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mardi 3 septembre 2013

La Serenissima en septembre 2013

Venezia, sous le soleil encore estival du mois de septembre de cette année  2013,  est le théâtre de maintes manifestations.
 La très attendue, et fréquentée,  Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica , ou Biennale di Venezia pour sa 70e édition, se tient depuis le  28 août jusqu'au 7 septembre.
Le directeur : Alberto  Barbera,
Le président : Paolo Baratta ,
Bernardo Bertolucci
Le Maître de cérémonie : Bernardo Bertolucci
Paolo Baratta
Le lieu : l'historique bâtisse du palais du Cinéma sur le Lungomare Marconi, le Lido vénitien.
Depuis la création de ce festival (en août 1932, sous le titre : Prima esposizione Internazionale d'Arte Cinematografica ), chaque décennie a apporté sa marque, avec son cortège de vedettes (appelées à présent : "stars" ), ses films cultes, ses feux d'artifice de flashes de paparazzi ...
Cette année ce sont 128 courts et longs métrages répartis en 7 catégories ( la sélection officielle, la journée des auteurs, les hors compétition, ...) à travers lesquels l'on retrouvera le style de Umberto Pasolini, d'Amos Gitai, de Steven Knight, deKim Ki-Duk, .. Et, dans la série classique, on note  le documentaire "Donne nel mito : Anna Magnani à Hollywood " (de Marco Spagnoli), consacré à la célèbre actrice romaine (1908-1973), oscarisée pour  son rôle dans le
Anna Magnani
film "La rose tatouée".  Ayant reçu plusieurs autres récompenses (dont le Ruban d'argent), elle a été remarquée pour ses interprétations dans " Rome, ville ouverte", "Fellini Roma " ... et  a tourné avec les réalisateurs : L. Visconti, V. de Sica, R. Rossellini, P.P. Pasolini...
La compétition est âpre, la sélection est conforme à l'enjeu, et  le léonin trophée est,  plus que jamais,  convoité ..
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 L'exposition des dessins de Leonardo da Vinci,(1452-1519) à la Galleria del Academia de Venezia, a lieu depuis le 29 août jusqu'au 1er décembre 2013. La directrice, Annalisa Perissa-Torriani, évoque volontiers le support graphique, traduisant l'idée partant de la tête vers la main, autorisant les rectifications, les additifs.
Depuis des années certaines pièces de cette exposition, provenant de collections privées  et de musées ( dont le Louvre), n'avaient pas été visibles pour le public. C'est donc un ensemble constitué de 52 dessins, (dont certains sont des "préparatoires" issus de carnets, avec  l'ajout de notes  explicatives),  qui est proposé aux visiteurs. On y découvre, et constate,   la fulgurance et la pertinence du trait, aussi bien que du commentaire. De "L'homme de Vitruve" au mystérieux tableau  de " La bataille d'Anghiari" , les croquis initiaux  annoncent l’œuvre ultérieure. Si l'on connaît, et reconnaît, le génie pluridisciplinaire de Léonard de Vinci, on a parfois du mal à suivre les cheminements de sa pensée, de son élan créateur, et  novateur. Les croquis peuvent alors aider le citoyen lambda, dans le déroulement et la perception d'un raisonnement ardu, au milieu de savants calculs et tracés.
A Paris, la Cité des Sciences et de l'Industrie  a consacré également une manifestation de ce type ( du mois d'octobre 2012au mois d'août 2013).,avec la participation   d'Il Museo Nazionale della Scienzae della Tecnologica Leonardo da Vinci (Milan),  ainsi que du Deutsches Museum (Munich).   Outre les dessins, le thème rassemblait des machines, des projets. Rappelant que le Maître Vinci représentait une version très optimisée de l'homme de la Renaissance, avec un esprit curieux, inventif, avide de savoir,  aux manières policées, et  dont le parcours fut marqué par l'importante charnière entre 2 époques.
Venise donne donc encore à voir, à découvrir, .. ajoutant ainsi des raisons de plus à s'y rendre.

A consulter afin d' en savoir plus
- le site de Daniela e Luca : e-venise.com
- www.e-venise.com/mostra-venise.htm
- http://www.labiennale.org/it/cinema/index.html
-  http://www.gallerieaccademia.org/news/leonardo-da-vinci-luomo-universale/
Freelance Writer
Culture  Art  Patrimoine                         

dimanche 19 février 2012

Carnavalesques Carabènes

Pour certains c'est déjà terminé , pour d'autres c'est le milieu des festivités ... On pourrait croire que ses cortèges bariolés ne viennent  réchauffer nos regards transis, uniquement pendant la saison hivernale.
Que nenni !
 Carnaval (Carnevale, carnevalo): cour d'une  Majesté de carton pâte, accompagnée de chars, et de ses indisciplinés et remuants sujets,  se conjugue aussi bien en été qu'en hiver, selon la latitude où l'on se trouve, selon la région où l'on vit.. Et l'on peut rencontrer son défilé en février, en  mars,  mais également en juillet ou en août (La Grande Motte (34) 
La tradition suivant son cours depuis des siècles, on ne se posait pas trop de questions, jusqu'alors, sur les origines, les raisons, le sens des codes, celui des costumes et de toute la scénographie de cette manifestation aussi typique qu'incontournable. Pour certaines communes, il s'agit d'une véritable institution. Même si chaque ville a ses préparatifs spécifiques et ses propres symboles, on se penche volontiers sur des études comparatives, en vue  de  possibles synthèses,  pouvant avoir un aspect explicatif.  Débordements de joie,  débauches de couleurs, explosions de musiques, défoulements contagieux des carnavaliers, ou carnavaleux,  qui interpellent les spectateurs..., on accepte d'emblée, on participe sans s'interroger, dans un premier temps, mais après la liesse, à tête reposée, on  voudrait bien  comprendre...
Quelles sont les origines des défilés et de leurs diverses étapes, d'où viennent les personnages(dont le roi )représentés invariablement, toutes les musiques d'accompagnement sont-elles traditionnelles ..? 
On peut lire, actuellement, des ouvrages, des articles, des essais,  traitant du sujet. A travers documentaires et reportages on peut s'informer. Et si l'on peut (et le désire), on a la possibilité  d'assister in situ à la manifestation,  grâce aux voyages organisés à la période concernée.Mais tout cela apporte-t-il des réponses convaincantes, définitives, ne reste-t-il pas des parts de mystère ??
A moins d'être membre d'un groupe ( d'une bande..)soumis à des contraintes collectives,  les costumes sont laissés au libre choix des participants(les goudils). Les accessoires ont un rôle essentiel. Ils complètent une tenue, mais ils ont également une très forte valeur symbolique. Ainsi en est-il de la  Carabène, ce roseau flexible, enrubanné, ou entouré de papier brillant, bicolore, terminé ou non par un plumet. 
Lors du célèbre Carnaval de Limoux (Aude), cet instrument va servir à taquiner( " chiner") les badauds, avant d'entamer une conversation humoristique qui se terminera par un jet de confettis sur un innocent  spectateur réjoui,  et consentant. Outre ces baguettes de 1,50 à 1,80m de long,  il en existe un autre modèle :"les entorches "(enduites de résine), qui serviront à enflammer Caramentran (le roi du Carnaval,  qui doit irrémédiablement périr à la fin des festivités,  après un rapide jugement public). 
  

                                                       Dans le Nord de la France , à Dunkerque,
 lors d'un carnaval aussi renommé que le limouxin, on brandit également des hampes enrubannées (berguenaeres), mais elles servent de support à de minuscules parapluies. A Venezia (Italia), autre lieu de festivité carnavalesque réputée, le masque blanc domine, et s'entoure de somptueux tissus chatoyants et moirés.
 Sous d'autres cieux, en Amérique du sud , c'est le Macaratu ( rituel brésilien)  qui rassemble les foules, et les invite à suivre le cortège des carnavaliers au son des chants de circonstance, et au rythme des danses traditionnelles durant 3 jours et 3 nuits. Pour l'occasion on s'équipe de quelques jolis parasols. ou de hampes décorées de longs rubans de papiers multicolores.
En remontant les siècles jusqu'à l'Antiquité on ne peut manquer d'évoquer  d'autres fêtes, quelque peu similaires, avec lesquelles le Carnaval fait résonance et référence: les Saturnales et les Lupercales des Romains, les Dionysiaques des Grecs, l' Imbolc celte.... Et si le port du masque , le défilé des grosses têtes ou des géants  a une cause originelle apotropaïque, qui de nos jours s'en souvient ? Si l'usage de la carabène est devenu inoffensif et ludique, qui se préoccupe s'il ne fut, en des temps plus anciens, qu' un prolongement du bras,  du geste, permettant de désigner un individu sans le toucher directement ? La valeur expiatoire,ajoutée au caractère de dérivatif, l'autorisation de l'expression, le droit à la liberté de geste et de parole, sans souci de l'apparence, ni celui du niveau social (puisque déguisés et masqués, les êtres sont égaux) c'est de tout cela que la fête carnavalière est l'authentique vecteur. S'y greffent, en outre, le poids et la valeur de la persistance des traditions, de tous les codes et les symboles  accumulés au cours de l'histoire d'une ville. Et là, au sein du bruit, des pétards, des fanfares, de la débauche de couleurs éclatantes, des rires,  des chorégraphies conventionnelles ou spontanées, on exorcise, au sens figuré, les défaites, les conflits, les injustices, les maux divers actuels et passés. En fait Carnaval, fête païenne revenant chaque année, c'est le passé transcendé  qui revit, en ayant perdu ses aspects néfastes, douloureux  et négatifs,   mais qui conserve son âme.

Freelance Writer
Culture  Art  Patrimoine