vendredi 14 février 2014

Love in colours

Rodin- Le baiser
Klimt- Le baiser
La sympathique et romantique fête des amoureux, nommée Saint Valentin , répand ses rouges déclinaisons  (y compris les plus commerciales) , chaque 14 février, sur le quotidien des pauvres quidams. Si les cœurs solitaires ne sont pas à la noce, les artistes ont su profiter du filon .. Mais il est trop facile de rattacher, à une innocente manifestation, les superbes productions esthétiques que les sentiments peuvent inspirer .. Du "baiser", célèbre groupe statuaire de Gustave Rodin, à celui du tableau  de Gustav Klimt, l'émotion gagne tout individu, admirateur du talent exprimé. Sources d'inspiration et de création, les états d'âme, les passions, les liens affectifs, comme les ruptures, ont toujours motivé les artistes. Mettant parfois en scène, des épisodes de leur propre vie, ils ont su également observer autour d'eux le comportement de leurs semblables afin de les magnifier, ou d'en forcer le trait, dans des œuvres ayant un réel accent de vérité. Pour certains d'entre eux, le volet onirique est la seule expression possible. Alors l'imaginaire, le fantasme, le rêve, ont une place de choix dans l'interprétation. 
 
Chagall
 Ainsi Marc Chagall, à travers ses tableaux, propose une ouverture vers un monde empreint d'une  poésie peuplée de symboles. Et Pablo Picasso déforme les traits pour mieux les cerner,  mettant en exergue les aspects accentués d'un moment instantané, des attitudes, ou d'un personnage. 
Picasso


De la période bleue, au surréalisme en passant par le  cubisme, l'étreinte a toujours été, pour le peintre  un sujet récurrent.   Si chaque courant de l'art a imposé ses critères esthétiques, du classicisme le plus académique  jusqu'à l'expression contemporaine la plus abstraite, chaque plasticien a pu adhérer, ou  non, à ces diktats,  mais en sachant conserver  son style propre,  sans y abandonner son âme. Les époques antérieures  ont livré également,  sur le thème  du couple, quelques grandes toiles expressives, ou des sculptures empreintes de sensibilité. Le contexte est celui de la mode en vigueur, les attitudes également. Toutefois on pourra noter, parfois,  une  étonnante liberté dans le choix des postures.
Rembrandt
Si le relationnel a évolué au cours des siècles, une constante a survécu: la représentation de l'être aimé. Cette figuration peut prendre des aspects très concrets et matériels avec le relief d'une statuaire appropriée. Cependant  on ne s'est pas  limité à cette seule tendance. la peinture, l'écriture rendent largement hommage aux "objets de passion". Sous la plume des poètes, des dramaturges, des auteurs de théâtre, les affres et les bonheurs sentimentaux (privés)  se sont dévoilés pour une large audience (public). Mettant en avant des couples, dont l'histoire est devenue mythique : Samson et Dalila,  César et Cléopâtre, Roméo et Juliette, Tristan et Yseut, Carmen et Don José.... Ces péripéties ont été également à l'origine de créations musicales, sous forme d'opéras, et  plus tard, cinématographiques, devenant des films dits" cultes" .

"Aimer toute une vie, jusqu'à la fin, et même...au-delà ... " comme l'attestent quelques belles sculptures funéraires, tel un témoignage de l'attachement terrestre durable, que l'on désire éternel, preuve pour ceux qui restent que cela est possible.. mais pour cet engagement il faut être .. deux.

  La perception d'une œuvre  n'est pas due au seul résultat de l'impact spontané, que la vision génère. Une part d'investissement individunel, faisant référence au vécu personnel, engendre un ressenti émotionnel approbatif ou négatif. Même si l'éducation artistique aide à la compréhension et au jugement esthétique, la part individuelle est prédominante.


à(re) voir  et écouter : Roberto Alagna ("La fleur que tu m'avais jetée .."  dans:  Carmen)
http://www.youtube.com/watch?v=RsszQHGRu20 

  Free lance Writer 
Culture  Art  Patrimoine

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