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mercredi 5 juillet 2017

Histoire de commerces

Si l'on sait que la genèse du commerce se perd dans la nuit des temps,  on peut néanmoins  se poser la question sur l'origine du premier geste commercial . De l'offre à la demande,  qui fut donc  le premier à le faire : l'acheteur ou le vendeur ?
Dans le monde de l'absurde , de la dérision, et d'une superficialité qui n'est qu'apparente, le talentueux et sympathique comique Sellig tente, à sa manière,  de répondre à cette question , dans son sketch : " Les 1eres fois dans l'histoire de l'humanité"( à voir sur youtube )
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Il est vrai que,  dans  ce XXIe siècle  où le commerce fait loi,  l'interrogation à rebours sur la transaction initiale  peut être  posée.
Il faut pour cela se plonger dans les dernières découvertes archéologiques attestant des premières organisations sociales.  Au fil des ans on est amené à réviser ses connaissances sur ce que l'on croyait être, jusqu'à présent, les prémices de la structuration de la vie collective  des premiers hominidés. 
Se démarquant d'un groupe, c'est  donc d'abord un individu qui manifesta des talents, des capacités pour innover. Mais il y a eu également des démarches qui furent le résultat de concertations pour une prise de décision collégiale, pour le bien, ou la défense de la communauté. L'affirmation d'une certaine audace, le risque, le combat contre la peur, l'attrait pour la  nouveauté , le renoncement aux habitudes...  ont été certes des moteurs d'énergie mais également des étapes nécessaires à franchir. La prise de conscience d'un certain savoir-faire, d'une étonnante  force physique , de grande  résistance et d'une forte endurance  ont généré la notion de puissance, de supériorité. C'est de façon primaire la domination par la  " loi du plus fort". La solidarité , l'entraide,  découlant de l'empathie et de la compassion n'ont pas dû intervenir immédiatement , car on était plutôt dans la démonstration de pouvoir. Mais, les capacités physiques confrontées aux raisonnements  pointus  de certains qui comprirent que la dextérité, la minutie; la patience, pouvaient également être des atouts,  très vite on a opté pour l'échange de techniques, de matériaux, on parle alors  de troc. De bijoux en os de renne, aux premiers vêtements tissés, d'armes en silex taillé aux poteries à décor incisé, on a  compris  rapidement l'intérêt de chacun à entrer dans une activité commerciale qui, de produits  utiles  est aisément  passée aux produits de luxe. De là à créer le besoin, l'envie, le style (donc la mode) pour activer et optimiser les achats... il n'y eut que peu de temps écoulé...
http://www.hominides.com/html/dossiers/parure-prehistoire-bijou-ornement.php  
https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/il-y-a-130-000-ans-le-premier-bijou-portait-la-griffe-de-neandertal_21836
Outre la proximité et les échanges dans le groupe tribal, il a été indispensable de se déplacer pour
obtenir d'autres produits.  Les groupements  humains de la préhistoire n'étaient donc pas cloisonnés ou forcément rivaux. De modestes  relations commerciales se sont mises en place en fonction des migrations de populations. La stabilité géo-politique se  structurant, une activité commerciale plus élaborée  a pu s'instaurer. La nécessité de  matières premières, le désir d'acquérir des parures sophistiquées et précieuses, ont ainsi alimenté ce  nouveau secteur. L'échange et la confrontation de savoirs, comme auparavant la recherche de nourriture ou de terrains de chasse,  ont obligé  certains membres de tribus à explorer de nouveaux territoires et permis  la découverte d'autres contrées. S'il est vrai que ces pérégrinations se firent souvent au risque  de cruels affrontements, il y eut également des négociations plus paisibles. Les trajets  pouvant être effectués sur de longues distances, la marche a été le moyen le plus usité , mais l'on a aussi de nombreux  exemples, et vestiges,  de transport par voie fluviale. Intéressantes voies de pénétration des terres, les cours d'eau étaient largement utilisés. On les empruntait avec des embarcations  étroites , peu profondes, taillées dans un tronc d'arbre,   telle la barque monoxyle de Hanson (Derbyshire - Angleterre).
A voir également l'intéressant documentaire sur le site de Must Farm,  surnommé "La Pompéï Britannique" 
https://www.youtube.com/watch?v=HMlHboBuwtE
 Les découvertes archéologiques (concernant l'âge du bronze, notamment) confirment  l'importance des échanges commerciaux,  avec des habitants de terres parfois très distantes. A l'heure où l'on évoque la mondialisation, l'intensité de l'activité  commerciale internationale  et la dépendance de l'homme  aux produits manufacturés,  on ne peut que mener une réflexion sur le comportement de ces  lointains ancêtres, pour qui le négoce avait tant de valeur. N'hésitant pas à parcourir de grandes étapes, sachant mettre en exergue leurs propres productions, ils savaient  aussi, pertinemment,  bien manier l'art de la transaction. Profit, bénéfice, exploitation, taux de change, publicité, marketing, gestion de stock, accords de vente, exclusivité, ... étaient-elles déjà  des notions et des pratiques maitrisées au néolithique ? Quelle était la teneur des propos entre vendeur et acheteur ? A quel rythme s'effectuaient les rotations commerciales?
Si l'on a, postérieurement,  de plus nombreuses certitudes sur le commerce à l'ère romaine, on  ne peut répondre à maints questionnements sur les millénaires antérieurs, mais  au moins est-on assuré de la qualité des échanges par le matériel retrouvé sur les sites de chantiers de fouilles : perles d'ambre de la Baltique, peignes crétois, tissus Britanniques,... Or il importait, avant tout, de pouvoir dialoguer pour mener à bien les démarches commerciales .  Mais  quelle langue utilisait-on  pour les transactions ?  Si à l'époque romaine on utilisait  le grec, le latin, assez largement dans l'empire romain, et .  que le   Moyen-âge employait le bas latin, le roman, l'occitan, la langue d'oil,...on peut se demander quelle langue était utilisée aux temps précédents, et qui faisait office de traducteur.  Or, en regard de l'importance des preuves archéologiques d'échanges avérés entre groupes humains, on est assuré   de l'intensité et de la persistance de l'activité commerciale.    


Free lance Writer 
Culture  Art  Patrimoine                                                                       
















mardi 13 novembre 2012

serrer ou desserrer ...la vis comica

Si le rire est le propre de l'être humain, on doit le pratiquer à bon escient. Autant il est facile de s'y abandonner lorsque tout va bien et que l'on est détendu, autant il est rétif  au déclenchement,  en période dite "de crise".  Se décontracter les zygomatiques est comparé, pour certains, à un sport très prisé. Qui leur en voudrait ? La question (très contemporaine) : "peut-on rire de tout ?" aurait tendance à devenir "tendance" . Et les surdoués de la Vis Comica se font rappeler à l'ordre si l'oubli vient masquer l'intention initiale. Les expressions des échanges verbaux de la vie  quotidienne font référence au rire:  Rire sans arrière pensée, rire à gorge déployée, s'empresser d'en rire ..., mourir de rire, rira bien qui rira le dernier...pour ponctuer une idée, une affirmation, une mise en garde. 
Outre le rire spontané, réactif à un bon mot, ou une situation cocasse, derrière ce rideau de façade, cette pirouette qui, souvent, masque un embarras, qu' y a -t-il vraiment ?
Un sursaut de savoir-vivre, une contenance, une échappatoire à une conversation gênante et ennuyeuse ?  Maintes facettes pour un éclat....
L'artiste comique, doué et efficace, est avant tout un grand observateur de ses semblables, et possédant une bonne connaissance de soi (schéma corporel, ressorts psychologiques, capacités vocales ..). Il traque le défaut, la maladresse, pour en forcer le trait et accentuer le ridicule. Par un jeu de mimiques, sur lequel il s'appuie d'abord, il va cibler, cerner un personnage dans une situation précise. La force comique accentuée par la personnalité du comédien, va donner vie à un individu qui, bien que factice et "inexistant", se révèle être très proche du spectateur par ses faiblesses, ses tribulations,  et ses travers...
"Rire de soi avant de rire d'autrui, permet de rester lucide et humble" l'artiste honnête  s'implique et pratique d'abord  l'auto-dérision.
L’œil aiguisé, le verbe acerbe, le ton et l'acuité de la pertinence, le geste calqué ou exubérant, avec parfois l'acidité du propos, mais toujours l'originalité dans la performance, la rapidité de rythme,  tout cela forme un ensemble de techniques indispensables pour qu'un artiste réussisse à faire carrière. dans cette voie prisée,  mais difficile à tenir sur la durée.
Les années passant, les mentalités changent  et la mode suit.. Ce qui faisait hurler de  rire hier , ne fait même plus sourire aujourd'hui.. Ce qui déclenche l'hilarité en Asie, ne fera pas recette en Europe.. Il existe certes quelques incontournables intemporels et internationaux (chutes sans blessures et tartes à la crème !!! ), mais la plupart sont des spécificités. De même qu'il existe un  humour national, on rencontre aussi un humour régional. On y mêle le parler local, les traditions, pour les malmener et les brocarder avec bonhomie.
Parmi la pléiade des amuseurs  du moment, dans l'hexagone, on remarque
quelques étonnants "hommes à sketches ":
Wally ( excellent guitariste) et ses chansons courtes. Chacune est un  flash musical bref mais percutant. Originaire du Sud-Ouest , il donne immédiatement le ton. Ses textes sonnent souvent comme de mini-rébus,  dont il se gausse à  en faire deviner le sens, au tempo irrésistible de sa 6 cordes.
Ary Abittan
Didier bénureau
Ary Abittan ( comédien, acteur) le séducteur  aux accents comico-exotiques, qui se joue de son avantageux physique, et de son visage très expressif, pour camper de multiples personnages du quotidien ( dont le journaliste sportif, le présentateur de météo...)
Didier Benureau ( acteur, comédien) outrancier et provocateur dans sa méchanceté drolatique, est implacable dans les portraits qu'il propose à son public : la belle-mère indigne, le soldat, le prédicateur 
Gilles Détroit



Sellig
Gilles Détroit ( comédien) développe une logique particulière dans l'oralité . La liste des achats au supermarché devient , avec lui,  un exercice syntaxico-linguistique qui voisine avec l'explication de texte hilarante, et déconcertante d’ambiguïté comique.
Sellig: (comédien ) traque les incidents  et les contraintes de la vie : bricolage domestique, déménagement, ennuis de santé, entente  et compromis conjugaux.
 La plupart de ces artistes, qui se réclament de leurs aînés: glorieux prédécesseurs,  ont un parcours aux axes multiples :  comédien  de théâtre, acteur de cinéma, auteur de textes. Ils sont aussi chanteurs, mimes..Leur mérite est grand, et appréciable, car ils savent, par la légèreté de leurs  propos, distraire leur public en lui faisant oublier  un quotidien souvent bien lourd.
Fous du roi médiévaux, fabulistes, pamphlétaires, clowns,  chansonniers, chaque siècle a eu (et aura) besoin de ces amuseurs méritants, qui osent, comme les journalistes,  la liberté de ton que le public ne peut parfois se permettre. Des parvis des cathédrales aux tréteaux de fortune, les rires sont parvenus devant les rideaux rouges des cabarets, pour  s'engouffrer jusque dans les contemporaines et  immenses salles de spectacle, les remplir et les faire vibrer  de tonnerres joyeux.
" Qui fait rire l'esprit se rend maître du cœur. "
F-J.de Pierre, cardinal de Bernis (1715-1794)

Freelance Writer
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