jeudi 2 novembre 2017

Costume : sur la peau du personnage

 Le costume de théâtre, de Music Hall, c'est déjà de l'interprétation. Pour un artiste, se glisser dans la peau d'un personnage peut commencer, certes, à la lecture d'un scénario. Mais c'est en revêtant le costume  qu'il pourra prendre toute la mesure, tout le poids et l'ampleur  du héros à qui il devra donner vie.
Exposition : à  MOULINS (03- Allier- France) - au Centre national du Costume de scène - depuis le 14 octobre 2017 jusqu'au 11 mars 2018 sous le titre : " Artisans de la scène", 200 accessoires environ sont présentés au public, mettant en valeur le travail, la créativité, le grand art  des plumassiers, des brodeurs, des costumiers.
Pour plus de renseignements : 
http://www.cncs.fr/artisans-de-la-sc%C3%A8ne-la-fabrique-du-costume
Si le public est embarqué par une mise en scène, emballé par un décor, satisfait par un jeu d'acteur, il peut être  littéralement séduit  par les personnages. Or, s'il est vrai que dans les cours de théâtre on travaille les rôles et que l'on joue  revêtu de  ses propres vêtements, en mettant l'accent plutôt sur le jeu dramatique, l'articulation, la pose de la voix, et sachant que le look peut être trompeur, on ne nie pas l'impact et la force  de l'aperçu d'un  personnage en costume. Bien qu'au XXIe siècle,  l'on assiste  à des interprétations très dépouillées (sans vêtements), d’œuvres se voulant dépoussiérées, minimalistes, et débarrassées de toute contrainte textile, il subsiste un attrait pour  toute manifestation qui met  la parure  en première ligne.
Pour en savoir plus :
- "Anima ardens" , par la compagnie Thor,  au Sziget Festival  (chorégraphie de Thierry Smits)-2017-
- "Tragédie" (Olivier Dubois ), en 2013, puis "Soul" en 2014
- " Mount Olympus" - performance de 24 h à Anvers (2017)- (metteur en scène : le plasticien Jan Fabre) marathon/spectacle créé en 2015 à Berlin.

Le travail des artisans du costume  excelle dans les spectacles, donnant libre cours à leur habile  savoir faire et à leur puissance créatrice. Novateur ou conservateur,  le chef costumier qui "habille" le spectacle, a une grande responsabilité.

On sait pertinemment que des thèmes, plus que d'autres,  sont porteurs d'inspiration. Le travestissement dit "d'époque" a toujours ses adeptes, et la présentation des comédies de Molière opte souvent pour la tradition. Cependant, comme l'actualisation d'une interprétation passe souvent par une remise en question du choix des costumes, l'on franchit allègrement les siècles pour une garde-robe très contemporaine.
Certains rôles restent symboliques par le charisme d'un comédien, et   par son costume,  endossé pour personnaliser  le héros de la pièce.
Exemple: l'inoubliable Gérard Philipe dans "Le Cid"
Le Cid: ( Charleroi -1954)
 En coulisses, dans  les loges, après la représentation :
https://www.youtube.com/watch?v=LAdDcBarftA
 (extrait- Sylvia Monfort et Gérard Philipe
https://www.youtube.com/watch?v=_Ttw5e3HoJY 
  Sur les grandes scènes internationales fréquentées par les stars de la variété, comme dans les théâtres ou les salles de ballet, le costume fait sa loi. Parfois  vecteur d'un courant de mode, il est aussi reflet d'une personnalité. Certains artistes, au cours de leur carrière, ont une telle palette de tenues différentes (originales, extravagantes),  que des expositions leur sont consacrées. Le public y accourt car chacun des costumes rappelle un concert mythique, une soirée exceptionnelle, un titre de chanson qui fut le succès d'une année précise. Et même si, avec le recul du temps , cela peut prêter à sourire, le souvenir est le plus fort. Il émeut, et attache les gens à un même événement artistique.

Les grands noms de la haute couture ont aussi exercé leur talent dans les costumes de scène. Pierre Cardin (de 1950 à 1953 costumes et masques de théâtre), Gucci, Christian Delacroix, ont ainsi participé au succès de belles prestations théâtrales ou de ballets. Chatoyantes séries de matières nobles,  ou modestes,  le costumier y puise  des plumes, des perles, des broderies, des brocarts, du tulle, de la dentelle, de la soie, du satin, du velours, des rubans de taffetas, pour sublimer une tenue adéquate. Et le costume devient chef-d’œuvre, participant ainsi à la réussite d'un projet pour lequel tout concourt. L'apparence est, dit-on, parfois superficielle.  Mais dans un milieu où le rêve, l'imaginaire, ont une large part, calquer à un personnage (ou s'en démarquer) , être le révélateur d'une situation ou d'un contexte social, ne peut que susciter l'intérêt, le plaisir, la satisfaction (l'admiration ?) de la cohérence entre un personnage et son costume..   
A lire:
L'habit ne fait pas le moine.. quoique
https://blog.bibliotheque.inha.fr/fr/posts/l-habit-ne-fait-pas-le-moine-quoique.html

L'oiseau de Feu
Une restriction cependant : la couleur verte,  interdite de scène, réputée pour porter malchance (superstition)  .. Faite à base d'un pigment  dangereusement toxique, au XVIe s. elle était considérée comme néfaste,  et synonyme de valeurs instables. Au théâtre, on a longtemps associé une teinte à un rôle, telles des codes métaphoriques. 
https://www.franceinter.fr/culture/pourquoi-le-vert-est-tabou-sur-les-scenes-des-theatres

http://popups.ulg.ac.be/0774-7136/index.php?id=384



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