jeudi 6 mars 2014

Frédéric Mistral : coeur de poète

Le 16e Printemps  des poètes éclot du 8 au 23 mars 2014 avec un double emblème : Arthur  Rimbaud sur l'affiche d'E. Pignon- Ernest, et Max Jacob au programme (pour la 70e année de sa disparition), sous la thématique générale "Au cœur des arts" .  Comme tous les ans depuis plus d'une décennie, de nombreuses animations célèbrent la venue de l'enfant terrible des 4 saisons. Favorisant l'épanchement des sentiments et le renouveau saisonnier de Mère Nature, le printemps est une source inépuisable d'inspiration pour les artistes : poètes, peintres, musiciens... Sacré par Igor Stravinski, mis en musique par Antonio Vivaldi, versifié par Charles d'Orléans ..., il n'en finit pas de faire défiler son cortège de Muses. Mais la saison phare de la poésie a parfois été, aussi, celle des combats. Cependant si la poésie  a été,  peut être encore,  un mode d'expression d'opinion, elle est surtout perçue comme une activité pacifique. Sans mièvrerie, elle induit un climat de sensibilité, de culture, de mode  adéquat pour les difficultés à déclarer les élans de l'affection: amitié, amour filial, parental, conjugal, attachement à un lieu, émotions provoquées par la contemplation de paysages ou de phénomènes de la nature.. La transmission est donc un indispensable volet de cette matière. Enseigner la poésie c'est donner une clé précieuse pour que l'élève puisse accéder à un univers spécifiquement enrichissant. Le printemps des poètes est célébré dans de nombreux  établissements scolaires comme une authentique fête, en donnant lieu à maints spectacles  et animations où chacun peut être acteur. Car si l'on a coutume de dire, de penser, que la poésie s'écrit, se lit,   elle  se vit également.
http://www.education.gouv.fr/cid55152/le-printemps-des-poetes.html
Printemps des poètes au Québec : 
http://www.printempsdespoetes.ca/ 
 Article sur ce même blog ( édition 2013 du printemps des Poètes)
http://international-culture-blog.blogspot.fr/2013/03/au-coeur-du-printemps-la-poesie.html

"Pleure, ô mon jardin, le printemps qui s'en va ..." (NLM -  extrait du recueil- Néoménies) 

Frédéric Mistral (1830-1914) poète provençal ayant reçu un prix Nobel de littérature en 1904, est fêté  tout particulièrement cette année pour le centenaire de sa disparition.
L'attachement  de Mistral pour sa région est viscéral. Traditions, parler, coutumes, ont pour lui une plus haute signification que ce que l'on a nommé parfois,avec un peu de condescendance, dans les milieux parisiens du XIXe siècle: "folklore" . L'anecdote rejoint certes la légende, et le souvenir d'enfance y côtoie le fait divers. Mais la richesse de la langue apporte au récit une incomparable (et  souvent difficilement traduisible) saveur.  Puisant ses références littéraires chez les poètes grecs, et  auprès de ses prédécesseurs médiévaux : les Troubadours, le "Maître" n'a pas été avare de textes narratifs poétiques, ni d’œuvres magistrales. Ses héros (Mireille, Calendal, Nerto, la reine Jeanne...)  l'accompagnent toujours dans la gloire, et l'on  cite avec autant de gourmandise du verbe que de respect quasi religieux,  les vers et leur auteur. Si l'allure mistralienne en impose, par une noble posture que l'homme prenait sur les photos, et que l'on a si bien traduite sur les portraits peints, le style écrit n'en  est  pas moins remarquable. On évoque volontiers le lyrisme, des accents  Homériques , Horaciens,  rappelant les envolées des grands auteurs et aèdes de l'Antiquité. Or, ces nourritures
Mireille et Vincent
littéraires classiques engrangées sont indispensables à la consolidation des bases d'une écriture plus personnelle,  plus ressentie, originale et individuelle. Mistral a su, par ses mots,  susciter des images, et par son phrasé poétique, donner de la couleur au descriptif.  Ne se contentant pas seulement  de  rédaction de poésies  narratives, de contes, de fabliaux, de nouvelles,  Mistral est  également l'auteur de textes plus engagés, et de traductions diverses, dont celle du livre biblique de la Genèse en Provençal.
Rendre hommage à Frédéric Mistral, c'est, à travers l'homme et son oeuvre,  perpétuer la reconnaissance de l'apport des écrivains provençaux à la littérature. A. de Lamartine ne s'y était pas trompé.
Si le narbonnais Charles Trenet a célébré "L'âme des poètes" c'est afin de mieux affirmer le caractère éternel de leur legs au patrimoine universel,  parce qu'il était conscient de la fragilité de la mémoire collective.. . Alors, est-il encore d'actualité de poser la question :  que serait un monde sans poésie ? 
http://www.youtube.com/watch?v=qO8FdcgvfwE


Free Lance Writer 
Culture  Art  Patrimoine

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