v=PyQ2UFuo7E0
- You're so beautiful
https://www.youtube.com/watch?v=2Uhub5jm1LY
et des reprises très personnalisées de chansons d'autres compositeurs, notamment "With a little help from my friends", soutenu mélodiquement  par un orchestre et des chœurs très présents. 
Influencé aussi bien par la musique rock que  par le Skiffle, la carrière de Joe fut jalonnée de concerts mythiques (dont une participation au  festival  Woodstock en 1969 ,  en 1994, au festival Riviera 76 ( en France), à celui de Ruoms en 2011 ),  et a croisé celle des Beatles, des Rolling Stones, de Carlos Santana. Des USA à l'Australie, Joe Cocker ne laissait pas indifférent,  car il  avait su rallier de nombreux  fans à sa conception particulière de l'interprétation artistique.
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" Griechischer Wein" est bien amer ..." aber.... bitte mit Sahne "
https://www.youtube.com/watch?v=8BpZesJK1Wc
 L'austro-suisse  Udo Jürgens,  à l'élégante silhouette,  a rejoint, lui aussi en cette fin décembre 2014, le paradis des musiciens sans frontière...
https://www.youtube.com/watch?v=fpNnkGK3hJc

Photomontage NLM
 De concerts internationaux en émission de TV, Udo le pianiste, compositeur, interprète, avait développé  une relation intense avec son public. Un répertoire, composé de chansons populaires alliées à des arrangements orchestraux soignés, a fait la gloire de ce chanteur.  Les mélodies harmonieuses, sur des paroles sentimentales, avec souvent un brin d'humour,   ont su parler  au cœur des fans. De grands thèmes comme: la vie quotidienne, la paix, les émotions, étaient évoqués dans les compositions d'Udo Jürgens.
Une période parisienne fut couronnée de reconnaissance et de succès dans une époque (1966- 1972) où le romantisme semblait passé de mode. Et pourtant des chansons comme
"Un air sur mon piano", "Merci Chérie ", " Adagio", "A mes amours", " Dis-moi le nom de ton île", "Chagrin d'amour"... ont su trouver un auditoire très réceptif .. Lauréat du concours  de chanson de la télévision autrichienne (ORF) en 1950 avec la chanson "je t'aime",il fut également  lauréat de l'Eurovision de la chanson  en 1966 avec le  titre "Merci, chérie". On distingue aussi dans le listing très éclectique de cet artiste au  long parcours musical, une remarquable interprétation personnelle  du thème du film Le chevalier des sables (The Sandpiper (1965): "The shadow of your smile".(Johnny  Mandel, P-F. Webster).
Quelques chiffres pour plus de 50 ans de carrière :
1000 chansons composées, 50 albums enregistrés, plus de 100 millions de disques vendus...


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mardi 16 décembre 2014

Hello, Elvis, and ..Aloha

Pour revoir  Elvis, the king, (1935-1977)  il faut se rendre en plusieurs lieux, et dans plusieurs pays,  en cette fin d'année 2014.
Photomontage NLM
  1. -"THE LARGEST ELVIS EXHIBITION EVER IN EUROPE" : 

                           Elvis at the  London's O2 Arena

    http://www.theo2.co.uk/venues/detail/elvis 

A London, une exposition, venue directement de Graceland, d'une partie de ses affaires personnelles,  est proposée au public du 12 décembre 2014 au 31 août 2015. Dans les vitrines on peut admirer plus de 300 objets (souvenirs ou "cultes") , qui vont du costume de scène à l'automobile Cadillac, et même au billard, autour duquel les membres du quatuor de légende "The Beatles" ont disputé quelques parties avec Elvis.
Cette exposition est la plus grande jamais consacrée au chanteur en Europe.  Derrière chaque pièce exhibée il y a trace d'un événement, d'un concert, d'une rencontre. La plupart n'avaient jamais quitté la demeure-musée du King, dans le Mississippi. Ce sont donc autant de précieux témoignages d'une existence, certes auréolée de gloire,  mais  trop brève. Elvis Presley, recordman,  est réputé pour être l'artiste dont les disques ont été le plus vendus dans le monde (plus d'1 milliard).




2- Spectacle : Au Palais des Sports à PARIS  les 30 et 31 décembre 2014 et les 2 et 3 janvier 2015
http://elvisexperience.fr/
" Elvis Experience"   époustouflante reprise par Martin Fontaine  de succès incontournables  . On n'hésite pas à parler de performances multiples : physique, vocale, attitudes... . Avec 8 choristes 24 musiciens qui entourent le chanteur sur scène , l'hommage est saisissant. 
3-Le concert mythique Aloha ( qui s'était déroulé à Hawaï en janvier1973) :
https://www.youtube.com/watch?v=ct4bFKwZJRo
L'occasion exceptionnelle de réentendre les tubes personnels du King et les reprises fameuses (dont "Something" -Beatles- , "My Way" en version Paul Anka- "Johnny be good", "What now my love" , "Fever"...) . En dépit de ses parts d'ombre, de doutes , causés par un succès planétaire pesant lourd sur d'humaines épaules d'artiste adulé,  Elvis est un musicien complet, de la présence scénique à l'interprétation vocale, nuancée ou puissante, selon la chanson.  Il a traîné avec bonheur ses boots et sa voix si prenante, dans un répertoire étendu :  du rock , au blues, en passant par le rockabilly, la variété internationale, les standards made in US, y compris jusqu'à la ballade sentimentale. En véritable Showman il savait être  proche du public (en bord de scène, en plein spectacle, le jet de l'écharpe, en un geste désinvolte et gracieux,  à une nuée de fans féminines, qui se seraient battues pour attraper, au vol,  ce précieux morceau d'étoffe légère...); L'oeil toujours vers les musiciens, pour une symbiose rythmique parfaite, le sourire complice vers le public, le chanteur avait néanmoins également la concentration très  "professionnelle" et la capacité de "vivre ses chansons".   Elvis avait tout de l'idole. Même après sa disparition, l'impact est là, on le cite toujours en référence, et nombreux sont les "suiveurs" qui se réclament de lui, reconnaissant volontiers avoir eu "envie de faire ce métier" après avoir entendu ou vu Elvis en concert.   Donc, sans exagérer, on peut dire que dans le genre musical qui fut le sien, il y a eu un avant et un après Elvis. .
Quelques ouvrages biographiques:
Franck Bertrand (2012) :Elvis Presley
Peter Guralnick (plusieurs tomes):  Elvis Presley caresless love
Albert Goldman : Un phénomène américain, Elvis Presley
Sebastian Danchin: Elvis ou La revanche du Sud (Fayard édit. )
Les Presley : Elvis ( M. Lafon -2005)

Photomontage NLM
Les fans inconditionnels pourront ainsi dire, une fois de plus :
Elvis is back, Elvis is there...
dans le souvenir, l'hommage,
for Christmas time .
https://www.youtube.com/watch?v=1pRNMeIAqKk

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jeudi 11 décembre 2014

All Winter lights

Début décembre: la fête des lumières de Lyon vient à peine de se terminer, que l'on poursuit l'ode à la clarté en hiver, avec les préparatifs des fêtes de fin d'année,  sous les illuminations citadines.
 http://www.blogdeslumieres.fr/fete-des-lumieres-2014/#player
 Mais, à l'extérieur des grandes cités, un autre phénomène lumineux se prépare.: le solstice du 21 décembre . Pour se rendre  à ce rendez-vous exceptionnel, il faut rejoindre les millénaires passés. Car, . à travers l'histoire, on va à la rencontre d'autres civilisations, d'autres techniques, d'autres croyances. Un monde qui pourrait sembler étranger, et lointain à notre XXIe siècle, et qui, pourtant,en est le creuset.
Stonehenge le 21-12-2014
Simiane le 21-12-2014
Des bâtiments funéraires, des édifices religieux, savent encore capturer ce  précieux rayon du solstice d'hiver.. Sans évoquer obligatoirement un culte obscur, mais en s'étonnant des savoirs des architectes, on ne peut qu'apprécier la prouesse technique de construction, et les savants calculs qui ont pu rendre réalisable un tel projet. Si l'on s'émerveille devant ces facultés théoriciennes mises en pratiques avec des moyens assez rudimentaires, il faut admettre que  l'époque contemporaine possède, depuis lors, des outils très précis  qui permettent une utilisation assez poussée de l'énergie solaire :
http://www.sunearthtools.com/dp/tools/pos_sun.php?lang=fr

Lorsque l'on parle du solstice, on évoque souvent les constructions mégalithiques: les pyramides et les temples égyptiens ( Abydos), les alignements de pierres dressées. Et, dans la suite chronologique des siècles qui défilent, on cite également les temples grecs, romains, les chapelles romanes, les églises gothiques.. : d'une manière générale, tous les bâtiments qui ont un  lien avec une certaine idée de la spiritualité.. Or, ce défi de la lueur rayonnante ciblée, a été aussi une évidence pour les architectes contemporains, dans leurs constructions modernes non religieuses. Le procédé architectural n'est donc pas uniquement dévolu à  la célébration de cultes en hommage aux divinités. Il devient, dans ce cas,  purement esthétique, même s'il est souvent associé à une forte symbolique ( La passerelle du solstice, et les pyramides de la Grande-Motte - France) .
Site de Stonehendge
Temple cénotaphe de Séthi Ier (Abydos)
Le paganisme des siècles passés n'était pas imperméable aux dévotions faites à la Mère nature, et à ses diverses manifestations. La course nocturne de la lune, celle , diurne, du soleil, les éclairs, la foudre, étaient lors perçus comme des événements  non contrôlables pouvant être aussi redoutables que magnifiques. Personnifiés, ces astres, ces phénomènes météorologiques, étaient assimilés à de puissantes Divinités de la mythologie et à leur inséparable cortège. Il était donc prudent et préférable de s'attirer leurs bonnes grâces. C'est dans cette optique  que la captation de la lumière venue du ciel ,pour   éclairer un point précis d'un monument, devint autant un défi qu'un symbole. Dans le temple funéraire cénotaphe de Séthi Ier (Merenptah)  à Abydos (Egypte), dans les temples Incas dédiés au culte du soleil, le rai frappe la paroi murale, ou le sol, à un moment précis de l'année. Certains esprits à l'imagination fertile y ont voulu déceler l'indication d'emplacement de trésor, ou de documents celés. Mais les films et romans d'Aventure ont largement exploité le filon, sans que la concrétisation réelle des fouilles archéologiques ne soit venue  accréditer de telles espérances. C'est alors la porte ouverte aux mythes et aux légendes, et même au surnaturel ..
Abbaye de Valsaintes(Simiane)
Déambulations, processions, célébrations, au son de chants incantatoires ou de louanges, la musique était présente aux cérémonies. Cette tradition perdure. L'homme contemporain, qui n'a pas perdu la faculté de s'extasier, a renoué depuis quelques décennies, avec  ce patrimoine culturel empreint de respect envers l'environnement et les vestiges d'autres temps. Sur les sites (aujourd'hui restaurés, aménagés), nombreux sont ceux qui vont assister à l'apparition du rayon du solstice pour participer à l'événement, et en garder trace en films ou en photos.La musique Celte se prête volontiers à l'accompagnement du prodige. Si l'on ne retrouve pas toujours les chants originels, quelques mélodies anciennes conviennent à la magie du moment. Un exemple parmi tant d'autres :la série de concerts  prévue, du 18 au 22 décembre 2014, dans la chapelle de l'abbaye de Valsaintes ( Simiane la rotonde) pour cette occasion. C'est la harpiste Murielle Schreder  (médaille d'or du conservatoire de musique de Nantes) qui se produit cette année encore dans ce cadre étonnant.
 Pour plus de renseignements et (ou) assister au concert:
http://www.valsaintes.org/abbaye/visite/animations/solstice-dhiver.php
à lire aussi sur ce même blog:
http://international-culture-blog.blogspot.fr/2013/10/architecture-et-spiritualite.html

Soleil Inca de Cuzco

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mercredi 3 décembre 2014

Un Musée pour un Maître

Le Musée Picasso, inauguré en 1985, dans l'hôtel Salé (bâti au XVIIe s. à Paris ),   a fait peau neuve.  Après une longue  période de travaux (5 années) il s'est (ré)ouvert, en 2014, sur une mise en espace de la plus grande  collection mondiale des œuvres du Maître. La date choisie (le 25 octobre) coïncidait avec celle  de l'anniversaire de Pablo (qui aurait eu ce jour-là ...133 ans). Le président du Musée Laurent Le Bon a veillé personnellement au retour des œuvres , qui furent mises à l'abri en divers lieux, pendant les réaménagements dudit Musée.
Période bleue, surréalisme, cubisme : l'art de Picasso a pris des  formes aussi multiples que les courants d'un art en pleine évolution dans un XXe siècle qui explosait, en se dégageant des contraintes du classicisme.  Se démarquer sans renier ses références, c'est l'une des grandes qualités du Maître. En effet, Pablo Picasso a aimé s'entourer de toiles prestigieuses. Quelques pièces de  Monet, Renoir, Rousseau, Chardin, Corot, Braque... faisaient partie de sa collection privée. Interférences, mutations, inspirations personnelles, le talent de l'Ibère Pablo, rythmé par ses élans passionnels et passionnés, habite sa production.
Silhouettes déstructurées, sans ombres, sans volumes, dans un à plat aux contours torturés, les sujets s'imposent sur les toiles, sur les céramiques et dans les sculptures, comme des évidences. Si chaque tableau évoque un souvenir personnel et familial pour l'entourage du peintre, le visiteur n'en est pas,  pour autant, exempt d'émotions.  Comprendre ou ne pas comprendre l'art moderne n'est plus un questionnement. L'art est en constante évolution depuis que  l'homme a choisi ce moyen d'expression.. Du style rupestre des empreintes de mains sur les parois  des grottes, les techniques se sont succédé, puis ont été abandonnées,  reprises, mêlées, adaptées, dans des pratiques en mouvement constant, au gré du génie des artistes plasticiens. Dérangeant, non conformiste, le trait s'est émancipé des canons de la géométrie antique. Il a pris, certes, des libertés. Il s'est affirmé, afin de mieux souligner une attitude, une posture, ou une teinte. Car les couleurs elles-mêmes ont acquis et conquis un certain pouvoir.  Telles des confirmations qui s'étalent sur la toile pour magnifier un thème, les nuances colorées marquent l'empreinte de celui qui tient le pinceau. C'est à cela qu'on reconnaît "la patte"de l'artiste. .  
S'il y a toujours des détracteurs, des réfractaires,  au style  de peinture moderne, ils ne peuvent nier cependant  que l'exposition Picasso ne manque pas de sel.

à voir et revoir :
https://www.youtube.com/watch?v=957Czo1Cel0
et le film-documentaire de H-G. Clouzot:  "Le mystère Picasso" (1955)
https://www.youtube.com/watch?v=X39aJnte2y0
à signaler également:
le film de James Ivory (1996 )"Surviving Picasso "
https://www.youtube.com/watch?v=sAuijQSc4Q0
(extraits)
pour visiter le musée :
http://www.museums-of-paris.com/musee_fr.php?code=290
pour en savoir plus sur l'histoire de Hôtel Salé:
http://www.museepicassoparis.fr/musee/hotel-sale/

et sur ce même blog :
http://international-culture-blog.blogspot.fr/2013/08/de-terre-et-de-feu-picasso-aubagne.html

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