lundi 18 janvier 2021

Agrumes: soleils d'hiver ... Winter suns, Winter Sonnen, Soles de Invierno,

 Comme issus d'un conte, ou d'une légende,  et venus du fond des antiques millénaires, les agrumes  offrent leurs rondeurs aux couleurs éclatantes pour ensoleiller les hivers. Souvent considérés tels que des médicaments, à cause de leur rareté sur les marchés durant des siècles, on en  réservait la consommation  aux malades.  Mais,  l'évolution des goûts, des connaissances,  et surtout le développement des  échanges commerciaux, en ont banalisé la culture, dans les pays où le climat leur est favorable, ainsi que l'importation. Souvent nommés Hespérides, il est utile de rappeler d'où vient cette attribution nominative.

Le jardin des Hespérides: Les 3 Nymphes ( Eglé, Hespérie, Erythie) habitantes,  gardiennes, jardinières,  d'un Eden perdu, verger exceptionnel  où poussait l'arbre aux pommes d'or: le Jardin des Hespérides.  Le dragon Ladon (serpent biblique ?), véritable Cerbère, veillait sur le lieu et décourageait d'éventuels maraudeurs. Dans ces conditions qui d'autre qu' Héraclès pouvait en faire la mission de   l'un de ses 12 travaux (Ramener 3 pommes d'or du lointain jardin des Hespérides, accessible aux seuls immortels). Les interprétations de l'épisode, et la localisation de l'endroit (La Libye, Tanger, les Antilles, les Canaries ...) ont largement alimenté la plus grande inventivité. En effet, des légendes grecques aux adaptations contemporaines, les propositions littéraires, et artistiques, ne manquent pas, pour concrétiser,  en textes et en représentations, cette mémorable étape,  qui aurait donné leurs  noms à la Voie Hérakléenne. et au Golfe du Lion.                                                


Pour en savoir plus; 
Outre les récits des écrivains grecs de l'Antiquité (cf: Hésiode, Euripide, Diodore, Apollonios de Rhodes, Hygin, Pausanias, Apollodore, Palaiphatos...)  voir également : 
- "Hesperides sive de malorum aureorum cultura et usu libri quatuor"-Giovanni Baptista Ferraro (1646) 
- " Dissertation sur les pommes d'or du jardin des Hespérides"- Pierre-Joseph Amoreux (1806)
- "Les pommes d'or du jardin des Hespérides" - Agatha Christie (1940)
En peinture:  
Sur les thèmes  de: " Jardin des Hespérides" ou de "Hercule au jardin des Hespérides ", on remarque les œuvres (tableaux, affiches, posters...)  de : Albert Herter, Sir Edward Burne-Jones, Johnny Morant,   Gustave Moreau, Nicolas Poussin, Jean-Baptiste Oudry (L'oranger/1740)... 
En musique le groupe de rock : Tangerine
                                                
En orange:  
Oranges, kumquats, tangerines, mandarines...
En jaune: 
Limes, cédrats, limons, pamplemousses, les coings (fruits à couteaux) 
Consommation:  
Si les bienfaits des agrumes sont reconnus,  et tant appréciés, c'est que leur  déclinaison culinaire internationale est vaste:  en jus, en confiture, en marmelade, en salades de fruits, nature, seuls ou mélangés, glacés, en parfum d'infusion, en pâtisserie....  
 
                                                       

 
Coupée en deux, l'orange (citrus sinensis)  ressemble à  l'astre solaire avec ses rayons.   A travers les âges l'orange a apporté ses vertus. Elle fut pendant des siècles, cadeau de Noël pour enfants sages. Cloutée de clous de girofle, elle fut "pommandre" éloignant les maladies (du Moyen-âge à la Renaissance). Elle a gardé ce traitement pour devenir, plus tardivement, objet décoratif  et parfumé,  pour éloigner les insectes nuisibles des tiroirs et des armoires.
Les soleils vitaminés de nos hivers ont des saveurs particulières et des parfums évocateurs. Comment oublier les soirs printaniers aux  fragrances tenaces, incomparables,  et enivrantes,  des orangers en fleurs de  la Huerta de Valencia, ceux des environs de Tunis, ou  de la Riviera, ... ?
Cette petite fleur blanche, promesse d'orange,  s'est  retrouvée jusque sur les couronnes nuptiales, que l'on conservait avec émotion sous un globe (tradition du XIXe. s.) . Symbole d'éternité, de pureté, de fécondité, selon les us et coutumes régionaux, ou nationaux, et surtout selon l'époque.    


Photo: N-L. M.

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lundi 4 janvier 2021

Viallat : la mémoire généreuse

 Ne pas oublier ses origines, garder une place dans son cœur pour le village de son enfance, lorsque vient la célébrité,  ne constituent point une régression, mais un ancrage salutaire.
 L'artiste Aubaisien, Claude VIALLAT,  dont l’œuvre connaît une  notoriété internationale,  a l'intention de  concrétiser son attachement à son village, par le don de quelques pièces de sa production (une dizaine d’œuvres). Un musée, sis in situ ( dans l'ancien presbytère), abritera la donation, ainsi que la fresque restaurée, qui avait été acquise par la commune, et des affiches. Le tout de la main du Maître. .

 
Aubais se situe sur un promontoire gardois.Le lieu est  connu pour son château et l'un de ses propriétaires: le très charismatique marquis Charles de Baschi dont la riche bibliothèque faisait des envieux parmi les intellectuels de son temps. La chronologiette, récit  de son valet/homme à tout faire: Pierre  Prion, est une  mine de renseignements sur le quotidien de la  vie rurale au XVIIIe siècle. Elle  alimenta les  recherches en Histoire locale et en ethnographie.    
 
 

 
Claude VIALLAT, plasticien, internationale figure majeure de l'art contemporain, innovateur dans la façon d'appréhender la toile : sans châssis, il travaille au sol.   Fondateur du mouvement support/surface, il est, depuis longtemps,  très présent, en France, dans la région du bas Languedoc :
- A Aigues-Mortes :  les vitraux de l'église Notre Dame des Sablons
- A Nîmes: Musée des cultures taurines  Henriette et Claude  Viallat 
- A Montpellier: rétrospective (exposition au Musée Fabre  de juin à novembre 2014)
et ailleurs 
- A Rennes : exposition à la galerie Oniris
- A Nice : exposition au Musée Matisse
Jouant un rôle essentiel dans le mouvement artistique du XXe siècle, l'empreinte de Claude VIALLAT, s'est inscrite dans la mémoire, et  le paysage culturel, d'une époque. Considéré, parfois, dans certains articles,  comme un logo, le célèbre  motif, forme référentielle déclinée en sériation ("haricot"peint au tampon de mousse) est emblématique du "style Viallat". 
Interviews : 
 A New York :
A Nîmes:
 
La densité, l'agencement  et l'intensité des couleurs sont déclinés sur divers supports : verre,  tissu, et souvent en grands formats. Tel un foisonnement, une explosion picturale, un ruissellement régulier évoqué par la multitude répétée du motif , la forme étonne, s'impose, suggère.. mais  ne laisse pas indifférent.  Homme du sud,  Claude VIALLAT , est aussi un être pétri  par les  traditions locales, qui sont pour lui des sujets d'inspirations et de réflexions. Tout au long de sa carrière, l'artiste n'a jamais oublié ses racines, il en est aussi fier que  la commune d'Aubais est fière de lui, à juste titre. 


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mardi 8 décembre 2020

Crooner's voices and jazzy rythms

On ne le rappellera jamais assez : Le blues  est un genre  musical noble, avant d'être un ressenti . 
"Avoir le blues" est en effet moins enviable que de l'interpréter. Malheureusement l'année 2020 a engendré bien plus qu'un état de blues, ou de lassitude. On n'a donc  jamais eu autant besoin de tonus, d'espoir, d'humour, d'art, et de culture. Le langage international musical n'a pas pu, faute de concerts Ao Vivo (in live), faire son office habituel. Il reste la possibilité d'écoute:  à domicile, ou personnelle (écouteurs, casque). Les programmations sont aussi diverses qu'utiles. En cette année particulière, leurs missions accoutumées  sont  encore plus chargées d'importance: distraire, instruire, cultiver, accompagner, apaiser, émouvoir, consoler, faire bouger, aider à exprimer ...  et plus, si affinités.
 Certains interprètes réunissent plusieurs de ces actions dans leur tour de chant. Dans la catégorie "chanteur crooner" on n'a que l'embarras du choix, même si le genre  est qualifié de démodé, le public suit fidèlement  la carrière de ces voix bien placées, à la diction aussi agréable que correctement articulée.
Un répertoire de standards,  un timbre chaud, une prononciation intelligible, une certaine présentation et de la présence scénique, certes, cela fait déjà  pas mal  d'atouts pour un artiste. 
Or il y a le plus... : l'orchestration ! Une grande formation avec cuivres, cordes, chœurs, accompagne le soliste. Alors, il ne faut plus hésiter,  et se laisser happer par le rythme jazzy, ou latino, et rêver pendant quelques instants ( les fameuses 3 mn 35 de  bonheur) que l'on est en direct dans la salle de concert, communiant avec les autres spectateurs pour partager un moment de grâce. Les soucis et les idées noires étant restés au vestiaire, on sera "in the mood", afin d'engranger un peu de cette  joie et d'énergie positive qui sont indispensables à chacune, chacun. . 
Parmi les talents actuels (XXe et XXI e siècles) un rappel de quelques noms:
                                                                 

 Michaël Bublé::
 
Daniel Boaventura: 
 
 Deux artistes , deux générations:  Cicero père et fils, (trop tôt disparus):
Eugen Cicero: (1940-1997) Swinging Bach 
Roger Cicero : (1970-2016)
 
                                    
 
Evidemment les réminiscences ne sont pas très loin. A l'oreille sonnent encore les noms des prestigieux prédécesseurs : Frank Sinatra, Sammy Davis Junior, Bing Crosby, Dean Martin,  Duke Ellington, Count Basie...Pour un style que l'on croit être tombé en désuétude, cela tendrait à prouver que la relève a pourtant su reprendre le flambeau, en l'adaptant à sa propre époque, et qu'il y a toujours des amateurs pour apprécier ces formes musicales.structurées (swing, boogie, jazz
 
On monte le son, pour écouter, et l'on pousse les meubles pour danser: 
En 1994 Lionel Hampton :" Hamp's boogie Woogie" (un classique et indémodable basique du swing.)..
 
 
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mardi 1 décembre 2020

Teddy Bear's hug

 Né au siècle dernier, en 1902, il y a 118 ans, la peluche a,  depuis lors,  connu la célébrité,  en consolant  tant de chagrins  d'enfants !  Ses formes rondes, rassurantes, ses couleurs fidèles, ou non, à celles de l'animal original, font oublier que le modèle initial est une dangereuse  bête sauvage. Longtemps chassé pour sa fourrure, ou par des "montreurs-dresseurs" de curiosités, l'ours a bien pâti de la main de l'homme.    

Du gibier à la peluche, l'anecdote:

Cela commence tel un inventaire : Un président chasseur malchanceux , une anecdote  de chasse à l'ours qui fait toute une histoire, la magnanimité du chasseur envers la victime, le respect des Codes de l'honneur de la chasse... puis  la cynégétique a des conséquences inattendues. Et de Théodore Roosevelt (1858-1919) à Teddy, un acte  de légende se met en place. Certes, la créativité réactive du couple ( Rosa et Morris Michtom)"inventeur" de Teddy Bear, en 1903, est déterminante.

Or, ce serait un manque d'objectivité que de passer sous silence  le travail de Margarete Steiff  , créatrice de jouets, dont l'ours en feutre fut une belle  réussite commerciale. C'est d'après les croquis de son neveu Richard Steiff  que cette habile couturière réalisa l'ourson. Encore une fois le jouet fut rendu très populaire. Il généra un réel engouement après la présentation de son protopype ( PB 55)  sur un stand de la foire de printemps de Leipzig   

Le nom de la  ville de Berlin, (capitale et plus grande ville d'Allemagne),   dont l'emblème est un ours sur son drapeau et dans son blason, fait référence à l'animal   : Bär, Bârchen, Bärlein, Berlin. 

A Berne : l'ours héraldique est présent sur le Blason de la ville.

A Madrid : L'ours est statufié sur la Plaza della Puerta del  Sol  : El Oso y el Madroño (l'ours et l'arbousier)

Le 9 septembre, aux USA, on célèbre la  journée de l'ours: the Teddy Bear day

Le rôle des peluches dans le quotidien de l'enfant: ami, confident, objet de consolation ( sensorielle par le toucher ( manipulation), aidant à l'endormissement et la séparation nocturne   

Dans l'importante  ménagerie des peluches, Teddy Bear a toujours tenu  un rôle privilégié, préférentiel. 

Déclinaisons,  et vedettes internationales :

En chansons, en films, en dessins animés, en marionnettes, en BD, on retrouve le célèbre  plantigrade  au fil des ans, sur tous les continents. Héros d'aventures, toujours proche du monde  des enfants, plus ou moins malin et sagace, il conquiert les plus jeunes avec aisance et tendresse. Pourtant,  contrairement  à l'anecdote de la création du personnage, on retrouve les côtés sombres du symbole, dans la fête éponyme ancestrale, chargée de transferts socio-culturels, historiques, festivité ancrée dans les us et coutumes qui ont franchi les siècles  pour subsister jusqu'à nos jours. 

La Pyrénéenne fête de l'ours/ en France , dans la région du Vallespir en  Occitanie, ( La festa de l'os, à Arles-sur-Tech, à St Laurent de Cerdans et Prats-de-Mollo,  dans les P. O. ) "l'ours", sorti de sa forêt pour descendre au village  est symboliquement chassé, attrapé,jugé,  chaque année à la fin de l'hiver. Cette animation, est un vestige de l'époque médiévale,  et peut-être même antérieure, qui condense légende, anecdotes cybernétiques, paganisme et croyances, exorcisme et maîtrise de peurs ancestrales, morale, rapports complexes entre le monde animal et celui des humains. 



Nounours vedette de série TV enfantine :

https://www.youtube.com/watch?v=sqcDY19VuGU

Colargol, l'ours chantant:

https://www.youtube.com/watch?v=eL9l_W1YadI 

Winnie: (avec la voix française du regretté Roger Carel) 

https://www.youtube.com/watch?v=SdyDaCT5gp4

Michka: cf les contes russes 

Paddington:l'ourson  qui a sa statue en gare de Paddington. 

Des Carpates aux monts franco-ibères: La réintroduction de l'ours,comme celle du loup, fait débat. Mais les enfants, loin des graves  problèmes des adultes, (et de leurs réelles motivations,   enjeux personnels ), ne voient la vie  qu'à travers leur imaginaire, leurs rêves  fragiles,  en une période si brève de leur existence, qu'il est hautement répréhensible de les en priver.  Alors,  oui, un ourson en peluche est un important personnage. Même un peu délavé, décousu, trituré, fripé, il n'en a que plus de valeur.  S'il pouvait parler,  il pourrait narrer bien des malheurs enfantins, tous ces chagrins que les adultes ne voient pas, ne veulent  ni  entendre, ni croire,  parce qu'ils les jugent futiles, passagers, ou,  tout simplement,  parce qu'ils ont oublié leur propre enfance, et  leur attachement à cet animal en peluche que l'on nommait:  Teddy Bear .     

 

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samedi 21 novembre 2020

Egypte: quand l'Eternité refait surface ...

                                               

La récente  découverte de sépultures de la haute antiquité  met en ébullition le monde de l'archéologie et de l'Histoire . On exhume les vestiges,  d'un passé pharaonique qui interpelle à plusieurs niveaux :

- la confirmation de  la localisation   des sépultures

- la connaissance de l'identité des défunts 

- la décoration des sarcophages.(figurations, inscriptions)

- l'art funéraire (rites, étapes d'embaumement)

Saqqarah : Dr Hawass  :

https://youtu.be/ByeEbkqfRgA

Si les "rives du Nil" recèlent des trésors, il ne faut pas prendre l'expression au sens propre. Trop de pilleurs de tombes s'y sont précipités et fourvoyés. Le joyau véritable de ces hauts lieux de mémoire c'est la mine de renseignements légués à travers chaque nouvelle découverte. En effet, comment approcher au plus près les peuples de l'Antiquité,  si ce n'est grâce à  tous les témoins concrets de leur quotidien, de leurs us et coutumes, de leurs rites, de leurs écrits ? Les millénaires ont certes coulé, apporté leur lot de technologies  permettant des investigations sophistiquées et efficaces, mais l'humain, lui, est resté fidèle à lui-même : avec ses peurs, ses joies, ses faiblesses et sa grande force. Cela insuffle (devrait insuffler ??) une bonne dose d'humilité, et de respect, à la recherche.  Hors des phénomènes de modes ( XVIIIe, XIXe siècles), où des outrances furent commises, par appât du gain, par exploitation de la crédulité, mais surtout par le manque de connaissances et d'informations sérieuses, l'époque actuelle doit miser sur l'authenticité, la clarté des données . Cela implique nécessairement, en contrepartie, un soin spécifique accordé au traitement objectif des relevés, à leur diffusion, à la protection et sauvegarde des sites.  Eclaircir la notion de patrimoine s'inscrit en filigrane dans cette démarche globale. Comment définir et  distinguer, même si des organismes tranchent la question  :  patrimoine local, national, mondial ?  A l'heure de la problématique  des restitutions, l'antériorité, les enjeux, cèdent-ils  la place à la légitimité ? 


Pour les pharaons, le départ vers l'au-delà était  ponctué par diverses manifestations rituelles, par un accompagnement de matériel précieux, et conséquent. Le lieu de sépulture conservait ses mystères, ses codes complexes , ses nombreuses  précautions. Car la perspective de l'Eternité n'était revendiquée qu'à ce prix. Au XXIe siècle, les sarcophages refont surface. S'ils apportent avec eux la surprise de la découverte, le projet  d'études utiles et  intéressantes, ils sont encore porteurs de questions légitimes sur la vie et l'au-delà.     

   Sous l'oudjat d'Horus,bien longtemps après les incantations du Livre des Morts, Ré a vu sortir de l'ombre les sarcophages renfermant des corps endormis sous des mètres de terre et sous le poids des siècles. Les années qui viennent,  avec leurs outils et leurs pratiques high tech,  sauront les faire parler. Des existences vont émerger, prendre sens,  et surtout livrer leur identité. C'est à l'homme contemporain d'en tirer du savoir, des enseignements, afin de mieux approcher l'histoire de ceux qui l'ont précédé. 

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mercredi 11 novembre 2020

L'art : à cultiver , à partager .. quand même ..

 

Comme la Culture,  l'Art se cultive et se partage. Actuellement , même si les deux secteurs semblent être en sommeil, en berne, en danger, quelques tisons brûlent encore sous la cendre. Il est vrai qu'il est particulièrement difficile d'être créatif, performant, en période où toute manifestation culturelle publique est condamnée. 

 La comédienne Sarah Bernhardt avait choisi, en son temps   une devise  qui en disait (et en dit encore) bien plus long que les deux mots contenus.

Cependant les artistes sont là, confinés, certes, mais avec foi et espoir dans la pratique de leur talent.  Alors oui, l'on peut  écrire,  composer, interpréter, dessiner, peindre, sans public ou pour un public virtuel." Agir, créer pour exister": la formule n'est pas nouvelle. L'art a souvent été au ban des accusés au cours des siècles, car:  "il ne nourrissait pas son homme ", donc les artistes étaient souvent assimilés à des traîne-misère:                                                                                                   

 -  les comédiens étaient excommuniés (depuis le  IVe jusqu'au XVIIIe siècle)                                                                                        

 - les musiciens étaient  payés chichement, donnant des leçons, en plus de leurs concerts,  afin de  subsister

- les compositeurs ne recevaient pas de droits d'auteurs. Ils dépendaient de riches mécènes souvent exigeants, fats,  et capricieux  


 

Peintres, sculpteurs,  connaissaient les mêmes difficultés matérielles. En lisant leurs biographies respectives, l'on est frappé par l'indigence pécuniaire de bon nombre d'entre eux. Si le XXe et le XXIe siècles ont amélioré la reconnaissance du statut social artistique, on constate encore des difficultés à faire valoir ses droits lorsque l'on est artiste.                                                                                                

La création artistique implique l'exposition et le  partage. Ne pas craindre le regard et le jugement de valeur du spectateur est un nécessaire pas à franchir.  L'artiste reclus, seul dans son coin, drapé de fausse vanité, accède rarement à la notoriété. Sans prétendre à l'attribution du terme: génie, une simple reconnaissance, du statut de créateur,  est indispensable  à la poursuite d'une carrière.  Alors, oui l'époque est aussi sombre que confuse,. Et l'on s'appuie sur les acquis anciens pour en forger de nouveaux, comme l'ont fait les générations précédentes. Les bases du classicisme ont engendré l'art nouveau, contemporain, et ses déclinaisons. En regard du passé (erreurs, leçons, références...???)    les questions fusent, et ne peuvent être évitées.  Tenter d'y répondre constitue  déjà une réponse. Certes les incohérences, les décisions des hautes instances, sont parfois à redouter, car l'on se projette et l'on  craint pour l'avenir.

                  


           Paris: L'Ecole Boulle, L'Ecole du Louvre, L'Ecole des Beaux-Arts, la Comédie Française

La Culture, l'Art, et le Patrimoine,  ont trop souvent fait les frais des bouleversements de l'Histoire. Soutenir ce pan majeur de toute  civilisation, c'est, en effet, faire un choix. Mais c'est également une action vitale pour maints secteurs de l'activité humaine. Si des carrières sont en péril, des   vocations sont en jeu. Il est regrettable que, pour certains, tout cela ne présente aucun intérêt, ou, à contrario, un maximum.  L'incertitude actuelle doit-elle nécessairement engager le devenir des générations suivantes?   Alors :

- Tous artistes grâce à Internet ?

- Le virtuel au secours de la création ? 

- L'art doit-il s'inscrire dans la durée ou dans l'éphémère ? 

 


A revoir:  

Les cours de philo sur : le Beau, la créativité , leur rôle dans la vie humaine,


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lundi 28 septembre 2020

Du portulan au GPS

 La sédentarisation humaine ne s'est  mise en place qu'après maintes étapes. Les premiers groupes d'hominidés se déplaçaient pour de multiples raisons: les changements climatiques, la présence ou absence du gibier, les conflits avec les autres groupuscules, la recherche  d'un lieu de vie plus favorable à la sécurité et aux conditions quotidiennes  des individus...  Aller vers l'inconnu requiert quelques  repères impondérables. Les premières références furent les astres, ce qui demandait une observation, une connaissance, des déductions.. Acquisitions qui prirent un certain temps .. La transmission orale fut pendant longtemps la seule façon de passer les informations d'une génération à une autre, avant d'avoir le réflexe, l'idée de laisser trace sur un support (paroi murale, écorce d'arbre, pierre, peau tannée d'animal...) Les premières représentations d'une carte stylisée du ciel se firent ultérieurement sur un disque de métal

Ex : celui de Nébra , celui  de Chevroches, celui de Knowth  

Se déplacer impliquait l'emprunt de voies diverses: sur les ondes, par les chemins   La navigation sur les eaux, comme le cheminement terrestre nécessitait des  points de repères. Remonter un fleuve, ou descendre une rivière furent rapidement  des entreprises assez aisées. Le transport maritime demanda plus de précautions. Avant d'entreprendre de grandes traversées, le cabotage fut de mise, car il permettait de suivre une côte sans la quitter des yeux, et de compter les tours à feux qui indiquaient les entrées des ports abrités, ou les écueils à éviter.  



 Quelques siècles plus tard on  en vint alors  aux cartes, sur des supports évoluant avec les époques : de la peau d'ovin au  velin, au parchemin,  puis  au papier...    Les portulans précèdent, complètent, l'usage de la boussole puis du sextant. Au fur  et à mesure des connaissances et des découvertes, les détails dessinés envahissent les documents: animaux, rose des vents avec points cardinaux,  noms de lieux, courants marins ...

 Les cartes marines deviennent de plus en plus précises, le sonar, le radar,  sont les prémices d'une haute technicité qui, si elle n'évite pas les accidents, en réduit considérablement le nombre. Les moyens de transports se multiplient, la vitesse s'accroît. Le réseau des voies de communication tisse sa toile de voies principales augmentées de voies secondaires, de bretelles, de panneaux de signalisation.. Depuis les bornes milliaires romaines , dont certaines sont encore visibles sur le tracé des voies antiques, la circulation s'est organisée autour d'un code et de règles à respecter. La fluidité du trafic et la sécurité des usagers en dépendent. Pourtant, à contre-courant de cette accélération généralisée des déplacements (plus loin, plus vite, plus souvent) une résurgence de la déambulation pédestre connaît un renouveau "tendance": ce sont les voies des pèlerinages médiévaux. Authentique pérégrination en adéquation avec le sens étymologique, ces randonnées comportent de longues étapes,  et ceux qui les franchissent le font pour des raisons diverses, outre le but initial.   

 

La "rando" associative, en famille, en solo, permet la redécouverte de chemins oubliés, peu fréquentés et remis peu à peu en état pour une meilleure utilisation,  et fréquentation. Marcher, ( ou "le syndrome de La Gradiva" ) est désormais perçu, au XXIe s.comme moyen de garder la forme physique et la santé.  La contrainte  fait place au loisir.   

Yves Montand " le routier" :https://www.youtube.com/watch?v=HGXkvna5WXQ

La conduite des véhicules personnels,  comme celle des moyens de transports en commun,  et des utilitaires, a vraiment franchi un palier avec l'invention du GPS (Global Positioning System) . L'appareil a pour vocation le guidage, le remplacement des cartes routières, et diverses indications indispensables (très utiles) aux déplacements,  pour trouver une adresse, une place de parking, pour une visualisation anticipée  du trajet ... Parfaitement intégré au tableau de bord ou en application sur téléphone portable, les données GPS informent le conducteur.  En randonnée, il a toute son utilité pour l'itinéraire à suivre en évitant de se perdre.  


   Que l'on soit piéton ou automobiliste, seul ou en groupe, l'essentiel est de savoir où l'on va, pourquoi l'on s'y rend, comment l'on va y aller. (cf "Où vais-je ? "B. Pascal)  Si,  depuis des millénaires l'homme a cherché à améliorer, à mémoriser les trajets   de ses déplacements, il subsiste, néanmoins, quelques questions philosophico-métaphysiques sur son cheminement personnel auxquelles il n'a toujours pas trouvé de réponses. 

A lire sur ce même blog : 

http://international-culture-blog.blogspot.com/2013/03/813-2013-santiago-de-compostela.html

Free lance Writer                                   

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