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mercredi 29 avril 2015

Le Sieur du Cange


Charles  du  Fresne,  sieur du Cange, (1610-1688), grammairien, rhéteur, jurisconsulte, historien, philologue, critique,  linguiste,  homme de lettres, est un noble gentilhomme du XVIIe siècle.  Après de brillantes études ( humanités, droit) où sa facilité d'apprendre étonnait déjà, il devint avocat,  notaire, puis  trésorier de France. Le personnage  était surtout  mû par la passion de la recherche,  à vaste échelle,  en histoire et en d'autres disciplines.   Peu ou mal connu du grand public, ce savant est néanmoins, depuis des décennies, le compagnon d'étude de bon nombre d'universitaires. En effet, ses œuvres sont des documents de référence pour qui veut approfondir des connaissances en  géographie, histoire, latin, et évolution de la  langue française..
 Charles du F. du  Cange a laissé à la postérité d'importantes et utiles publications; Bien vu en cour, il a bénéficié, de son vivant, de la reconnaissance du monarque, ainsi que de celle de ses pairs. 
A sa mort, sa descendance directe (4 enfants) fut pensionnée (2000 Livres) par le roi Louis XIV.
Voir et lire : "Histoire littéraire du règne de Louis XIV " (abbé Lambert - Tome 3)
Œuvres de Voltaire (le siècle de Louis XIV -Tome II- Notes et commentaires par M. Palissot -1792) en parlant de Ch du Cange :
  "...On est effrayé de l'immensité de ses connaissances et de ses travaux. De pareils hommes méritent notre éternelle reconnaissance..."
 On a surnommé Charles du Fresne :  le "Varron françois" , pour rendre hommage à son immense  érudition, à son avidité de savoir. Même si cette expression  élogieuse fut employée à son égard, il faut rappeler que d'autres savants la portaient aussi . Notamment : Gilles  Ménage (1613-1692), Pierre Pithou de Troyes (1539-1596), Claude Favre de Vaugelas (1585-1650), Pierre de la Ramée ( Petrus Ramus) ( 1515-1572)...
Dans ce groupe d' hommes de sciences, au savoir encyclopédique, on peut ajouter G.W. Leibniz (1646-1716), fondateur de l'Académie des sciences de Berlin, séjournant à Paris de 1672 à 1676.  Le courant humaniste de la Renaissance entraînant dans son mouvement des esprits autant épris de liberté que de retour à certaines  valeurs prônées dans l'Antiquité, a persisté au-delà du XVIe siècle pour se terminer à l'aube du XXe.  Evolution des idées, réflexions sur celle de la langue : il y a toujours de quoi débattre pour des grammairiens, des philosophes. Chacun ayant, en son temps, apporté des avancées concrètes qui ont permis de structurer notre moyen d'expression oral et écrit.  Il est toujours intéressant et salutaire de se pencher sur  les carrières (mal connues) de ces hommes qui ont façonné peu à peu l'orthographe et la grammaire de la langue française.

N.B: Varron : Marcus  Terentius Varro (116- 27 av. J.C.), était un  écrivain romain ayant de vastes références culturelles. Il fut l'instigateur et l'organisateur des bibliothèques publiques de Rome. Il fut également  l'auteur de plusieurs ouvrages, dont certains ne sont, de nos jours,   que fragmentaires  : De re rustica, De lingua latina, Saturarum Menippearum libri  (les satires  Ménippées) ...
Le XXIe siècle s'enorgueillit de maîtriser  la rapidité des contacts et des communications.. Pour cela il faut en passer par bien des raccourcis, des abréviations, des à-peu-près, des anglicismes, et autres sigles,  dont l'utilisation outrancière donne lieu parfois à des  quiproquos. L'activité épistolaire s'amoindrit:  on rédige moins (en longueur de missive ),  mais paradoxalement on s'écrit davantage (par mail et textos). Est-ce pour aller à l'essentiel, pour commenter de menus faits du quotidien, pour donner son avis sur un événement ponctuel ? Le sujet fait débat, et interpelle les méthodes éducatives sur le devenir de l'oral et de l'écrit dans l'histoire des langues. Réflexion passionnante sur un thème commun à toutes les sociétés humaines, et qui suscite l'envie d'en savoir plus sur les bases initiales (savoir ce qu'est:  le bas latin, le roman, le français médiéval.... ), et sur ceux qui ont contribué à leurs assises.   


En ligne:
Ch du Cange 
http://ducange.enc.sorbonne.fr/
P. Pithou de Troyes
http://www.jschweitzer.fr/aubois-tr%C3%A8s-c%C3%A9l%C3%A8bres/pierre-pithou/
Cl. Favre de Vaugelas : "Remarques sur la Langue Françoise utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire"
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k84316s

(Illustrations: photos-montages NLM)

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vendredi 24 octobre 2014

Langues anciennes : par Zeus, ou par Neptune.

Zeus (Ζεύς)
Neptune ( Neptūnus)
Si des générations de collégiens, de lycéens, ont décliné "Rosa ,  la rose"  ce la n'a jamais été en pure perte.  La lecture et l'usage du "Gaffiot"  (pour le latin) , ou  celui du  suiveur d' "Henri Étienne" (pour le grec ancien) ....   ont permis à des milliers d'élèves un savant jonglage avec les cas les plus ardus de la grammaire, et  de venir  ainsi à bout de versions et de thèmes,  latins et grecs,  qui semblaient bien hermétiques pour les néophytes.
 L'intérêt pédagogique de l'apport culturel grâce à l'étude du  grec ancien et du latin, n'est plus à prouver. On pourrait même dire que l'apprentissage des langues anciennes est incontournable, si l'on veut pratiquer certaines activités et professions. Alors, si la scolarité ne le permet pas (ou ..plus ), il faut s'y mettre .. tardivement, et dans l'urgence. Or, l'on sait pertinemment que les apprentissages les plus solides, ceux qui s'ancrent durablement dans l'esprit, sont ceux qui sont précoces..  De là à dire qu'il vaut mieux s'y mettre tôt ... il n'y a que le constat de la réalité concrète de l'usage, qui peut le confirmer.  On ne nie pas que l'apprentissage des langues anciennes requiert concentration, efforts de mémoire, logique, et travail. Mais le choix de ces options d'études peut aider grandement les élèves qui doutent, qui sont indécis, au sujet de leur avenir scolaire et professionnel. Or, les débouchés sont multiples, ou du moins,  les voies, pour lesquelles latin et grec seront utiles, car impliquant l'emploi d'un vocabulaire spécifique (que les mots soient encore dans la graphie originale, ou de racine gréco-latine). La médecine, la botanique, la phytothérapie,  l'herboristerie, l'astronomie, la géographie, la cartographie, l'histoire, la géologie, l'archéologie,la paléographie, l'histoire de l'art, la littérature, le jardinage paysager, les mathématiques, la philosophie, la psychologie, le journalisme,..
Jusque dans certaines  activités du quotidien, que l'on qualifie d'anodines, de hobbies, de passe-temps, on retrouve ces mots indispensables, que l'on n'a parfois même pas traduits , mais conservés dans leur forme initiale. 


Que l'on ne s'y trompe point le milieu professionnel  n'est  pas le seul concerné. Les loisirs également ont leur "latin touch" .. Difficile, lorsque l'on est spectateur, visiteur de musée, de comprendre certains opéras, et  pièces de théâtre, de (re)connaître la peinture, la sculpture,  sans avoir quelques notions élémentaires  de mythologie gréco-latine. Faire un petit tour du côté des Dieux, c'est donc s'approcher de l'Olympe, pour y découvrir tout un monde fascinant de personnages, qui furent objets de dévotion, de légendes, ayant  peuplé les temples, étant idoles de  culte, certes , mais qui ont façonné la vie  de nos lointains ancêtres,  en s’immisçant  dans leurs foyers (dieux lares), et en présidant à la destinée des gouvernements.
Electre (J. Giraudoux)

Si l'on s'interroge, souvent, sur les capacités à commercer de nos vénérables aïeux de l'Antiquité, en se disant que la multiplicité des langues ne devait pas faciliter les échanges, il faut considérer le monde contemporain et l'usage généralisé de l'anglais, pour se faire une opinion concrète. Le grec, puis le latin (avec une période charnière) ont  officié sur les quais des comptoirs méditerranéens et dans les villes des grands Empires  Antiques. Il en fut de même au Moyen-Age, et à la Renaissance: périodes où les langues anciennes étaient celles des études, des conversations savantes, littéraires, des traités scientifiques, des bulles pontificales, des actes notariés,  parfois des édits royaux,  mais également de certaines activités commerciales.
L'église a longtemps gardé l'usage du latin pour les célébrations liturgiques. Actuellement, si la langue parlée de l'office est contemporaine, certains chants, psaumes, ou répons sont encore en grec et en latin ( Kyrie, requiem, credo,  ...).
Molière, se moqua pourtant des médecins qui  parlaient  latin, ("Per totam terram videmus
Grandam vogam ubi sumus..."
.in Le malade imaginaire Acte III intermède-ballet),
  mais derrière la dérision, le tragique pointait.  Et son style de langage  est resté  éponyme,  puisque, depuis le XVIIIe siècle  l'on a coutume de dire que:  "Le  Français,  c'est  la langue de Molière".  Un parler qui fut  de mise, et en vogue, dans les cours européennes, un parler qui a intégré des apports divers au fil des siècles,  un parler  dont les racines sont les langues anciennes: le  grec et le latin. 

Pour découvrir, ou pour  le fun., et peut-être  pour avoir envie d'en savoir plus .. :
-  commencer  le latin :
https://www.youtube.com/watch?v=CHRm6bgn79g
- l'alphabet  grec :
https://www.youtube.com/watch?v=hju3f2VVPWw
- un petit rappel d'expressions souvent utilisées ou lues  :
http://www.etudes-litteraires.com/langue-francaise/expressions-latines.php




Antiquis linguis:
absit reverentia vero ..


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