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lundi 20 août 2012

Destination Opéras été 2012

Un été de mélomane, pourquoi pas ? Lorsque les sites  antiques prêtent leur décor millénaire aux chefs-d'œuvre  de l'art lyrique, les stars du Bel Canto, et les fans  passionnés accourent,  occupant les gradins de pierre qui les accueillent,  comme ils l'ont fait pour  leurs lointains prédécesseurs. Les chaudes nuits  d'été vibrent alors aux voix exceptionnelles qui habitent les lieux pour quelques heures, quelques moments privilégiés, ponctués des applaudissements d'un public admiratif (mais exigeant, car connaisseur).
Odeon Herode Atticus
Au rendez-vous de l'opéra,  la saison juin- septembre 2012 a permis de retrouver, (extraits des programmations individuelles):
- Il  Trovatore  (G.Verdi) à Athènes à l' Odeon Herode Atticus (Epidaurus Festival du 10 au 14 juin)
- die Zauberflöte (W.A.Mozart) à Salzburg . le 29 juillet
(Salzburger Festspiele 2012 :du 20 juillet au 2 sept.)
- Turandot ( G.Puccinià Orange, dans le cadre des Chorégies, avec le ténor Roberto Alagna (c.f. article sur ce même blog- " Nessun dorma, Roberto canta") .
- Carmen  (G.Bizet) à Vérone , pour   le 90° Festival (Arena di Verona), du 22 juin au 2 septembre.
Carmen (à Massada)
                                 à Massada du 7 au 10 juin, avec l'Orchestre Symphonique d'Israël placé sous la direction de  Daniel Oren. En chiffres, c'est une entreprise impressionnante qui a nécessité 2500 employés pour la mise en place, 800 artistes et techniciens présents à chaque représentation. Mais, aux rives de la mer Morte, le résultat fut grandiose, comme pour les spectacles  des années précédentes.
Parsifal
- Parsifal  ( R. Wagner) à Bayreuth - le 11 août  -    
Certains de ces spectacles furent retransmis en direct (en France) par les chaînes de TV : Fr3 ou Arte, permettant ainsi à plusieurs millions de téléspectateurs de suivre  : Parsifal, Turandot, et die Zauberflöte..  lors de ces soirées exceptionnelles,  où la Culture, la qualité, étaient au rendez-vous et à  portée de télécommande.
Dans un  autre style musical, le Festival de Jazz de Montreux (Suisse) offrait, en cette saison 2012,(du 29 juin au 14 juillet)  pour la 46° édition,  sa vision  épurée (voir affiche sur le net) d'un programme toujours aussi représentatif, attrayant,  et éclectique: de Bob Dylan à Buddy Guy, Alanis Morissette, Mélodie Gardot...
Les festivals sont  certes en vogue,  et  tout particulièrement  pendant les mois d'été. la plupart affichent une belle continuité dans le temps, d'autres, plus récents, doivent s'affirmer sur leurs bases pour rivaliser avec les plus anciens. Les programmations mettent en valeur les interprètes, d'innovantes mises en scène (parfois déroutantes et inattendues), mais toutes créent l'événement de la saison. Et si l'on est obligé,  pour les plus célèbres, les plus courues, de prendre une réservation bien longtemps à l'avance, d'autres sont accessibles, sans nécessiter une anticipation risquée. L'ensemble de ces manifestations atteste d'une belle vigueur du genre. La fréquentation des lieux, malgré le prix des places (élevé pour quelques-unes), est relativement satisfaisante car le public adhère, et se fidélise au fil des années.
Et si le succès d'un grand nombre d'opéras va grandissant, souvent grâce à la télévision, au cinéma, (par des retransmissions, des documentaires, des biographies de compositeurs,  des documents explicatifs d'initiation ou de vulgarisation), il ne faut pas oublier qu'en leur temps ( celui de leur sortie respective) l'engouement et l'enthousiasme ne furent pas obligatoirement spontanés. Les huées, les pamphlets, les cabales, les bouderies du public, un soir de première,  ont désolé plus d'un  interprète, d'un compositeur,  et d'un librettiste. Le temps ayant fait son œuvre, sur les faits, les mentalités,  et les goûts musicaux, des sujets comme celui de Carmen (Bizet -1875), Tannhäuser( Wagner-version française de 1861), Norma ( Bellini- 1831)...sont devenus d'authentiques incontournables du répertoire international de l'art lyrique . La gloire posthume a, alors,  un goût de revanche bien amer.

Freelance Writer
Culture  Art  Patrimoine








jeudi 2 août 2012

Nessun dorma, Roberto canta ...

Que personne ne dorme, Roberto chante...
L'antique théâtre d'Orange n'est pas une arène, ni un tribunal, mais bien un lieu de spectacle où les artistes donnent le meilleur d'eux-mêmes pour un public connaisseur et exigeant. Monsieur Alagna l'a prouvé . Face aux questions :
- Le public est -il aussi exigeant que la critique ? 
- L'artiste est-il un être lambda ou un  surhomme ?
- La tradition supporte-t-elle la concurrence et les modifications au fil des ans..?
plus d'un serait décontenancé. Le célèbre ténor  Roberto Alagna n'a point failli,  ni démérité. Sa détermination à maintenir une prestation difficile, en dépit d'un problème de santé passager, est révélatrice de sa conscience professionnelle et de  son respect pour le  public venu assister à la représentation. La réalité a rejoint la légende: en ce soir du 31 juillet 2012, c'est bien le Prince Calaf qui a vaincu  Turandot !! L'auditoire rassuré , subjugué et conquis  a donc applaudi la performance. Le défi a été relevé, sous un auguste regard. L'émotion fut palpable depuis les gradins jusqu'à la scène. Certains ont du mal à comprendre et à accepter le grand écart de répertoire que le solaire chanteur a effectué, avec succès,  lors de ses enregistrements et spectacles de variétés ( reprise d'une partie du répertoire de Luis Mariano, et série de chansons traditionnelles siciliennes..) . Mais l'intéressé a lui-même déclaré qu'il assumait ses choix et le public a suivi, n'en déplaise à certains critiques,  qui ne voudraient voir en lui que l'interprète infaillible d'une tradition classique rigide, limitée au seul répertoire traditionnel du Bel Canto et de l'opéra. Avec des "Si " on ferait chanceler une carrière, mais avec un "contre-ut " sans emphase, sans théâtralité outrancière,  on peut affirmer: VinceròRoberto Alagna l'a fait.

Freelance writer
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