mercredi 15 avril 2015

Vélasquez, le sévillan, au Grand Palais

Montage illustrations NLM
L'année 2015 consacre une exposition exceptionnelle  au peintre espagnol Diego Velázquez  (1599-1660), dans l'enceinte du Grand Palais à Paris. C'est une première, en exclusivité, sur le sol de France.  Le portraitiste royal, considéré à juste titre comme le  digne représentant de la peinture baroque espagnole, s'offre aux regards du public  dans une production aux accents réalistes.
On a souligné, dans les portraits peints par  Velázquez, l'expression des visages,  la posture, la lumière, le rendu des reflets des tissus, de la finesse des dentelles...  
Mais les activités de D. Velázquez ne sont  pas seulement  consacrées à "la peinture de cour",  car il est également connu pour avoir été  décorateur,  surintendant à la cour des travaux royaux, architecte, collectionneur, et  pour avoir varié ses sujets de tableaux (natures mortes "Bodegones", paysages, ..)

El siglo de oro ,  sous le règne de Philippe IV le grand  (1605-1665), est le temps d'un éclat culturel particulier, avec la présence d'artistes prestigieux à la cour.  Le peintre sévillan Velázquez en faisait partie.Il y eut aussi l'écrivain et poète Lope de la  Vega. Hommes de talents qui ont su, respectivement,  marquer leur époque  par leurs toiles,  et leurs textes, mais dont la renommée a franchi les siècles, tant on associe leur nom à cette période faste et prolifique dans le domaine des Arts.
Outre les membres de la famille royale (y compris Las Meninas: les demoiselles d'honneur), le  puissant et influent ministre: Gaspar de Guzmán (y Pimentel Ribera y Velasco de Tovar), comte d'Olivares et duc de Sanlucar la  Mayor, a posé, lui aussi, et avec superbe,  pour Diego Velázquez. 
Le peintre sévillan fut  l'élève (assistant, domestique et  apprenti) de Herrera, et de Francisco Pacheco (auteur d'un ouvrage sur "L'art de la  peinture",  parution post mortem en 1649). Ce dernier devint son beau-père,  puisque D. Velázquez  en épousa la fille : Juana.  Ce genre d'alliance  était, en ce temps-là,  une pratique courante, car elle facilitait les relations professionnelles avec les commanditaires, et renforçait  l'appui et l'importance  de "l'atelier".
S'il a acquis, auprès de ces 2 maîtres (Herrera et Pacheco) quelques techniques, et incitations à travailler certains aspects de l'art pictural (mouvement, esthétisme, perspective, clair-obscur...), le  style personnel de Velázquez, enrichi d'influences diverses (dont la peinture italienne) s'affirmera avec l'âge et l'expérience de la pratique.



Pour visiter l'exposition, ou en savoir plus :
http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/velazquez
Francisco  Pacheco :
http://www.spainisculture.com/fr/artistas_creadores/francisco_pacheco.html  
Note orthog:  Velázquez en espagnol et Vélasquez en français.
  A écouter :
Musiques baroques espagnoles :
 Luis de Milan (1500 -1561 ): Trois pavanes - guitare:Andrés Segovia
 https://www.youtube.com/watch?v=CAnQZ1y1WHE
 Santiago de Murcia ( 1673-1739) :,prélude et allegro
https://www.youtube.com/watch?v=xYCefndTiPM 


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mardi 7 avril 2015

Faire tapisserie


Si l'expression populaire "faire tapisserie" n'est ni flatteuse ,ni engageante, on peut aussi  déplorer que cette belle activité soit associée à l'attente d'un éventuel cavalier de bal.  Mais elle peut tout aussi bien rappeler l'ouvrage de Pénélope, effectué dans la journée, défait la nuit, toujours à recommencer, parce que toujours en attente du retour de l'homme aimé.. La tapisserie n'est plus, depuis longtemps,   histoire de femme qui attend....
Pénélope
Haute ou basse lisse, le travail est toujours sur un métier. Ayant longtemps joué les utilités, pendant l'Antiquité,  pour les besoins de la vêture au quotidien, l'activité de tapisserie est devenue un art aussi  minutieux que  prisé.
Étrange et savant ballet des fils , de la trame, du nouage, de la navette,  magie du dessin travaillé sur l'envers : l'artisan exécutant est avant tout habile, dextre,  et patient. Les hommes, nommés maîtres tapissiers,  autant que les femmes,  prisent ce travail, qui peut être aussi un hobby. Les points, très fins,  sont issus de techniques précises, (sur métier Jacquard : Loiselles,  Gobelins (pour le coton) , Halluin, halluin-cense manoir(pour la laine)).  Tapisseries murales ou tapis de sol, les pièces peuvent parfois atteindre de très grandes dimensions. Et l'on constate  qu' au cours des siècles, les belles et riches  demeures ont su se parer de tapisseries de prestige.Remplaçant le décor en  mosaïque romaine, la tapisserie médiévale avait,  en plus de la beauté esthétique narrative, l'avantage, en hiver,  de calfeutrer les châteaux, pour une meilleure isolation thermique...
Des noms évocateurs, lorsque l'on parle de tapisseries :
Les artistes créateurs cartonniers
Jean Lurçat (photo montage NLM)
Jean Lurçat (1892-1966): peintre, céramiste, créateur cartonnier, lissier,  fut l'élève de Jean Prouvé.  Il vint à Aubusson en 1939.  et fut  cofondateur du CIFAM de Lausanne (Centre International de la Tapisserie Ancienne et Moderne) . Surréaliste, imaginatif, et coloré, le style de Lurçat se décline sur grands formats de tentures.murales. 
Louis Toffoli (photomontage NLM)

Louis Toffoli (1907-1999) après avoir suivi plusieurs voies professionnelles, il s'est consacré entièrement à la peinture depuis l'année 1976 jusqu'à la fin de ses jours. Reconnaissables au premier coup d'oeil, tant le style est personnel (silhouettes , visages, transparences dans les couleurs ), ses dessins, ses toiles, et tapisseries connaissent un succès  international. On peut regrouper l'ensemble de la production en divers chapitres : couples,  mères et enfants, bateaux, métiers :  artisans et ouvriers,animaux...
Les grandes manufactures ou ateliers :
Tournai, Arras,  Paris, ont tenu le haut de l'affiche pour  les ouvrages de l'époque médiévale.

Aubusson :petite ville célèbre depuis le XVe siècle, pour ses productions, devenue manufacture royale en 1665, elle a donné son nom à un style de tapisserie.Inscrite, par l'Unesco, sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité,  en 2009.
Flandres :  Très en vogue à la Renaissance,  car  certains tapissiers du nord de la France, fuyant les guerres et l'insécurité,  se réfugièrent en Flandres, où ils purent continuer à pratiquer leur profession, avec plus de sérénité. Les motifs utilisés  pour les décors sont des sujets religieux, bucoliques, mythologiques, souvent symboliques.  Des teintes vives, ainsi que des fils précieux ( argent, or)sont employés pour rehausser les diverses figurations.

Tapis de chœur ND de Paris
La Savonnerie: (2 sites : Paris et Lodève) Autrefois spécialisée dans la réalisation de tapis (genre tapis de Turquie à points noués) ou de garnitures de sièges, la manufacture est  rattachée à celle des Gobelins en 1826. A l'époque contemporaine, elle fonctionne toujours, et emploie 40 lissiers. Le tapis de chœur de la cathédrale Notre-Dame (Paris) a été tissé sur les métiers de la manufacture de la Savonnerie (au XIXe s.).
Beauvais: (2 sites: Paris et Beauvais), fondée par Colbert en 1664, spécialisée dans les tapisseries de basse lisse (sur métiers horizontaux), elle  rivalise, en qualité,  avec les produits de  la manufacture des Gobelins.
Gobelins : manufacture nationale sise à Paris (XIIIe arr), ayant plus de 4 siècles d'existence, dont les tapisseries acquirent un grand renom jusqu'à être appréciées par le roi Louis XIV, qui vint  visiter en 1667 les installations dans les ateliers.


La Dame à la licorne/   
Bel ensemble (inscrit  en 1841 à l'inventaire des M.H.) ,  de 6 panneaux de tapisserie(laine et soie) ,  que l'on dit avoir été commandé par le seigneur Le Viste au XVe siècle. La Dame, entourée de personnages et d'animaux, est mise en scène selon les 5 sens : la vue, l'ouïe, le toucher, le goût,  l'odorat, auxquels s'ajoute " A mon seul désir". On s'interroge encore sur la symbolique de chacune des représentations et sur l'ensemble. Depuis 2013, après un nécessaire dépoussiérage, la tapisserie est à nouveau visible à Paris, au Musée de Cluny, où elle est exposée.
 http://education.francetv.fr/moyen-age/cinquieme/video/la-dame-a-la-licorne-chef-d-oeuvre-du-musee-de-cluny
Montage Création NLM
http://www.musee-moyenage.fr/collection/oeuvre/la-dame-a-la-licorne.html

Voir aussi:
  L'article de George Sand sur les tapisseries du château de Boussac (in "L'Illustration" du 3 juillet 1847). L'auteure berrichonne, émerveillée et émue lors de sa visite dans ce lieu,  fit, pour leur sauvegarde,  le signalement du mauvais état des panneaux  auprès de son ami, l'inspecteur des monuments historiques,  Prosper Mérimée.
Et dans le texte publié en 1923 (die Sonette an Orpheus - partie IV) du poète Rainer Maria Rilke (1875-1926) , la licorne est présente:
O dieses ist das Tier, das es nicht gibt.
Sie wußtens nicht und habens jeden Falls
- sein Wandeln, seine Haltung, seinen Hals,
bis in des stillen Blickes Licht - geliebt.

Zwar war es nicht. Doch weil sie's liebten, ward
ein reines Tier. Sie ließen immer Raum.
Und in dem Raume, klar und ausgespart,
erhob es leicht sein Haupt und brauchte kaum

zu sein. Sie nährten es mit keinem Korn,
nur immer mit der Möglichkeit, es sei.
Und die gab solche Stärke an das Tier,

daß es aus sich ein Stirnhorn trieb. Ein Horn.
Zu einer Jungfrau kam es weiß herbei -
und war im Silber-Spiegel und in ihr.

 
               *          *            *                                 *          *         *
 Si les tapisseries étaient, et sont toujours, des signes d'aisance financière dans les intérieurs individuels, les édifices religieux (cathédrales, palais épiscopaux) ou les bâtiments de prestige (palais présidentiels, opéras, théâtres, musées), elles constituent également des témoins précieux de styles et d'époques diverses; En effet, leurs cartons préparatoires sont souvent l’œuvre de grands  peintres ou dessinateurs qui narraient par leurs croquis des épisodes de l'Histoire. Ainsi l'étude de ces pièces d'ameublement amène -t-elle des renseignements utiles pour la connaissance générale et particulière de faits précis  ou de certains  personnages célèbres.

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lundi 30 mars 2015

Le violon de Niccolò


montage: NLM
Niccolò PAGANINI , (1782-1840), musicien italien du XVIIIe siècle,  surnommé "le violon du diable", jouait comme un dieu. Sa dextérité, dont on parle encore avec respect quelques siècles plus tard, a surpris, suscité l'admiration et certainement fait de nombreux envieux parmi ses confrères contemporains. L'homme n'était pas qu'un simple interprète altiste, il était également guitariste. Et fut un remarquable compositeur,  car on lui doit  de fort belles pièces (dont 6 concertos pour violon), qui ont toujours été considérées comme autant de morceaux de bravoure, tant une indispensable dextérité est nécessaire pour les interpréter. Conscient de sa particularité de virtuose, le musicien a su garder  tout au long de sa vie, quelques secrets professionnels (jeu d'interprétation, techniques et astuces pour améliorer l'ensemble de sa prestation ...), ménageant une part de mystère qui, bien évidemment, ne manqua pas d'exciter la curiosité, en  faisant une certaine publicité, autour de "son personnage". Qui était réellement Niccolò , musicien surdoué qui jouait  aussi bien sur un Vuillaume de 1833 que  sur un Cannone de 1743 ?
Copié, ou inspirateur, le musicien aux brillants effets de glissandi, pizzicati,  et stacati ultra rapides, a rejoint la légende. Depuis lors,  l'image de sa silhouette inclinée, sa tenue de l'instrument, son  geste prompt et précis, restent dans la mémoire de tous les violonistes.
 Le style Paganinien, ses influences qui ont imprégné des générations de suiveurs, ont donné à l'histoire du violon une dimension incontournable.
Les lauréats du concours Paganini 2015
L'année 2015 a vu la reprise de l'organisation du Concours International de Violon (existant depuis 1954) . Après 4 années d'interruption , cette 54 e édition  s'est déroulée à Gênes, au Theatro Carlo Felice, du 28 février au 8 mars.  Le 1er prix  a été attribué à un jeune sud Coréen de 19 ans :  Yang In Mo, habitué des  compétitions de haut niveau, puisqu'il a déjà obtenu le  2e prix du Concours Ménuhin.  Concertiste depuis plusieurs années , le brillant violoniste étonne le jury par sa maturité d'interprétation dans les attaques, son style délié, et sa maîtrise du phrasé musical.
Ci-dessous, en 2012, Yang In Mo (alors âgé de 16 ans),   dans le 3e mouvement du concerto de Tchaïkovski :
 https://www.youtube.com/watch?v=koti7SKOSiQ

D'autres violonistes d'exception,   par leur interprétation, leur personnalité respective très originale, et leur incontestable virtuosité :
Dans les 4 saisons de Vivaldi ( extrait) l'irrésistible:  Nigel Kennedy 
 https://www.youtube.com/watch?v=YuF4oYRktcA
Alexandre Markov ( Paganini- Caprice N° 24)https://www.youtube.com/watch?v=XPM2LIStXPE
David Garrett, Adam Taubitz (recordmen de vitesse de jeu au violon)
Carnaval de Venise (N. Paganini ) par David Garrett
https://www.youtube.com/watch?v=nW34vdnjBO0 
Adam Taubitz ( le vol du bourdon) 
https://www.youtube.com/watch?v=1dfdl9UPCBY 
Laurent Korcia:
La campanella
https://www.youtube.com/watch?v=EBO1V2lpWYM 
Nemanja Radulovic:
 https://www.youtube.com/watch?v=nRBZMUI6m6M
https://www.youtube.com/watch?v=XcBb1u419w8

La vie personnelle et la carrière de N. Paganini ont inspiré les réalisateurs de films, les romanciers, les auteurs de chansons (cf. celle interprétée par Ella Fitzgerald) . Si  la silhouette caractéristique du musicien fut   l'objet de maintes caricatures, les artistes ont salué en lui l'homme d'exception, on relève ainsi des citations élogieuses et admiratives de Liszt, Schubert, Balzac, Rossini, Y. Gitlis...

L'une des biographies de Paganini (parmi bien d'autres)
http://www.gutenberg.org/files/39571/39571-h/39571-h.htm


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mardi 24 mars 2015

David BOWIE is .... in Paris

  Après le grand succès rencontré à Londres (Victoria and Albert Museum) ,  une tournée dans 40 pays est prévue (dont déjà  Toronto, Berlin, Chicago, Sao Paulo) pour cette exposition  consacrée à  David Bowie. Plus de 300 pièces (issues de D. Bowie Archive Storage)  : Costumes de scène, accessoires, objets personnels, manuscrits, instruments de musique, sont exposés. Des films, des vidéos, des animations complètent la manifestation. 
 Donc c'est un printemps haut en couleurs dans la capitale française  avec l'exposition installée sur 740 m², à la Philharmonie de PARIS  depuis le 3 mars jusqu'au 31 mai de l'année 2015Davis Bowie is ..

 L'icône au talent multi-facettes, fascine  le monde de la musique depuis plusieurs décennies, déconcerte la critique, subjugue des milliers de fans, mais ne laisse personne indifférent.  Alors oui à Bowie pour une exposition qui se veut comme  un itinéraire rétrospectif d'une carrière puzzle.
Rien de lassant, ni de figé chez cet artiste.  Toujours à l'avant-garde de la mode scénique, des tenues vestimentaires originales, des trouvailles harmoniques,  il a pu traverser les années en étonnant,  à chacun de ses concerts,  son fidèle public. David Bowie a su donner vie et  incarner plusieurs personnages: Aladdin Sane, Ziggy Stardust, Major Tom, Halloween Jack..., pour les besoins de ses spectacles. Le grand blond élégant, longiligne, sait pertinemment se mouvoir et donner de la voix. Authentique homme de scène, il soigne son look,et donne à son personnage une richesse et une subtilité, perceptibles, qui vont bien au-delà de la simple apparence.
Montage: NLM

 Adepte du Cut up et  créateur de la  Hunger City de Diamond dogs Tour de 1973, la Pop star  a lancé une certaine idée et maîtrise du concert de rock en tournée internationale: une autre dimension pour d'autres émotions.  Projeté vers l'avant de la scène, et vers l'avenir, en élans créatifs toujours renouvelés, l'homme n'hésite pas à travailler, en collaboration avec les professionnels, sur tous les fronts : photographie, mise en scène, décoration, design, chorégraphie...
Très impliqué dans l'interprétation sous toutes les formes il est passé du mime au théâtre, puis au cinéma, car,  dit-il "..écrire des chansons ne suffit pas..." . 

 (Exposition) Coordination de projet et adaptation pour la France
Marion Challier 

 Pour retrouver David Bowie et  le tube planétaire 
Let's dance  (in live): 
https://www.youtube.com/watch?v=jxe-iylVQSY
 et aussi :
Rebel, rebel.(en concert)
https://www.youtube.com/watch?v=eF551z9KlA8
 rappel d'info :

 Le samedi 15 novembre 2014 a été une  journée spéciale
David Bowie,   au Musée du Rock -La Rochelle (France) -
http://museedurock.com/
 à lire : l'article du site les inrocks :
http://www.lesinrocks.com/2015/02/27/musique/dans-les-entrailles-de-lexposition-david-bowie-is-a-paris-11565964/

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jeudi 19 mars 2015

Résolument POP

Montage -  NLM
Le Pop Art (Popular Art),   emblème culturel des seventies, a inondé de ses vives couleurs, tel un feu d'artifice bariolé,  tous les supports visuels. Il a émergé au milieu du XXe siècle, en Grande Bretagne pour gagner les USA   une décennie plus tard.  D'Andy Warhol à Jaspers Johns  et, avant eux,  Sonia Delaunay, l'expression esthétique a donné l'impression d'une libération graphique et colorée qui a touché  plusieurs continents. Supports ou sujets, les objets du quotidien produits en série (canettes de boissons, chaussures, boîtes de conserves, ou même éléments du mobilier: chaises...),  deviennent alors la thématique caractéristique de cette nouvelle tendance. Le Pop Art va bien au-delà d'une simple technique figurative, car il s'immisce dans la mode, dans le design, l'architecture, puis dans un certain art de vivre et de penser (Pop-Prinzip, en allemand) : "on est Pop !" Le succès est immédiat, dans quelques pays,  car  le public est ravi de ces "détournements", accessibles, ressentis comme une  manifestation évidente de joie communicative, d'une insouciance apparente, à partager autour d'ustensiles désacralisés et réemployés à des fins artistiques, telle une revanche de la société de consommation sur ses propres penchants . La production d’œuvre unique n'a plus cours, les créateurs multiplient leurs modèles, offrant à la publicité (mais aussi à la BD, aux émissions TV..)  une véritable opportunité d'exploitations et de déclinaisons diverses.
Montage : NLM
Si Richard Hamilton (1922-2011), et Eduardo Paolozzi (1924-2005), sont considérés comme les initiateurs du courant, sous leur impulsion une inspiration foisonnante  va très vite gagner les techniques picturales des autres artistes contemporains. On utilise les photos, les collages, les découpages, on recolore des pans de textures différentes pour les  juxtaposer avec audace,  et parfois une certaine  ironie provocatrice. On se joue des formes,  et des couleurs naturelles,  pour mieux les réinventer dans un nouveau réalisme.  
Le XXIe siècle voit le retour en force de ces œuvres éclatantes, cotées, qui s'exposent comme des trésors "vintage". Et l'on prend toute la mesure et la force d'un courant dont se réclament (souvent sans le savoir ) quelques jeunes graphistes de Street Art;
De  nov 2014 à fév.  2015, l'exposition German Pop (Frankfurt - Deutschland) à la  Schirn Kunsthalle,  a remis à l'honneur le Pop Art d'Outre-Rhin. Parmi les artistes représentatifs (ou se rapprochant) de la mouvance,  ont peut citer :
http://schirn.de/GERMAN_POP.html
Konrad Lueg (1939-1996), galeriste et peintre.
http://www.smak.be/tentoonstelling.php?la=fr&id=59
Werner Berges (1941-) a travaillé sur les images en perspective et trompe-l'oeil.
https://www.youtube.com/watch?v=NBEQ27CXZAo
Thomas Bayrle (1937-) plasticien.
http://www.schirn-magazin.de/en/Thomas_Bayrle_Good_Vibrations.html
Autre exposition haute en couleurs,  à voir aussi  en ce même lieu:  
Poesie  der  Grosstadt. Die  Affichisten (von 5. Februar  bis  25. Mai 2015)



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Afin que la culture puisse survivre ...

 On aurait tendance à penser "de profundis cultura " en regard des événements qui endeuillent le monde de la culture depuis quelques années. S'en prendre au passé, à son legs, au patrimoine international, à l'art, c'est aussi déstabilisant qu 'incompréhensible et irrationnel. Car ces domaines précis ont fait avancer,  au même titre que la science, la technologie, la recherche, les diverses civilisations de l'humanité. Se réclamer de ces héritages c'est reconnaître l'indispensable et inévitable  marche du temps, avec une réflexion lucide sur l'avenir. L'homme est fait pour construire et progresser, non pour stagner,  détruire,  et régresser. Simple individu, il ne détient rien. Il n'a aucun droit sur  les acquis des aïeux (parfois chèrement payés),  il n'est qu' un simple  passeur de savoir, de biens et de  mémoire. Il est également responsable de ses actes vis-à-vis des générations futures. On pose souvent la question, de manière globale, mais avec juste raison :  "Que laisserons-nous à nos enfants" ? Cette interrogation ne concerne pas seulement l'écologie et l'état de la planète. Elle implique la Culture, les cultures, dans leurs identités intrinsèques respectives.
On parle aussi de carences ou de lacunes de l'instruction et de l'éducation.. Il faudrait également évoquer l'implication personnelle individuelle. Comment engranger des savoirs, des méthodes d'apprentissages, et espérer avoir des résultats scolaires sans un minimum de discipline, de respect mutuel (entre enseignants, parents, et élèves)? Combien d'adultes disent regretter leur manque d'assiduité et leur navrante attitude lors de leurs parcours d'études et être obligés, pour la suite de leur carrière, l'âge venant, de se remettre à niveau pour tenter de combler des retards qui ne sont souvent dus qu'à leurs erreurs de jeunesse? On est alors tenté (c'est tendance et aisé) de mettre cela  sur le compte de la société, des structures, des parents , pour se dédouaner soi-même d'une responsabilité évidente mais difficile à assumer.
L'individu est donc toujours  face à lui-même, pour réfléchir, et savoir quel comportement adulte, citoyen, digne,  adopter. Tel que le dit Orson Welles  : "On naît seul, on vit seul,  on meurt seul...." . La culture peut-elle nous aider à vivre ? s'interroge J-Baptiste Echivard dans son ouvrage, selon son propre point de vue. Mais à chacun  d'entre nous, où que l'on vive sur cette terre, de mener sa réflexion personnelle sur le sujet.
Mosaïque du Musée du Bardo (Tunis) - Le poète latin Virgile (Publius Vergilius Maro) entre la muse de l'Histoire Clio (Κλειώ ).et Melpomène (Μελπομένη) muse du Chant. 

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dimanche 22 février 2015

Mode : sous toutes les coutures

A première vue,  rien ne semblerait  plus futile que la mode. Ce serait se gausser de sa propre apparence, et du siècle dans lequel  l'on vit,   si l'on acquiesçait.  Même en se référant aux dictons et proverbes "L'habit ne fait pas le moine", "Il ne faut pas se fier aux apparences", si votre ramage se rapporte à votre plumage ...", il faut bien avouer que le paraître prend souvent le pas sur l'être. A l'ère où l'Ego  est omniprésent, on peut  toujours affirmer que l'on juge très souvent un individu à sa mise. Ce qui a pour conséquence l'importance exagérée que l'on accorde parfois à la façon de se vêtir. Vouloir paraître à son avantage,  se mettre en valeur, selon les canons de la mode du moment (diktat de la minceur, vêtements signés, accessoires coûteux...) deviennent alors un modus vivendi. La mode, phénomène social, courant éphémère à l'éternel renouvellement, occupe alors bien des esprits. Mais se contenter de constats de cette nature sans développer la réflexion,  pourrait devenir rapidement   simpliste et réducteur.
Le monde de la mode est avant tout celui de la création. Il regroupe une multitude d'artisans, de grands professionnels, de nombreux talents au savoir-faire remarquable. La Mode est la résultante de ces techniques d'art  et  d'expériences assemblées, conjuguées, ayant pour buts: l'esthétique, la beauté, le plaisir des yeux, le confort du corps, et, très souvent, la recherche pour améliorer le tout.
Pour en savoir plus, et se renseigner sur une orientation professionnelle:
- Les métiers de la mode ( brodeuse, plumassier...)  
http://www.esmod.com/fr/content/les-metiers-de-la-mode 
http://www.institut-metiersdart.org/metiers-d-art/mode/plumassier
http://www.institut-metiersdart.org/metiers-d-art/textile/brodeur
Dire qu' un professionnel entre dans le milieu de la mode comme en religion, n'est pas outrancier. Sans passion, sans vocation, la trajectoire peut être très brève. Encore une fois,  le talent, sans le travail, ne mène à rien de bien durable. Les grandes griffes, qui se sont affirmées sur plusieurs décennies,  l'attestent : St Laurent, Givenchy, Chanel, Dior, Issey Myake, Cardin, Alaïa, Lagerfeld ...
Paris , NewYork, Milan, Londres sont les pôles internationaux, très en vue,  de la mode;   Chacune de ces grandes cités est emblématique d'un domaine,  et d'une tendance:  la Haute Couture, le Prêt-à-porter, les accessoires, l'avant-gardisme, le stylisme... Si les défilés, les salons, rassemblent de prestigieux  invités, les revues spécialisées, les magazines,  prennent le relais,  et mettent à la disposition du grand public, les dernières créations de la saison. N'importe qui ne peut décemment pas porter n'importe quoi. Des silhouettes se prêtent à certains styles, d'autres moins bien. L'ingéniosité de chacun, la variété, et les adaptations des modèles permettent cependant un certain équilibre entre le souhait et la réalité concrète. L'élégance et la raison priment alors sur l'envie et le ridicule. Et cela est une constante, car toutes les catégories, tous les âges,  sont concernés : femmes, hommes, jeunes, seniors, enfants , ados,...
Fashion week, fashion victim,:  is  all fashion now ?
Etre sensible à la fluidité, la légèreté des textiles,  s'enthousiasmer pour les couleurs chatoyantes, oser les formes et les coupes audacieuses, c'est se pencher, sans forcément en être conscient, sur  la représentation et la perception de sa  propre personnalité, c'est également entrer dans la relation à l'autre, sachant que la tenue est parfois révélatrice d'une appartenance sociale ou professionnelle, même si, à l'époque contemporaine, les catégories de costumes représentatifs  sont limitées ( militaires,  personnel hospitalier,   ecclésiastiques...) et moins soumises aux évolutions, car plus attachées à la tradition.
 Créer la mode, la  faire, la porter, s'en inspirer, certes, mais toujours s'y intéresser, car elle est un marqueur du temps, celui d'une civilisation, d'un état d'esprit, d'une façon d'être. 

Voir les calendriers "Fashion Weeks" en ligne.
Pour en savoir plus :
http://www.lemonde.fr/mode/visuel/2014/02/07/une-histoire-des-defiles-de-mode_4362302_1383317.html
Mode Italienne:
http://www.italianculture.net/francais/mode.html
Milano Moda Donna  du 21 au 28 février (Milan) 
Mode anglaise :
http://madame.lefigaro.fr/style/paradoxes-de-mode-anglaise-200907-9686
Musées:
Paris
http://www.palaisgalliera.paris.fr/
Albi
http://www.musee-mode.com/pages/accueil.html

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