lundi 19 février 2018

Ego, even after death...

"La mort n'est pas une fin". Cette formule volontairement provocatrice peut engendrer maintes réactions, et maintes réflexions. Mais, à y regarder de près , et selon un certain angle de vue, il y a plus d'une once de véracité dans l'affirmation. En effet, durant leur existence certains individus fortunés n'ont eu de cesse au cours des millénaires d'afficher leur puissance et leurs richesses par de fastueux  trains de vie. Arborant des tenues  luxueuses et  logeant dans des lieux d'exception, rien n'était trop beau pour imposer respect et crainte à des visiteurs médusés par un étalage de   tant de luxe. Alors, au-delà de la vie terrestre, pour ne pas déchoir dans l'opinion d'autrui,  il fallait bien continuer à épater les congénères. C'est ainsi que l 'architecture funéraire a connu, et connaît encore,  de grands ouvrages d'envergure. Ce  sont en général des sujets d'étude aussi passionnants qu'inépuisables pour diverses disciplines : l'archéologie, l'ethnologie, l'histoire, la philosophie, les Beaux-Arts... Effectivement, si  par leurs dimensions extravagantes, leurs  matériaux rares, et par leurs créateurs inspirés (et commandités), les monuments funéraires intéressent les chercheurs, il est également bon de savoir l'identité des personnalités qui ont choisi (ou non) d'y établir leur dernière demeure. Des monarques, des empereurs (Napoléon aux Invalides, les pharaons dans les pyramides d'Egypte), des artistes, de hauts personnages politiques, mais aussi des femmes adulées (Arjumand Bânu Begam (Mumtaz Mahal) dans  le Taj Mahal ( تاج محل )), des héros militaires (le soldat inconnu sous l'Arc de triomphe-Paris)  , des bienfaiteurs de l'humanité ..forment un panel des occupants de ces tombeaux d'exception. Il est  utile de rappeler que bien des personnes méritantes ont été ensevelies dans de modestes sépultures, en un quasi-anonymat. 
On peut alors toujours réfléchir sur le bienfondé d'un caractère de triomphalisme ostentatoire  post-mortem. On peut y voir aussi l'hommage d'une famille ou d'une nation entière pour un individu trop tôt ou tragiquement disparu.
De grands ensembles:
Vérone : Arche scaligere (les tombeaux des Scaligeri)
Tombouctou: les mausolées
Autre forme d'ensemble de sépultures: les nécropoles. Qu'elles soient préhistoriques, antiques,  papales,  princières, elles représentent des hauts lieux de mémoire. 
 Exemple : la remarquable nécropole de Varna (Bulgarie). 
En survolant les siècles :
Antiquité: Les "demeures d'éternité (les pyramides), sarcophages ouvragés, les représentations statuaires des défunts (Etrusques, Romains
Moyen-âge: Les gisants présents dans les édifices religieux, parfois en cénotaphes, veulent rappeler les traits du défunt. Il existe un réel langage symbolique de la position, des accessoires, et de l'attitude de la personne sculptée.  (Cathédrales de Rouen, Toul, Amiens, etc..)
Renaissance: Les chapelles funéraires  à riche décor sculpté, les enfeus,  sont  placés dans les cathédrales et les églises. Lorsque cela est possible on les insère dans les chapelles privées
construites dans le parc du château.
Au XVIe s, on assiste à l'apparition progressive et à la pratique   d'un certain apparat funèbre (cortège et monument)  autour des sépultures avec des emblèmes, des allégories, des attributs,  leur conférant, au fil des décennies,   un aspect théâtral parfois excessif.
Le grand siècle et  celui  des lumières: Les mausolées (voir sur site Bnf : " Recueil de décorations de théâtre receuillies par Monsieur Leveque, garde général des magasins des Menus Plaisirs de la Chambre du roy, Tom. III, Paris, 1752 ". (sic) )
http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/archim/MP/FRDAFAN08_SCEK000243_2.jpg
La Révolution: La tourmente au rythme de l'échafaud, les ensevelissements en nombre dans les fosses communes, les dégradations des tombes  dans les églises,  n'étaient pas propices à la construction de grands bâtis funéraires.
L'Empire : à Paris, le  Cimetière du père Lachaise, est connu pour ses nombreuses stèles qui  sont ornées de sculptures en pierre ou en fonte (fondeur: Ferdinand Barbedienne (1810-1892))
L'Ere contemporaine :   Des tombes traditionnelles des XIXe, et XXe s,  on est revenu au XXIe s, pour diverses raisons,  à la pratique de l'incinération, avec plusieurs modes de conservation ou de dispersion des cendres. L'architecture funéraire semble être en régression, même s'il subsiste quelques demandes spécifiques pour des monuments particuliers (tels les  monuments aux morts, sis dans les enclos, espaces, ou jardins funéraires).
Des architectes, des sculpteurs:
Hémiounou(la grande pyramide) date : IVe dynastie (env 4500 ans avant J-C) 
Imhotep:  (pyramide de Saqqarah
Leochares, Bryaxis,  Scopas, Timothéos: (Mausolée (Μαυσωλεῖον) d'Halicarnasse) 350 av J-C.
Louis Visconti (1791-1853): tombeau de Napoléon Ier -dôme des Invalides- (Paris)  
Henri-Michel Antoine Chapu  (1833-1891): sculpteur (statue funéraire de la Duchesse d'Orléans)
Henri-Auguste -Jules Patey (1855-1930):  (monument funéraire du précédent qui fut son maître
à voir, à lire  aussi : -   Hérôon (pl.: Heroa) , Hypogée,  colonne,  pilier funéraire, tombe-autel, exèdre, tombe à triclinium, - " Guide des tombes d'hommes célèbres"  Bertrand Beyern (Le Cherche Midi) 2011
- En Arles, où sont les Alyscamps (poème de Paul-Jean Toulet (1867-1920))
- Un cimetière nommé Champs-Elysées: les Alyscamps (Frédéric Mistral- Prose d'Almanach-1926
- Les gisants ( poème de Raymond Herreman)
- Les tombeaux ( F-R. de Chateaubriand- poésies diverses  1796)


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