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mardi 8 novembre 2022

Pierre SOULAGES: full black, la monochromie et plus

Pierre Soulages: artiste majeur contemporain a quitté ce monde en cette fin d'année 2022. Si l'homme est parti vers d'autres sphères, l'artiste laisse une empreinte ancrée définitivement dans le panthéon de ses pairs, où il occupe la place qui lui revient de droit.  Créateur d' une production importante, il lègue  des questions que les puristes tatillons, oubliant que l'art est avant tout une émotion,   n'en finissent pas de se poser:
Le noir est-il une couleur ? -
Le noir est-il une absence de couleur ? 
L'outre-noir est-il la preuve  de l'existence de cette  couleur ?
Noir: Se dit de la couleur la plus foncée, due à l'absence ou à l'absorption totale des rayons lumineux
                               
 Décliner une couleur, non comme telle, mais  comme une authentique matière, est un défi que peu de plasticiens ont su, et pu, relever.  Des courants de protestations, initiés par ceux de l'incompréhension, n'ont pas réussi à freiner l'élan créateur de l'artiste ruthénois. Faire d'une couleur une source de lumière par l'utilisation inventive des outils, est un réel tour de force résultant de nombreuses heures de recherches, d'essais, de travaux pratiques. Bousculer les codes afin d'innover dans le classicisme, c'est peut-être cela le génie de Pierre Soulages.     Durant plus d'un siècle d'existence (1919-2022) Pierre Soulages a produit des centaines de toiles. L'observateur qui n'en considèrerait  qu'une partie serait hautement  restrictif, et ignorant. Car ce serait une grossière erreur de ne voir  l'univers du peintre, à travers un  prisme réducteur,  uniquement comme  une sombre  interprétation fastidieuse de la monochromie.  P. Soulages ne se répète pas, il décline, il interprète, il innove.
                                                            
Quand seul le nom suffit: On oublie le prénom pour ne désigner l'homme que par son patronyme. Comme l'on dit :  Cocteau, Molière, Picasso,  Hugo, Lamartine, Musset, Bach, Mozart, Shakespeare... on dit : Soulages. 
Les ateliers :Paris et  Sète
Languedocien d'origine, l'artiste s'est affranchi de la tentation d'un certain  parisianisme que sa dimension internationale aurait pu installer définitivement dans son parcours. C'est donc un 2e pôle créatif qu'il affectionnait avec son atelier Sétois.
P. Soulages peint:
Au sujet de l'exposition au Louvre (2019):
A y regarder de près, en prenant paradoxalement du recul :
Quelle est donc la bonne distance pour apprécier un tableau ?  
Toutes les œuvres picturales se regardent-elles à la même distance?  
("Le cri" de Munch, "La Joconde" de Vinci;"Les tournesols "de Van Gogh...) 
L'observation de la fréquentation des musées et des galeries en dit long sur le sujet. Certes les cours d'histoire de l'art peuvent induire quelques pistes et des théories pour mieux comprendre et lire des toiles parfois hermétiques, peu conventionnelles. Or, outre l'éducation, l'initiation, le visiteur a le droit et le devoir de laisser parler sa propre  sensation émotionnelle, celle qui ressemble au "coup de cœur"  , aimant sans trop savoir dire pourquoi. Mais  il existe également de nombreuses parutions qui aident le candide à circuler dans les méandres parfois sinueux et complexes du monde de l'Art (Expositions, salles des ventes, ..) .

 A lire sur ce même blog, l'article paru le 6-6-2014 :
 
 Quand la couleur noire est choisie, comme tenue de scène, comme signature, par les artistes de variétés :
Juliette Greco, Barbara... (les dames en noir )
 
Si d'aucuns ont parfois  raillé (car peu compris) son choix de la monochromie, les louanges, les récompenses, et l'intérêt suscité,  n'ont pas manqué tout au long de la carrière de P. Soulages.  L'homme a posé son regard, lucide et curieux, sur une époque en mutation. Il a traduit, et magnifié, certaines de ses interrogations (métaphysiques, mystiques, existentielles...), tout en les partageant avec un public avisé, admirateur, et reconnaissant, pour la performance créatrice
 
Free lance Writer 
Culture  Art  Patrimoine                                                             

samedi 14 mars 2020

Poétesses, poètes, et poésies ...

Mars,  mois du printemps,  est-il  celui des poètes ? N'a-t-on point coutume de penser et de dire que c'est le mois de mai,  qui convient plutôt aux épanchements de l'inspiration poétique ?  Mais, en cette année 2020,  voici donc en mars,  une nouvelle fois revenu, " le printemps des poètes" .
 Belle, utile, et sympathique animation qui  draine ses adeptes et ses acteurs.
Le courage est le thème de l'année... Thème élargi qui s'applique à toute forme de l'art en général. Courage des mots, de la structure, d'un courant innovant, d'un mouvement avant-gardiste, parfois réactionnaire, ou même courage de rester conservateur ... Chaque personnalité d'artiste s'exprime avec son ressenti et sa vision individuelle de  l'art en donnant à voir, à entendre, à lire...
Des concours, des lectures, des récitations, des écrits, des mises en musique, des ateliers de rédaction, entrainent chaque année des fans de rimes, pour leur plus grand bonheur et pour celui d'un public conquis,  dans de multiples  activités autour de la poésie. 
Une pause bienfaisante, un espace d'expression,  dans un monde brutal, âpre, bousculé, déboussolé, se voulant encore codifié ...
Or,  la poésie n'est pas qu'une simple doucereuse pommade romantique  appliquée sur les maux les plus vifs de certains qui sont considérés par d'autres  comme une élite. La poésie  peut et  sait être combative, engagée, participative, porteuse de messages forts, et de pensées profondes. Elle est descendue dans la rue, elle couvre des murs, entre dans les slogans, utilisant le langage de tous les jours, mise à la portée de chacun.
Poètes maudits, désabusés, revanchards, incompris, borderline, ils ont aussi leurs lecteurs  se retrouvant dans des textes qui ont résolument quitté les ornières difficiles mais confortables du classicisme.
Le scandale, l'opposition, le dénigrement,  ont souvent  reçu ces œuvres novatrices, estimées dérangeantes. Puis, le temps et les années passant, on redécouvre des écrits,  dont certains n'ont pas perdu leur impact initial,  et qui en ont fait entrer  d'autres dans le giron du conventionnel et du classique de référence. Les perturbateurs, parfois provocateurs,  sont devenus chefs de file de mouvements littéraires répertoriés.
Des trouvères, et trobaïritz, aux slameurs, la recherche de rimes a franchi les siècles sans prendre de rides,  mais en s'adaptant aux goûts, et aux modes d'expression de chaque époque. La poésie dénonce, témoigne, narre, traduit, elle est pertinente ou impertinente, mais elle fleure l'émotion.   
D'Aragon, à  Llorca, d' Heredia  à Villon, de Verlaine à Breton, de Marie de France à Louise de Vilmorin, d’Apollinaire à Grand corps malade, les mots volent, claquent, riment,sont lancés en pâture au public qui ne tarde pas à se les approprier, car la poésie n'est-elle pas  avant tout un partage?

 
Free lance Writer  
Culture   Art   Patrimoine

Noëlle-Louise Marti/ Conférences : 
- Les Trobaïritz 
- La Poésie au XXIe s. 
- Mistral et la littérature médiévale 
- Germaine de Staël
- La perception de la femme dans l’œuvre de G. Brassens