jeudi 10 septembre 2020

Nature et futur

Après l'ère industrielle du XIXe s, celle de la consommation du XXe s., le XXIe siècle a pris conscience de l'impact des siècles précédents sur le quotidien de l'humanité. Sont venues alors les expressions qui qualifient des projets et des actions : 
- défense de l'environnement
- protection de la nature (faune, flore, sites )
- reconnaissance de la cause animale
- étude de l' évolution et du dérèglement climatiques (causes, impacts)
- lutte contre le gaspillage
- restauration de patrimoine 
....
Chaque domaine ayant ses retombées positives, mais également ses problèmes, et ses  limites, l'ampleur de la tâche dépasse parfois l'ambition louable initiale. L'on fait donc  appel  à des structures externes en complément, et aide, pour tenter de faire avancer la démarche. Ainsi , les associations, se prêtant à la manœuvre,  permettent souvent de toucher au but. 
Informer, vulgariser, encadrer les bonnes volontés, former les bénévoles, gérer la communication auprès du grand public, animer, sensibiliser...: les actions ne manquent pas et sont sources d'énergie constructive.                                                      

Sans entrer forcément dans le cadre associatif, le quidam peut néanmoins se  responsabiliser et apporter sa contribution, en répondant à des sollicitations de dons, de participations multiples (les  spectacles (y assister ou jouer soi-même un rôle) les animations, des actes précis ). Il peut arriver que la dose d'information, d'alertes diverses, soit  telle, que le citoyen ne soit pas persuadé du bienfondé de son engagement, et soit découragé par l'étendue des ambitions globales. Or nulle aide, si minime soit-elle, n'est inutile. En effet, la moindre obole, le plus petit geste, auront leur signification, et leur portée,  lorsqu'ils s'inscriront dans la multitude des autres,  en regard du but à atteindre conjointement. 

Planter un arbre, nettoyer une plage, maîtriser sa consommation d'énergie, respecter les espèces protégées, et tant d'autres actes qui  pourraient sembler insignifiants, ont pourtant toute leur importance, en endossant même une dimension symbolique. A travers chaque intention concrétisée, l'individu se grandit, à ses propres yeux d'abord,  et face à l'ensemble du groupe humain. 
Le futur sera ce que l'on en fait déjà au présent. Penser aux générations suivantes n'est pas "ringard" , ni obsolète, c'est se placer en tant que simple et humble maillon dans une chaîne  échappant à tout contrôle raisonné, car elle est en place depuis le début de la bipédie,  et survivra tant que l'espèce humaine subsistera. 
On ne transmet pas que des valeurs immatérielles, on transmet également un patrimoine, des connaissances, des savoirs, des expériences concrètes, des avancées... tout un ensemble d'acquis qui visent à améliorer le quotidien de chacun. 
Glencoe in Highland (Ecosse)
https://www.youtube.com/watch?v=uBbqJEzvgJQ

Détruire, salir,  est à la portée de n'importe quel individu, n'importe où, et à n'importe quel moment. Même un enfant solitaire peut en faire un jeu.
Or,  construire , rebâtir, consolider, créer, assainir, développer, améliorer, impliquent plus qu'une volonté spécifique. Loin d'idéologies de récupérations ou de moralisation facile, on peut néanmoins avancer, et s'adonner à une réflexion utile, sur les conditions de vie contemporaine, en faisant non pas "table rase" du passé, mais en laissant émerger quelques salutaires erreurs, afin de ne pas les perpétuer. La Culture a longtemps fait les frais de restaurations abusives et maladroites, par ignorance, manque  de savoirs et de savoir-faire, faute de moyens. Le XXIe siècle se voulant savant et informé a pris du recul et  n'hésite pas à constituer d'épais dossiers avant d'entreprendre une quelconque réhabilitation. Même si la situation n'est pas à son  meilleur rendement, on peut constater des améliorations, de réelles bonnes volontés, des semeurs d'alerte,  évitant de déplorables mises au rebut, des ventes abusives, des constructions inappropriées,  ou de regrettables abandons (vouant des espaces aux jachères et harmas).
Bretagne nature
https://www.bretagne-vivante.org/L-association
Iceland Nature Conservation Association :
https://natturuvernd.is/G%C3%A6tum-gar%C3%B0sins
The Nature Conservancy:
https://www.nature.org/en-us/about-us/where-we-work/latin-america/mexico/
 A lire également, sur ce même blog: Plastic Blues:
http://international-culture-blog.blogspot.com/2019/11/plastic-blues.html

Photo: N-L. M. (Narbonne /11-7- 2020)
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mardi 1 septembre 2020

Quand la Culture n'est plus culte ...

L'année 2020 n'a pas masqué son désappointement face aux restrictions des pratiques culturelles publiques. Conditions sanitaires exceptionnelles obligent, les individus  se sont croisés à distance, avec méfiance, défiance, suspicion, et mal être. Toute tentative de spectacle en concert, de visites en groupe ont été déconseillées , annulées, prohibées. 
En dépit de ce passage "à vide", certains (organisateurs, associations...) ont fait preuve d’ingéniosité, d'adaptation, déployant des trésors de volonté, de détermination  afin de maintenir un lien culturel, artistique. Car le devenir des professionnels, des festivals, de la fréquentation et fidélisation du public, est en berne, et même en danger. Pourtant,  il y a tant de la vie de chacune, chacun,  dans ces diverses expressions artistiques ...!
Gilbert Bécaud :" Le rideau rouge" 
Charles Aznavour : " Les comédiens" 
 Léonard Bernstein : "Rhapsody in blue" (de G. Gershwin)
Christophe Maé:" La vie d'artiste" 
Les stars de la chanson ont publié régulièrement des vidéos pour rester en contact avec leurs fans. On a multiplié les lectures virtuelles, les documentaires,les rediffusions de concerts, les enregistrements de spectacles sans spectateurs. Les artistes du dimanche ont exposé leur production  sur le web. 
Les musées ont proposé des jeux par ordinateurs, des lectures de tableaux, des séquences "ateliers à la maison", des vidéoconférences. 
Il faut donc saluer toutes les initiatives multiples qui ont permis à l'art de persister,  en dépit de conditions aussi  déplorables que démoralisantes. 

 








Et vient "l'après":  le redémarrage lent, les précautions persistantes, l'envie de se distraire, de pratiquer une activité artistique, le retour progressif (et sous conditions) vers des lieux de spectacles, tout cela constitue effectivement un "après" positif, mais qui comporte les stigmates des manques, les blessures des difficultés matérielles, de l'absence, des projets stoppés dans leur élan, et des interrogations sur une éventuelle suite de parcours.  
Non, la Culture n'est plus culte. Cependant, elle veut, et va, survivre. Ce sera donc au prix de grands efforts solidaires, de volontés bilatérales,  et d'une réelle  entente entre état, artistes, et spectateurs. 
Ne pas sous-estimer le rôle de la Culture c'est en reconnaître l'indispensable existence. 
Les chemins vers:  les musées, les cinémas, les théâtres,  les salles de concert, de conférences, d'expositions, et  les salons (dont celui du livre) ne sont pas des voies faciles, mais cela existe, a fait ses preuves,  et devrait avoir un avenir. 
"Panem et circenses" ( Juvénal- Satire X) : une formule qui fait toujours débat 

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mercredi 26 août 2020

Mégalithes : le défi.

                                                                 
Planté en terre depuis des millénaires, énigmatique, défiant les éléments et le temps, on le prend en référence pour définir un individu, une situation :  solide comme un roc ! 
Le mégalithe (μέγασλίθοσ) imposant bloc de pierre (pouvant peser de 10 à 20 tonnes et +) , a aussi  donné son nom à une époque , une civilisation : 
Le  mégalithique : temps situé approximativement  à la fin de la période  néolithique (âge de la pierre polie =  vers 4 500 ans av J-C)
Dolmens, menhirs, cromlechs, cairns : ces structures massives quasi surhumaines ont longtemps agité les pensées des préhistoriens, des scientifiques par leur simple implantation sur les divers sites reconnus de la planète. Si l'on admet la thèse de la  spécialité d'une civilisation particulière ( savoir-faire véhiculé au gré des migrations), on bute sur le problème de la présence de la matière première : la pierre. 
Comment, dans les temps anciens, avec de rudimentaires moyens,  les hommes ont-ils pu réussir à transporter,  et tailler,  ce genre de "monument" ?
D'hypothèses séduisantes, mais  fantaisistes, en démarches réalisables, les tentatives de reconstitutions furent nombreuses . Et, si l'on approche  d'une certaine probabilité, certains ne s'en contentent pas encore.
En structures isolées, en cercles concentriques  ou en alignements, selon la position du soleil à une époque précise de l'année, la "pierre plantée" étonne, intrigue, interpelle aussi bien le scientifique que le quidam touriste. Les techniques, les matériaux, le choix de l'emplacement, le nombre de participants à la manœuvre, sont autant de sujets de questionnement.
                                                         

Lieux exceptionnels de dévotions rituelles, lieux de mémoire des ancêtres, lieux de rassemblements de tribus: les interprétations sont intéressantes et  multiples. Chaque nouvelle découverte archéologique, in situ, apporte son lot d'informations, de  propositions de réponses, et de théories .  
De la Sardaigne (Nuragiques), à l' Ecosse, de la France à  la Baltique,  jusqu'à la Corée, nombreux sont les exemples des occupations du terrain par les mégalithes. 
Cette architecture hors norme, révélée par des vestiges, et par le repérage via les  photos aériennes, ou les radars, n'en finit pas de susciter des investigations. 
- Des traces sur et dans la pierre :
- A voir également : les statues menhirs à gravure anthropomorphe. 
Musées de Lodève, de Rodez...
- Des sites :
Göbekli Tepe (Turquie) ,  en Bretagne, au Royaume Uni, en Sardaigne, en Corse...
Exposition : Mégalithes d'ici, mégalithes d'ailleurs 
 https://www.unige.ch/public/evenements/exposition/seu/expo-actuelle/megalithes/
Certes, le mobile de la recherche est l'avancement: des résultats, des trouvailles inédites, de l'amélioration des conditions de l'existence. Mais cela induit inévitablement des réflexions sur un mode de vie contemporain rattrapé par le goût excessif du changement, de la nouveauté à tout prix, dans  :
l'obsolescence programmée, l'éphémère relationnel, le tout jetable, la qualité frelatée, la mode express, les constructions fragiles. Qu'en est-il en regard de ces  témoins millénaires que sont les mégalithes ?

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lundi 20 juillet 2020

"Nietzsche a dit ... "


Souvent cité comme auteur de phrases en forme de  maximes,d'aphorismes, le philosophe Friedrich Nietzsche (1844-1900) sert de "ponctueur"  à maints propos  dans les joutes orales qui se veulent savantes...Cependant derrière la boutade se cache le parcours d'un auteur, souvent  controversé, dont les écrits sortis de leur contexte pouvaient, lorsqu'ils étaient, en certaines circonstances,  "récupérés " ou réorientés", perdre leur sens initial.    
 Or, en ce XXIe siècle, on pourrait se demander :
"mais  que reste-t-il de la pensée Nietzschéenne ?"


Une œuvre abondante:   Devenue incontournable référence, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, elle est dense , éclectique, foisonnante. Les citations extraites des ouvrages de cet auteur, les thèmes et idées  qu'il y développe   ne manquent jamais de faire débat (sujet de réflexion ou de dissertation) depuis plus d'un siècle. On a coutume de railler le fait que F. Nietzsche avait autant eu d'influenceurs que d'influencés. Avant  de devenir l'un  des plus grands penseurs, et philologue, du XIXe siècle, ce fils et petit-fils de professeurs de théologie,  fut un  enfant précoce qui s'intéressait à la poésie, à la musique, à la philosophie ( dès sa 12e année).     


Un aspect méconnu du philosophe : F. Nietzsche compositeur (dès l'âge de 9 ans)/  Pianiste, il a une réelle attirance pour la musique au point de passer à la composition. Il laisse quelques intéressantes pièces pour piano, mais aussi pour violon, pour orchestre et voix. Ce goût pour la composition lui fait songer, un temps, à en faire profession, mais il y renoncera, finalement,  pour poursuivre ses études et se consacrer à la philosophie.  On note des empreintes romantiques, sentimentales et narratives dans le style mélodique, dont quelques nuances évoquent le modus operandi  de  Schubert, de Schumann....
https://www.youtube.com/watch?v=acN7j3vernQ
https://www.youtube.com/watch?v=RRhSFN4bFCs

 Des séjours en saisons:
F. Nietzsche a effectué, au long de son existence,  des voyages à l'étranger. Et l'on remarque que ses déplacements suivent le cours des saisons. Dans certaines villes,  où il a passé du temps, il a changé souvent de résidence, d'une année sur l'autre (ex: à Nice). Lors de ces divers séjours, il a  poursuivi et travaillé la rédaction de nombreux ouvrages (Nice (1885-1888): Also sprach Zarathustra). 


Venise:en automne, et au printemps ( années 1880,1884,1886,1887)
Sils Maria:en été (années 1881,1883 à 1886)
Nice:en hiver (1883,1884,1887,1888)
Gênes:en hiver (1880,1881,1882,1883)
puis: Turin, St Moritz, Rapallo, Tautenberg...
 Des amitiés :
On a tendance à évoquer souvent "la solitude du penseur, du philosophe"  qui a du mal à être sociable, car il se sent mal à l'aise en compagnie de ses semblables. F. Nietzsche a une certaine
conception des attachements relationnels, notamment de l'amour, de l'amitié, dont certaines furent orageuses, momentanées, mais jamais simples...Il évoquera ainsi à travers ses textes quelques célébrités avec qui il a échangé des courriers, ou qu'il a fréquentées occasionnellement (dont R. Wagner). 




Dans la tête de F. Nietzsche se bousculaient donc des idées, des notes de musique, mais également ces maux, qui dès l'adolescence (17 ans) l'assaillirent,  et lui infligèrent une fin de vie triste, douloureuse, et  difficile. La recherche médicale actuelle  émet des hypothèses sur l'origine et la cause de cet état (bipolarité, syndrome de l'effondrement, folie,...) sans occulter le  possible impact de l'hérédité. 
F. Nietzsche, eux aussi en parlent :  
 Fabrice Luchini: ("les déglingués de la littérature")
https://www.youtube.com/watch?v=jCsphUfP3PU
Les philosophes contemporains :  Pourquoi faut-il lire Nietzsche aujourd'hui?
https://www.youtube.com/watch?v=_xb8jVG8bcM   
Pour en savoir davantage: 
 https://www.les-philosophes.fr/auteur-nietzsche.html


 Richard Strauss  (poème symphonique op30/1896 Also sprach Zarathustra) :
https://www.youtube.com/watch?v=l733P-O6Qac

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