jeudi 23 mai 2019

Madrid, Madrid, me pongo triste, Nilda ...

 Madrid: la grâce du chanteur, le talent de l'auteur-compositeur, et le charme suscité, la magie  suggérée, opèrent...
 https://www.youtube.com/watch?v=b2v_ZeY1GqA
Un prince de la chanson a tiré sa révérence en ce mois de mai 2019. Nilda n'est plus. Artiste dans le plus pur style du mot,  Il a laissé à la postérité, à son public, l'image d'un être élégant, d'un mélodiste compositeur, auteur  d'une production  à nulle autre pareille.
De Daniel à Nilda :
Neveu de Michel Fernández (ancien résistant dans les Brigades internationales en Espagne et durant la Seconde guerre mondiale), Daniel  a gardé les empreintes de ses origines espagnoles (Andalousie) et les questions/convictions de son éducation protestante. Auteur-compositeur il les restituent en chansons et les interprète, lorsqu'il vit à Lyon, dans les années seventies, avec le groupe "Les Reflets". A cette époque-là, ce sont les concerts, et quelques disques paraissent sous son vrai nom (= sans pseudonyme) : Daniel Fernández. C'est dans les années 80 qu'il se présentera désormais en inversant  son prénom : Daniel devient Nilda.
Il entame rapidement une carrière en solo. On l'a dit chanteur "nomade et engagé" car il a traversé les frontières, séjourné dans plusieurs pays (de la nordique Russie (2001-2006),  à l'ardente Argentine (en 1994),en passant par Cuba (2006)..), empruntant pendant les quelques mois d'une tournée (en 1998) de Barcelone à Paris via Lyon, les chemins de traverse,  à bord d'un moyen de locomotion désuet, mais ô combien symbolique : la roulotte..
Artiste jusqu'au bout des doigts  virevoltant sur le manche d'une guitare ou sur le clavier d'un piano, artiste jusqu'au fond de l'âme, comme un tsigane dans ses pérégrinations
artiste dans ses créations de textes,  de mélodies, livrant une part de sa vie, de lui-même..
Le paradoxe réside en cette double attitude,  de discrétion, et d'épanchement.Comme celle de la sensibilité  fleur de peau en balance avec la détermination. 
Federico  Garcia Llorca : Nilda n'a jamais abandonné ses racines hispaniques: ni la langue, ni les références culturelles. Ayant une grande admiration pour le poète, il a  mis en chanson les mots de Federico...(1998)
https://www.youtube.com/watch?v=HTGTUThpzHU
Un répertoire moins connu,  Nilda  rend hommage: (album éponyme -1999)
Johnny Hallyday
https://www.youtube.com/watch?v=L8MtQcXUTOI
Barbara
https://www.youtube.com/watch?v=166LqqdFXdA

A voir aussi ( ré écouter) les interprétations en duo: avec Patrick Bruel, Francis Lalane, Mercedès Sosa, Adamo, Nino Ferrer, Elsa...
 Ouvrages :
- ça repart pour un soliloque (1994-1995)
- Les Chants du monde, carnet de notes (2007)

Si l'adieu s'est effectué dans l'Aude,  à Bize-Minervois, désormais les fiançailles de Nilda  avec son public sont éternelles:
https://www.youtube.com/watch?v=IPzx2i3fPEg
 
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vendredi 17 mai 2019

Chanter pour ...

Premier instrument à la portée de l'individu, marque d'une identité : la voix est souvent maltraitée.
Trop ou pas assez sollicitée, mal placée, elle peut être cause de souffrances. Pour les  artistes, les enseignants c'est un indispensable  instrument de travail. L'expression vocale est pour eux  un moyen essentiel pour  faire passer une émotion, un message.
Art majeur, art mineur, le statut de la chanson a fait débat et le fait encore. Chanson engagée, bluette, chant de marche, comptines pour enfants , variété, chanson humoristique, chaque expression trouve son public. 
Les niveaux sont divers autant que les personnalités. En effet, du tube de  la star internationale au simple  sifflet du maçon sur son chantier, du buzz des réseaux sociaux au la la la de la ménagère dans ses activités domestiques,  la mélodie va, circule, se crie, ou se chantonne, en public ou en solo, et souvent même sans trop y penser...comme cet air entêtant que l'on fredonne "sous la douche" (expression populaire qui en dit long sur l'importance du fait).
Les grandes maisons de disques ne font plus recette (dit-on)  depuis l'explosion d'internet, des plateformes de téléchargement et des vidéos (youtube, dailymotion et autres). Pourtant, l' on constate toujours autant d'engouement pour l'écoute musicale. Il semblerait même que la fréquentation des salles de concert (tous genres) soit en expansion. On avait pourtant prédit la fin des CD et, il est vrai que si la vente du support s'essouffle,  le retour du vinyle se confirme. 
Hyper-présente dans les lieux de commerce, les marchés, la moindre des festivités, la musique envahit l'espace du quotidien. Les émissions de télé-crochet  (The Voice...) ne manquent pas de candidats. Oui, la voix a trouvé sa voie. Elle suscite:  des vocations, des envies d'interprétations, de l'inspiration chez les auteurs/compositeurs non professionnels, la concrétisation des projets (par souscription, édition d'un CD, organisation de tour de chant et participation à un concert. 
Certains professionnels ont lancé la mode des duos (pour actualiser leur carrière, partager le micro avec de jeunes interprètes, s'ouvrir à d'autres styles ..).
L'amateur  s'essaie à jouer dans la cour des grands en postant des vidéos sur youtube,  et l'on a vu le succès au rendez-vous pour certaines créations révélant  de vrais nouveaux talents. Vient ensuite la période des contacts, celle des rencontres professionnelles, des collaborations artistiques fructueuses, des projets d'envergure, et tout ce qui permet d'accéder à la célébrité, ou .. tout simplement : au rêve.
Lydia Brun chante 2 chansons de Jan et Cosiella  ("Elle danse encore"- "Blues du mordu" )
https://www.youtube.com/watch?v=OKYDJRglZAo 
contact: scene17production 07 57 63 06 91
 Un texte sans prétention sur une ligne mélodique facile à retenir.. il suffit parfois de peu .. pour égayer la grisaille d'une journée..
Les compagnons de la chanson: "Une chanson"   (Jean Broussolle- J-P. Calvet- 1960)
https://www.youtube.com/watch?v=1-3SzQ8LkOY
La chorale est une formation qui a traversé le temps  sans problème, de façon linéaire, et qui peut se vanter, au XXIe siècle, d'avoir toujours ses adeptes.
Les bienfaits de la pratique du   chant choral sont multiples et   les raisons sont personnelles à chaque choriste:  pour l'amour de l'art, pour l'apprentissage de mélodies, pour travailler le souffle, la
mémoire, pour le plaisir d'être en groupe, pour l'observation d'une certaine discipline, pour l'implication dans la préparation d'un concert, pour s'astreindre au sérieux d'un suivi, pour lutter contre le vieillissement vocal, pour l'amour de la technique (mesure, justesse du ton, articulation orale, contrôle de la respiration...) Pour la santé et le plaisir, on peut s'y adonner sans limite d'âge.  Et  répéter le propos à chaque génération..
A lire sur ce même blog, sur un  sujet similaire:  
http://international-culture-blog.blogspot.com/2018/05/lart-un-mieux-etre.html
Cette année le Concert de la chorale régionale du Languedoc (direction générale : Eric Carrière)  a eu lieu dans le temple protestant de  Millau le 8 mai 2019. Outre les choristes, on a pu y apprécier le concours d'un quintette baroque (3 violons, clavecin, flûte  bec). L'année précédente la prestation  fut donnée  au Vigan. Ces manifestations culturelles attirent toujours un public fidèle et attentif.
Rappel : en 2015 une étude a été faite sur le chant choral en France. (source: association Europa Cantat)  les chiffres communiqués sont les suivants :
- 2,6 millions de choristes  en France
- 37 millions en Europe
- 65 600 chœurs en France
En 2018 :  "Chanter sur tout le territoire"
- création de la plateforme Vox : https://vox.radiofrance.fr/ 
- en savoir plus sur les chorales amateurs:
https://www.cadenceinfo.com/les-chorales-amateurs-ou-le-plaisir-de-chanter.htm
 Des associations : https://www.chorales-nord.org/
https://www.choeurs-de-france.fr/index.php/presentation/grand-mouvement-national-de-chant-choral
Choralies, A cœur joie, Chœurs de France ...
Impressionnante interprétation de Freude schöner Götterfunken (IXe symphonie de L. van Beethoven) par 10 000 choristes: .

 https://www.youtube.com/watch?v=X6s6YKlTpfw

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mardi 23 avril 2019

La flamme de Notre Dame


Mi avril 2019:   Si Paris  perd une partie de son âme .. le pays de France  aussi,  en voyant s'écrouler la haute flèche de la cathédrale  Notre-Dame sous l'action des flammes. Un incendie spectaculaire
Photos couleurs M.D. (2019)
dévore la zone du toit de l'édifice  qui se trouve juste au-dessus du chœur. La foule qui assiste au drame en est muette de stupeur et de chagrin. 
On ne déplore pas tant les siècles qui se consument que la perte patrimoniale redoutée. "Les hommes du feu" ont  accompli leur courageuse action au-delà du possible, et le pire a été évité. Les grandes orgues sont debout (leur nettoyage et remise en fonction nécessiteront une paire d'années d'interventions diverses ), les pièces importantes du mobilier sont sauvées, ainsi que les vitraux et les tours.
Alors, comment ne pas songer aux grands organistes qui se sont succédé à l'une des plus célèbres  consoles de France (soit en tant que titulaire, soit   le temps d'un concert)?
A (ré) écouter, Parmi les célébrités du XXe siècle:
Pierre Cochereau, : https://www.youtube.com/watch?v=7Vl3nR1m3Fg
Jean Guillou, https://www.youtube.com/watch?v=waT4vTiAfXA
Michel Chapuis.. https://www.youtube.com/watch?v=2j_daIKZ2jc
On pourrait s'interroger sur  l'élan de généreuse solidarité qui s'est manifesté quasi-spontanément autour de ce dramatique événement (qui n'a heureusement causé aucune victime). Rien d'étonnant pourtant. Car ce serait méconnaître  l'Histoire de France, celle de Paris, et celle du monument,  pour occulter, à ce point,  le fort attachement de la plupart des français (catholiques ou non)  à ce patrimoine  emblématique,  portant un poids constitué d'affection, de piété,  et de symbolisme.  
Notre-Dame de Paris est un défi architectural. C'est aussi  un livre ouvert sur le lointain passé médiéval  des maîtres d’œuvre, des corporations de Compagnons, d'artisans,  et sur des célébrations uniques plus contemporaines (couronnements de rois, service funèbre de Présidents, messe de pèlerinages des étudiants, concerts exceptionnels...) Née au XIIe s.  dans le Paris ancien (Lutèce) par la volonté d'un évêque: Maurice de Sully, sous le règne de Louis VII "le pieux", la cathédrale est en fait la réunion agrandie de deux édifices déjà existants  (Ste Marie et St Etienne), elles-mêmes érigées sur l'emplacement d'un temple romain dédié à Apollon.

Si l'on retient la date de 1163 pour celle de la construction de la cathédrale, on  trouve présence de l'édifice sur les enluminures de Jean Clouet au  XVe s. ("La descente du St Esprit"  : illustration des Heures d'Etienne Chevalier / vers 1452-1460),  mais aussi à l'arrière-plan de  "Dagobert réfugié à St Denis" (vers 1455).
 La figuration sur  les cartes et plans anciens atteste, dès le XVIe siècle,d'une bâtisse imposante, nantie d'une flèche remarquable, qui confère à l'ensemble de  la silhouette cette volonté affirmée  d'élévation.  Plus tardivement c'est le sujet de l'un des tableaux du peintre Bernard Buffet ( Notre Dame -1988), mais également de l'un de Maurice Utrillo (Notre Dame / 1909- Musée de l'Orangerie), de Jean-François Raffaëlli (ND de Paris - 1894 ?).  Sur tous l'on  distingue les deux tours, et  la flèche présente en 1860 sur les dessins de l’architecte Viollet-le-Duc (1814-1879).
Rappel symbolique : Le kilomètre zéro est situé sur le parvis de la cathédrale. Il est le départ de toutes les routes de France.
                                                       

La flamme, qui a tragiquement détruit une partie de la toiture, n'a pas  atteint celle des fidèles, ni celle des passionnés de Culture, car, comme le Phoenix, l'édifice endommagé renaîtra de ses cendres.  
Et, selon la formule eulogique:"Qu'il vive à jamais" .
Pour la rénovation,  parmi les entreprises, spécialisées en monuments historiques, ont été  désignées :
- pour les sculptures, l'atelier Bouvier  (Les Angles/Gard)
- pour les orgues, le facteur Pascal Quoirin  (St Didier/ Vaucluse)
cf:  sur ce même blog, les articles  :  
Beginning the year ( janvier 2013) contenant un paragraphe concernant  le jubilé de Notre Dame de Paris ( 1163-2013: 850 ans)


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jeudi 18 avril 2019

Centenaire du Bauhaus (1919-2019)

Important et incontournable  courant artistique du XXe s, le Bauhaus fête, en 2019,  son centenaire. Ce mouvement se déploie sur une large palette d'expressions éclectiques  car il concerne:  l'architecture, les arts plastiques et  graphiques, le design (arts appliqués) , la photo, la mode, la danse... Il prend une dimension internationale et maints artistes contemporains avant-gardistes s'en réclament à travers leurs créations et performances actuelles.
Le Bauhaus a eu un large impact dans  la réflexion  sur les raisons et les inspirations  de la production artistique novatrice. Suscitant questionnements philosophiques, sociaux, le Bauhaus se révèle être plus qu'une simple "école", mais une réelle évolution de style dans la pensée de l'art.
Dessau
Berlin


                           







- Des lieux : Dessau, Berlin, mais aussi Tel Aviv, Chicago
- Un logo: dessiné par Oskar Schlemmer en 1922
- Des directeurs : qui sont architectes 
   Walter Gropius (1883-1969) en poste de 1919 à 1928  (auteur du Manifeste du Bauhaus)
    Hannes Meyer (1889-1954)  en poste de 1928 à 1930
    Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969) en poste de 1930 à 1933
- Une organisation pyramidale solide, digne des cadres pédagogiques médiévaux (= à chacun son statut) :
Meister : le Maître
Jungmeister: le jeune Maître
Gesellen: les compagnons
Lehrlinge : les apprentis
Paul Klee, Kandisky: deux artistes parmi les  professeurs
Le courant Bauhaus se définit à travers des notions qui en font la spécificité:
Couleurs, formes, esthétique, innovations, style , fonctionnalité, simplicité, modernité, choix des matériaux modernes... On peut y percevoir les bases du Pop Art, de la mode des années seventies, avec l'explosion de l'ambiance Design dans la décoration, le mobilier, l'abondance dans  l'emploi et la conjugaison des coloris vifs et contrastés.
Le New Bauhaus :  En 1937 Après la fermeture des établissements allemands, des enseignants, contraints de s'exiler,  fondent d'autres écoles à travers le monde.  
https://www.metropolitiques.eu/Le-New-Bauhaus-a-Chicago-experimentations-pedagogies-diffusion.html
László Moholy-Nagy (1895-1946) , fondateur de celle de Chicago:
https://www.thenewbauhaus.com/ 
Le mouvement a donc gagné non seulement les USA mais bien d'autres continents. 
A Paris, en 2016/2017 s'est tenue une importante exposition :
https://madparis.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/expositions/expositions-terminees/l-esprit-du-bauhaus/
Les femmes du Bauhaus :
Même si, au début du XXe s., ce n'était pas encore la parité, elles sont bien représentées. Parmi elles, certaines se distinguent dans leurs disciplines  respectives ( le métal, l'architecture, la photographie, le Design ...)
Katt Both, Friedl Dicker- Brandeis, Lotte Stam- Beese, Marianne Brandt (et sa célèbre théière).... 

Si le Bauhaus a marqué le XXe siècle   de son empreinte par de  nouvelles techniques, un nouvel art de vivre dans un décor qui évolue avec son temps, une formation technico-pédagogique solide pour les artistes de toutes catégories, il a aussi ouvert la voie pour d'autres courants qui ont suivi son élan créatif et novateur.


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photos-montages:N-L.M.

lundi 25 mars 2019

En vert et pour tout : l'Irlande

Ireland,  île d'émeraude, Eirinn,  green Eire ..pays de châteaux médiévaux, de légendes, de luttes, de musiques, de sublimes décors naturels, et dont la capitale est Dublin... 
 L'Irlande est en fête le 17 mars, pour célébrer Maewyn Succat
(389-460 ap. J-C.) autour des symboles du pays : trèfle, croix nimbée,  harpe...
Le héros du jour (St Patrick) est connu par ses prédications, notamment celle prononcée au début du Ve siècle  sur le roc de Cashel.
Loin des clichés, dont certains ont la vie dure, l'Irlande a eu une histoire mouvementée, parfois douloureuse (affrontements Nord /Sud), difficile (catholiques / protestants), mais c'est  une contrée   à forte personnalité, pétrie de poésie, même à travers les jours les plus sombres de sa longue  histoire.

Les artistes Irlandais ont le goût, et le talent, de la narration. Créer une ambiance, restituer un cadre bucolique, le tout sur une musique qui oscille entre ballades et danses rythmées, sont autant de moyens  qui révèlent l'âme irlandaise. Cela constitue un partage culturel incomparable,  qui entraîne le public, à sa suite, pour une découverte dépaysante, attractive, teintée d'un brin de mystère et d'Histoire, lui conférant cette particularité à laquelle l'on ne peut rester indifférent.
Toutes les teintes de vert s'étalent dans une  palette végétale qui s'étend à perte de vue, du turquoise au vert profond, en collines (Tara), en tumuli funéraires (Brú na Bóinne, Newgrange), en étendues sauvages du Comté de Galway,  pour plonger en apothéose dans les eaux topaze de l'océan environnant.    
Littérature:
De Thomas Moore à  Samuel Beckett,  en passant par Oscar Wilde.....
Musique :
Turlough O'Carolan, Sean Keane, Carmel Gunning, the Pogues, The Dubliners.. .....  
https://www.youtube.com/watch?v=thvbvJcCJ1U 
Moins connu que les célèbres romantiques, mais pourtant très influent et très écouté (par Chopin, Liszt..)  John Field (1782-1837)  était un précurseur du style. C'est lui qui, le premier, a employé le terme de "Nocturnes" pour qualifier une partie de ses œuvres.  Ses mélodies, au caractère narratif, délié, empreint de sensibilité subtile,  en font un compositeur incontournable du XIXe siècle.
https://www.youtube.com/watch?v=T-M-kQ4AJls&list=RDT-M-kQ4AJls&start_radio=1&t=0

Autre symbole de l'Irlande:
"une brune à chapeau blanc" : la Guinness. Depuis le milieu du XVIIIe siècle (1759), cette bière est
 la
reine des pubs. Savant équilibre entre eau,orge, houblon, elle se décline, pour les connaisseurs du monde entier,  en maintes saveurs entre la red et la gold. Même si l'étiquette a évolué au fil des siècles, le logo de la marque  représente toujours la harpe celtique.    
(L'abus d'alcool étant dangereux pour la santé il est recommandé d'en consommer avec modération



Contrée chantée  par les artistes de tous pays, dont la France (les lacs du Connemara (M. Sardou- 1981) , la ballade irlandaise (A. Bourvil-1958), Molly Malone ( Album de Renaud - 2009 ), l'Irlande est source d'inspirations multiples depuis des siècles.   

Traditional song ( Irish ballad) "Red is the rose " (by The O'Neil Sisters) :
https://www.youtube.com/watch?v=c8uyGOZrvM8 

Eire : 
" When Eire fisrt rose from the dark swelling-flood...
.... The emerald of Europe ...."
William Drennan (1754-1820)

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To our Irish ancestors 

lundi 11 mars 2019

Jacques Bodoin ...un chansonnier s'en va ...


                                                              


 9 mars 2019 : Jacques Bodoin n'est plus. L'homme élégant possédait une palette de voix qui contribuèrent, en partie, au succès de sa carrière artistique. Comédien (scène et doublage), chansonnier, auteur, parolier, chanteur (baryton,), compositeur/mélodiste, imitateur, grand fan de Charles Trenet, artiste de Music-Hall,  il forma, pendant des décennies, avec son épouse la regrettée Micheline Dax, un couple étonnant sachant donner aussi bien de la voix que de la réplique sur les scènes et les écrans  français.
En duo, en 1967, dans  "Tonight" (West side Story):   
https://www.youtube.com/watch?v=XiIHOIU4vAw
Quelques personnages leur collèrent à la peau,  mais il serait restrictif de ne les limiter qu'à ces seules références.  Entre les anecdotes hilarantes, les observations pertinentes du milieu scolaire, les mimiques de Jacques Bodoin eurent tôt fait de camper des personnalités  attachantes, drôles, ayant la réflexion cinglante frappée au coin d'un bon sens aussi désarmant qu'inattendu !
La voix de Jacques Bodoin  fut le point commun à ces héros qui amusèrent petits et grands : 
 Philibert :  cancre notoire,   et "gloire des cours de récréation françaises", a fait  face hardiment  à son père, à un professeur, à un  instituteur,  et même à un inspecteur d'Anglais.
https://www.youtube.com/watch?v=dyELsKsQXrg
Pollux : flegmatique,  et distingué canidé anglais, assura  les beaux jours de la sympathique équipe  du "Manège enchanté "(1964).
https://www.dailymotion.com/video/x4969s 
Méphisto : chanteur d'opéra (baryton/basse) comploteur contre l'ennemi,  dans le célébrissime film de Gérard Oury :  "La Grande Vadrouille "(1966).
De l'écriture de paroles de chansons, à celle de pastiches, il y eût également  des  participations aux émissions de radio, de télévision,  aux spectacles proposés au "Théâtre des 2 ânes"(théâtre désobéissant) à celui des 3 baudets, à certains films.   
 Enregistrés sur disques 45 et 33 tours,  une brochette de sketches hilarants (il en écrivait parfois jusqu'à plus de cent par semaine)  peuvent encore permettre d'écouter la voix et d'apprécier l'humour de Jacques Bodoin.  Ayant des connaissances en grec, en latin, citant Bergson au détour d'une conversation ou d'un article, l'humoriste maîtrisait le verbe, la syntaxe, le vocabulaire d'une façon assez remarquable.
Parmi ces centaines de souvenirs sonores: :
Hilarologie :
https://www.youtube.com/watch?v=2rESoNQuHnk
                               

 Plusieurs domaines sont familiers à cet artiste au talent éclectique, taquin sans méchanceté.
Chanson: il a fait partie du groupe "Les Compagnons de la musique", genèse des Compagnons de la Chanson,  il a aussi chanté en duo avec Micheline Dax, ou en solo.
Parolier:   de quelques chansons de variétés,  dont "Mambo complex", "Mi maria Pilar",   et le  boléro " Cada cual su cruz " chanté par Severiano Alvarez en 1956.
https://www.youtube.com/watch?v=G2hRpRHsWtM
Opérette: il tint le rôle de M. Choufleuri (œuvre de J. Offenbach)
Littérature: il est l'auteur du roman "Philibert"
Doublage: il a travaillé pour de nombreux dessins animés de Walt Disney
 Mission largement accomplie, M. Bodoin,  pour celui qui voulait surtout tout au long de sa  belle carrière  :  faire rire le public , l'amuser, lui faire oublier les soucis du quotidien, entendre une salle entière partager ses bons mots, goûter les astuces de langage des personnages imités, ou la voix d'un héros d'opérette...


"....Et Margotte est bien triste car son cher Pollux reste sans voix..."


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mardi 26 février 2019

Derrière les lunettes, regards de personnalités ...

Faire d'un défaut un atout de séduction : pourquoi pas ?  Le port de verres correcteurs a souvent été cause de railleries dans le monde de l'enfance.. Une brochette d'adjectifs, plus ou moins cruels ou volontairement blessants, piquait  au vif l'infortuné(e) victime qui arborait sur son nez un accessoire médical. Car si l'on exhibe  aujourd'hui, avec fierté, un objet customisé, devenu optionnel , il n'en était rien il y a quelques décennies. Depuis l'avènement  du XXIe siècle, les lunettes sont devenues "cultes". Souvent siglées, signées du nom d'un grand couturier, elles donnent un renseignement sur celle, ou celui,  qui les chausse. Si, dans un certain milieu,  il est de bon ton de se soumettre aux diktats en vogue, (au nom du phénomène des "mèmes") , l'usage des verres correcteurs (des défauts de vision) et protecteurs ( contre les UV) s'est largement répandu dans toute la population. Même les très jeunes enfants ne peuvent y échapper. On a appris à protéger ses yeux.
Artistes de toutes disciplines: peintres , musiciens, poètes, ont eu aussi dans leurs rangs des porteurs
de lunettes . De F. Goya à Chardin, de Schubert à Mahler...
Des verres fumés des années soixante, des larges montures rondes des années 70 on est passé aux minuscules montures rectangulaires des années 2000 , avant de revenir aux grands verres soutenus par d'épaisses montures.. Le commerce y trouve son compte , il reste à souhaiter que l'usager n'en pâtisse point.
Les célébrités, elles aussi ont su surfer sur la mode, et  certain(e)s même en ont fait leur signe distinctif, au point qu'il apparaisse jusque dans les  caricatures ou en design simplifié.
De Nana Mouskouri à Yves Saint-Laurent, les opticiens ont rivalisé de créativité pour satisfaire leurs clients. Pierre Marly (1915-2015) fut l'un des plus connus, et dont l'on disait qu'il était
" L'opticien qui habillait les yeux du Tout-Paris" . Outre ses talents professionnels, il était aussi un grand collectionneur de lunettes anciennes (bésicles, lorgnons, monocles..)
L'histoire des lunettes permet de  remonter le temps au moins jusqu'au moyen-âge, époque  où un verre épais (loupe) corrigeait légèrement les myopies, en permettant aux moines copistes de poursuivre le travail minutieux qui endommageait  précocement leur vision . ..
à lire : 
http://www.snof.org/encyclopedie/les-lunettes-%C3%A0-travers-les-temps 

http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1992x026x002/HSMx1992x026x002x0141.pdf
 Il existe un Musée où sont exposées près de 3000 pièces anciennes et contemporaines ( allant du XIIIe  au XXe s. ) et quelques modèles qui furent portés par des artistes renommés.
Musée des lunettes et lorgnettes Pierre Marly ( Paris Ier) 380 rue St Honoré  /
tel : 33(0)1 40 20 06 98/
Jamais sans mes lunettes
Plus que les hommes, les femmes ont voulu imposer leur look  avec ces indispensables outils qui leur permettent de voir la vie clairement, et d'oser aussi  un maquillage plus appuyé. C'est donc  avec lucidité, fierté, charme, et parfois  courage, qu'elles posent, devant l'objectif du photographe,  sans ôter leurs lunettes...
Elles ? Ce sont : Audrey Pulvar, Orlan, Françoise Xenakis, Nana Mouskouri.. 


                                                         Eux ? Ils se nomment :
Elton John,  les Blues Brothers, Serge Gainsbourg, Johnny Depp, Michel Legrand, Claude Chabrol, Michou, Andy Warhol, Yves Saint-Laurent,  Christophe Willem, Laurent Deutsch, Jacques Dutronc, Philippe Manoeuvre, ... la liste est loin d'être exhaustive.


Derrière les verres,  les yeux sont "en vitrine". Ils attirent le regard, tout en le cherchant, paradoxalement. Mystère, séduction, sérieux, émotions ou fantaisie : tout se devine en voulant se cacher (cf:  les fameuses grosses lunettes noires !! ) . Quand la notoriété est au rendez-vous, un seul accessoire suffit à suggérer la personne. Et cet objet devient alors une authentique et concrète signature identitaire. Qu'il soit customisé haute couture ou modèle courant, en matériaux luxueux ( galuchat, or, argent, bois précieux,écaille...) ou en plastique, il peut être alors considéré par certains comme un plus,  et même comme  un must. 

Au-delà de toutes ces "vues" il y a , il y eut, souvent des souffrances, un manque de confiance en soi, des complexes,  que la ténacité, la détermination, le travail ont permis de surmonter, de dépasser afin de  faire face à une reconnaissance et  un succès mérités, toujours  conquis de haute lutte. L'intérêt du public, sa constance, sa confiance, sa fidélité, ont aidé à ce dépassement de soi. Sous les feux des projecteurs,  le regard des spectateurs, et l’œil impitoyable du milieu professionnel,  la star  a pu alors, derrière ses lunettes,  garder un regard lucide,  positif, et parfois sans concession,  sur le monde qui l'entoure. Il est donc important de ne pas confondre un caprice, une tocade d'originalité,  avec un réel besoin, une nécessité médicale; qui font que, comme tout individu,  une  "célébrité" est tenue de composer avec une allure, un look, que sa condition humaine lui impose. L'adaptation, la déclinaison,  sont alors affaires personnelles.

                                                                                   





Michel Polnareff  
https://www.youtube.com/watch?v=PnO0vnbksk8






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