jeudi 19 avril 2018

Jean-Claude : gloire de la musique

Jean-Claude Malgoire a quitté le monde de la musique,  un jour d'avril 2018, il n'avait que 77 ans. De l'avis de tous, l'homme,  autant que l'artiste, a su allier tout au long de son existence :  talent,  altruisme, et professionnalisme.  Hautboïste (orchestre de Paris), chef d'orchestre, Jean-Claude Malgoire était musicien dans l'âme. Non empêtré dans des problèmes d'ego, il avait:  le sens de l'écoute de l'autre, l'attrait pour les talents nouveaux (ou à découvrir), la lucidité, et la franchise, tout en privilégiant la qualité de l'interprétation et la personnalité des musiciens. Surnommé affectueusement "Papy" par les gens du métier, Jean-Claude était un homme du sud, affable et jovial, né en 1940  dans la cité papale: Avignon, dont il avait conservé  un accent immédiatement identifiable.
Pour  ré-entendre  l'une de ses  interviews (France Musique -2014) : 
https://www.youtube.com/watch?v=6Qh9krxbTS8
Eclectique dans ses choix musicaux, on l'a pourtant souvent cantonné, et associé, au genre baroque car il en fut le chantre, le pionnier du regain, le promoteur. A cet engagement, il a associé le choix d'instruments anciens pour plus d'authenticité dans  les interprétations.
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy: C'est un ensemble emblématique  créé en 1966 par Jean-Claude Malgoire, ayant obtenu une victoire de la musique classique en 1992, et à qui l'on doit  une belle discographie. En 1981 J-C. Malgoire est à la tête de l'Atelier Lyrique de Tourcoing.
https://www.youtube.com/watch?v=c1hpuWh34Ts
Le travail de ce chef d'orchestre, on le sait, ne s'est pas borné à la direction. Le musicien  s'est en effet distingué dans d'autres domaines,  comme celui  de la  recherche de partitions "oubliées", de sonorités particulières à restituer par l'étude, la facture et l'emploi d'instruments anciens. Œuvrant avec des hommes tels que le musicologue A. Geoffroy-Dechaume, le hautboïste Michel Piguet,  fort de ses rencontres avec des musiciens étrangers employant déjà des instruments anciens, et affermi par  la lecture d'ouvrages de référence comme celui d'Arnold Dolmetsch (1858-1940), Jean-Claude Malgoire a poursuivi son but, sans craindre d'innover, de restituer, d'interpréter un répertoire et des œuvres  auxquels  personne  ne croyait vraiment, car on pensait que le public ne suivrait pas.. Le
résultat fut pourtant un éclatant succès, car l'engouement pour le genre baroque ne tarit pas. Au contraire, les suiveurs ont emboîté le pas, et les vocations d'interprètes ne manquent pas, même à l'heure actuelle.
Parmi les productions des compositeurs choisis par J-C. Malgoire: Salieri, Gluck, Mozart,Lully, Haendel, Vivaldi, Monteverdi, Pergolèse... , on trouvera des opéras, et des compositions plus rares, puis,  ce sera un répertoire plus tardif que le baroque, avec des compositeurs du XIXe s et du XXe s, avec par exemple Debussy (en 2015 : Pelléas et Mélisande)
Explication de J-C. Malgoire  au sujet de l'emploi des instruments anciens/ analyse de la nouvelle vision de l'histoire et interprétation  de Pelléas et Mélisande..: 
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-nouveau-pelleas-de-jean-claude-malgoire-a-tourcoing-12/
Si sa célèbre silhouette de patriarche barbu va manquer dans le monde de la musique classique, ce sont également ses engagements, ses encouragements,  qui vont faire cruellement défaut à des générations de musiciens. Jean-Claude Malgoire a définitivement marqué de son empreinte  le monde de la musique.  
Une pièce  incontournable : 
Stabat Mater d' A. Vivaldi ( Ph. Jarrousky / la Grande Ecurie du Roy- direction J-C. Malgoire) 2002:
https://www.youtube.com/watch?v=rME8vtbBGWk

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lundi 16 avril 2018

1768-2018 :250e année de la libération de Marie Durand

De la prison à la liberté : de 1730 à 1768 Marie Serre-Durand aura passé dans sa geôle de la Tour de Constance,  38 années de son existence (née en 1711 - décédée en 1776).  
Post tenebras,sperat lux- 
De l'ombre du cachot à la lumière de la liberté retrouvée, il aura fallu quelques siècles pour que l'on redécouvre le parcours de cette icône du protestantisme  qui force le respect par la fermeté de ses convictions.
Pour en avoir une idée plus objective, et pour dépasser certaines opinions "romantiques" ancrées dans les  mémoires par tradition, quelques éléments de biographie sommaire sont nécessaires à la compréhension du contexte.
http://medarus.org/Ardeche/07celebr/07celTex/durand_pierre_et_marie.html
Si l'on a fait de cette femme une héroïne  de la cause protestante, il faut rappeler  qu'elle fut baptisée catholique, comme Pierre, son frère aîné. La mère ayant été arrêtée, en 1719, sur dénonciation (lors d'une assemblée huguenote clandestine), puis emprisonnée,  les enfants  furent élevés par leur  père : Antoine Durand, greffier, homme lettré connaissant le latin et le grec.
Pour faire pression sur lui, sur son fils, Marie est enfermée dans la Tour de Constance. Elle sert d'otage. Mais en dépit de cette détention le père reste emprisonné au fort de Brescou, où il est entré en 1729.  Le frère, Pierre, prédicant clandestin, est capturé en 1732 et pendu à Montpellier (actuelle allée qui va de la Place de la Comédie au Corum) .   
Photomontage N-L. M. ©
Nommée sous son  patronyme de jeune fille: Durand,  dans l'Histoire, et dans les listes inscrites sur les  registres de la Tour,  Marie  signait elle-même sa correspondance  : "la Durand" puis, "Durand". Or, entrée à la Tour de Constance à Aigues-Mortes  en août 1730,  elle était mariée à Matthieu Serre depuis environ 3 mois. Matthieu Serre, son mari, a été arrêté le même jour que son épouse. Il  fut envoyé au fort de Brescou, où  il a retrouvé son beau-père Antoine Durand. En prison, Marie Durand s'illustre par sa correspondance ( très peu avec son mari, un peu avec son père, beaucoup avec sa nièce Anne, les donateurs des églises étrangères,  et le pasteur Paul Rabaut).  Elle sert de secrétaire à ses co-détenues illettrées ou peu
Photomontage N-L. M. ©
accoutumées à lire ou à rédiger. Dans l'inconfort de la promiscuité, le partage de cette vie d'épreuves, les femmes se lient d'amitié, parfois  durable, entre  certaines.  C'est ainsi que Marie Durand considère  "La Goutète" (Marie Vey-Goutet) comme sa soeur. Libérée en même temps qu'elle, le 14 avril 1768, cette prisonnière partira finir ses jours dans la maison du Bouschet de Pranles, dont on avait arraché Marie, 38 années auparavant. La demeure se visite, elle est devenue un musée du protestantisme. 
Parmi ces malheureuses détenues pour cause de "croyance hors du royaume" (= hors de la religion catholique), quelques-unes ont abjuré pour retrouver la liberté (sous condition de ne pas "retomber en hérésie" ), d'autres sont décédées entre les murs sinistres de la Tour, tandis que les plus fragiles ont sombré dans la démence, et que les plus résistantes, telle Marie Durand, ont tenu jusqu'à leur levée d'écrou, en dépit de maux divers (dont le paludisme, les rhumatismes, le vieillissement prématuré...). Durant le temps de leur détention le nombre des prisonnières variait.  Pourtant une certaine solidarité et un soutien respectif s'exprimaient à travers   la lecture ou récitation de textes issus de la Bible, et par le chant des psaumes.
https://www.youtube.com/watch?v=LJgZVi7zBz0 
Si un  zèle farouche anima certains individus mandatés pour juguler les révoltes et pourchasser les camisards, plusieurs personnalités (Boissy d'Anglas, le Prince de Beauvau,Mme de Pompadour...)    se sont émues du sort de ces femmes détenues dans de telles conditions 
Marie Durand, décédée en 1776,  fut  en butte toute sa vie à des aléas de biens fonciers, d'héritage, de sommes dues à rembourser. Ces soucis terrestres concrets, sa détention, ses problèmes de santé, n'ont pas altéré sa conviction profonde. Si on attribue à sa main la gravure du verbe "résister" sur la margelle du puits central  de la grande salle de la célèbre Tour, c'est  qu'il  résume, dans la mémoire  des Huguenots, le combat moral, psychologique, spirituel,  de toute une vie.  Cela correspond-il à la probabilité historique ? Les historiens continuent de se pencher sur une telle question et sur  maintes autres interrogations qui entourent encore ce tragique épisode de l'Histoire du Languedoc au XVIIIe siècle. 
Pour en savoir plus :

Sur ce même blog

consulter les 3 articles suivants  consacrés à l'Histoire  des  Huguenots et du protestantisme:

- La foi au cœur des Cévennes


-1571-2017 : le Ve centenaire de la Réforme


- Again on this old way to a new life: le chemin des Huguenots

http://international-culture-blog.blogspot.fr/2016/09/again-on-this-old-way-to-new-life-les.html
Cf également les 2 conférences de N-L. Marti 
Photomontage N-L. M. ©
 (avec lecture d'extraits de lettres de Marie Durand par B. Huguet)

à Aigues-Mortes :
/le 3 février 2017 au temple/
- Evocation de Marie Durand (1711-1776)
/le 6 avril 2018 salle N. Lasserre)
- 1768-2018: 250e année de la libération de Marie Durand
en projet : à Marsillargues (octobre 2018)

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mardi 10 avril 2018

Kinderspiele, Children games, jeux d'enfants,

Jeux d'enfants- P.Brueghel l'ancien- 1560-
Les  rêves, l'imaginaire, l'innocence, l'insouciance, les jeux,  devraient toujours faire partie du quotidien de l'enfance. Même si c'est un souhait idéaliste, on se plaît à croire que les adultes font le maximum pour le concrétiser... La réalité, hélas,  est, trop souvent,  toute autre.
Au cours des siècles, les peintres ont cherché à saisir ces merveilleux moments de jeux enfantins.
Bruegel l'Ancien, Picasso, Renoir... ont su ainsi  capter des regards, des attitudes, pour les transcrire et les fixer sur la toile, conférant  à leurs tableaux toute la grâce enfantine, toute l'attention sérieuse  non feinte que, seul, un bambin peut mettre à une activité ludique. Attentif, discret, sans voyeurisme, l'artiste se fait alors simple  témoin d'instants très précieux parce qu'éphémères.
Ces diverses figurations se déclinent en maints domaines , de l'étude appliquée (lecture, musique) aux jeux les plus actifs (ballon, jeu de mise en situation,  ou de mimétisme ) 
Jeux d'adresse : Les quilles, le tir, la balle, les billes, le saut à la corde... (cf : les tableaux du peintre André Henri Dargelas: 1828-1906) Quelques-uns de ces jeux ont fait la joie des cours de récréation des XIXe et XXe s.
http://www.peintres-ecouen.com/andre-henri-dargelas/
Equilibre, sport:  Le ballon, la bicyclette, les patins, le cerceau, la balançoire... Parfois par le simple langage, le jeu se met en place lorsque l'enfant commence à maîtriser les situations de "rôles". Mais l'objet transfert (ou support d'activité) est plus volontiers utilisé  par les tout-petits qui ont besoin de manipuler pour adopter la contenance  propre à l'activité choisie.
Travestissement: Se déguiser, mimer, chanter... Changer de statut, évoquer des célébrités, "habiter" , incarner un personnage historique sont des occupations très prisées par les enfants. Le temps du Carnaval n'est pas la seule période où ces pratiques se réalisent.  Dans les romans, on lit fréquemment des pages consacrées à ces
séances de découvertes de "malles du grenier", avec un coffre béant sur un flot de vieux vêtements, et d'accessoires, qui  transforment une après-midi pluvieuse en un moment d'enchantement stimulant l'imaginaire. Alors, pour un  instant, on joue les princesses de contes de fées dans les fripes de grand-mère, et les valeureux chevaliers dans les hardes un peu mitées du grand-père....
Mimétisme (les adultes) : la poupée, la marchande, la dînette , les petites voitures, les bateaux, l'école... L'enfant aime se projeter, par jeu, dans le monde des adultes. Si l'imitation est parfois teintée d'admiration, elle est néanmoins empreinte d'une authentique gravité se reflétant dans des gestes qui se veulent adaptés à la situation. 
Attention, Observation : cache-cache, travaux manuels...
Animaux: Les animaux domestiques sont souvent des compagnons de jeux pour les enfants (parfois aussi des souffre-douleurs). Transferts affectifs, distractions, confidents, ils suivent le rythme quotidien de la maisonnée , mais partagent aussi les repas, les peines, les joies, les câlins, et même, interlocuteurs obligés:  les conversations.  
Musique : Cet art nécessite de nombreuses compétences : application, étude, concentration, maîtrise gestuelle, mémorisation, discipline... Certains  enfants parviennent certes à y exceller ("on joue de la musique" ), mais d'autres peuvent  y trouver également matière à perdre patience et n'en plus supporter les contraintes. 

Du XVIe au XXe siècle, le thème  des enfants dans la peinture  a rencontré un certain  succès. Souvent représentés accompagnant leurs parents, les enfants ont aussi été le sujet de portraits individuels aussi  posés qu'académiques. Cela correspondait à un courant de mode, et à une nécessité familiale.  Mais quelques artistes ont cependant choisi une représentation plus naturelle et plus proche de l'univers quotidien de l'enfant : le jeu. Ces toiles ont ainsi laissé à la postérité de très  touchantes scènes, dont le réalisme ne peut laisser indifférent.
 
En musique :
Robert Schumann: Kinderszene (1838)-13 pièces de l'op. 15-
https://www.youtube.com/watch?v=Pm5FiRfFhZ0
 Georges Bizet: Jeux d'enfants (1871)
https://www.youtube.com/watch?v=chuL2QCKELg&t=14s
Claude Debussy: Children's corner (1908)
https://www.youtube.com/watch?v=ozisMKGGkB8



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mercredi 21 mars 2018

218 av JC- 2018 : Hannibal, a real legend


Hanni-Baal Barca de la lignée des Barcides, est né et mort avant JC : Carthage 247 – Bursa
(Turquie)  183.  En faisant un facile jeu de mot, l’on peut dire  que c’était “un foudre de guerre”. Exemplaire tacticien militaire, stratège polyglotte (il parlait  latin, grec, ibère, punique), chef intrépide, l'illustre général carthaginois est entré dans l’Histoire par sa carrière militaire aux impressionnants exploits : telle cette traversée des Alpes  qu’il fit, avec son armée,  en 9 jours.

Le nom d'Hanni-Baal est attaché à divers épisodes des  guerres puniques ponctuées d'affrontements mémorables:  
La Trebbia ( 218 av JC):   défaite romaine (Tiberius Sempronius Longus) devant l'armée d'Hannibal. 
La rive du lac Trasimène (21 juin 217 av JC/ victoire d'Hannibal sur le général romain Caïus Flaminius) "Nous avons été vaincus dans une grande bataille" (dixit le préteur romain: Marcus Pomponus Matho) Le général Carthaginois, âgé d'une trentaine d'années,  perdra un oeil (ophtalmie purulente) des suites de difficiles conditions de vie et d'une infection contractée dans les marais voisins du lac. 
Capoue: On dit que ses "délices auraient endormi Hannibal", qui, en réalité, aurait manqué de moyens matériels (pour maintenir un siège notamment)  et de renforts, pour remporter la victoire contre les romains dans Rome, la ville éternelle.
Cannes:(2 août 216 av JC, près de l'Ofanto) Caïus Terensus Varo mène les troupes romaines, il sera vaincu par l'armée d'Hannibal, à qui, le chef Numide Maharbal, reprochait cependant de ne pas savoir utiliser, à bon escient, sa victoire:"Hannibal, scis vincere, victoria uti nescis"
La 2e guerre punique (de Sagonte (219 av JC) à Zama (202 av JC) ) : ce ne sont pas moins que 17 grandes batailles.  
  En ces 3e et 2e siècles avant JC, les Grecs, les latins, les Phéniciens se disputent les rivages méditerranéens. Les fondations de comptoirs commerciaux, de villes, attisent les convoitises réciproques. La thalassocratie Phénicienne ne fait qu'augmenter l'antagonisme avec les Romains. La confrontation est donc  inévitable entre Rome  et Carthage. La dynastie des Barcides  s'y est largement impliquée. Dans sa longue pérégrination vers l'Italie  Hanni-Baal avait prévu des  haltes, et  des campements  près de la  voie Hérakléenne longeant le rivage de la Méditerranée (ex: Ruscino, Illibéris,...) et les contacts sont  plus ou moins sereins avec les tribus locales. Des légendes persistent au sujet de "fontaines"(Vergèze, Cournontéral, Buis -les-Baronnies..) où hommes et bêtes se seraient désaltérés au passage.  La fameuse armée d’Hanni-Baal se composait, dit-on, de  90 000 fantassins (dont mercenaires de divers pays), 12 000 chevaux,  37 éléphants. L'ensemble  se déplaçait en colonne de 20 à 25 km de long.

Pour accéder à la plaine du Pô (Italie), la traversée du Rhône (ou de la Durance?) et celle du col alpin, mirent à rude épreuve hommes et animaux,  les pertes furent donc nombreuses. On en est encore aux supputations et hypothèses concernant l'endroit exact des franchissements du fleuve et de la chaîne montagneuse. Il en est de même pour la fin tragique, par suicide à Lybissa (Gebze), en Bithynie (près de Bursa), de ce suffète (chargé de pouvoir à Carthage) obligé à exil.  Laissa-t-il une descendance? On dit que son épouse mourut lors d'une épidémie (de peste ?) qui sévit à Carthage. C'était la princesse ibère Himilce, fille de Mucro,  roi de Castulo (capitale de l'Oretania). Hanni-Baal et Himilce ont eu un fils : Aspar (certains textes le nomment aussi d'Himchildh).     
Les recherches sont certes passionnantes,  mais réclament temps et patience en complément d'une consultation minutieuse des documents anciens et des investigations sur le terrain. On peut donc
espérer que les décennies qui viennent fourniront encore des éléments de réponses aux questions d'aujourd'hui. 
En attendant, dans le sud de l'Espagne , du côté de Linarès,  l'on commémore chaque année les noces du Cathaginois et de sa belle. Cela donne lieu à maintes manifestations et reconstitutions très festives (un défilé costumé, un feu d'artifice, des jeux romains...) qui attirent un grand public.  La cérémonie initiale, elle,  aurait eu lieu en 220 av JC. 
http://www.laopiniondemurcia.es/cartagena/2010/09/21/anibal-e-himilce-historia-amor-guerra-diplomacia/271638.html
Saison 2018:  du  24 au 27 mai.
http://www.castulolinares.juegos/
A voir et écouter : 
"Sur les traces d'Hannibal"
Jean-Pierre Renault et Humbert Camerlo.
 https://www.youtube.com/watch?v=HPaY-SKzKYE
"Hannibal : la marche sur Rome " (émission TV sur Arte) 
à lire aussi : 
"Une révolution sensationnelle dans l'histoire des peuples (article du  Chanoine René Bailet) 1960
 https://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1960_num_1_3_3912
Les références dans les textes anciens :

Tite-Live  (Histoire romaine– livre XXI- 2e partie-) Siège et Bataille de Sagonte en 219-218 av. JC

« Le Carthaginois avait une armée considérable; elle montait, dit-on, à cent cinquante mille hommes. »

Voir la 4e partie :  De l’Ebre à la vallée du Pô  (Août-octobre 218)
Polybe :  Histoire Générale – Livre III- traduction Thuillier
Evocations diverses à travers les arts : 

Poésies:
"Les trophées "- José-Maria de Heredia (1893)

"Punica" -Tiberius Catius Asconius Silius Italicus (vers 80 ap .JC)  
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/italicus/table.htm
" Les regrets" (sonnet XCV édition de 1558) - Joachim du Bellay
"Elégie pour Carthage" Léopold Sedar Senghor (juillet 1975)
Tapisseries : (parmi celles de la série  dites "de François Ier",  qui les commanda vers 1560 à la famille bruxelloise Lermoyen. Elles furent détruites lors de la Révolution mais,sur commande de Louis XIV (avec l'aide de Louvois) elles furent copiées et exécutées sur les métiers de la Manufacture des Gobelins en 1689 ): Ces tapisseries ont fait l'objet d'une exposition au Château de Chambord du 18 mai au 12 novembre, en 2008.
-"Scipion et Hannibal" 
Voir aussi le compte-rendu de l'exposition de 1978: 
http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1978_num_136_4_5758_t1_0368_0000_2
Autres figurations ( Flandres XVIIe s.) :" Hannibal et ses troupes franchissant les Alpes "  et aussi "Le triomphe d'Hannibal" (Aubusson- XVIIIe s.)

Mais aussi :  de nombreuses publications (biographies, essais, ), des enregistrements, des vidéos, des films,... car la vie du Carthaginois a inspiré bien des artistes depuis des siècles. A l'heure actuelle ce sont les archéologues, les scientifiques, les historiens qui se penchent sur son incroyable destinée. 
Films :
"Hannibal, le cauchemar de Rome (Hannibal - Rome's Worst Nightmare- 2006)
"Annibal contre Rome "(Annibale- 1959) 
"Scipion, l'Africain" ( Scipione l'africano- 1936)



« Hanni-Baal ad portas est ? »
  
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(photos-montages: N-L.M.) 






 

vendredi 2 mars 2018

Claude Debussy ou les notes enchanteresses


(Achille)-Claude Debussy (22 août 1862- 25 mars 1918) : Compositeur, pianiste, a teinté de modernisme la musique de son temps. On n'hésite pas à qualifier d'avant-gardisme son style musical de composition. Il a imprégné  chaque  genre (musique de ballet, opéra, musique de chambre, mélodies...) d'une originalité caractéristique, ainsi que d' une grande créativité harmonique.
Sa production artistique est, en majeure partie, consacrée au piano. Ecouter la musique de Debussy c'est entrer dans son univers poétique très évocateur. On peut vraiment  parler d'images suscitées par des sonorités et  des lignes mélodiques,  telle une succession de  tableaux que l'imaginaire concrétiserait à partir des notes entendues. La  deuxième moitié du XIXe siècle,  c'est l'époque de la fin du romantisme, mais qui en garde néanmoins  une certaine empreinte. Or, l’œuvre de Claude Debussy, dans sa diversité, entremêle ce reste de classicisme, tout en y intégrant de nouvelles données rythmiques. Ce qui lui confère des couleurs musicales typiques,  résolument modernes et innovantes. 
Son professeur de piano (élève de F.-F. Chopin) fut, pendant une année,  Antoinette-Flore Chariat Mauté de Fleurville
(1823-1883). Elle reconnaît en lui des qualités d'interprète doué. Ce sera ensuite le Conservatoire de 1872 à 1882.  En 1884, avec sa Cantate "L'enfant prodigue" Claude Debussy remporte (après 2 tentatives précédentes)  le grand prix de Rome qui lui ouvre les portes de la villa Médicis.
De Chopin à Debussy : On décèle quelques  similitudes, des  influences dans la fluidité d'écriture, dans la sensibilité, la poésie,  et dans  la démarche du  compositeur face à la création... 
Chez Debussy, dans  la Suite Bergamasque, publiée en 1905,  composée de  4 volets (Prélude,  Menuet, Clair de lune, Passepied) on écoute souvent le 3e mouvement. C'est un morceau célèbre qui a servi d'illustration musicale en maintes disciplines (cinéma, danse, téléfilms, spots publicitaires, jeux vidéos...). Cette mélodie, bien qu'ayant sa spécificité,  rappelle quelque peu, par ses modulations, ses arpèges,  l'ambiance  sonore des Nocturnes de Chopin, comme un trait d'union entre les décennies.  
"Clair de lune" (en ré b majeur) : pianiste Rafal Blechacz
https://www.youtube.com/watch?v=A_NHZEb0QCw
  L'homme et l'artiste:  Dans sa correspondance, ses amitiés, ses attachements affectifs, se profile l'existence d'un homme,  comme se perce à jour l'artiste à travers ses compositions. Assez  critique vis-à-vis des autres musiciens  compositeurs (Wagner, Rameau, Beethoven, Grieg, Berlioz, Gounod...) , Claude Debussy a pris la plume et a mis par écrit  quelques réflexions dans son ouvrage " Monsieur
Croche antidilettante" publié en 1921.
https://fr.wikisource.org/wiki/Monsieur_Croche
 Entre coups de cœur et admiration respective, les mises en musique des poèmes sont d'authentiques alliances heureuses qui sont significatives. Ainsi, sur les textes d'Alphonse de Lamartine, de Verlaine, de Baudelaire...,  Claude Debussy a posé ses notes d'enchanteur...
"Prélude à l'après-midi d'un faune" (créé en 1894) -Eglogue pour Orchestre d'après Stéphane Mallarmé-  Considéré comme le chef-d’œuvre de la musique impressionniste, cette partition était  désignée par Claude Debussy en tant qu'illustration du poème de S. Mallarmé (1842-1898). Edouard Manet avait fait des illustrations pour le recueil dont est extrait le texte et Léon Bakst:Лев Самойлович Бакст (auteur des décors et costumes du ballet)  avait peint l'aquarelle de la couverture du programme. Le ballet a été  interprété  en 1912 par Vaslav Fomitch Nijinski qui est également  l'auteur de  la chorégraphie.Dans la vidéo ci-après, le danseur est  Rudolf Noureev. 
https://www.youtube.com/watch?v=m7b1FkZYarU 

2018 : année Debussy. De nombreuses manifestations sont programmées pour ce centenaire de la disparition du musicien. Des concerts,  des expositions, des parutions d'ouvrages, des conférences...
Programme à consulter sur le site de Radio France :
 http://www.maisondelaradio.fr/claude-debussy-1862-1918
 Pour un rappel de sa biographie en quelques dates :
https://www.francemusique.fr/personne/claude-debussy
A écouter : 
"La mer" (Trio d'esquisses symphoniques créé en 1905 par l'orchestre Lamoureux, dirigé par Camille Chevillard.  L'illustration de la couverture de l'édition originale a été réalisée par Hokusai)) :
Ci-dessous, c'est interprété par le Frankfurter Radio Sinfonie Orchestra, sous la  direction de  Paavo Järvi.
https://www.youtube.com/watch?v=k8NJRyfnYZ8

Incontournable pilier du patrimoine musical du XXe siècle, Claude Debussy a laissé une production au style subtil, novateur, et même audacieux. Il ne cachait pas ses goûts pour des influences aussi éclectiques qu'exotiques. Dans le répertoire orchestral, vocal, il étonne, intrigue, mais sait également faire naître l'intérêt, l'admiration.
 " ...Etre supérieur aux autres n'a jamais représenté un  grand effort si l'on n'y joint pas le beau désir d'être supérieur à soi-même..." Claude Debussy (in : Monsieur Croche anti dilettante)


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